Pierre Antoine Barou du Soleil
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Pierre Antoine Barou du Soleil, né le à Paris, et mort le à Lyon, est un avocat et procureur à la cour des Monnaies de Lyon. Il est aussi botaniste.
Biographie
[modifier | modifier le code]Pierre Antoine Barou est le fils d’Antoine Barou, bourgeois de Lyon, et d’Étiennette Garnier. Il a été baptisé le à Saint-Germain-l’Auxerrois à Paris. Ses parents reviennent ensuite à Lyon où ils se marient le . Ils habitent place du Change[1].
La famille Barou est originaire d’Annonay.
Son père est agent de change à Lyon, il est resté protestant. Mort le , il est enterré dans le cimetière protestant de l’Hôtel Dieu[2].
En , Pierre Antoine est licencié en droit de la faculté de Paris, à l’âge de 23 ans. L’année suivante, il revient à Lyon. Le , il acquiert de Jean François Tolozan une (des deux) charges d’avocat général en la cour des monnaies. Il est pourvu de l’Office de contrôleur du Roi et son avocat général en la cour des monnaies Sénéchaussée et siège présidial de Lyon. Il n’a pas les trente ans exigés pour être avocat et il obtient alors une dispense d’âge. Le , il est pourvu de la charge de procureur du roi en la Cour des monnaies de Lyon[3].
La Cour des monnaies a compétence sur toutes les affaires en rapport avec les monnaies et les matières d'or et d'argent. Elle juge des affaires de monnaie et métaux précieux, les agissements des personnels des ateliers, les litiges relatifs au commerce de l'or et de l'argent. L’Hôtel des Monnaies de Lyon est supprimé le , d’où la création de l’office de procureur du roi en la Cour des monnaies de Lyon.
En 1787, il est procureur syndic de la commission intermédiaire de l’Assemblée provinciale, établie par Calonne[4]. Les notables lyonnais, dont il fait partie espèrent des réformes, mais expriment des réserves. Comme ceux de ses collègues « les propos du procureur du roi Barou du Soleil témoignent de la hardiesse des idées »[5].
En 1788, Barou refuse de concourir à l’enregistrement de l’édit de création du grand bailliage de Lyon. En opposition à la réforme de Lamoignon, il publie une protestation pour refuser l’édit du 8 mai, intitulée : Protestations de MM. Rougnard, Rey & Loyer, conseillers au présidial de Lyon, & de M. Barou du Soleil, procureur du roi au même siège, contre l'acceptation faite par les officiers de ce même tribunal, des lois publiées en lit de justice, du mois de mai 1788 : précédées des arrêtés unanimes de la compagnie, du mois de septembre 1787, des 23 & 24 mai, et 6 juin 1788[6].
Arrêté et transféré à Agde, au fort de Brescou, Barou est emprisonné par lettre de cachet, puis libéré sur l’intervention de Necker, devenu ministre en .
Il est réinstallé dans ses fonctions et chargé de rétablir la sénéchaussée et le présidial. La Sénéchaussée reprend ses fonctions en .
Barou, qui est procureur du roi jusqu’au , participe à l’organisation des états généraux, il prononce un discours « présentant à l'enregistrement la déclaration qui annonce les États-généraux, & rétablit les cours & tribunaux au même & semblable état qu'ils étoient avant le 8 mai »[7]. Il aurait aimé être élu député du tiers état, mais il ne se met pas en avant et il ne siège pas.
Barou est administrateur des collèges de Lyon[3].
Il est élu administrateur de l’institut de bienfaisance en faveur des pauvres mères nourrices en 1784[8].
En 1787, il est recteur et administrateur de l'Hôtel-Dieu de Lyon.
Il est chargé de l’organisation du vol de la montgolfière « Le Flesselles » le [3].
En 1790, il est conseiller à la maîtrise des ponts, ports et passages de la ville de Lyon[9].
Alors que Lyon se révolte contre la Convention, il accepte la fonction de président de la section de son quartier dit « Fédération Marseille », il doit signer des ordres et il appelle au calme, ce qui entraîne son arrestation[3]. Le , Chalier demande la guillotine contre les présidents de section[10].
Barou du Soleil est emprisonné en décembre 1793, puis condamné à mort par la commission révolutionnaire présidée par Collot d'Herbois[3].
Il est guillotiné place des Terreaux, ainsi que treize autres condamnés. Il meurt le (23 frimaire an 2) à l’âge de cinquante et un ans[11].
Ses archives
[modifier | modifier le code]Le , il épouse Jeanne Marie Durand de Châtillon. Le couple n’a pas d’enfant. C’est la nièce de Jeanne Marie, Marie Antoinette Durand, mariée avec le comte de Chaponay qui hérite des biens. Leurs archives sont conservées au château de la Flachère. Un fonds d’archives privées de la famille Chaponay a été versé sous la cote 44J aux archives du Rhône en 1978 et l’État en fait l’acquisition.
Botaniste
[modifier | modifier le code]Pierre Antoine Barou herborise comme disciple de Marc Antoine Claret de la Tourrette qui devient son ami. Ils rencontrent Jean Jacques Rousseau et fréquentent des botanistes réputés, tels : l’abbé François Rozier, Jean Emmanuel Gilibert qui ont créé le jardin des plantes, premier jardin botanique de Lyon.
Il effectue un voyage en Italie jusqu'en Sicile, de novembre 1768 à juin 1769, avec Claret de la Tourrette[12].

