Pierre Ceyrac (jésuite)

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Pierre Ceyrac
Naissance
Meyssac Drapeau de la France France
Décès
Chennai Drapeau de l'Inde Inde
Nationalité française (puis indienne)
Pays de résidence Inde
Profession
Activité principale
Enseignant, travailleur social, écrivain
Autres activités
Aumônier de la jeunesse
Formation
Lettres indiennes (Tamoul, Sanskrit), philosophie et théologie
Famille
frère de François Ceyrac

Compléments

Ceyrac fut un des fondateurs du 'Service jésuite des réfugiés'

Pierre Ceyrac, né le à Meyssac, en Corrèze (France) et décédé le à Chennai (Inde)[1], connu sous le nom de père Ceyrac, est un jésuite français missionnaire en Inde du Sud, connu pour son engagement auprès des étudiants indiens et de populations les plus pauvres ou dalits, ainsi que pour son action entre 1980 et 1992 comme volontaire à la frontière entre le Cambodge et la Thaïlande pour accueillir les premiers milliers de réfugiés cambodgiens fuyant le régime de Pol Pot, puis des vietnamiens.

Jésuite et missionnaire[modifier | modifier le code]

Deuxième d'une famille de six enfants, il fait ses études à l'Internat Saint-Joseph de Sarlat (Dordogne), tout comme ses frères (dont François Ceyrac, président du CNPF de 1972 à 1981).

Le jeune Pierre est très tôt attiré par la vocation religieuse et entre en octobre 1931 au noviciat de la Compagnie de Jésus.

Alors âgé de 23 ans, jeune étudiant jésuite et ayant obtenu sa licence de théologie, il choisit de partir comme missionnaire aux Indes sur les pas de son oncle Charles Ceyrac (frère de son père), lui-même missionnaire jésuite dans le sud de l'Inde[2].

Le 9 octobre 1937, il embarque à Marseille pour les Indes britanniques ; il va consacrer sa vie à ce pays.

Il apprend le tamoul et le sanskrit, à l'université de Madras, devenant le premier diplômé étranger dans ces disciplines.

Le 21 novembre 1945, il est ordonné prêtre au théologat jésuite de Kurseong, au Bengale occidental.

Action humanitaire[modifier | modifier le code]

Inde[modifier | modifier le code]

En 1952, Pierre Ceyrac devient aumônier de l'Fédération des universités catholiques de l'Inde (All India Catholic University Federation). Rapidement, il estime que la pauvreté omniprésente nécessite une action plus vigoureuse et concrète. Encouragé par Gandhi et Nehru qu'il rencontre, il dénonce le système des castes et décide de s'engager auprès des plus pauvres, les Dalits.

Fédérant autour de lui un réseau d'étudiants, il crée avec eux en 1969, une ferme à Manamadurai (sud du Tamil Nadu) offrant à des milliers de villageois travail et nourriture.

Puis il lance dans les villages aux alentours de cette ferme, l'opération « Mille puits » pour montrer comment fertiliser les terres incultes et de nombreux autres projets. Plus de 250 000 personnes bénéficient de ces aménagements.

Cambodge[modifier | modifier le code]

Pierre Ceyrac répond en 1980 à l'appel du père Arrupe, supérieur général des jésuites, et du service jésuite des réfugiés (JRS) et part comme volontaire à la frontière Cambodge-Thaïlande, accueillir les premiers milliers de réfugiés cambodgiens fuyant le régime de Pol Pot, puis des vietnamiens. Il met toute son énergie à les écouter et est chargé de l'éducation dans les camps de Site II et de Khao I Dang. Il y croise les routes de Bernard Kouchner et du professeur Alain Deloche. Il quitte ce travail aux frontières en 1992.

Retour en Inde[modifier | modifier le code]

De retour à Chennai, il crée le mouvement « Les mains ouvertes » : rencontre et accueil d'enfants de familles très pauvres dans des lieux de vie (Singanur, Pellakupam, Paranamkeni…). Au lendemain du séisme du 26 décembre 2004 dans l'océan Indien, il porte secours aux populations démunies.

À plus de 90 ans, il sillonne la côte sud de l'Inde pour apporter aide et réconfort dans les villages de pêcheurs.

Hommages[modifier | modifier le code]

L'« Association Père Ceyrac » est créée en 1991.

En novembre 2003, il reçoit à Paris le Grand prix de l'Académie universelle des cultures[3].

Il est décoré officier de la Légion d'honneur.

Il passe les dernières années de sa vie au Loyola College de Chennai.

Il meurt le 30 mai 2012 à Chennai en Inde.[4],[5]

Écrits[modifier | modifier le code]

  • Tout ce qui n'est pas donné est perdu, avril 2000, éd. Desclée de Brouwer, avec la collaboration de Paul de Sinety, (ISBN 978-2220047201)
  • Pèlerin des frontières, 2004, éd. du Cerf, avec la collaboration de Paul de Sinety et de Maurice Joyeux, (ISBN 978-2204061094)
  • Mes racines sont dans le Ciel, 2004, Presses de la Renaissance, (ISBN 978-2744184772)
  • Carnets spirituels, suivis d'un entretien avec Jean-Christophe Rufin, Posthume, Bayard, 2015, (ISBN 978-2227488113).

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jérôme Cordelier, Une vie pour les autres, l'aventure du père Ceyrac, Éditions Perrin 2004, (ISBN 2-262-02074-4)

Liens externes[modifier | modifier le code]