Louis Dietsch

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Louis Dietsch
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Louis Dietsch. Gravure publiée en 1865 signée MC.

Informations générales
Nom de naissance Pierre-Louis-Philippe Dietsch
Naissance
Dijon, Drapeau de l'Empire français Empire français
Décès (à 56 ans)
Paris, Drapeau de l'Empire français Empire français
Activité principale Chef d'orchestre
Genre musical Opéra
Instruments Contrebasse
Années actives 18311863

Louis Dietsch, né à Dijon le , mort à Paris le [1], est un compositeur et chef d'orchestre français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Pierre Louis Philippe Dietsch – qui n’utilisa usuellement que son second prénom, Louis – naît à Dijon, dans une maison située actuellement 38 rue Jean-Jacques Rousseau. Son père, fabricant de bas, était originaire de la ville allemande d’Apolda, située entre Leipzig et Weimar. Sa mère était dijonnaise. Louis Dietsch commença ses études musicales à la maîtrise de la cathédrale de Dijon, dirigée par Travisini.

Il fut remarqué par Alexandre-Etienne Choron qui l'incita à venir à Paris, où il suivit son enseignement à l'Institution de musique classique et religieuse, puis avec Anton Reicha pour le contrepoint[2] et Marie-Pierre Chénié (1773–1832) pour la contrebasse au Conservatoire de Paris[2]. Après la Révolution de 1830, il obtint le premier prix de contrebasse[1]. En 1831, il épousa Pauline Sacré, dont il devait avoir deux filles.

Quelque temps après, il devint premier contrebassiste à l'orchestre des Italiens[3]. Il assuma les fonctions d'organiste aux Missions étrangères jusqu'en 1835, avant l'arrivée de Charles Gounod[1]. Puis il devint successivement maître de chapelle à l'église Saint-Paul-Saint-Louis, et maître de chapelle à Saint-Eustache. Dans cette église, il réforma la maîtrise et fit entendre, le jour de Pâques 1838, une grand'messe à orchestre, qui eut un retentissement important ; Berlioz l'apprécia. Elle valut à Dietsch la grande médaille du mérite dans les arts et les sciences décernée par le roi de Prusse. À la suite de l'incendie de l'orgue de Saint-Eustache, survenu en décembre 1844, Louis Dietsch fut un moment accompagnateur à l'église Saint-Roch, mais il revint à Saint-Eustache en 1845. En 1850, il devint maître de chapelle à l'église de la Madeleine. En qualité de cette fonction, il assista au Congrès pour la restauration du plain-chant et de la musique de l'Église en 1860[4].

Lorsque l'école Niedermeyer fut fondée en 1853, Dietsch y fut nommé professeur et inspecteur des études ; il assura l’intérim de la direction à la mort de Niedermeyer en 1861.

En 1840, Louis Dietsch avait été nommé chef de chœur à l'Opéra grâce à Rossini[5]. Il se voit confier par Léon Pillet, le directeur de l'Opéra la composition d'un ouvrage sur un livret de Paul Foucher (beau-frère de Victor Hugo) et Bénédict-Henry Révoil, Le Vaisseau fantôme, ou le maudit des mers, créé à l'Opéra le 9 novembre 1842 et suivit de onze représentations, sur le même sujet que Wagner[2]. L'œuvre tombe ensuite dans l'oubli. C'était un an avant la création de l’œuvre de Wagner.

Sépulture de Pierre Louis Philippe Dietsch au cimetière de Montmartre.

En janvier 1860, il devint premier chef d'orchestre. Il fit alors jouer : Pierre de Médicis du prince Poniatowski ; Sémiramis de Rossini ; la Reine de Saba de Gounod ; la Mule de Pedro (1863) de Massé ; Le Papillon d'Offenbach ; La Muette de Portici d’Auber ; Les Capulet et les Montaigu de Bellini ; Les Vêpres siciliennes de Verdi ; l’Alceste de Gluck. En 1861, il fit jouer la première représentation du Tannhäuser[1] de Wagner, Salle Le Pelletier[5], alors que ce dernier aurait souhaité diriger lui-même, ce à quoi Dietsch s’opposa, avec le soutien de sa hiérarchie. En 1863, à cause de différends avec le directeur et une dispute avec Verdi[2], il fut mis à la retraite de ses fonctions à l’Opéra, mesure qui l’affecta.

Il mourut subitement le . Ses obsèques furent célébrées à la Madeleine et il fut enterré au cimetière Montmartre. Il avait reçu en 1856 la Légion d'honneur comme compositeur de musique religieuse[6]. Le 30 avril 1882, un buste du compositeur fut inauguré sur la façade de sa maison natale et en 1889, le nom de Louis Dietsch fut donné à une rue de Dijon.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Messe solennelle à quatre voix, chœurs et orchestre (1838) dédiée à Meyerbeer.
  • Une vingtaine de messes.
  • Le Vaisseau fantôme, opéra en deux actes, joué à l'Opéra en 1842[7],[8].
  • Te Deum (1844) à 5 voix et grand orchestre.
  • Ballet pour le Freischütz (1846).
  • Adaptation à la scène de Roméo et Juliette de Bellini (1846).
  • Requiem (1857) à la mémoire d'Adolphe Adam.
  • Manuel du maître de chapelle (Paris, 1864).
  • Stabat Mater (éd. 1864).

Son motet Ave Maria, sur la mélodie d'une chanson d'Arcadelt « Nous voyons que les hommes », devenu célèbre, est un faux de Louis Dietsch[9].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sources anciennes 
  • A. L[abat], Louis Dietsch, [Dijon, Darantiere, 1874], 12 p.
  • Notice sur Louis Dietsch lue à l'Académie de Dijon le mercredi 31 janvier 1877 par Charles Poisot Suivie de pièces justificatives, Dijon, Lamarche, 1877, 71 p.
  • Georges Servières, Épisodes d'histoire musicale, Paris, Librairie Fischbacher, 1914, 330 p. (OCLC 5128446, notice BnF no FRBNF43270720, lire en ligne), « Les deux Vaisseau-Fantôme », p. 257–270.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Honegger 1979, p. 279.
  2. a, b, c et d Baker et Slonimsky 1995, p. 1022.
  3. A. L[abat], Louis Dietsch, [Dijon, Darantiere, 1874], p. 4-6.
  4. De la musique religieuse: les congrès de Malines (1863 et 1864) et de Paris (1860) et la législation de l'église sur cette matière Lethielleux, 1866, p. 156.
  5. a et b Buschinger 2010, p. 528
  6. Notice sur Louis Dietsch lue à l'Académie de Dijon le mercredi 31 janvier 1877 par Charles Poisot Suivie de pièces justificatives, Dijon, Lamarche, 1877, p. [5]-43 p.
  7. Étienne Jardin, Le Vaisseau fantôme ou Le Maudit des mers, Palazzetto Bru Zane, 2013
  8. Christian Merlin, Wagner et Dietsch, la bataille des Vaisseau Fantôme, Le Figaro, 23 mai 2013
  9. Jacques Chailley, « Ave Maria », dans Marc Vignal, Dictionnaire de la musique, Paris, Larousse, 2005, 1516 p. (ISBN 2-03-505545-8, OCLC 896013420, lire en ligne), p. 42.

Liens externes[modifier | modifier le code]