Barou a découvert une orchidée rare dans la région : l’Orchis papilionacea. « Il herborisa autour de son domaine du Soleil à Beynost (Ain) où il trouva le premier, de très rares Orchis papilionacés »[13]. « Notre ami M. Barou du Soleil, Amateur éclairé, a le premier découvert dans notre province cette espèce ; il la trouva en 1788, dans un petit pré, situé près de la grande route de Montluel, à une lieue et demie de Lyon »[14].
L’herboriste Benoit Vaivolet dit à propos de l’orchis : « Je devais le reconnaitre en allant voir mon très cher ami Barou que je regretterai toujours ! »[15].
Barou aurait aussi découvert plusieurs plantes aquatiques, peu fréquentes dans les étangs de Dombes : la pilulaire à globules (Pilularia globulifera)[16].
Barou et son épouse ont constitué des herbiers qui ont disparu après sa mort.
Sociétés Savantes
[modifier | modifier le code]Membre de l’Académie des sciences, belles-lettres et arts de Lyon, il est admis le dans la section des belles-lettres et arts. Il en est le directeur en 1776[16].
Publications
[modifier | modifier le code]- En 1762, il participe à la première réédition des œuvres de Louise Labé, avec Pierre Adamoli et Claret de La Tourrette[16].
- En 1784, il publie l'Éloge de Prost de Royer[17].
- Il traduit de l’anglais les œuvres de Laurence Sterne, Hugh Blair, Gay[16].
- En 1792, il est nommé commissaire, avec son ami Joseph Vasselier, par l'Académie de Lyon, pour examiner le Dictionnaire français-anglais et anglais-français préparé par M. Bruyset, éditeur[18].
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ Archives de Lyon, « Saint-Thomas de Fourvière, BMS 1751, registre 1GG 229 p. 4/6 ».
- ↑ Archives de Lyon, « Registre des sépultures, Protestants, 1GG716, p. 35/38 ».
- Bange 2017.
- ↑ Procès-verbaux des séances de l'assemblée provinciale de la généralité de Lyon et de sa commission intermédiaire, 1787-1790 : publiés d'après les manuscrits originaux, pour les conseils généraux du Rhône et de la Loire / par Georges Guigue,..., Lyon, (lire en ligne).
- ↑ Louis Trenard, Histoire de Lyon des origines à nos jours, Lyon, Édition lyonnaises d'art et d'histoire, , 955 p. (ISBN 978-2-84147-190-4), p.621.
- ↑ Rougnard, Rey, Loyer et Barou du Soleil, Protestations de MM. Rougnard, Rey & Loyer, conseillers au présidial de Lyon, & de M. Barou du Soleil, procureur du roi au même siège, contre l'acceptation faite par les officiers de ce même tribunal, des lois publiées en lit de justice, du mois de mai 1788, Lyon, (lire en ligne).
- ↑ Pierre Antoine Barou du Soleil, Discours prononcé par M. Barou du Soleil, procureur du roi en la sénéchaussée & siége présidial de Lyon : en présentant à l'enregistrement la déclaration qui annonce les Etats-généraux, & rétablit les cours & tribunaux au même & semblable état qu'ils étoient avant le 8 mai., (lire en ligne).
- ↑ Yves Krumenacker, « Promouvoir l’allaitement maternel à Lyon au xviiie siècle », dans Enfance, assistance et religion, LARHRA, (lire en ligne).
- ↑ Lyon, Compte-rendu de la Municipalité de Lyon à ses concitoyens, contenant l'arriéré de 1790 et l'année 1791, Amable Leroy, (lire en ligne).
- ↑ Bruno Benoit et Roland Saussac, Lyon, la Révolution, le Consulat et l'Empire, Lyon, Éditions lyonnaises d'art et d'histoire, (ISBN 978-2-84147-339-7), p.37.
- ↑ Antonin Portallier, Tableau général des victimes & martyrs de la Révolution, en Lyonnais, Forez et Beaujolais : spécialement sous le régime de la Terreur, 1793-1794 ([Reprod.]) / par Antonin Portallier, (lire en ligne).
- ↑ Antoine Magnin, « Annales de la Société botanique de Lyon », sur www.linneenne-lyon.org, (consulté le )
- ↑ Louis Maynard, Dictionnaire de Lyonnaiseries, Lyon,
- ↑ Marc-Antoine Claret de la Tourrette, Démonstrations élémentaires de botanique, à l'usage de l'École Royale Vétérinaire, Lyon, Jean-Marie Bruyset, (lire en ligne).
- ↑ Antoine Magnin, « B. Vaivolet et les premiers explorateurs de la flore du Beaujolais », Publications de la Société Linnéenne de Lyon, vol. 14, no 1, , p. 37–160 (DOI 10.3406/linly.1887.4837, lire en ligne, consulté le ).
- Dict. Académiciens de Lyon, p. 103.
- ↑ Barou du Soleil, Éloge de M. Prost de Royer, ancien échevin & lieutenant général de police de la Ville de Lyon, &c. prononcé à l'ouverture des audiences de la Sénéchaussée de Lyon, Le 30 novembre 1784, Lyon (lire en ligne).
- ↑ Abel Boyer, Dictionnaire françois-anglois et anglois-françois... Par A. Boyer... Nouvelle édition... (Préf. par Bruyset fils aîné), Lyon, Chez Bruyset Frères, (lire en ligne)
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Louis-Gabriel Michaud, Biographie universelle, Michaud frères, (lire en ligne), p. 178-179.
- Jean-Baptiste Monfalcon et Joseph-François Michaud, Histoire monumentale de la ville de Lyon, Typ. Firmin Didot, (lire en ligne), p. 34-35.
- Christian Bange, « Barou du Soleil Pierre Antoine », Dictionnaire historique des Académiciens de Lyon 1700-2016, , p. 101-103 (ISBN 9782955943304).
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Liens externes
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