Pierre Coustard

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Anne Pierre Coustard de Massi
Illustration.
Fonctions
Député de la Loire-Inférieure

(1 an et 20 jours)
Gouvernement Assemblée législative
Député à la Convention nationale

(1 an, 2 mois et 2 jours)
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Léogane (Saint-Domingue)
Date de décès (à 52 ans)
Lieu de décès Paris
Nature du décès guillotiné
Nationalité Drapeau de la France Française
Parti politique Gauche
Girondins
Profession Militaire
Distinctions Chevalier de Saint-Louis
députés de la Loire-Inférieure

Anne Pierre Coustard de Massi[1], né le à Léogane (Saint-Domingue)[2], mort le à Paris, est un homme politique français, député de Loire-Inférieure à la Législative et à la Convention, guillotiné comme Girondin.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines et débuts en France[modifier | modifier le code]

Anne Pierre Coustard de Massi, issu d'une famille d'habitants d'origine flibustière [3] de Saint-Domingue, ondoyé peu après sa naissance le 4 février 1741 et nommé le 29 octobre 1742[4] à Sainte-Rose de Léogane, est le fils de Pierre Coustard, officier des milices [5] (1698-1749) et d'Agathe Duvivier (1707-1742). Il est parent [6] du général de division Guy Coustard, dit de Saint-Lo, également originaire de Saint-Domingue.

Il entreprend une carrière militaire et vient en France où il est d'abord gendarme de la garde du roi puis officier des mousquetaires du roi[7].

A Nantes, avant la Révolution[modifier | modifier le code]

En 1764, il est affecté à Nantes[8] comme mousquetaire[9].

Le 13 décembre 1768, il épouse à la chapelle du Sanitat (paroisse Saint-Nicolas)[10], Ursule Marchand[11], dont il aura 6 enfants[12].

Il devient "lieutenant des maréchaux de France" entre mars 1771 et janvier 1773[13]. Il est fait "chevalier de l'ordre royal militaire de St Louis" entre octobre 1775 et août 1778[14]

Il se consacre un peu à l'écriture et on conserve de lui un poème, L'Éventail (1768), et une pièce satirique, La Foire Saint-Ovide (1778)[15].

Un des premiers aérostiers

Le 11 juin 1784, il participe avec un professeur du collège des Oratoriens, le père Mouchet, à une ascension en montgolfière, moins d'un an après la première effectuée le 21 novembre 1783 par Pilâtre de Rozier. L'appareil appelé Suffren part de l'hospice des Enfants trouvés à Nantes et atterrit au bout d'une heure à Gesté (à une quarantaine de kilomètres au sud-est, vers Beaupréau)[16].

La Révolution[modifier | modifier le code]

Le 19 juillet 1789, il est à la tête d'une centaine de patriotes qui demandent la reddition du château royal, que le gouverneur accorde sans combat.

Pierre Coustard est ensuite nommé colonel de la garde nationale et est un des membres influents de la section nantaise de la Société des Amis de la Constitution, dite "club des Capucins".

En 1790, il fait partie du directoire du département et préside la première séance de cette assemblée.

Député à l'Assemblée législative[modifier | modifier le code]

Le 31 août 1791, il est élu député à l'Assemblée nationale législative par le département de la Loire-Inférieure (premier élu avec 238 voix sur 371. À l'assemblée, il fait partie du comité militaire. Il soutient fortement la formation du camp des gardes nationaux à Paris en juin 1792.

Le 30 juillet 1792, le journal royaliste L'Ami du Roi annonce que "le trop fameux Coustard de Nantes" a été arrêté à Francfort avant d'avoir pu commettre un attentat sur la personne de l'empereur. Pierre Coustard publie un démenti selon lequel "le trop fameux Coustard de Nantes" n'est pas allé à l'étranger, est opposé à l'assassinat politique et a toujours usé de son influence à Nantes pour limiter le recours à la violence.

Après la chute du roi le 10 août, il part notifier la nouvelle situation à l'Armée du Nord.

Député à la Convention[modifier | modifier le code]

Le 9 septembre 1792, il est élu à la Convention (8e sur 8, avec 257 voix sur 392) et siège avec les Girondins. Lors du procès de Louis XVI, il vote pour l'appel au peuple, pour la réclusion et le bannissement après le retour à la paix, pour le sursis à l'exécution[17].

Il est envoyé en mission à Nantes en avril 1793 et agit à ce moment dans le sens d'un renforcement de la répression[18]. Mais, les députés girondins ayant été proscrits début juin, il refuse de rentrer à Paris. Comme commandant de la garde nationale de Nantes, il participe à la défense de Nantes contre les insurgés vendéens lors de la bataille du 29 juin 1793.

À la Convention, où les rapports des Montagnards avec les autorités nantaises sont très tendus, malgré cette victoire (notamment avec le maire, René Gaston Baco de La Chapelle, Pierre Coustard est mis en cause pour collusion avec les membres du directoire départemental pour les arrêtés contre-révolutionnaires du 31 mai[18] et décrété d'accusation du 18 juillet 1793. Il vit dès lors clandestinement à Nantes, mais est arrêté en octobre. Jean-Baptiste Carrier le fait transférer à Paris où il est condamné à mort par le Tribunal révolutionnaire.

