Pierre Brisac

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Officier général francais 4 etoiles.svg Pierre Brisac
Pierre Brisac
Pierre Brisac vers 1918

Surnom Colonel Brachet
Naissance
Paris, France
Décès
Origine France
Allégeance Drapeau de la France France
Arme Artillerie
Grade Général de corps d'armée
Années de service 1915-1957
Commandement École polytechnique
2e division d'infanterie
Adjoint au commandant en chef en Allemagne
Chef d'état-major adjoint du Shape
Conflits Première Guerre mondiale
Seconde Guerre mondiale
Faits d'armes Résistance intérieure française
Distinctions Grand officier de la Légion d'honneur
Croix de guerre 1914-1918
Croix de guerre 1939-1945
Médaille de la Résistance
Autres fonctions Secrétaire général adjoint de l'Union de l'Europe occidentale
Président de la Maison des polytechniciens.

Pierre Brisac, né en 1897 à Paris, mort en 1975 est un officier général français.

Engagé volontaire de la Première Guerre mondiale, il devient officier et reçoit la croix de guerre. Reçu ensuite à l'École polytechnique, il devient officier supérieur d'artillerie.

Résistant pendant la Seconde Guerre mondiale, il devient responsable de maquis puis chef d'état-major de l'Organisation de résistance de l'armée sous le pseudonyme de « Colonel Brachet ». Général à la Libération, il commande l'École polytechnique puis la 2e division d'infanterie avant d'être général de corps d'armée, adjoint au commandant en chef en Allemagne puis chef d'état-major adjoint du Shape et secrétaire général adjoint de l'Union de l'Europe occidentale.

Biographie[modifier | modifier le code]

Pierre Salomon Isaac Brisac, usuellement Pierre Brisac, né à Paris le 3 avril 1897, est le fils d'Adrien Brisac, receveur de l'enregistrement, et de Noémi Naquet[1]. Il est issu d'une famille juive comptant de nombreux généraux[2].

Première Guerre mondiale, jeune officier, polytechnicien[modifier | modifier le code]

Pierre Brisac participe à la Première Guerre mondiale comme engagé volontaire en 1915, promu sous-lieutenant d'artillerie en 1916, puis lieutenant en 1918[1]. Il est blessé à Verdun[3]. Il reçoit la Croix de guerre 1914-1918 avec cinq citations[4].

C'est après la guerre qu'il intègre l'École polytechnique[3]. Reçu 149e, il intègre la promotion spéciale « 1919S »[5]. À sa sortie, il choisit l'artillerie et se montre aussi un excellent cavalier[5]. Il suit les cours de l'École de guerre de 1925 à 1927[1]. Promu capitaine en 1926 et chef d'escadron en 1934, il sert de 1927 à 1930 au Levant puis de 1935 à 1937 au Maroc[1], où il dirige le 2e groupe du 64e régiment d'artillerie[6] et organise les batteries à cheval de la Légion étrangère[5].

Officier supérieur et résistant pendant la Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Au début de la Seconde Guerre mondiale, Pierre Brisac est nommé en 1939-1940 à l'état-major de la Ve armée[1]. Encerclé en 1940 dans les Vosges, il traverse les lignes et rejoint à pied la zone libre[4]. Il est ensuite promu successivement lieutenant-colonel en 1941 et colonel en 1942[1]. Il se conforme aux lois vichystes sur le statut des Juifs et se présente au commissariat de police[7]. Il bénéficie cependant, de même que le général Bloch, d'un décret lui permettant de rester dans l'armée, malgré son appartenance à la religion juive[8]. C'est un attentat de miliciens contre lui qui décide de son entrée dans la Résistance active, selon son cousin Bernard Levi[9].

Brissac organise alors un maquis dans les environs de Grenoble ; il évite l'arrestation par la Gestapo et revient à Paris[4]. Il y est chef d'état-major de l'Organisation de résistance de l'armée en 1944[1],[10]. Il porte à cette époque le pseudonyme de « Colonel Brachet »[5]. Ensuite chargé de mission par le général de Gaulle, il fait la navette entre Alger et la métropole[4],[11].

