Pierre-Paul Stumpf

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Stumpf.
Pierre-Paul Stumpf
Image illustrative de l'article Pierre-Paul Stumpf
Biographie
Naissance 21 septembre 1822
Eguisheim
Ordination sacerdotale 18 décembre 1847
Décès 10 août 1890
Strasbourg
Évêque de l’Église catholique
Consécration épiscopale 24 août 1881 par Gaspard Mermillod, aux. de Fribourg
Évêque de Strasbourg
17 novembre 1887 – 10 août 1890
Administrateur apostolique du diocèse de Strasbourg
25 février 1883 – 17 novembre 1887
Évêque titulaire de Caesaropolis
Évêque coadjuteur de Strasbourg
13 mai 1881 – 17 novembre 1887

Blason
(en) Notice sur www.catholic-hierarchy.org

Pierre-Paul Stumpf, né le à Eguisheim, en France, et décédé le à Strasbourg, devenue allemande, fut le 98e évêque de Strasbourg de 1887 à sa mort.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils de Jean-Baptiste Stumpf et de Marie Ange Willmann, Pierre-Paul Stumpf naît en 1822, sous la Restauration, dans une famille de viticulteurs haut-rhinois. Après des études secondaires à Colmar puis au petit séminaire de Lachapelle, il entreprend des études de théologie au grand séminaire de Strasbourg. Il est ordonné prêtre pour le diocèse de Strasbourg le par Mgr Raess[1].

D'abord nommé surveillant au petit séminaire de Lachapelle, il est appelé à remplir la charge de vicaire à Molsheim en 1848, puis à la cathédrale de Strasbourg en 1849[1]. En 1853, à l’exemple de son directeur spirituel, le professeur Burg, il sollicite et obtient I’admission dans la Congrégation des Pères du Saint-Esprit et il est autorisé à quitter le diocèse. Il est alors nommé enseignant au Séminaire des Colonies à Paris[réf. nécessaire].

En 1854, il est envoyé par ses supérieurs à Rome comme directeur des études au Séminaire français. Il en devient le supérieur en 1859. En 1864, un désaccord sur la conception de la formation des séminaristes conduit le supérieur Stumpf à demander à Mgr Raess son incardination au diocèse de Strasbourg. L'évêque accepte et le nomme presqu'aussitôt supérieur de son grand séminaire[1].

Chapiteau néoroman de l'église Sainte-Foy de Sélestat représentant Pierre-Paul Stumpf

En 1876, il est nommé vicaire général et est spécialement chargé des questions d’enseignement. Il s’attache à mettre fin à la situation créée par la fermeture des établissements libres et des petits séminaires à la suite du Kulturkampf. II se révèle habile négociateur et obtient la réouverture progressive desdits établissements et la reconnaissance de certains comme lycées classiques.

Le , il est désigné comme évêque coadjuteur de Strasbourg. Il est nommé évêque de Caesaropolis (en) le et devient le coadjuteur de Mgr André Raess avec droit de succession[2]. Il est consacré le 24 août suivant par Mgr Gaspard Mermillod, évêque auxiliaire de Lausanne et Genève. Ce dernier est assisté de Mgr von Ehrler, évêque de Spire et de Mgr Fleck, coadjuteur de Metz, respectivement premier et second co-consécrateurs principaux[2].

Étant donné l’état de santé de Mgr Raess, déjà âgé de 89 ans, il est nommé administrateur apostolique du diocèse par le Saint-Siège le . C'est à lui désormais qu'incombe la charge pastorale de l'ensemble du diocèse de Strasbourg, la juridiction de l'évêque étant suspendue à son profit[3],[4].

Mgr Stumpf s'affaire alors à réorganiser l’officialité et crée une série de commissions destinées à seconder l’évêque dans ses tâches administratives. Il fonde également le Bulletin ecclésiastique qui paraît d’abord en français (1882-1888), puis en allemand. Pour réduire les tensions entre protestants et catholiques, il encourage notamment les catholiques à construire des églises en vue de mettre fin au simultaneum[5]. À cette fin, il crée l’Œuvre des Églises mixtes en 1885.

