Pierre-Jules Boulanger

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Boulanger (homonymie) et Pierre Boulanger.
Pierre-Jules Boulanger
Biographie
Naissance
Décès
Sépulture
Nationalité
Activités
Autres informations
A travaillé pour
Michelin (depuis ), Citroën (depuis )Voir et modifier les données sur Wikidata
Conflit
Distinctions

Pierre Jules Boulanger (plus connu sous le nom de Pierre-Jules Boulanger et Pierre Boulanger) est un ingénieur et dirigeant d'entreprise français né le à Sin-le-Noble (Nord) et mort accidentellement le à Broût-Vernet (Allier).

Il a dirigé Citroën en tant que vice-président puis P-DG de 1935 à son décès accidentel le sur la Nationale 9 au volant d'une Traction Avant 15-Six à Broût-Vernet (Allier).

Le service militaire[modifier | modifier le code]

Il entreprend des études aux Beaux-arts de Rouen qu'il doit abandonner prématurément pour travailler.

En effectuant son service militaire dans l'armée française de 1906 à 1908 dans l'aérostation à Satory, il rencontre Marcel Michelin (neveu d'Édouard Michelin). Cette rencontre orienta toute sa vie.

Après son service militaire, il part aux États-Unis où il exerce différents métiers, dont dessinateur dans un cabinet d'architecture[1]. À l'issue de ce séjour, il prend l'habitude d'accoler son deuxième prénom au premier - plus tard ses collaborateurs l’appelèrent PJB.

Boulanger rentre en France en 1914 pour être mobilisé comme caporal. Il est photographe dans l'aviation. Il retrouve Marcel Michelin. Il termine la guerre avec des états de service brillants et le grade de capitaine. Il est décoré de la Croix de guerre et de la Légion d'honneur et de la Army Distinguished Service Medal en 1919.

Finalement, il devient ingénieur[1].

Michelin[modifier | modifier le code]

Il est embauché en 1919 par Édouard Michelin, dont il devient le collaborateur direct. En 1938, il est aussi cogérant de Michelin[2].

Citroën[modifier | modifier le code]

Prototypes de 2CV d'avant 1939

Lorsqu'après la cession de Citroën à Michelin en 1935, Pierre Michelin prend la présidence de Citroën, Pierre Boulanger devient son adjoint, vice-président et chef du bureau d'études de la firme automobile. Il en est à son tour le PDG en 1937 après le décès accidentel de Pierre Michelin et conserve ce poste jusqu'à sa propre mort. Avec Pierre Michelin, il commence par appliquer une politique d'austérité et de réduction de coût. Pour cela, il diminue les salaires et effectue des licenciements. Il fait annuler le lancement de la Citroën 22CV à moteur V8, la mythique Traction 22 présentée au Salon de Paris de 1934. Cette politique de rationalisation du catalogue commercial porta ses fruits et Citroën se redressa.

Boulanger est l'instigateur de ce qui s'est appelé la « TPV » (« très petite voiture ») et qui est devenue en 1948 la 2CV. Il en écrivit le cahier des charges : « faire une voiture pouvant transporter quatre personnes et 50 kg de pommes de terre, à la vitesse de 60 km/h, pour une consommation de 3 litres d'essence aux 100 km … elle devra être conduite par une femme ou un débutant … et l'esthétique, je ne veux pas en entendre parler ! ». Peu de temps après avoir pris la direction de Citroën, il présente le dossier sur lequel doivent travailler les ingénieurs, en 1935, ː la demande de faire une voiture « populaire » va à l'encontre de leurs habitudes de recherches techniques avancées, voire de voitures luxueuses. Il soulève leurs interrogations quand il ne s'agit pas d'incompréhension, cela leur parait la quadrature du cercle[1]. On répand la rumeur que l'idée, considérée comme saugrenue, serait venue au directeur alors qu'il était coincé dans un embouteillage mêlant charrettes et chevaux, d'où l'idée d'un véhicule adapté aux travaux des champs, pouvant traverser l'un d'eux, chargée d'œufs sans en casser un seul[1].

Il était connu pour son austérité, sa grande capacité de travail, son sens du secret (caractéristique de la culture Michelin) et son absence d'ostentation (il achetait ses costumes à la coopérative Michelin). Craint et respecté, certains le surnommaient également le « tyran imaginatif ». Il va devoir attendre quatre ans, les premiers essais de la voiture en forme de « quatre roues sous un parapluie » s'avérant décevants, puis la seconde guerre mondiale oblige à différer la présentation alors qu'en 1939, la voiture paraissait au point[1].

Le PDG va refuser de fournir aux Allemands, les plans du véhicule et il ordonne de détruire les prototypes, un seul va subsister, un ingénieur n'ayant pu se résoudre à détruire quatre ans de travail.

Pierre Jules Boulanger va enfin pouvoir présenter un produit fini au salon de l'automobile de 1948, deux ans avant sa mort; et amène les réactions les plus variées, allant de l'étonnement à la critique acerbe. Mais en 1949, les commandes affluent au point qu'il faut dresser des listes de prioritaires pour obtenir la voiture qui se révèle robuste, confortable et ne demande qu'un minimum d'entretien[1].

PJB trouve la mort en 1950 dans un accident de voiture à bord d'une Traction Avant 15-Six, avant d'avoir connu le grand succès de la Citroën DS, dont il avait lancé la conception avec le projet VGD (Voiture à Grande Diffusion).

Il est inhumé au cimetière de Lempdes (Puy-de-Dôme), près de Clermont-Ferrand, où il avait sa maison.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e et f Anne Courtel, « La 2 CV starter du tout-automobile », dans Cent ans de vie dans la région, tome 3 : 1939-1958, La Voix du Nord éditions, hors série du 17 juin 1999, p. 75.
  2. http://www.michelin.com/corporate//content/financeDocuments/Documents/Documents/michelin_ataglance_plaquette_EN_2009.pdf

Liens externes[modifier | modifier le code]