Pierre-Cyrille Hautcœur

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Pierre-Cyrille Hautcœur, né le à Paris, est un économiste et historien français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et formation[modifier | modifier le code]

Après des classes préparatoires au lycée Henri-IV, il intègre l'École normale supérieure en 1983 par le nouveau concours "sciences sociales" (devenu depuis B/L). Il obtient en 1985 une maîtrise d'histoire à l'Université Paris-Nanterre sous la direction de Maurice Lévy-Leboyer, et est reçu en 1986 à l'agrégation de l'enseignement du second degré de sciences économiques et sociales.

Il obtient en 1986 un diplôme d'études approfondies (DEA) "Analyse et politique économiques" à l'EHESS sous la direction de François Bourguignon et un doctorat de sciences économiques à l'université de Paris I en 1994 sous la direction de Christian de Boissieu.

Il est reçu premier à l'agrégation de l'enseignement supérieur en sciences économiques en 1998.

Parcours professionnel[modifier | modifier le code]

De 2001 à 2003, il a été conseiller du directeur de la recherche au Ministère de la recherche, adjoint puis successeur de Robert Hilbert et Antoine Lyon-Caen. Il a reçu en 2003 le prix du meilleur jeune économiste de France.

Il est actuellement directeur d'études à l'EHESS et professeur à l'École d'économie de Paris, après avoir enseigné à l’École normale supérieure (1989-96), à l'Université d'Orléans (1998-2002) et à l'Université de Paris I Panthéon-Sorbonne (2002-2006).

Il a été élu président de l'EHESS le [1]. Le , il ne se représente pas et est remplacé par Christophe Prochasson. Durant sa présidence, l'EHESS a réintégré son bâtiment historique du boulevard Raspail après son désamiantage et poursuivi le projet de Campus Condorcet; elle a quitté avec plusieurs autres établissements la Comue HESAM, s'est rapprochée de l'Université PSL tout en cherchant à maintenir une relation coopérative étroite avec ses nombreux établissements partenaires dans toute la France et à l'étranger, coopération dont le Campus Condorcet est le symbole.

Pierre-Cyrille Hautcœur est également depuis 2011 chroniqueur pour le quotidien Le Monde et depuis 2020 président du Conseil d'administration de l'INED.

Mission sur l'enseignement de l'économie[modifier | modifier le code]

En , la Ministre de la Recherche et de l'Enseignement supérieur, Geneviève Fioraso, lui confie une mission officielle dont l'objectif est d'analyser la situation actuelle de l'ensemble de la filière sciences économiques, tant sur le plan de la recherche, dans une logique interdisciplinaire, que de la formation et de l'insertion professionnelle des étudiants. Il est chargé de faire des propositions de réformes du système français d'enseignement et de recherche en économie. L'installation de cette mission est motivée par les nombreuses critiques adressées aux économistes à la suite de la crise financière. Le choix d'un historien économiste est perçu comme un signe d'ouverture aux critiques. Le rapport, remis en , fournit un état des lieux quantitatif et qualitatif de l'enseignement et de la recherche en sciences économiques en France, une bibliographie détaillée sur ces questions, et de nombreuses recommandations dont les vingt principales sont listées au début du rapport. L'auteur souligne en particulier la nécessité de diversifier davantage la formation de premier cycle des étudiants souhaitant se spécialiser en économie. Il prend position pour la réduction du rôle de l'agrégation dans le recrutement des professeurs des universités et contre la création d'une nouvelle section du Conseil national des universités, revendication de l'Association française d'économie politique.

Recherches[modifier | modifier le code]

Dans ses travaux, Pierre-Cyrille Hautcœur utilise les méthodes et les théories des sciences économiques pour renouveler la compréhension de l'histoire financière et monétaire en premier lieu française. Il attache une importance particulière à la production de données de qualité à partir des archives ou des sources originales, à leur critique et à leur interprétation, et a dirigé dans cette perspective un certain nombre de projets de recherche collectifs : Action concertée incitative du Ministère de la recherche en 2000, projets financés par l'Agence nationale de la recherche, et un Equipement d'excellence, "Données financières historiques" (DFIH) dont les données ont été rendues publiques en 2018. Dans le cadre ou à côté de ces projets, il a encadré un certain nombre de doctorants, dont Angelo Riva (co-responsable du projet DFIH et de son extension européenne EurHisFirm), Guillaume Bazot, Laura de Lisi, Eric Monnet, Pamfili Antipa, Jérémy Ducros, Stefano Ungaro, tous désormais intégrés dans le monde de la recherche.