Il invite en outre les ordres religieux à s’installer en Alsace et cherche à promouvoir les associations paroissiales et les confréries religieuses qui connaissent un essor prometteur. Il devint ainsi le premier protecteur de l’Union Sainte-Cécile qui regroupe les différentes chorales paroissiales[réf. nécessaire]. En 1885, il est autorisé par Rome à ériger un Institut de théologie au sein du grand séminaire, avec le droit de conférer les titres canoniques du baccalauréat et de la licence de théologie, en concurrence avec la Faculté d'Etat[1].

A la mort de Mgr Raess, le 17 novembre 1887, il lui succède et devient le 98e évêque de Strasbourg[6]. Il est intronisé solennellement le 4 décembre suivant[5]. Une pénible maladie mine toutefois progressivement ses forces. Il meurt moins de trois ans plus tard, le , à l'âge de 67 ans.

Correspondance administrative de l'abbé Stumpf[modifier | modifier le code]

Nîmes, le 12 janvier 1862, AU FRERE VINCENT DE PAUL BAILLY[modifier | modifier le code]

RÉSUMÉ: SES LETTRES NE SONT PAS ÉGARÉES. -QU'IL ESSAIE DE SAVOIR S'IL EST VRAI QUE LA CONGRÉGATION DE L'INDEX A DONNÉ RAISON AUX THÉOLOGIENS DE LOUVAIN SUR LA QUESTION DU TRADITIONALISME. -N'A-T-IL PAS BESOIN D'ARGENT? -IL PENSE QU'IL POURRA VOIR SANS DIFFICULTÉ LE CARDINAL BARNABO. -QU'IL NE PERDE PAS DE VUE LA POSSIBILITÉ D'AVOIR UN COUVENT. -LES AFFAIRES TOURNENT AU ROUGE SOMBRE. -IL IRA LE VOIR APRÈS PÂQUES.

Mon bien cher ami,

J'avais éprouvé un grand effroi que quelques-unes de vos lettres ne fussent égarées. Elles m'arrivent enfin, mais sans ordre de date. Peu importe, pourvu que je les aie.

Voici une grosse affaire que je vous prie de me vérifier. M. Chaillot(1) m'avait dit qu'au mois de mai dernier la Congrégation de l'Index avait donné raison aux théologiens de Louvain sur la question du traditionalisme(2). On a dit le contraire à Mgr de Nîmes. Qui dit vrai ? Le P. Semenenko(3) est de la Congrégation. Demandez-lui s'il peut parler, car s'il est encore obligé au secret, il ne dira rien; sinon, demandez-lui quelques détails. Si en faisant le naïf, vous pouviez faire parler le P. Stumpf(4), ce serait bien mieux encore; mais il faudrait beaucoup de prudence et de réserve.

N'avez-vous pas besoin d'argent? Quant au cardinal Barnabo, je pense que vous pourrez le voir sans difficulté; mais je crois que la Propagande a maintenant deux cardinaux(5), l'un pour l'Asie, l'autre pour le Nouveau Monde. Ne perdez pas de vue la possibilité d'avoir un couvent. Mgr Chaillot, s'il le veut bien, vous en fera donner un. Ce serait précieux, parce que dans ce cas nous aurions un peu plus d'argent pour l'établissement.

Sanctifions-nous, mon enfant. Je crois que les affaires tournent à un rouge bien sombre(6). Tenons-nous prêts à tout.

Adieu. Mille fois vôtre en N.-S.

E.D'ALZON.

Vous pouvez bien attendre pour l'audience du Pape. J'irai vous voir de suite après Pâques, à moins de très grands empêchements.

