Pierre Babaud de la Chaussade

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Pierre Babaud de La Chaussade
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Tableau non sourcé, localisation inconnue.

Naissance
Bellac
Décès (à 85 ans)
Paris
Nationalité Française
Pays de résidence Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Profession
Famille
Blason famille fr Babaud de la Chaussade.svg

Pierre Babaud de la Chaussade, né le à Bellac (Limousin), et mort à Paris le , est un fournisseur de la marine royale, à la fois maître de forges et propriétaire forestier.

Biographie[modifier | modifier le code]

Pierre Babaud de la Chaussade est le fils de Pierre Babaud, sieur de Beaupré, et de Marguerite Jouhinot, Pierre Babaud. Il est le puîné de Jean Babaud et de leur sœur Louise Babaud.

Durant sa jeunesse, il aide son père, marchand de bois en gros pour la marine de guerre[1]. En 1722, Pierre Babaud de la Chaussade dirigeait l'exploitation des bois à Bitche en Lorraine pour l'architecture navale. Le financier Jacques Masson s'attacha les services du jeune homme qu'il trouvait brillant.

À partir de 1735, Masson et Babaud acquièrent et exploitent la forge de Cosne-sur-Loire, profitant de la présence du fleuve, de minerai de fer et des forêts de chênes qui alimentent les fourneaux de ses forges pour la fabrication d'ancres à destination les ports de Lorient et de Brest[2].

De son mariage, le avec Jacqueline Marie-Anne Masson, fille du banquier Jacques Masson[3], naîtront :

  • Antoinette-Rosalie en 1735, morte le , mariée le par contrat, au marquis Charles-Jean-Louis-Claude Goujon de Gasville, dit d'Yville, chevalier et seigneur, le couple aura deux enfants : Pierre-Charles-Auguste le et Jean-Prosper-Camille le  ;
  • Jean-Pierre de la Chaussade de Guérigny, né en 1737, mort en 1775, célibataire sans postérité ;
  • Marie-Cécile, née en 1740, morte en janvier 1759. Mariée en 1756 au marquis Claude-Charles de Guiry (1723-1796), de cette union : Cécile-Rose-Françoise (1753-1792).

Il devient aussi propriétaire des forges de Guérigny, dans la même région. Jacques Masson, financier d’origine genevoise, premier commis au contrôle général des finances, avait acheté la seigneurie de Guérigny en 1720[4]. Les fonderies du nouveau groupe sont à Guérigny, les forges à Trézy et le haut-fourneau à Grossouvre, propriété de Jean-François Durand, seigneur de Grossouvre, maître de forges depuis plusieurs générations.

Après la mort de son frère Jean (1738) et de son beau-père (1741), qui étaient à eux trois propriétaires d'une entreprise de bois, il délaisse celle-ci au profit de l'industrie métallurgique. Il devient l'unique propriétaire des forges acquises par son frère et son beau-père.

En 1743, il est anobli pour une charge de secrétaire du roi. Il est écuyer, conseiller-secrétaire du roi, Maison et Couronne de France et de ses finances. Bien introduit à la cour du roi Louis XVI par le ministre de la Marine Jean Frédéric Phélypeaux, comte de Maurepas, Pierre Babaud de la Chaussade voit son activité enregistrer un pic entre 1744 et 1781[1]. La forge fabrique les ancres et accessoires métallurgiques pour la Marine royale française. Avec un statut de fournisseur quasi exclusif, elle approvisionne les ports de Brest et de Lorient. Il fait bâtir entrepôts, écuries, remises, greniers et logements à Nevers. Il négocie pour l'acquisition d'autres forges et bâtit un empire industriel. C'est dans la même période que furent démolis le vieux village de Saint-Amand, son église et autres bâtiments construits au fond de la vallée et exposés aux crues de la Nièvre.

Son épouse meurt en juin 1744. Deux ans plus tard, en 1746, il épouse Anne-Rose Le Comte de Nonant de Pierrecourt (1715-1778) en seconde noces, qui lui donnera deux enfants :

En 1749, les Anglais prennent pied au Canada. La guerre de Sept Ans se profile (1756-1763). Il achète en 1750 la seigneurie de Villemenant au baron Joseph Hyacinthe de Lange, qui lui avait déjà vendu les Forges de Guérigny. Il fait enregistrer ses armoiries par d'Hozier en 1750.

La fin de la guerre de Sept Ans marque le début de la réduction des frais de la marine de guerre. De la Chaussade voit son activité réduite et les emprunts qu'il doit rembourser amoindrissent son patrimoine. En 1769, il propose au roi le rachat de ses forges pour la somme de 2,4 millions de livres. Le contrôleur général des finances, l'abbé Joseph Marie Terray, refuse la proposition.

Lors de la guerre d'indépendance américaine, (1775-1783, Pierre Babaud de la Chaussade pressent les risques de déclin de son activité car la France veut comme l'Angleterre recourir à la « fonte au coke ». Il réussit en 1780 à monnayer ses forges à une entreprise financière.

En 1782, une fonderie royale sera construite au Creusot pour profiter des ressources en houille de la région, avec l'aide de l'industriel anglais William Wilkinson. Louis XVI fait annuler la vente par l'intermédiaire de son directeur général au trésor Jacques Necker et Pierre Babaud de la Chaussade entame alors des négociations avec l'État qui rachète les forges le pour 3,7 millions de livres[5]. Une ordonnance royale du leur conserve le nom de « forges de la Chaussade ». En 1791, les forges font travailler 840 ouvriers[4].

