Pierre Amrouche

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Pierre Amrouche
une illustration sous licence libre serait bienvenue
Biographie
Naissance
Voir et modifier les données sur Wikidata (73 ans)
ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Père

Pierre Amrouche (né le à Paris) est un écrivain et antiquaire français spécialiste en art africain, art primitif et art populaire[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et jeunesse[modifier | modifier le code]

Pierre Amrouche, expert international en art d’Afrique, d’Océanie et d’Amérique du Nord, photographe et écrivain, est né à Paris le . Fils de Jean Amrouche, poète kabyle, critique littéraire, essayiste et journaliste, et de Suzanne Maria Virginie Molbert, professeur agrégé de lettres classiques, issue d’une vieille famille française d’Algérie.

Fortement marqué par la dualité culturelle de son père, et voulant garder la marque de sa filiation, il conserve aujourd’hui deux nationalités, française et algérienne.

Dans son enfance, un récit ethnologique de Claude Lévi-Strauss, Tristes Tropiques, et un livre photographique de Dominique Darbois, Parana, le petit indien, exerceront sur lui la même fascination que ces objets trouvés au hasard de ses déplacements. Son père, qui reçut les ouvrages dédicacés des auteurs, lui en fit cadeau, scellant définitivement un destin de voyageur et de découvreur.

Ses études secondaires le mènent de Paris à l’Afrique sub-saharienne(Bangui), en passant par le Moyen-Orient (Beyrouth), définissant, dès son adolescence, son goût et son intérêt pour le voyage, pour le continent africain et pour les objets.

« Mon grand-père maternel fut en Algérie mon initiateur, ingénieur en chef de la ville d’Alger, il avait pour violon d’Ingres l’archéologie et la préhistoire et dès que j’ai pu l’accompagner il m’a entraîné à sa suite sur ses chantiers à la recherche de vestiges archéologiques, romains en particulier, qui sortaient de terre à chaque coup de pioche ; nous allions aussi dans le lit des oueds après les pluies d’hiver à la quête des pierres taillées affleurant des rives, pointes de flèches ou coups de poing. Il y avait du magique et du rêve dans ces pérégrinations, elles ont laissé une empreinte profonde sur les premières années de ma vie. »

— In Area revue, n°8, hiver 2004, Scènes primitives

« En 1965 je suis parti vivre en Centre Afrique, là j’ai commencé à chercher des objets sur le terrain, pendant un an j’ai sillonné les pistes du pays, le sud du Tchad et le nord Cameroun. Ensuite j’ai passé une année au Moyen-Orient où mon penchant pour l’archéologie m’a repris, les souks de Beyrouth et de Damas n’avaient pas de secret pour moi. Ce goût de la collection m’a accompagné tout au long de mon enfance et de mon adolescence. »

— In Area revue, n°8, hiver 2004, Scènes primitives

De même, sa famille tunisienne habitant Carthage, lui envoyait de petits objets archéologiques.

Après son baccalauréat, il opte pour des études d’histoire de l’art, se spécialisant dans l’épigraphie égyptienne. Ultérieurement, il décide de s’inscrire à l’Institut des langues orientales pour apprendre la langue de toute la lignée paternelle, le berbère de Kabylie.

« Mon père a aussi sa part dans ma vocation, il avait gardé de son enfance tunisienne le goût oriental pour le souk et ses marchandages, un de ses plaisirs était d’aller chiner au marché aux puces de Saint-Ouen et de m’y emmener, là j’ai découvert le monde des antiquaires et des collectionneurs… »

— In Area revue, n°8, hiver 2004, Scènes primitives

Pierre Amrouche est père de quatre enfants : Lucile, Constance, Genséric et Tassadit.

L'expert[modifier | modifier le code]

C’est en 1970 qu’il s’installe à Paris comme « brocanteur ambulant », selon sa patente. À partir de 1975, il devient antiquaire spécialisé, privilégiant la vente d’objets d'art primitif et de curiosités, fidèle à l’esprit des antres parisiennes du début du siècle telle l’enseigne « Au Vieux Rouet », où les collectionneurs de l’avant-garde et les peintres se rendaient pour dénicher et acheter l’objet rare.

Trouver de tels objets nécessitant un vaste terrain de recherches et d’études, Pierre Amrouche arpente sur plusieurs décennies la RCA et Tchad, Cameroun, Gabon, Congo, Zaïre, Sénégal, Mali, Burkina-Faso, R.C.I., Ghana, Togo, Bénin, Nigeria, Moyen-Orient, Polynésie, Inde.