1. Mgr Chaillot était consulteur de la Congrégation des Évêques et Réguliers.

2. Il faut dans ces doctrines de Louvain distinguer deux éléments: le *traditionalisme* et l'*ontologisme*. Le traditionalisme avait fait l'objet en mai 1861 d'une lettre approbative du cardinal d'Andrea, préfet de la Congrégation de l'Index. Les adversaires de Louvain obtinrent que la question fût transmise au Saint-Office qui, le 18 septembre, condamna sept propositions imputées aux théologiens de Louvain et à des théologiens français et relevant de l'ontologisme (*DTC*, art. *Dieu*, col. 806-810 et *Ontologisme*). À ce moment, le cardinal d'Andrea avait démissionné de sa charge de préfet de la Congrégation de l'Index pour n'avoir pas à condamner le livre de Mgr Liverani, *Il papato, l'impero et il regno d'Italia* (1861) qui préconisait une fédération italienne dont feraient partie les États pontificaux.

3. Fondateur des Pères Résurrectionistes, chez qui, à Saint-Claude des Bourguignons, résidaient les étudiants assomptionistes. Il était consulteur de la Congrégation de l'Index.

4. Spiritain, directeur au Séminaire français.

5. La Propagande avait deux préfets: le card. Barnabo, *Prefetto generale* et le card. Mertel, *Prefetto dell'Economia*. Le card. Barnabo était également préfet de la *Congregazione speciale per le Affari del rito orientale*, nouvellement créée par Pie IX.

6. Le P. d'Alzon pense à la politique hostile du gouvernement français vis-à-vis des sociétés de bienfaisance et des congrégations religieuses, et plus particulièrement aux menaces qui pèsent à Nîmes sur l'Association de Saint-François de Sales.

ERREUR -BARNABO, ALESSANDRO -CHAILLOT, LUDOVIC -D'ANDREA, GIROLAMO LIVERANI, GIUSEPPE -MERTEL, THEODULPHE -PIE IX -PLANTIER, CLAUDE-HENRI SEMENENKO, PIERRE -STUMPF, PIERRE-PAUL -AMERIQUE -ASIE -ETATS PONTIFICAUX LOUVAIN -NIMES -ROME, EGLISE SAINT-CLAUDE DES BOURGUIGNONS

Identifiant: B00657 numDoc: 1718.

édition: DERAEDT, Lettres, vol.4, p. 9 coteArchivesRome: Orig.ms. ACR, AG 30; D'A., T.D. 27, n. 30, p. 20–21.

Nîmes, 17 février 1862, AU FRERE VINCENT DE PAUL BAILLY[modifier | modifier le code]

RÉSUMÉ: L'AFFAIRE DE LOUVAIN. -LA VISITE AU CARD. BARNABO N'EST PAS URGENTE. -POURQUOI A-T-ON DÉFENDU À L'ABBÉ GAY DE PRÊCHER À SAINT-LOUIS-DES-FRANÇAIS? -LUI-MÊME PRÊCHERAIT VOLONTIERS UN MOIS DE MARIE À ROME, MAIS PAS À SAINT-LOUIS. -MGR CHAILLOT. -IL PRÉFÉRERAIT QUE L'ON TROUVE UN PETIT COUVENT À LOUER. LA FRANCE CONNAÎTRA SANS DOUTE BIENTÔT UNE CRISE FINANCIÈRE. -SANCTIFIEZ-VOUS. -DÉFECTIONS QUI MENACENT PARMI CERTAINS RELIGIEUX.

