Pierre Blanchet (journaliste)

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Pierre Blanchet
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CroatieVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activité

Pierre Blanchet, né le à Belley et mort le en Croatie, est un journaliste français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils de Pierre Blanchet, un polytechnicien, Français libre et commandant dans la 2e division blindée, tué durant la campagne de Normandie[1], Pierre Blanchet est adopté par un ami de son père, Georges Buis.

Mai 68 le marque si profondément qu’en 1969, il quitte l’Université pour vivre une expérience ouvriériste à Grenoble et y animer et encadrer l’agitation maoïste. C'est là qu’il se mutile la main avec une machine d’une usine de tracteur où il s’était fait embaucher. Après un passage à Sochaux, il tente « de marier des allures d’intellectuel parisien qu’il ne voulait pas être, à un idéal ouvrier, qu’il ne sera jamais[2]». Ses relations avec la mouvance maoïste lui permettent, en 1974, d’entrer au quotidien Libération pour y traiter des questions sociales. Mais sa fibre tiers-mondiste et anti-impérialiste l’amène à couvrir progressivement l’étranger.

Ainsi, en 1979, la révolution khomeyniste cristallise tous ses espoirs et l’amène à publier, avec son épouse Claire Brière, Iran : la révolution au nom de Dieu (Le Seuil, 1979). Comprenant un long entretien avec Michel Foucault, cet ouvrage illustre son enthousiasme pour les aspects antiaméricains, antiautoritaires et anti-occidentaux du mouvement iranien. Son rapprochement avec ce philosophe qui est un ami de premier plan du Nouvel Observateur comme la collaboration de son père adoptif à ce magazine à partir de l’amène à se sentir « plus proche de la “civilisation Nouvel Obs[2]» que de Libération. En , il rejoint donc l’hebdomadaire.

Jusqu’en , il y couvre principalement l’Afghanistan et l’Iran. Il traite ensuite du terrorisme irlandais, libyen ou d’extrême gauche et, dans une moindre mesure, de la Pologne au sujet de laquelle il interviewe Michel Foucault, Bernard Kouchner et Simone Signoret (). S’il est envoyé en reportage en Afrique du Sud ou au Liban, il a une prédilection particulière pour l’Amérique latine qu’il traite notamment pour le Salvador[3]. Après 1989, il est envoyé en Europe de l’Est (particulièrement en Pologne) puis en Syrie et en Jordanie lors de la guerre du Golfe. Envoyé spécial durant la guerre de Croatie, il meurt le à Petrinja en même temps que son collègue suisse Damien Ruedin, dans l'explosion d'une mine sous leur voiture[4].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Pierre BLANCHET X1931, m.p.F. le 14 août 1944 sur la route de Sees-Argentan
  2. a et b Jean Hatzfeld, “Pierre Blanchet est mort”, Libération du 22 septembre 1991.
  3. Cf. par ex. P. Blanchet, « Le cauchemar des dominos », Le Nouvel Observateur, 20 février 1982
  4. « Morts sur le terrain », sur L'Obs,

Article connexe[modifier | modifier le code]

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