Pierre-Antoine Lalloy

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Pierre-Antoine Laloy
Fonctions
Député du bailliage de Chaumont-en-Bassigny

(2 ans, 6 mois et 3 jours)
Gouvernement Assemblée constituante de 1789
Groupe politique Tiers état
Député de la Haute-Marne

(1 an et 20 jours)
Gouvernement Assemblée législative
Député de la Convention nationale

(3 ans, 1 mois et 22 jours)
Député au Conseil des Cinq-Cents

(2 ans, 5 mois et 17 jours)
Député au Conseil des anciens

(1 an, 11 mois et 12 jours)
Membre du Tribunat
Président de l'Assemblée nationale

(15 jours)

(1 mois et 1 jour)
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Doulevant-le-Château (Haute-Marne)
Date de décès (à 97 ans)
Lieu de décès Chaumont (Haute-Marne)
Nationalité Drapeau de la France Française
Parti politique Montagne
Gauche
Profession Avocat
députés de la Haute-Marne

Pierre-Antoine Lalloy ou Laloy né à Doulevant-le-Château le et mort à Chaumont le était un homme politique français qui fut député de la Haute-Marne à la Convention nationale.

Biographie[modifier | modifier le code]

Avant 1789[modifier | modifier le code]

Né en 1749, il est le frère de Jean-Nicolas Laloy, député à la Constituante. Il fait ses études de droit à Paris. Après être entré chez un procureur, il est reçu comme avocat au bailliage de Chaumont en 1773. Sa carrière dans la profession est assez terne. En 1785, il est chargé par le garde des sceaux Miromesnil de faire l'inventaire des archives de Bassigny.

Carrière révolutionnaire[modifier | modifier le code]

Les débuts[modifier | modifier le code]

La Révolution lui permet de faire son entrée en politique, à la suite de son frère aîné. Il devient en 1789 procureur de la commune de Chaumont, puis administrateur du département de la Haute-Marne.

Le , Lalloy est élu député de son département à l'Assemblée législative avec 208 voix sur 363 votants. Il y siège avec la gauche et participe aux travaux de plusieurs commissions parlementaires, ce qui lui permet d'acquérir une certaine réputation.

Le député montagnard[modifier | modifier le code]

En 1792, il est réélu par son département à la Convention nationale, mais le dernier, avec seulement 154 voix sur 405 votants.

Fidèle à ses convictions, il se joint aux montagnards. Au procès de Louis XVI, il vote pour la mort du souverain. Il participe à la lutte contre la Gironde et réclame ainsi un décret d'accusation contre Barbaroux.

Le , alors que la Terreur est à l'ordre du jour, il est élu président de la Convention. C'est ainsi lui qui félicite l'évêque Gobel et d’autres prêtres pour avoir abjurer s’être dépouillés de leurs insignes. Il déclare à propos de ceux-ci déposées sur l’autel de la patrie : « Ne nous le dissimulons pas, citoyens, ces hochets insultaient à l'Être suprême, au nom duquel on les entretenait ; ils ne pouvaient servir à son culte, puisqu'il n'exige que la pratique des vertus sociales et morales : telle est sa religion ; il ne veut de culte que celui de la Raison ; il n'en prescrit pas d'autre, et ce sera désormais la religion nationale. »''[1] C'est lui aussi qui donne le "baiser fraternel" à la déesse Raison lors de la fête organisée en l'honneur de celle-ci.

Son activité parlementaire est alors intense. Il réclame ainsi la vente du mobilier de la liste civile La même année, il est élu membre du Comité de sûreté générale, mais il en démissionne quelques jours après, car son frère et son beau-frère sont accusés d'avoir tenu des propos contre-révolutionnaires.

En Thermidor, Lalloy participe à la conjuration qui renverse Robespierre. Pour cela, il entre au Comité de salut public le 13 thermidor an II (). Il y reste trois mois avant d'en sortir le 5 novembre.

Il est ensuite discret jusqu'à la fin de la session.

Sous le Directoire[modifier | modifier le code]

En l'an IV, Lalloy est réélu au Conseil des Cinq-Cents, toujours pour la Haute-Marne, et y siège avec la gauche directoriale. Le , il est élu pour un mois président de cette assemblée. Dans ces fonctions, il se voit reprocher sa partialité dans la discussion sur le serment des électeurs.

Il approuve le Coup d'État du 18 fructidor an V, et devient membre de la commission chargée de publier une adresse au peuple français justifiant le coup de force.

En l'an VI, il passe au Conseil des Anciens où il siège jusqu'au Coup d'État du 18 brumaire, qu'il approuve sans réserve.

Sous Napoléon[modifier | modifier le code]

Il se rallie à Bonaparte qui le nomme membre du Tribunat. Son indépendance d'esprit le fait cependant éliminer au premier renouvellement de cette chambre en 1802.

Il est ensuite nommé au conseil des prises, poste qu'il garde jusqu'à la fin du Premier Empire.

En 1815, durant les Cent-Jours, il est conseiller à la préfecture de la Seine.

Exil et fin de vie[modifier | modifier le code]

Après la loi du 12 janvier 1816 exilant les régicides, Lalloy doit quitter la France et s'installe à Mons. Deux ans plus tard, le gouvernement de Louis XVIII l'autorise à rentrer, mais ce vieux montagnard refuse cette grâce et décide de rester à l'étranger.

Il ne retrouve la France qu'en 1830, après les Trois Glorieuses. Ses relations avec Réal lui permettent alors d'obtenir une pension de la part du nouveau régime. Lalloy consacre les dernières années de sa vie à l'étude. Cet érudit possède en effet une bibliothèque de près de vingt mille volumes.

Il s'éteint en 1846 à 97 ans.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]