Pierre Balguerie-Stuttenberg

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Pierre Balguerie-Stuttenberg
Nom de naissance Pierre Balguerie
Naissance
Aiguillon (Lot-et-Garonne)
Décès (à 46 ans)
Bagnères-de-Bigorre (Hautes-Pyrénées)
Nationalité Française
Profession
Ascendants

Jean-Pierre Balguerie de Blanchon (branche de Ramond) (1731-1806)

Marie-Margueritte Corrégeolles (1746-1833)
Conjoint
Sophie-Suzanne Stuttenberg (1791-1837)
Descendants
Henriette, Clémence et Sophie

Pierre Balguerie-Stuttenberg, né le 30 septembre 1778 à Aiguillon (Lot-et-Garonne) et mort le 19 août 1825 à Bagnères-de-Bigorre (Hautes-Pyrénées), est un négociant et un armateur bordelais.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il est le fils de Jean-Pierre Balguerie de Blanchon (1731-1806) issu de la branche agenaise des Balguerie de Ramond négociant pratiquant le négoce colonial, ruiné par la Révolution, retiré depuis 1793 sur ses terres à Galapian près d’Aiguillon en Agenais et de Marie-Margueritte Corrégeolles (1746-1833), créole de Saint-Domingue, fille de Jean Isaac C., négociant bordelais et propriétaire à Saint-Domingue[1],[2].

Il a pour frères aînés Jean-Isaac (1771-1855) et Jacques dit Belisle (1773-1850)[3]

Pierre Balguerie rentre en mars 1798, à 19 ans, comme apprenti, dans la maison Biré & Verdonnet (dirigé par Louis Biré et David Verdonnet) qui vendait des toiles à Bordeaux. En 1805, il devient le directeur de la maison lorsque ses patrons se retirent des affaires.

En 1809, il épouse Sophie-Suzanne Stuttenberg (1791-1837), fille d'un puissant négociant en vin, venu quarante ans plus tôt de Hambourg. Le couple Balguerie-Stuttenberg a trois filles : Henriette Balguerie-Stuttenberg (1810-1851, qui épouse Charles-Alexandre de Bethmann), Clémence Balguerie-Stuttenberg (née en 1812, elle épouse Édouard de Boisgérard en 1859) et Marie Balguerie-Stuttenberg (1823-1842)[4].

Sous l'Empire, au commerce de la toile, il ajoute celui du vin, de la spéculation sur les denrées coloniales et l'armement de navires. Pierre Balguerie, associé avec le baron Jean-Auguste Sarget de la Fontaine et David-Jean Verdonnet, crée la société Balguerie, Sarget & Compagnie

En 1812, la société achète aux enchères le Château Gruaud-Larose dans le Médoc[5].

Fin 1814, la société Balguerie, Sarget & Compagnie, fait construite un navire, l'Africain, pour se lancer dans la traite négrière. Mais ce projet n'aboutira pas en raison des mesures prises durant les Cent-Jours et de la Deuxième Restauration qui interdiront la traite en 1815[6],[7].

Sous la Restauration, il fonde la banque de Bordeaux. Ultérieurement, celle-ci sera absorbée par la banque de France. Il crée la caisse d’Épargne et de prévoyance. En 1824, il distribue une partie de ses bénéfices aux pauvres[8].

En 1816, Pierre Balguerie-Stuttenberg prend la tête d'une association d'armateurs et de négociants bordelais afin de construire le pont de pierre, dont la construction nécessitait un financement complémentaire à celui de l'état. L'association propose au gouvernement d'apporter 2 millions de francs pour continuer les travaux. En échange, une concession de l'exploitation du pont serait accordée pendant 99 ans avec un droit de péage. L'état accepte cette offre. En avril 1818, la Compagnie du pont de Bordeaux est créée. Elle est présidée par Balguerie-Stuttenberg [9].

En 1820, le frère aîné de Pierre Balguerie-Stuttenberg, Jean-Isaac Balguerie (1771-1855) succède à Sarget, et la société Balguerie, Sarget & Compagnie prend le nom de maison Balguerie & Compagnie. Après le décès prématuré de Pierre Balguerie-Stuttenberg en 1825, la maison Balguerie & Compagnie est dirigée au 1er janvier 1826 par un collège composé de Jean-Isaac Balguerie, du fils de ce dernier Adolphe Balguerie (1800-1876), du vieux et riche négociant allemand des Chartrons, Vincent Pöhls (1755-1840) et de deux autres négociants. Adolphe put réaliser un grand mariage en 1829, en obtenant la main de la fille de Jean-Jacques Bosc, Laure (1808-1876). La société tirait profit d'une filiale au Havre, dirigée par le frère cadet d'Adolphe, Pierre-Jules Balguerie (1802-1848) qui lui aussi fit un grand mariage en 1831 avec Jenny d'Egmont (1812-1895)[10].

Buste de Balguerie-Stuttenberg par Maggesi.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Joinville, Pierre de 18..-19.., L'armateur Balguerie-Stuttenberg et son œuvre, Paris, H. Champion, , 485 p. (lire en ligne)

Références[modifier | modifier le code]

  1. Voir Butel, 2008 Dynasties bordelaises p. 206
  2. Voir Saugera, 2002 Bordeaux, port négrier p. 147.
  3. « Généalogie de Balguerie », sur pastellists.com (consulté le 14 juin 2016))
  4. Balguérie, Pierre-Jules (1802-1848) et sa famille
  5. Château Gruaud-Larose
  6. Voir Saugera, 2002 Bordeaux, port négrier pp. 146-151.
  7. Voir l'article suivant au sujet du rôle de Balguerie-stuttenberg dans la traite négrière (« Bordeaux, la difficile mémoire de l’esclavage », sur rue89bordeaux.com, (consulté le 14 juin 2016)).
  8. Bordeaux au XIXe siècle
  9. Structurae Construction du Pont de Pierre
  10. Voir Butel, 2008 Dynasties bordelaises pp. 213-214