Ouvrages

  • Monnaie, finance, banque, adaptation de l’ouvrage de F. Mishkin Economics of Money, Banking and Financial Markets, Pearson, 2004 (avec Ch. Bordes and D. Lacoue-Labarthe). Nouvelles éditions mises à jour en 2007 et 2010.
  • L'Insertion de l’économie française dans la compétition internationale au XXe siècle (direction, avec J-Ch. Asselain, M. Lévy-Leboyer, A. Straus et P. Verley), CHEFF, 2007.
  • Le Marché financier français au XIXe siècle, 2 volumes, Publications de la Sorbonne, 2007 (direction avec G. Gallais-Hamonno).
  • « Justice commerciale et histoire économique : enjeux et mesures » (direction) Histoire et Mesure, XXIII, 1, 2008.
  • La Crise de 1929, La Découverte, 2009.

Articles

  • "Floating a "lifeboat" : the Banque de France and the crisis of 1889" (avec A. Riva et E. White), Journal of Monetary Economics, 2014
  • "Bankruptcy law and practice in historical perspective: a European comparative view (1880-1914)"  (avec P. Di Martino), Entreprise and Society, 2013.
  • "What financiers usually do, and what we can learn from history" (avec A. Riva), Accounting, Economics and Law, 2013
  • “A Challenge to Triumphant Optimists? A New Index for the Paris Stock-Exchange (1854-2007)” (avec D. Le Bris), Financial History Review, 2012.
  • “L’information boursière comme bien public. Enjeux et perspectives de la révision de la directive européenne « Marchés d’instruments financiers” (avec P. Lagneau-Ymonet et A. Riva), Revue d'économie financière, 2012
  • "Origines légales et histoire: quelques remarques à partir de l'histoire des procédures de faillite", in E. Desveaux et M. de Fornel (dir.) Faire des sciences sociales: généraliser, éditions de l'EHESS, 2012
  • "The Paris financial market in the XIXth century: complementarities and competition in microstructures" (avec A. Riva), Economic History Review, 2012
  • "Les marchés financiers : péril ou opportunité pour l’industrie? Quelques enseignements d'un épisode oublié de l'histoire de la Bourse de Paris", Revue d'économie financière, 104, déc. 2011
  • "Les transformations du crédit en France au 19e siècle",  Romantismes, 151, 2011
  • “Origines et usages des statistiques des faillites en France : histoire d’un échec”, Histoire et Mesure, XXIII, 1, 2008, pp. 85-136.
  • “La statistique et la lutte contre la contrainte par corps. L'apport de Jean-Baptiste Bayle-Mouillard”, Histoire et Mesure, XXIII, 1, 2008, pp. 167-89.
  • “Does the law alone explain the rise in bankruptcies in XIXth century France” (avec N. Levratto), in P. Satyanarayana Prasad (dir.) Insolvency and bankruptcy laws : issues and perspectives, Amicus Books, Icfai University Press, 2008.
  • "Why didn't France follow the British Stabilization after World War One?" (avec M. Bordo), European Review of Economic History, 2007, n°1, pp. 3-37.
  • “Was the Great War a Watershed ? The Economics of World War One in France”, in S. Broadberry & M. Harrisson (dir.), The Economics of World War One, Cambridge : CUP, 2005.
  • “Threat of a capital levy, expected devaluation and interest rates in France during the interwar period” (avec P. Sicsic), European Review of Economic History, III, 1999, pp.25-56.
  • “Asymétries d'information, coûts de mandat et financement des entreprises françaises (1890-1936)”, Revue Economique, L, 5, september 1999, pp. 1053-1087.
  • “Le marché financier français de 1945 à nos jours”, RISQUES, n°25, janvier-, pp. 135-151.
  • “Le financement des entreprises françaises de 1890 à 1936 : une approche micro-économique sur données boursières”, Économie & Statistiques, 1993, n°268-69, pp. 141-57.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]