Connaissances approfondies des Arts Premiers et conseils avisés lui donnent accès au statut d’expert en 1981 (Compagnie Nationale des experts), puis expert de la Compagnie des Commissaires-priseurs de Paris. Sa rencontre avec le commissaire-priseur Guy Loudmer sera décisive, il en sera l’expert de 1984 à 1997. Également expert consultant du C.I.C.I.B.A de Libreville (1984), expert près la Cour d'appel de Lomé (1998), expert consultant de Christie's Londres International (2002-2003 ; 2010-2019).

À ce titre, Pierre Amrouche est l’auteur de nombreux catalogues des plus prestigieuses ventes publiques de collections d’art lointains (cf. bibliographie), contribuant ainsi à faire de Paris la première place mondiale pour le marché des ventes publiques d’art africain et océanien.

Parallèlement à cette spécialité, il affirme avec autant de pertinence sa maîtrise de la connaissance et de l’expertise des arts populaires, de la franc-maçonnerie et du compagnonnage, devenant aussi spécialiste dans ces deux domaines (1981 et 1985) et menant, à intervalle régulier, entre 1981 et 1997, de belles ventes dans ces domaines spécifiques, telle la vente de la collection Baylot en 1984. Dans ces mêmes années, il est aussi expert du Musée de la Grande Loge de France.

Le poète[modifier | modifier le code]

À l’image de son père, Pierre Amrouche se vit « citoyen du monde ». Il se nourrit de ses voyages, de ses rencontres, de ses lectures et se porte, dès 1966, vers la création littéraire, et plus particulièrement la poésie qui lui permet de brider par une ascèse d’écriture la violence d’une sensualité très intériorisée.

L’Afrique de l’Ouest - et plus particulièrement le Togo, le Bénin - constitue une source continuelle d’inspiration.

Le photographe[modifier | modifier le code]

Autre expression de la forme poétique, la photographie, à laquelle Pierre Amrouche, formé par sa mère, s’attache très tôt, ayant perçu l’adéquation entre cet outil d’expression et le foisonnement de sa propre intériorité.

La photographie vient alors compléter l’expression poétique par une dimension visuelle, s’imposant comme aussi nécessaire que nourricière.

Un bon nombre de publications, citées dans la bibliographie, nous donne à voir le travail du photographe Amrouche, « minimaliste, sobre et efficace d’un grand pouvoir d’évocation…une ascèse qui n’a rien de forcé, ne doit rien à des manipulations techniques mais tout à l’œil, à la rapidité de la saisie… » (Michel Bohbot dans Pierre Amrouche, Le Jour d’avant, Bruxelles, 2013).

Aujourd’hui, Pierre Amrouche continue à dispenser son expertise dans les domaines qui sont les siens et travaille sans relâche à la création de nouveaux textes et de nouvelles photographies, consubstantiels à sa nature complexe et riche d’humanité.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ventes publiques[modifier | modifier le code]

Art populaire et franc-maçonnerie[modifier | modifier le code]

  • Collection Jean Baylot, franc-maçonnerie et compagnonnage, bijoux, bibelots, boîtes et tabatières, coffrets et maillets, faïences et porcelaines, tableaux, verrerie, mobilier, armes et sceaux, jetons et médailles, tabliers, sautoirs et cordons…Paris, Loudmer, 1984
  •  Curiosités : Franc-maçonnerie et compagnonnage : Collection de Madame Z et à divers amateurs, Paris, Loudmer, 1985
  • Curiosités : Franc-maçonnerie et compagnonnage, cannes et tabatières, Paris, Loudmer,  1986
  • Objets de curiosité, franc-maçonnerie et compagnonnage, collection de cannes, Paris, Loudmer, 1988.
  • Haute curiosité. Franc-maçonnerie. Art nouveau. Paris. Loudmer, 1994.
  • Franc-maçonnerie. Cannes de collection. Paris, Loudmer. 1997.

Art primitif[modifier | modifier le code]