Auparavant, en 1775, profitant de son réseau dans les Eaux et Forêts, Pierre Babaud de la Chaussade signe un contrat pour approvisionner la marine de 150 000 à 300 000 pieds cubes de bois dans des forêts situées plus loin que l'approvisionnement habituel[6]. En 1781, il cède ce contrat à Claude Baudard de Saint-James, trésorier de la Marine, qui est associé au négociant malouin Marion-Brillantais.

En 1781, il produisait deux mille tonnes de fer pour la Marine et la Compagnie des Indes (jusqu'à 4 000 tonnes en temps de guerre), et employait plus de deux mille ouvriers dans ses haut-fourneaux et ses forges.

Il prend part aux assemblées de la noblesse du Nivernais, pour ses seigneuries de Beaumont-la-Ferrière et de Sichamps, en 1789.

Malade, il meurt dans son hôtel à Paris le . Il avait exprimé le vœu d'être inhumé dans le caveau de l'église paroissiale de Guérigny, ce qui ne sera jamais réalisé.

Titres[modifier | modifier le code]

Armoiries[modifier | modifier le code]

  • « D'or à un arbre grenadier de sinople, terrassé de même, chargé de fruits de gueules »[7]

Propriétés industrielles[modifier | modifier le code]

Certaines furent acquises en copropriété avec son frère Jean ou son beau-père, Jacques Masson.

  • 1722 : Forges de Guérigny ;
  • 1722 : Terres et seigneurie de Villemenant ;
  • 1734 : Forges de Cosne ;
  • 1741 : Forges de Forgebas - Forges de Chamilly - Forges de Vingueux - Forge de la Douée (acier) dans la seigneurie de Frasnay-les-Chanoines ;
  • 1744 : Forges du haut fourneau de La Vache ( commune de Raveau) ;
  • 1744 : Forges de Marteauneuf ;
  • 1744 : Terres et seigneurie de Richerand et d'Ouvrault ;
  • 1752 : Châtellenie et forges de Demeurs ;
  • 1752 : Forges de Marcy ;
  • 1755 : Châtellenie de Narcy ;
  • 1755 : Haut fourneau de Chantemerle.

Cet ensemble industriel représentait en 1777 :

Arsenaux 
  • 5 hauts fourneaux produisant fontes en gueuses, sans compter les mouleries de première fusion ;
  • 4 grosses forges, 8 petites forges fabriquant des fers martelés et des aciers ;
  • 5 ateliers à ancres ou de corroyage, d'où sortaient : ancres, enclumes et autres objets de corroyage, ateliers de martinets pour les gros outils, petits fers ouvrés et grands clous ;
  • 2 fonderies de fers feuillard et en verges, forges à bras (taillanderie et serrurie) pour les chaînes d’amarrage, boulets ramés, grappins, outils et fers ouvrés de toute sorte, clouterie de clous moyens et petits.

Propriétés privées[modifier | modifier le code]

  • 6 manoirs avec leurs dépendances, fermes, écuries, granges, champs, prés, enclos, vergers ;
  • 18 domaines avec leurs dépendances en fermes, écuries, granges, champs, prés, enclos, vergers ;
  • 2 hôtels particuliers : l'un à Paris, l'autre à Nevers ;
  • 2 maisons qui servaient d'auberges à Guérigny : l'une dite Grande Auberge, avec une boucherie, l'autre dite Petite Auberge ;
  • 2 tuileries ;
  • 2 moulins à blé ;
  • 4 étangs ;
  • 6 000 arpents de bois ;
  • vignes, minières et castinières, droits de justice, de seigneurie, de chasse, de pêche, de pacage et d'usage, droits honorifiques, de patronage, et nominations à plusieurs cures, office de notaire royal, directes, tant bordelières que censivières, dîmes (froment-avoine).

Hommages[modifier | modifier le code]

À Guérigny, une rue porte son nom. Les Forges de la Chaussade ; nom donné en 1814 par ordonnance royale.

Expositions 
  • Forges de Loire, musée municipal de Cosne-sur-Loire du 24 septembre au 23 décembre 2006.
  • Babaud de la Chaussade exposition au musée du Vieux Guérigny du Ier juillet au 17 septembre 2006.
  • Créations et Œuvres de Babaud de la Chaussade palais ducal, Nevers, du 9 au 31 décembre 2006.
Colloque 

du 20 au 21 octobre 2006, sur Babaud de la Chaussade par les Amis du Vieux Guérigny.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jacques Thuillier, notice biographique sur le site de la Mission aux commémorations nationales, 2006
  • Actes du colloque Babaud de la Chaussade, éd. la Camosine, No 124 des Annales du Pays Nivernais, 32 p.
  • Hugues Richard, "La succession de Pierre Babaud de La Chaussade (1706-1792) : Application des lois dans le temps et dans l'espace", dans Le temps et le droit : journées internationales de la Société d'histoire du droit, mai 2000, 2002
  • Claude Corbier, Notice historique sur les forges impériales de la Chaussade à Guérigny (Nièvre), 1870

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b http://www.mairie-cosnesurloire.fr/decouvrir-cosne/histoire-de-cosne/les-forges-de-la-chaussade.html
  2. http://www.ville-guerigny.fr/Histoire-et-Patrimoine.html
  3. Jacques Masson épousera en seconde noce Marie Boësnier, sœur de l'économiste Paul Boësnier de l'Orme, et veuve de Jean Babaud, frère de Pierre.
  4. a et b http://annales.org/archives/x/durand3.html
  5. Marc Ortolani, Olivier Vernier, Le temps et le droit: actes des Journées internationales de la Société d'Histoire du droit (Google books)
  6. Forêt et marine, par Andrée Corvol, Groupe d'histoire des forêts françaises, page 111
  7. Enregistrées par Louis Pierre d'Hozier dans l'Armorial de France en 1750.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]