Il est exécuté le 6 novembre 1793, en compagnie de Philippe, duc d'Orléans (1747-1793)[19],[20].

Hommages[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. L'orthographe "Massy" apparaît dans certaines sources, notamment dans certains actes d'enregistrement, mais elle est erronée.
  2. ANOM. Etat civil en ligne, Saint-Domingue, Léogane, Année 1742, vue 14/17
  3. Descendant de Guy Couttard, flibustier, capitaine des milices au Petit Goâve, conseiller au Conseil souverain de Saint-Domingue. Le présent Pierre Costard de Massi a été anobli à titre personnel comme Maréchal des camps et armées du Roi, mais sa famille était sans noblesse quoique certains de ses membres aient pu prétendre, qui furent déboutés par Chérin en 1777 [ANOM. IREL. Personnel colonial ancien. Lettre C. "Coustard, Guy Pierre, né en 1724, lieutenant de roi au Port au Prince, commandant de la partie du Sud, puis de la partie de l'Ouest de Saint-Domingue, maréchal de camp 1778". Vue 596 et suivantes].
  4. Parrain ; Guy Pierre Coustard, frère ; marraine : Marianne Godefroy, épouse Bourgogne.
  5. L'acte de mariage d'Anne Pierre indique que son père était "capitaine de cavalerie", soit de cavalerie milice.
  6. Il est le cousin issu de germain de Pierre Guy Coustard, père du général de division Guy Coustard (1752-1825), dit de Saint Lo.
  7. Dans la compagnie des mousquetaires dits noirs, une des deux compagnies de mousquetaires du roi.
  8. Son acte de mariage indique qu'il est "domicilié ordinairement en la paroisse Sainte-Marguerite de Paris et demeurant actuellement depuis quatre ans dans cette ville".
  9. Cf. acte de baptême 1775
  10. Acte de mariage de Pierre Coustard : Registres paroissiaux de Nantes, Saint-Nicolas, vue 310. Il est enregistré comme "Pierre Coutard", conformément à l'orthographe du nom de ses ascendants à Saint-Domingue. Il est désigné comme "mousquetaire du Roy". Témoins du mariage : pour l'époux, "Augustin de Luynes, seigneur de la Bouffetière" et "Jean-Baptiste Breton de la Coupe, ancien lieutenant d'infanterie" ; pour l'épouse : "noble homme Pierre Marchand oncle et Américain Philippe Marchand de la Plaine gendarme du Roy". Parmi les autres signataires, on relève : "Agathe Coustard", "Catherine Coustard", "Thérèse O'Shiell".
  11. Âgée de 20 ans (ou un peu plus : lecture difficile), fille de Louis Antoine Marchand et de Marie Germain, famille de Léogane aussi.
  12. Registres paroissiaux de Nantes :
    • Pierre François Bonaventure, né le 4 février 1770, décédé le 12 (Saint-Clément, vues 5 et 7).
    • Ursule Agathe Claire, née le 10 mars 1771, décédée le 17 janvier 1773 (Saint-Clément, vues 10 et 3-4). Parrain : chevalier Antoine Rousseau des Fontenelles ; marraine : Agathe Coustard, tante.
    • Victoire Marie, née le 21 avril 1773 (St-Clément, vue 18).
    • Anne Pierre Louis, né le 6 octobre 1775 (St-Clément, vue 57). Parrain : Pierre Jacques Coustard, capitaine de cavalerie, régiment Royal Lorraine, cousin ; marraine : Louise Sophie Coustard, cousine. Pierre Coustard est qualifié comme "écuyer ... ancien mousquetaire du roi, lieutenant de nos seigneurs les maréchaux de France".
    • Ursule Zénobie, née le 10 août 1778 (St-Clément, vue 42). Parrain : "écuyer François Joseph de Robineau, ancien mousquetaire de la garde du roi" ; marraine : Françoise Marchand, tante.
    • Claire, née le 16 mars 1780 (St-Clément, vue 16). Parrain : "Jacques Porthays, écuyer, conseiller rapporteur du point d'honneur" ; marraine : Victoire Coustard, sœur.
  13. Cf. actes de baptême et de décès d'Ursule
  14. Cf. actes de baptême 1775 et 1778.
  15. Assemblée nationale.
  16. Jean-Charles Cozic et Daniel Garnier, Histoire de la presse à Nantes, tome 1 : 1757-1876, Editions L'Atalante, Nantes, 2008, pp. 43-44.
  17. Cosmovisions.
  18. a et b Assemblée nationale. A expliciter.
  19. « Palmarès des exécutions de 1792 à 1810 », sur laveuveguillotine.pagesperso-orange.fr (consulté le 19 janvier 2018)
  20. LE NAIL, Bernard, Dictionnaire biographique de Nantes et de Loire-Atlantique, Pornic, Le Temps éditeur, (ISBN 978-2-36312-000-7), p. 111 à 112
  21. Plan : Rue Coustard. La plaque de rue indique : "Rue Coustard 1734-1793" ; s'il s'agit de lui, il y a une incorrection sur la date de naissance !