Merci, mon cher enfant, de tout ce que vous me dites sur l'affaire de Louvain. Les détails que vous me donnez m'éclairent parfaitement. Si vous savez quelque chose de plus, vous m'en ferez part(1). Si vous n'avez pas encore vu le cardinal Barnabo, vous pouvez vous dispenser d'aller le chercher pour le moment(2). Je me propose toujours d'arriver le mercredi après Pâques. Les étrangers seront partis et ce sera une bonne chose. Savez-vous pourquoi on a défendu à l'abbé Gay, vicaire général de Poitiers(3), de prêcher à Saint-Louis des Français? Je crois qu'une bonne chose serait que je pusse prêcher le mois de Marie, mais il faudrait que ce ne fût pas à Saint-Louis, où très certainement je n'aurais pas la parole. Vous savez que la question des honoraires n'en est pas une et que je payerais plutôt. Voyez cela, mais très prudemment ; j'en dis un mot à Mgr Chaillot.

Quant à ce cher Monseigneur, je m'en rapporte à vous, mais je n'en maintiens pas moins mon dire. Il est un peu gêné pour ses *Analecta*. Il voudrait les faire faire sous sa direction(4). Je crois qu'on peut vous employer, vous et votre frère, à quelque chose de mieux. Toutefois, soyez toujours très bien avec lui. Que je préférerais que tout doucement vous puissiez trouver un petit couvent à louer, que nous achèterions ensuite! Il vaudrait mieux que d'abord il fut seulement *louable, * parce que par ce moyen, si la révolution arrive, nos fonds ne seraient pas trop compromis; mais sans trop d'empressement cherchez ce couvent, et puis nous verrons à mon arrivée.

L'on est à Paris un peu dans le trouble. De là, conversion des rentes. Cela pourrait être utile à la vente de nos terrains. On vend le 4 1/2 et [on] n'achète pas le 3 %; car il faut que tout cet argent retiré ait son placement. Je crois que d'ici à peu nous aurons en France une crise financière.

Quoi qu'il en soit, sanctifiez-vous. Nous allons avoir d'horribles scandales parmi certains religieux. Le gouvernement ramasse ses pièces(5), et il importe que nous dédommagions N.-S. par notre dévouement à son cœur de tant d'horribles défections.

Adieu, mon bon ami. Je ne puis vous dire avec quelle tendresse de cœur je vous aime. Mille choses à vos deux compagnons.

E.D'ALZON.

1. Dans ses lettres du 25 janvier et du 4 février, Vincent de Paul avait transmis au P. d'Alzon les renseignements obtenus auprès de Mgr Chaillot et du P. Stumpf sur cette question. 2. Le P. Bailly répondit à ce sujet le 24 février 1862: "Vous me dispensez d'aller chez le cardinal Barnabo! Mais j'y ai fait la plus longue séance qu'on puisse imaginer... Le cardinal a insisté pour savoir si vous aviez reçu une lettre qu'il vous a fait écrire au sujet des séminaires d'Orient; il m'en offrait une copie et il avait été convenu à peu près que je reviendrais. Faute de réponse, je n'y suis pas allé et j'ai cru voir, la dernière fois que je l'ai rencontré, qu'il nous regardait avec étonnement comme des gens qui agissent bizarrement. Il m'avait parlé d'œuvres projetées que je ne connaissais pas, et j'aurais voulu une réponse pour l'entretenir".

3. Le P. Bailly raconte longuement, le 24 février, que l'ambassadeur de France et son gouvernement s'y sont opposés.

4. Mgr Chaillot venait d'offrir au P. d'Alzon de lui céder la moitié de la propriété des *Analecta* et de former ses jeunes gens pour leur continuation (lettre du 8 février).

5. Avant 1860, l'autorité civile avait toujours veillé à tenir aussi secrètes que possible les poursuites intentées contre des ecclésiastiques pour faits scandaleux. Il n'en fut plus de même par la suite (MAURAIN, p. 533-540).