  • Arts primitifs : objets provenant des collections Konietzko, Pitt-Rivers, Rabut, Rasmussen, Charles Ratton, Heye Foundation, Craigcleuch Castle Museum, Seton Museum, Paris, Loudmer, 1984
  • Arts primitifs : collection et bibliothèque Louis Carré, Paris, Loudmer, 1985
  • Arts primitifs : Amérique, Océanie, Afrique. Documentation. Collection Tristan Tzara et à divers amateurs, Paris, Loudmer, 1988
  • Le grand Byeri de Chinchoa : Arts primitifs, Paris, Loudmer,
  • Collection Louis et Geneviève Rodis, Paris, Loudmer, 1994
  • Arts primitifs : Ancienne collection Georges Sadoul & à divers amateurs, Paris, Loudmer, 1996
  • Arts primitifs, collection Pierre Guerre, Paris, Loudmer, 1996
  • Fonds de la galerie Duperrier, Paris, Loudmer, 1997
  • Collection Hubert Goldet, Paris, Ricqlès, 2001
  • Collection René Gaffé, art tribal, Paris, Christie’s, 2001
  • André Breton, 42 rue Fontaine, Paris, Calmels-Cohen, 2003
  • Collection Marie et Philippe de Thézy : arts primitifs, Paris, Calmels Cohen, 2005
  • Pierre et Catherine Descargues : regards et témoins, Paris, Calmels-Cohen, 2005
  • Collection Vérité, Paris, Enchères Rive Gauche, 2006
  • Collection Robert Lebel, Paris, Calmels-Cohen, 2006
  • Arts primitifs : de la collection Walter Bondy et à divers amateurs, Paris, 2008
  • Art africain : Collection Durand-Barrère, Paris, Piasa, 2008
  • Deux collections françaises : Antiques, Asie, Afrique, Océanie, successions Armand Charles & Léon Fouks, Paris, Enchères Rive Gauche, 2009
  • Art océanien : objets de curiosité provenant de la collection Daniel Blau, Paris, Christie's, 2011
  • Arts of Africa, Oceania and the Americas : including property from the Estate of Ernst Beyeler, New York, Christie’s, 2012.
  • Art africain et océanien : Collection Bartos et sélection d'œuvres provenant de l'Art Institute of Chicago, Paris, Christie’s, 2013
  • Collection Jolika, chefs-d'œuvre de Nouvelle-Guinée provenant des Fine Arts Museums de San Francisco, Paris, Christie’s .
  • Collection Vérité, Paris, Christie’s, 2017
  • Futur antérieur : la collection d'art africain de Liliane et Michel Durand-Dessert, Paris, Christie's, juin  2018
  • Chefs-d'œuvre d'art africain et océanien de la collection Adolphe Stoclet, Paris, Christie's,

Poésie[modifier | modifier le code]

  • « Ballade pour Malick Sidibé - L’œil de ma mobylette » In Malick Sidibé : photographies de la vie bamakoise. Avec M. Sidibé, B. Ollier, Angers, Musée d’Angers, 2003
  • Lomé Songs, poèmes, avec Paul Ahyi, Lomé, Éditions HAHO, 2004
  • Des jours de plus en moins, Paris, Présence africaine, 2004
  • Filles de chair, avec Jacques Bosser, Paris, Area, 2005
  • Fraternité océanique, Paris, Présence africaine, 2007
  • Chants de Lomé : Poèmes, Paris, Présence africaine, 2012
  • Agama. Illustré par Akira Inumaru. Paris, Area, 2021

Art d'Afrique[modifier | modifier le code]

  • Regards de masques : Carnets de route du Gabon, Paris, Présence africaine, 2015
  • Afrique, terre ancestrale, en collab. avec Dominique Darbois, Paris, Cultures France, 2007
  • Corps et décors : statuaire Lamba et Losso du Togo, Paris, Espace Berggruen, 2008
  • Paris célèbre l’Art africain, Brussels, Géopolitique africaine, 1986
  • Le CICIBA, pour rassembler et exalter le génie Bantou, Brussels, Géopolitique africaine, 1988
  • Esprit Kachina : poupées, mythes et cérémonies chez les Zuni, en collab. avec Xavier Mérigot et al. Paris, Galerie Flak, 2003
  • Afrique, terre de femmes, avec Dominique Darbois, Neuchâtel, Ides et Calendes, 2004
  • Fétiches de l’ancienne côte des esclaves, avec Daniel Boudre, Toulouse, Toguna, 2014
  • Arts premiers d’Afrique et d’Océanie : découvrir, ressentir, partager ; collection Michel Bohbot, Sens, Montbéliard, Auxerre, 2009
  • De fer et de bois : hwé li, un vodun en pays Fon, Paris, Espace Berggruen, 2009
  • Treize charmes d’Afrique, avec Yves Créhalet, Luc Berthier, Paris, Présence africaine, 2012

Articles[modifier | modifier le code]

