Pierre Charles Trémolières

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Pierre Charles Trémolières
Pierre-Charles Trémolières 1703-1739.jpg
Extrait du tableau exposé au musée de Quimper
Naissance
Décès
Activité
Maître
Lieu de travail
Distinctions
Second prix de Rome en 1726

Pierre Charles Trémolières, né à Cholet en 1703 et mort à Paris le , est un peintre français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Pierre Charles Trémolières est le fils d'un gentilhomme d'épée protestant, Pierre Trémolières[1] qui a dû quitter la France au moment de la révocation de l'édit de Nantes et y laissant sa jeune épouse, apparentée à la famille du comte de Caylus. Pierre Trémolières est originaire d'Auvergne et ses biens, importants, ont été saisis et donnés à des maisons religieuses des environs de Saint-Flour. Il a probablement abjuré pour pouvoir rentrer en France mais l'on ne sait pas pourquoi il s'est établi à Cholet[2]. Il signe Tremollière, comme témoin d'un mariage, en 1706, avec des membres de la famille de Beauvau. La seigneurie de La Trémolière se trouve près de Vabres (Cantal). Il meurt peu après 1706 et sa femme se remarie avec un homme dont le nom est inconnu. La perte des registres de la paroisse de Saint-Pierre de Cholet entre 1700 et 1711 ne permet de préciser les dates de la naissance de Pierre Charles Trémolières et de décès de son père.

La Naissance de Vénus attribuée à Trémolières

Pierre Charles Trémolières est envoyé à Paris où il est reçu dans la maison du comte de Caylus et devient l'élève de Jean-Baptiste van Loo. Il obtient le deuxième prix de Rome en peinture en 1726[3]. Il est envoyé à Rome comme pensionnaire de l'Académie de France à Rome, en , grâce à la protection du comte de Caylus. Il rentre en France après six années passées à Rome mais six jours avant de partir, le , il se marie avec Isabelle Antoinette Laure Tibaldi (1712-1773)[N 1], fille du musicien Giovanni Battista Tibaldi, dont il a trois enfants : deux sont morts en bas-âge, un seul a survécu, Louis Pierre Trémolières[N 2].

Sancho Panza - Chicago

À son retour en France, il s'arrête pendant dix-huit mois à Lyon où il peint plusieurs portraits et quatre tableaux religieux : une Adoration des rois, une Adoration des bergers, une Présentation au temple, pour les Carmes, et une Assomption pour les Pénitents blancs. Avant de quitter Lyon, il signe un marché de deux tableaux avec les Chartreux, une Ascension et une Assomption qu'il leur a envoyés de Paris, en 1737, après les avoir exposés au salon.

En 1737, il travaille à la décoration de l'église Saint-Bruno-les-Chartreux, la seule église baroque de Lyon, bâtie par l'architecte Ferdinand-Sigismond Delamonce. Il peint deux grands tableaux, représentant L'Ascension et L'Assomption, pour orner les parois de part et d'autre du maître-autel. Toujours en place en 2016, ces deux toiles sont mises en valeur par d'exubérants cadres de goût rocaille conçus par Jacques-Germain Soufflot.

Pierre Charles Trémolières est chargé d'une partie de la décoration de l'hôtel de Soubise, de la famille de Rohan, à Paris qui abrite aujourd'hui les Archives nationales.

Il est agréé par l'Académie royale de peinture et de sculpture en 1736 et reçu le après la réception du tableau dont le sujet est Ulysse sauvé du naufrage par Minerve. Il est nommé professeur adjoint à l'Académie.

Il expose au Salon de 1738 un paysage réalisé pour l'hôtel de Soubise, deux esquisses (Diane au bain et Le triomphe de Galatée) et trois tableaux : Vénus embrassant l'Amour, La comédie, La musique.

Il meurt pendant qu'il réalise l' Âge d'or qui est une commande pour une suite de tapisseries sur les Quatre âges du monde à réaliser par les Gobelins. Cette toile, terminée par Nicolas Delobel, est déposée au musée d'art et d'histoire de Cholet.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Outre ses toiles, Trémolières est l'auteur de délicats dessins, de plusieurs sanguines et d'eaux-fortes, dont plusieurs sont conservés au musée du Louvre. Parmi les principales on peut citer :

  • La Vierge à l'Enfant avec saint Paul ermite et saint Antoine abbé (1730), huile sur toile, 288 x 187 cm, au musée de Grenoble ;
  • L'Ascension (1737) et L'Assomption (1737) dans l'église Saint-Bruno-les-Chartreux de Lyon ;
  • Portrait d'homme (vers 1737), au musée des beaux-arts de Quimper ;
  • L'Âge d'or (1739) au musée du Louvre.

