Picard Surgelés

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Picard Surgelés
logo de Picard Surgelés

Création 1906 « les Glacières de Fontainebleau »
Dates clés 17 septembre 1958 (immatriculation de la société actuelle)
Fondateurs Raymond Picard
Personnages clés Xavier Decelle, Philippe Pauze, Philippe Dailliez
Forme juridique Société par actions simplifiée
Slogan « Pour le bon et le meilleur »
Siège social 1 Route Militaire, Fontainebleau
Drapeau de France France
Direction Cathy Collart Geiger
Actionnaires Au 27 janvier 2020[1] :

Lion Capital LLP : 51 %
Moez-Alexandre Zouari : 44,5 %
Aryzta : 4,5%

Activité Commerce de détail de produits surgelés (4711A)
Produits Produits alimentaires surgelés
Effectif 4 591 (03/2017)
SIREN 784 939 688
Site web www.picard.fr

Chiffre d'affaires 1 414 970 600 € à fin mars 2019
Résultat net 102 861 900 € à fin mars 2019[2]

Picard Surgelés est une entreprise française spécialisée dans le commerce de détail de produits alimentaires surgelés sous marque de distributeur. Elle est le chef de file français dans ce secteur, contrôlant près de 20 % du marché en 2014[3].

L'entreprise appartient à 51 % au fonds britannique Lion Capital, à 44,5% au groupe de Moez-Alexandre Zouari[4], et le reste au groupe suisse d'industrie agroalimentaire Aryzta. Ce dernier, coté en bourse[5], fabrique et commercialise des produits de boulangeries et pâtisseries et des plats préparés à destination de la restauration hors domicile. Ces préparations sont principalement commercialisées sous les marques Hiestand, Cuisine de France, La Brea Bakery, Otis Spunkmayer et Fornetti.

Historique[modifier | modifier le code]

En 1906, deux frères bellifontains, René et Gaston Bajante[6] (nés en 1880 et 1882, ils sont les fils d'un charcutier dont le grand-père était un immigré tchèque), fondent au 18 rue de Neuville, à Fontainebleau, « Les Glacières de Fontainebleau », une fabrique de pains de glace qu'ils importent des Alpes par les chemins de fer. Ces pains de glace permettaient de maintenir au frais les aliments dans des glacières avant l'invention et la démocratisation du réfrigérateur et du congélateur. En 1920, l'entreprise est rachetée par M. Picard[7], dont le fils Raymond prend la direction en 1962. L’entreprise change alors de nom pour s’appeler « les Établissements Picard » et, s'inspirant des organisations nordiques et anglo-saxonnes, commercialise au détail des produits surgelés.

Ancien logotype de Picard Surgelés.

En 1973, Armand Decelle rachète l'entreprise, développe la vente par correspondance (avec un catalogue publié mensuellement) et ouvre, en 1974, le premier magasin spécialisé dans la vente de produits surgelés, rue de Rome à Paris. La société déménage en 1979 à Nemours et ouvre un entrepôt ultramoderne, un atelier de conditionnement et débute la mise en place d'un « laboratoire qualité ». En 1980, l'entreprise dépasse le cap de 20 magasins. En 1987 a lieu l'ouverture du 100e magasin ; suivent les premières ouvertures dans le reste de la France.

En 1994, alors que l'entreprise Picard a ouvert 300 magasins, elle est rachetée (79 % du capital) par le groupe Carrefour[8]. En 1999, l'entreprise s'implante pour la première fois à l'international, en Italie[9]. En 2001, Carrefour revend sa participation, à un groupe d'investisseurs mené par le fonds anglais Candover et associé à la famille Decelle et au management, selon le mécanisme du LBO.

De 2001 à 2004 : ouverture du 500e magasin en 2002. BC Partners rachète l'entreprise en 2004 (second LBO)[10].

De 2004 à 2010 : ouverture du 700e magasin en 2007. En , le PDG et fils du racheteur de Picard en 1973, Xavier Decelle, se fait évincer par l'actionnaire principal, BC Partners. Pour la première fois depuis 1973, la société n'est plus dirigée par un membre de la famille Decelle. L'actionnaire principal a rappelé l'ancien directeur général de la société, qui avait été licencié en , pour assurer une direction « d'intérim » dans l'attente du recrutement d'un nouveau président directeur général[11]. En 2009, Philippe Pauze, ex-salarié du groupe Carrefour, est nommé président directeur général par BC Partners.

