Syrie-Phénicie (province romaine)

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Syrie-Phénicie
Provincia Syria Phoenice (la)

194 ap. J.-C. – fin du IVe siècle

Informations générales
Statut Province de l'Empire romain
Capitale Tyr
Histoire et événements
194 ap. J.-C. Création par Septime Sévère
Fin du IVe siècle Division en Phénicie maritime et Phénicie libanaise

Entités précédentes :

Aujourd'hui, une partie de :
Drapeau du Liban Liban
Drapeau de la Syrie Syrie
Drapeau d’Israël Israël

La Phœnicé-Syrie[1] ou Syrie-Phénicie (en latin : Provincia Syria Phoenice) était une province de l'Empire romain, créée en 194 par division de la province de Syrie en deux nouvelles provinces, « la Syrie-Phénicie d'une part, et la Coelé-Syrie d'autre part »[2]. « Très étendue », elle comprenait « des cités de l'intérieur comme Émèse, Damas et même Palmyre[2] », et englobait la région historique de la Phénicie.

Elle fut divisée vers la fin du IVe siècle en deux provinces : la Phénicie maritime et la Phénicie libanaise — division qui a persisté jusqu'à la conquête musulmane de la région par les Arabes musulmans dans les années 630.

Histoire administrative[modifier | modifier le code]

Carte du diocèse d'Orient (en) avec ses provinces, telle qu'indiquée dans la Notitia Dignitatum, vers la fin du IVe siècle.

La Phénicie est passée sous la domination de la République romaine en 64 av. J.-C., lorsque Pompée créa la province romaine de Syrie.

À l'exception d'une brève période de 36 à 30 av. J.-C., lorsque Marc Antoine donna la région à l'Égypte ptolémaïque (Royaume lagide), la Phénicie resta ensuite une partie de la province romaine de Syrie[3].

L'empereur Hadrien (r. 117-138) aurait envisagé une division de la trop grande province romaine de Syrie en 123/124 ap. J.-C, mais ce n'est que peu de temps après 194 que Septime Sévère (r. 193-211) entreprit de le faire, divisant la province en deux provinces : la Cœlé-Syrie au nord et la Syrie-Phénicie au sud[3].

La ville de Tyr devint la métropole de la Syrie-Phénicie, mais Héliogabale (r. 218-222) éleva sa ville natale Émèse (aujourd'hui Homs) au rang de co-métropole, faisant entrer les deux villes en rivalité qui durerait jusqu'à la division de la province au IVe siècle[3].

L'empereur romain Dioclétien (r. 284-305) donna le district de Batanée à la province romaine d'Arabie.

Avant 328, tel qu'il est mentionné dans le Laterculus Veronensis, Constantin le Grand (r. 306-337) créa la nouvelle province d'Augusta Libanensis sur la moitié orientale de l'ancienne province, englobant le territoire situé à l'est du mont Liban[4]. L'Augusta Libanensis de Constantin fut de courte durée mais servit de base à la re-division de la Syrie-Phénicie vers la fin du IVe siècle en deux provinces : la Phénicie maritime ayant Tyr pour métropole, et la Phénicie libanaise ayant Émèse pour métropole[4].

Dans la Notitia dignitatum, écrite peu de temps après la division, la Phénicie maritime fut gouvernée par un consularis, tandis que la Phénicie libanaise fut gouvernée par un praeses (en) (président), les deux provinces relevant du diocèse d'Orient (en)[5].

Cette division resta intacte jusqu'à la conquête musulmane du Levant dans les années 630[6].

Sous le califat, la majeure partie de la Phénicie maritime et de la Phénicie libanaise relevait du jund de Damas (en), et certaines parties du sud et du nord étaient allées respectivement au jund du Jourdain (en) et au jund de Homs (en)[7].

Administration ecclésiastique[modifier | modifier le code]

L'administration ecclésiastique était parallèle à l'administration politique, mais avec quelques différences. L'évêque de Tyr devint le prélat prééminent de la Syrie-Phénicie au milieu du IIIe siècle.

Quand la province fut divisée vers la fin du IVe siècle, Damas, plutôt qu'Émèse, devint la métropole ecclésiastique (en) de la Phénicie libanaise.

Les deux provinces appartenaient au patriarcat d’Antioche, Damas devançant d'abord Tyr, dont la position fut également brièvement contestée par le siège de Béryte vers 450.

Toutefois, après 480/481, le métropolite de Tyr s'établit comme le protothrone (en) de tous les métropolites assujettis à Antioche[6].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Essai sur la vie et le règne de Septime Sévère, p. 245.
  2. a et b Pierre-Louis Gatier, p. 107
  3. a b et c Eißfeldt 1941, p. 368.
  4. a et b Eißfeldt 1941, p. 368-369.
  5. Notitia Dignitatum, in partibus Orientis, I
  6. a et b Eißfeldt 1941, p. 369.
  7. Blankinship 1994, p. 47-48, 240.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Essai sur la vie et le règne de Septime Sévère (lire en ligne).
  • Khalid Yahya Blankinship, The End of the Jihâd State: The Reign of Hishām ibn ʻAbd al-Malik and the Collapse of the Umayyads, Albany, New York, State University of New York Press, [détail de l’édition] (ISBN 0-7914-1827-8, lire en ligne)
  • Otto Eißfeldt (1941). "Phoiniker (Phoinike)". Realencyclopädie der Classischen Altertumswissenschaft. Band XX, Halbband 39, Philon-Pignus. pp. 350-379.
  • Pierre-Louis Gatier, « Phénicie, Liban, Levant : Histoire et géographie historique d'Alexandre à Zénobie », dans Annales d'histoire et d'archéologie (lire en ligne).

Liens externes[modifier | modifier le code]