AMOUR DU CHRIST -BIENS-FONDS -DEFECTIONS DE RELIGIEUX -MOIS DE MARIE PREDICATION -PRUDENCE -SCANDALE -SPECULATIONS FINANCIERES -BARNABO, ALESSANDRO -CHAILLOT, LUDOVIC -GAY, CHARLES-LOUIS -MAURAIN, JEAN -STUMPF, PIERRE-PAUL -LOUVAIN -PARIS -POITIERS -ROME -ROME, EGLISE SAINT-LOUIS DES FRANCAIS

Identifiant: B00669 numDoc: 1730. édition: DERAEDT, Lettres, vol.4, p. 19 coteArchivesRome: Orig.ms. ACR, AG 32; D'A., T.D. 27, n. 32, p. 22–23.

Nîmes, le 30 octobre 1862,AU FRERE VINCENT DE PAUL BAILLY[modifier | modifier le code]

RÉSUMÉ: IL LUI ENVOIE SES DIMISSOIRES ET UNE LETTRE POUR LE P. STUMPF. -LE P. GALABERT PASSERA PEUT-ÊTRE PAR ROME POUR OBTENIR LA PERMISSION D'OFFICIER EN BULGARE. -QU'IL VANTE SES QUALITÉS AUPRÈS DE SIMEONI. VARIA.

Cher ami,

Voici vos démissoires et la lettre au P. Stumpf. Je suis sûr que plus tard Simeoni vous arrangera encore mieux les choses. Je réfléchirai pour le P. Gal[abert]. Je lui ai fait peur de ne pas l'envoyer à Rome; depuis lors, il est presque propre. Je le ferai peut-être passer par Rome, pour lui faire obtenir la permission d'officier en bulgare. Si vous voyez Simeoni, vantez sa mortification, sa science, ses bons renseignements qu'il a toujours eu l'esprit de donner; cela compensera le reste.

Mille choses aux novices qui ne sont pas mille. J'espère que le P. Jérôme vous dira quelque chose à m'écrire. Du reste, j'ai eu hier une copie d'une lettre du P. Dufougeray au P. Pétetot qui est parfaite(1).

Adieu, et *totus vobis tribus*.

E.D'ALZON.

1. ACR, 2 CK 6 -Cette lettre fut écrite de Constantinople, le 23 juin 1862, et contient un excellent exposé de la situation de l'Église bulgare catholique à cette époque. BULGARES -MISSION DE BULGARIE -ORDINATIONS -RITE SLAVE -DUFOUGERAY, JESUITE GALABERT, VICTORIN -KAJZIEWICZ, JEROME -PETETOT, LOUIS-PIERRE -SIMEONI, GIOVANNI -STUMPF, PIERRE-PAUL -CONSTANTINOPLE -ROME

Identifiant: B00782 numDoc: 1850. édition: DERAEDT, Lettres, vol.4, p. 127 coteArchivesRome: Orig.ms. ACR, AG 56; D'A., T.D. 27, n. 56, p. 44–45.

Nîmes, le 2 février 1872, AU PERE MELCHIOR FREYD[modifier | modifier le code]

RÉSUMÉ: L'ÉVÊQUE DE MARSEILLE -LE P. CAUSSETTE -LE P. STUMPF.

Mon cher et bien-aimé Père,

Cette lettre a un double but:

1° J'attendrai, si vous le voulez bien, de proposer à un évêque l'ecclésiastique de Marseille dont vous m'avez parlé, voici pourquoi: l'évêque de Marseille(1) est mourant, dit-on. Il avait une glande cancéreuse à la mâchoire, près de la dent de sagesse; une première opération a été faite, mais les émotions du procès de son frère ont renouvelé le mal, et le pauvre homme peut mourir dans une seconde opération. Donc en pareil état de choses j'ai pensé préférable attendre quelque temps, prêt à faire ce que voudra votre protégé, soit pour Versailles, soit pour Montauban, soit pour Fréjus.