Le , le fonds britannique Lion Capital et BC Partners annoncent être en négociation pour la cession de Picard. Le montant de la transaction serait évalué à au moins 1,5 milliard d'euros[12]. La transaction, encore par LBO, est conclue quelques mois plus tard.

Magasin Picard à Stockholm, en Suède, en juin 2013.

En 2015, Picard Surgelés s'endette à hauteur de 790 millions d'euros, augmentant son endettement de 88 %, et affecte 602 millions au paiement d'un dividende à son actionnaire Lion Capital[13]. En , Aryzta, une entreprise suisse de boulangerie surgelée, lance une offre d'achat en deux temps pour Picard pour un montant approximatif de 910 millions d'euros, en plus de la reprise des importantes dettes, soit un total de 2,25 milliards d’euros[14]. Finalement, Aryzta acquiert 49 % des actions de Picard Surgelés[15].

En 2016, Picard s'associe avec Æon Group au Japon, où ses pâtisseries rencontrent un franc succès commercial. Il s'agit alors de la huitième marque la plus populaire à Tokyo[16].

En , la mise en vente de la participation d'Aryzta est évoquée[17] pour la première fois. Les difficultés de trésorerie de l'actionnaire, un besoin de 800 millions d'euros sont confirmées mi 2018[18].

Début , Moez-Alexandre Zouari a pu acquérir d'Aryzta une participation de 43% au capital de Picard Surgelés. En effet, Arysta souhaitait vendre de toute urgence sa participation[4],[19].

En 2020, le groupe bénéficie des mesures de confinement prises en France en raison de la pandémie de COVID-19, qui dope ses ventes de surgelés de 15%[20], les Français souhaitant stocker des aliments pour plusieurs mois[21]. Sous la direction de Cathy Collart Geiger, Picard Surgelés poursuit son déploiement dans le bio et les produits sans pesticides, et met en avant les surgelés comme manière de lutter contre le gaspillage alimentaire[22].

En novembre 2021, Picard marque un nouveau tournant dans sa stratégie en lançant la livraison en 15 minutes avec Deliveroo[23]. Ce nouveau dispositif sera mis en place dans une centaine de villes en France et, selon la direction, 80 % des livraisons pourront être effectuées en moins de 8 minutes[24].

Activités[modifier | modifier le code]

À la fin , elle a 997 magasins et entrepôts en France et commercialise une gamme de 1 200 produits sous sa marque de distributeur Picard fabriqués par près de 200 entreprises de l'industrie agroalimentaire. Elle assure un service de vente à distance avec prise de commande par téléphone ou par Internet via son cybermarché Picard.fr. Des magasins existent également en Italie, en Belgique, en Suède, en Suisse, au Japon et sur l'île de la Réunion et la vente à distance est possible en Espagne[25]. Le supermarché néerlandais Albert Heijn a commencé la vente des produits de Picard en 2018.

Bilans publiés[26].
2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021
Chiffre d'affaires en millions d'euros 1 322 1 357 1 385 1 436 1 414 1 502 1 770
Résultat net en millions d'euros + 95,5 + 98,8 + 111,0 + 101,7 + 102,9 + 105,4 + 152,6
Effectif moyen annuel 4 617 4 706 4 951 nc 5 878 5 713 5 055

Développement en franchise[modifier | modifier le code]

Après avoir développé 926 magasins en interne, Picard, par la voix de son président directeur général Philippe Pauze, annonce le développement de franchises en France métropolitaine en 2015[27].

Controverses[modifier | modifier le code]

2013 : affaire Spanghero[modifier | modifier le code]

Logotype de Spanghero avant sa liquidation judiciaire en 2013.

Début 2013, la société Picard Surgelés retire de la vente deux plats préparés (lasagnes et chili con carne sous marque de distributeur Picard) fabriqués pour elle par la société Comigel lors de la fraude à la viande de cheval[28],[29]. Picard Surgelés précise que le transformateur Spanghero ne fait pas partie des fournisseurs enregistrés dans son cahier des charges avec Comigel, une information confirmée par ce dernier[30].