  • « Renouveau culturel au Gabon », in Arts d’Afrique noire, n° 55, automne 1985
  • « Art primitif et presse », in Arts d’Afrique noire, n° 56, hiver 1985
  •   Avec F. Duret-Robert, F. Ndiaye, A de Monbrison « Une approche de la statuaire africaine », in Connaissance des arts, n° 441, 1988
  • « Art Moba chez Pierre Amrouche », in Arts d’Afrique noire, n° 79, 1991
  • « Ancêtres Moba », in Autre, n° 3,
  • « Hommage à Aimé Césaire », in Présence africaine, 2008
  • « Paul Ahyi, charpentier des corps », in Présence africaine, 2009
  • Avec L. Perrois et al. « Le Kota William Rubin », in Art d’Afrique, de l’Océanie et d’’Amérique du Nord,
  •  « De l’Art nègre à l’Art africain : un point de vue commercial », in Arts d’Afrique noire, 1er colloque européen sur les arts d’Afrique noire, Paris, 1990
  • « L’art Moba : une apparente simplicité », in « Créer en Afrique », in Arts d’Afrique noire, 1 européen sur les arts d’Afrique noire, Paris, 1990
  • « Vincent Bounoure. Notes sur les Arts sauvages en réponse à Pierre Amrouche », in L’Autre : revue transculturelle, 1992, n° 4
  • « Les Moba du Togo », in Point fixe, n° 54, 2003
  • « Le culte des Ibedji ou La représentation exorciste », in Point fixe, n° 55, 2003
  • « Sur la route des objets », in Area, n° 8, hiver 2004
  • « Aristide Courtois le brûleur de cases, 1883-1962 », in Revue Arts & cultures / Musée Barbier-Mueller, 2006
  • « Huit masques en quête d’auteur : note sur les masques dits Mahongwé», in Revue Arts & cultures / Musée Barbier-Mueller, 2006
  • « Alioune Diop et Présence africaine. Décoloniser l’Art africain ? », in Présence africaine, n° 181-182, 2010
  • « Paulin Joachim un Africain d’autrefois », in Présence africaine, n° 187-188, 2013
  • « Regarder et voir », in Revue Arts & cultures / Musée Barbier-Mueller, 2015

Expositions[modifier | modifier le code]

  • Art Moba du Togo, Paris, Galerie Amrouche Bohbot Keeser, et Lomé, Galerie Yassine, 1991
  • Fétiches et fétichismes, Paris, Passage de Retz, 1998
  • Slimane, Paris, Berthet Aittouarès, 2003. Avec une préface de Jean Lacouture Portrait dans tous ses états, Montmorillon, Chapelle des Grandmontains, s. d. (Slimane, Fatma Blues)
  • Ibedji : le culte des jumeaux en pays Yoruba, Paris, Galerie Flak, 2001
  • Vénus, Paris, Galerie La Réserve d’Area et Musée de Périgueux, 2005
  • Scènes primitives, Paris, Galerie La Réserve d’Area, 2006
  • Tribale Globale, Venise, Pavillon de la Marginalité et Savone, Musée du Priamar, 2007
  • Afrique, terre ancestrale, Reykjavik, Musée national d’Islande, 2007
  • Désordre d’Éros, Paris, African Muse Gallery, 2007
  • Paul Ahyi, Paris, Espace Berggruen, 2007
  • Vlaminck et l’art nègre, un paradoxe, in Vlaminck, un instinct fauve, Paris, Musée du Luxembourg, 2008
  • Le Jaune de Naples, Naples, Château de l’Œuf, 2009
  • Jours tranquilles au Bénin, Bruxelles, Fine Art Studio, 2010
  • Juste au corps, Bruxelles, Fine Art Studio, 2011
  • Photography, Bruxelles, Fine Art Studio, 2012
  • Jours tranquilles au Bénin, Paris, Galerie Bernard Dulon, 2012
  • Affinity, Senses and Sensuality, Bruxelles, Fine Art Studio, 2012
  • Le Jour d’avant, introduction et poèmes de Michel Bohbot. Photographies de Pierre Amrouche, Bruxelles, Fine Art Publishing, 2013
  • Didier Ahadji : Sculptures, Paris, Galerie Vallois, 2016
  • Les Forêts natales : arts d'Afrique équatoriale atlantique, en collab. avec Louis Perrois et Yves Le Fur, Paris, Musée du quai Branly - Jacques-Chirac, 2017- 2018
  • Ex Africa. Storie e identità di un’ arte universale, Bologne, Museo Civico Archeologica, 2019

Divers[modifier | modifier le code]

  • Terre d’enfants, en collab. avec Dominique Darbois,  Paris, Xavier Barral, 2004
  • Via Passaré : Alessandro Passaré, Paris, AES, 2007
  • Marcel Reggui, Les massacres de Guelma : Algérie, . Une enquête inédite sur la furie des milices coloniales, préface de P. Amrouche, Paris, La Découverte, 2008
  • Collection Bernard et Bertrand Bottet, Paris, en collab. avec Marie-Laure Terrin-Amrouche, Paris, AES, 2013
  • Le Chien de ta mère. Nouvelles. Préface de Kangni Alem. Lomé, Editions Continents, 2021

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. notice BnF no FRBNF14433095

Liens externes[modifier | modifier le code]