Plusieurs de ses toiles sont exposées au musée d'art et d'histoire de Cholet, sa ville natale : Vénus allongée tirant l'amour à elle, L’Âge d’Or, Scène champêtre, La musique, La poésie, La tragédie, La comédie, Le petit gourmand de pomme, Jeux d’enfants, Le chocolat.

Hommages[modifier | modifier le code]

Eloge de Pierre Charles Trémolières par le Mercure de France ( Juillet 1739) : « La douceur du caractère de Trémolières, sa probité et la politesse de ses mœurs, le font regretter de tous ceux qui l'ont connu. Né avec un esprit juste et délicat, tous ses ouvrages s'en ressentent. Il sait allier aux grâces de la composition, celles du pinceau. Génie facile, peintre aimable ; quels progrès n'aurait il pas fait, si une plus longue carrière lui eut permis d'approfondir les mystères de son art et d'ajouter aux dons de la nature, les secours de l'expérience et de l'étude. Il était le digne élève de Vanloo l'aîné, et il devait beaucoup aux talents et au goût d'un illustre protecteur qui l'honorait de son amitié ».

Selon P. Moissan (février 1889) - bulletin de la Société des Sciences Lettres et Arts de Cholet 1888 (SLA) : « Le peu que nous en savons, nous le montre comme le type parfait de l'artiste généreux, jusqu'à la prodigalité, de l'ami dévoué jusqu'au sacrifice, dédaignant l'épargne, ne comptant jamais, jetant l'or à tous les appels de l'infortune, aussi bien qu'au vent de toutes ses fantaisies. Il était si bon que ses succès ne firent jamais un jaloux et toujours il put compter sur de nombreux et fidèles amitiés ».

D'après Charles Blanc - Peintres français n° 288-290 : « Trémolières qui était un beau garçon, de haute taille, d'une figure avenante et distinguée (cf tableau de famille) se faisant applaudir dans les comédies où il montrait une bonne éducation et de l'esprit. Il se fit remarquer de son maître par sa distinction et la finesse de son esprit et de ses camarades par une droiture qui lui valut de fidèles amitié ».

Reconnaissance[modifier | modifier le code]

La municipalité de Cholet a donné le nom de Trémolières à une rue et à un collège de sa ville natale.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. sœur de la miniaturiste Maria Felice Tibaldi mariée à Pierre Subleyras
  2. Louis Pierre Trémolières est né le 3 octobre 1736 à Paris, baptisé le lendemain dans l'église Saint-Germain-l'Auxerrois, mort le 13 juillet 1785 à Paris, marié le à Pondichéry, où il est secrétaire du comptoir pour la Compagnie française des Indes orientales, avec Geneviève du Trévou (1750-1769) née à l'île Bourbon.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Mickael Leclerc, « Cholet. Histoire locale. Pierre-Charles Trémolières, un Choletais peintre du roi », Courrier de l'Ouest,‎ (lire en ligne)
  2. Mickael Leclerc, « Pierre-Charles Trémolières : un choletais, peintre du roi Louis XV », Le blog Histoire de Cholet,‎ (lire en ligne)
  3. Augustin Jeanneau 1974, p. 24

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Léon Pissot, Nouveaux détails biographiques sur le peintre Trémolières, p. 102-131, Réunion des sociétés savantes des départements à la Sorbonne. Section des beaux-arts, Ministère de l'instruction publique, 1892, 16e session (lire en ligne)
  • Augustin Jeanneau, Cholet et les Choletais après la belle époque, Cholet, Les Éditions du Choletais, , 250 p., dépôt légal : IV-1974 Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Jean-François Méjanès, Jacques Vilain, Pierre-Charles Trémolières (Cholet, 1703-Paris, 1739). Musée de Cholet, -, Musée Dobrée, 1973 ; p. 55

Liens externes[modifier | modifier le code]