Cette affaire conduit à une chute de 40 % de ses ventes de plats préparés surgelés à base de viande même si, depuis lors, celles-ci ont retrouvé leur niveau d'avant la crise[31].

Bilan social[modifier | modifier le code]

En 2007, à la suite du dernier LBO, Picard Surgelés connaît des tensions internes[32]. Certains syndicats de salariés reprochent à leur direction d'exiger d'eux de continuels efforts de gains de productivité alors qu'elle a encaissé des millions d'euros lors de cette opération.[pas clair]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. https://www.franchise-magazine.com/news-franchise/picard-change-dactionnaire-et-poursuit-son-expansion
  2. https://www.societe.com/societe/picard-surgeles-784939688.html
  3. Sabine Delanglade, « Picard, le surgelé qui réchauffe la croissance », sur lesechos.fr, .
  4. a et b « Qui est la famille Zouari, qui rachète près de la moitié de Picard ? », La Croix,‎ (ISSN 0242-6056, lire en ligne, consulté le ).
  5. « Aryzta : Cours action Aryzta | ARYN | CH0043238366 », sur zonebourse.com (consulté le )
  6. Recensement de Fontainebleau année 1911, page 86
  7. "La Revue générale du froid" volume 65, Numéros 7 à 12 - Page 1105, sur Google Books
  8. Avec Picard, Carrefour met la main sur un spécialiste des marques de distributeur, dans L'Usine Nouvelle
  9. « Dans les cuisines de Picard », sur LExpansion.com, (consulté le )
  10. Julia Pascual, « Pour les financiers, la valeurs des surgelés Picard ne fond pas », Libération,‎ (lire en ligne).
  11. « Le patron de Picard Surgelés quitte ses fonctions », sur challenges.fr, .
  12. La Tribune.fr / 2010-07-26 / Le fonds britannique Lion Capital s'empare des surgelés Picard
  13. http://www.agefi.fr/articles/picard-surgeles-sert-un-festin-a-lion-capital-1347163.html Picard Surgelés sert un festin à Lion Capital
  14. Denis Cosnard, « Les surgelés Picard sous pavillon suisse », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  15. « Vers une mise en vente de la marque de surgelés Picard? », sur Challenges.fr, .
  16. « Dans les cuisines de Picard », sur LExpansion.com, (consulté le )
  17. nc, « vers une mise en vente », challenges,‎
  18. « Aryzta, actionnaire de Picard, a besoin de 800 millions d'euros - Les Echos », sur www.lesechos.fr (consulté le )
  19. « Un Français rachète les parts de l'actionnaire suisse de Picard », sur BFMTV (consulté le )
  20. Alexandre Garabedian, « La famille Zouari s’offre un festin chez Picard », sur agefi.fr, (consulté le )
  21. « Surgelés salés : une embellie à consolider », sur lsa-conso.fr (consulté le )
  22. « Cathy Collart Geiger (Picard Surgelés) : "Nous observons une montée des ventes des produits bios, vegan et sans pesticides" », sur Franceinfo, (consulté le )
  23. « Picard se lance dans la livraison en 15 minutes avec Deliveroo », sur LEFIGARO, (consulté le )
  24. 6medias, « Picard et Deliveroo s'allient pour la livraison de produits surgelés », sur Capital.fr, (consulté le )
  25. Picard en Europe - site internet
  26. « Picard : bilans », sur verif.com (consulté le )
  27. « Les Échos de la Franchise », sur Les Échos de la Franchise (consulté le ).
  28. Viande de cheval: Picard annonce que deux lots de lasagnes sont concernés, Huffington Post, 12 février 2013
  29. « Le scandale de la viande de cheval prend de l'ampleur » , Le Figaro, 12 février, mis à jour le 13 février 2013
  30. Viande de cheval chez Picard : Comigel a utilisé par "erreur" un lot Spanghero, Le Monde, 19 février 2013
  31. « Picard, le surgelé qui réchauffe la croissance », Les Échos, 2 octobre 2014.
  32. Challenges, no 68, février 2007

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]