Philosophie byzantine

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La philosophie byzantine est l'ensemble des œuvres et des courants philosophiques développés dans le monde byzantin, centré sur la ville de Constantinople, classiquement à partir de l'interdiction du culte des images par l'empereur Léon III en 730 et jusqu'à la chute de Constantinople en 1453[1] ; de ce fait, elle peut être considérée comme une part de la philosophie médiévale occidentale qui est comme elle très majoritairement chrétienne, bien qu'elle en soit souvent exclue en raison du développement parallèle généralement indépendant de la scolastique, et elle se distingue de la philosophie arabe malgré de nombreuses ressemblances avec elle (notamment le fait qu'elles ont toutes deux été d'importants vecteurs de la transmission et de la réinterprétation de la philosophie antique), car, quoi qu'elle ait eu avec elle des contacts favorisés par la proximité géographique, ceux-ci ont rarement été plus féconds qu'une influence inconsciente et diffuse au travers de relations d'hostilité[2].

Il est important de noter que l'expression de « philosophie byzantine » a été forgée des siècles après la fin de ce courant et constitue donc un anachronisme (les byzantins du Moyen Âge se nommant eux-mêmes seulement les Grecs - Γραικοί - ou les Romains - Ῥωμαῖοι - en référence à leur héritage antique). De très forte inspiration aristotélicienne et néoplatonicienne, la philosophie byzantine a en effet la particularité, comme le reste de la littérature byzantine, de s'être construite dans la continuité directe et naturelle de ses origines antiques de l'Empire romain, pratiquement sans rupture, et à la différence du reste de la philosophie médiévale - pour cette raison, on parle parfois de philosophie byzantine pour des penseurs et des œuvres aussi anciens que le IIIe siècle et le IVe siècle, comme Proclus, et d'ailleurs de nombreux auteurs ou textes antiques ne nous sont aujourd'hui connus que par le témoignage tardif des byzantins, par exemple via l'encyclopédie philosophique qu'est la Souda, et donc sous un regard byzantin, ce qui ne fait que renforcer l'imprécision de la distinction entre philosophie byzantine et philosophie antique.

Il n'en reste pas moins que, de façon communément admise par les spécialistes, l'âge d'or de la philosophie byzantine en tant que telle commença au IXe siècle, lorsque Photios, le Patriarche de Constantinople, rassembla de nombreuses œuvres d'auteurs anciens - ce qui la distingue bien de la philosophie antique, qui était déjà déclinante à l'époque de Proclus. Souvent négligée à cause de son manque d'influence sur la philosophie moderne et donc méconnue, la philosophie byzantine est pourtant pleine de richesses et de spécificités ; ses productions ne sauraient aucunement être confondues avec ses inspirations ; elle est dotée d'une tonalité unique.

Liste des principaux philosophes byzantins[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. http://plato.stanford.edu/entries/byzantine-philosophy/
  2. https://www.jstor.org/stable/1291208 (en) : Parallelism, Convergence, and Influence in the Relations of Arab and Byzantine Philosophy, Literature, and Piety, Gustave E. von Grunebaum, Dumbarton Oaks Papers, Vol. 18 (1964), pp. 89-111