Général commandant Polytechnique puis dans les états-majors[modifier | modifier le code]

Nommé général de brigade en 1944, Pierre Brisac commande l'École polytechnique de 1945 à 1950[1]. Par ailleurs, il connaît le Talmud et prend part aux activités du Consistoire central de Paris[3],[12]. Après le commandement de Polytechnique, devenu général de division, il prend en 1950 la tête de la 2e division d'infanterie. Promu général de corps d'armée, il est nommé adjoint au commandant en chef des Forces françaises en Allemagne en 1953 et 1954. Il occupe ensuite de hautes responsabilités à l'état-major général interallié – le « Shape » – comme chef d'état-major adjoint, de 1955 à 1957[10].

Passé au cadre de réserve, il est de 1959 à 1964 le secrétaire général adjoint de l'Union de l'Europe occidentale[1], organisation internationale de défense regroupant des pays membres de l'OTAN ou de la Communauté européenne. C'est le poste le plus élevé occupé par un Français dans cet organisme[12]. Pierre Brisac est par ailleurs président de la Maison des polytechniciens.

Pierre Brisac meurt le [5]. Le grand-rabbin Bauer dit son oraison funèbre[3], et le général Blanc prononce une allocution élogieuse[13].

Il avait épousé Édith Crémieux à la synagogue de Marseille. Leur fils Michel Brisac devient général à son tour, il est en 1991 le commandant de la 1re armée[3].

Hommages et décorations[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e f g h et i « Brisac, Pierre », Who's Who in France 1973-1974, Paris, Lafitte, 1973.
  2. Birnbaum 1992, p. 59.
  3. a b c d et e Pierre Birnbaum, « Les Juifs d'État sous la Troisième République : de l'assimilation sociale aux emplois de prestige et d'autorité », dans Romantisme, 1991, no 72, p. 93 [lire en ligne].
  4. a b c et d Birnbaum 1992, p. 60.
  5. a b c d et e Site de la bibliothèque de l'École polytechnique, catalogues, famille polytechnicienne, « Brisac, Pierre Salomon Isaac », notice et fiche matricule.
  6. Birnbaum 1992, p. 61.
  7. (en) Renée Poznanski, Jews in France During World War II, UPNE, 2001, p. 32.
  8. Marcus et Paxton, Vichy et les Juifs, Calman-Levy, p. 78 et 348 (note 2).
  9. Bernard Levi, X bis : Un juif à l'École polytechnique, Mémoires 1939-1945, Calmann-Lévy, 2005, p. 150.
  10. a et b (en) Site generals.dk, « Brisac, Pierre-Salomon-Isaac, Lieutenant-General »
  11. Charles de Gaulle, Mémoires de guerre – L'Unité : 1942-1944 (tome II), Plon, Paris, 1956 ; rééd. Le Livre de poche (Historique), 1963, p. 207-208.
  12. a et b Birnbaum 1992, p. 66.
  13. Birnbaum 1992, p. 62.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • « Brisac, Pierre » dans Who's Who in France 1973-1974, Paris, Lafitte, 1973.
  • Pierre Birnbaum, Les Fous de la République. Histoire politique des Juifs d'État, de Gambetta à Vichy, Paris, Fayard, (lire en ligne), p. 58-60 ; rééd. « Poche », Éditions du Seuil, 1994 (ISBN 2-02-020505-X) ; notamment au chapitre IV – « Le service des armes : les généraux Brisac ».
  • Pierre Birnbaum, « Les Juifs d'État sous la Troisième République : de l'assimilation sociale aux emplois de prestige et d'autorité », dans Romantisme, 1991, no 72, Panorama, p. 93 [lire en ligne].
  • Le Jaune et le Rouge, revue mensuelle de la Société amicale des anciens élèves de l'École polytechnique, mars 1976.
  • Bulletin trimestriel de l'Association des amis de l'École supérieure de guerre, 1er trimestre 1976.

Liens externes[modifier | modifier le code]