2° Vous avez vu les religieux du Père Caussette(2). L'enquête que leur demande la Congrégation est difficile. Toutefois, M. l'abbé de Combiez, Sulpicien, m'a dit de telles choses sur ce pauvre malheureux que je crois devoir tout faire pour l'écarter de l'épiscopat. Or, nous allons avoir à Nîmes le Père Sudreau, Dominicain, qui affirme avoir les mains pleines de faits sur le P. Caussette, et qui promet de parler si on l'interroge juridiquement. Vous pourriez dire à Mgr de Luca(3) de donner une commission à l'évêque de Nîmes ou, comme celui-ci tient à ne pas faire de peine à Mgr de Toulouse, on peut me donner toutes les commissions que l'on voudra ; on sait assez que je ne veux rien, pour que l'on ne puisse soupçonner chez moi d'autre sentiment que le désir d'écarter de l'épiscopat un sujet indigne. Je vous prie, bien cher Père, si vous croyez devoir communiquer ma lettre à Mgr de Luca, de lui offrir mes plus tendres hommages.

E.D'ALZON.

Croiriez-vous que l'on m'écrit d'Alsace pour me conjurer de faire des démarches pour obtenir que votre ex-Père Stumpf(4) soit nommé auxiliaire de l'évêque de Strasbourg ? Vous comprenez que je n'ai pas répondu.

1. Mgr Charles-Philippe Place (1814-1893), évêque de Marseille depuis 1866, deviendra archevêque de Rennes en 1876 et cardinal en 1886.

2. Le P. Jean-Baptiste Caussette (1819-1880), supérieur des Prêtres du Sacré-Cœur, était vicaire général de Mgr Jules-Félix Desprez (1807-1895) depuis 1859, année où ce dernier était devenu archevêque de Toulouse. Le P. Caussette était un prédicateur de renom. Il est aussi l'auteur de plusieurs livres et le P. d'Alzon avait rendu compte de son ouvrage *Dieu et les malheurs de la France* dans le n° de juin 1871 de la *R.E.C.*

3. Mgr Pietro De Luca, de la Congrégation des Évêques et Réguliers. Le P. d'Alzon écrit *Lucca*.

4. Pierre-Paul Stumpf (1823-1890) deviendra évêque titulaire de Césaropolis et coadjuteur de Strasbourg en 1881, puis évêque de Strasbourg en 1887.

ACTES MEDICAUX -CONGREGATION DES EVEQUES ET REGULIERS -EMOTIONS EPISCOPAT -INSTITUTS RELIGIEUX -MALADES -MALADIES -BRIEUGNE, TOUSSAINT CAUSSETTE, JEAN-BAPTISTE -COMBIEZ DE, SULPICIEN -DE LUCA, PIETRO -DESPREZ, JULES-FELIX -PLACE -PLACE, CHARLES-PHILIPPE -PLANTIER, CLAUDE-HENRI -RAESS, ANDRE -STUMPF, PIERRE-PAUL -SUDREAU, DOMINICAIN -ALSACE -CESAROPOLIS FREJUS -MARSEILLE -MONTAUBAN -NIMES -RENNES -STRASBOURG -TOULOUSE VERSAILLES

Identifiant: B03475 numDoc: 4538. édition: DERAEDT, Lettres, vol.9, p. 296 coteArchivesRome: Orig.ms. Arch.Sémin.Français; Photoc. ACR, AP 257.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Louis Châtellier, Le Diocèse de Strasbourg, Editions Beauchesne, (ISBN 9782701010373, lire en ligne)
  2. a et b David M. Cheney, « Bishop Pierre-Paul Stumpf [Catholic-Hierarchy] », sur www.catholic-hierarchy.org (consulté le 15 avril 2017)
  3. « Bibliothèque de la Congrégation pour le clergé », sur www.clerus.va (consulté le 15 avril 2017)
  4. Henry Carnoy, Dictionnaire biographique international des écrivains, Georg Olms Verlag, (ISBN 9783487410586, lire en ligne)
  5. a et b Pierre Veuillot, L'Univers, n°8254, (lire en ligne)
  6. Pierre Veuillot, L'Univers, n°7279, (lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :