Philippiques (Démosthène)

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Les Philippiques sont une série de quatre discours prononcés par l'orateur athénien Démosthène entre 351 et 341 av. J.-C. dans lesquels il dresse une harangue contre Philippe II de Macédoine. Démosthène dénonce les ambitions de Philippe II et critique avec véhémence l'oisiveté des Athéniens, tout en éveillant chez eux des sentiments patriotiques. Ces discours marquent l'apogée de la rhétorique athénienne.

Cette série de discours s’étale sur plusieurs années, et sont donc emprunt de références au contexte propre à chaque discours. On compte en tout quatre Philippiques :

  • La première Philippique, prononcé en 351 av. J-C.
  • La Deuxième Philippique, prononcé en 344-343 av. J-C.
  • La Troisième Philippique, discours prononcé en 341 av. J-C.
  • La Quatrième Philippique.

Le terme de « philippique » est resté pour désigner une exhortation belliqueuse.

La Première Philippique[1][modifier | modifier le code]

La Deuxième Philippique[2][modifier | modifier le code]

La Troisième Philippique[3][modifier | modifier le code]

Contexte[modifier | modifier le code]

La troisième Philippique a suivi de près le discours sur les affaires de Chersonèse. Celui-ci avait été prononcé vers mars 341 av.J-C Denys d'Halicarnasse et Didyme nous apprennent que la troisième Philippique le fut sous le même archontat donc avant la fin de juin de la même année , mais de plus dans le discours de l'orateur nous constatons par les paroles même de l'orateur qu'elle est antérieur à la délivrance d'Oréos par les Athéniens ; or celle ci eut lieu d’après le témoignage de Philochore , au mois de Skirophonrion ( juin). C'est par conséquent au mois de mai 341 av. J.-C. qu'il convient de rapporter ce discours .

La situation générale qui nous y est représentée est sensiblement la même que dans le précédent discours , sauf qu'il n'est plus question ici du rappel de Diopeithès (en). Celui-ci est toujours en Chersonèse avec son armée ; on l'y a donc maintenu ; mais il demande des renforts et de l'argent ; Philippe lui occupe Cardie , il avance en Thrace et menace de loin Byzance , qui est pourtant encore son alliée nominalement. De plus il installe des tyrans en Eubée , presque aux portes d’Athènes .

En face de ce danger grandissant Démosthène voit la nécessité d'obtenir du peuple un nouvel effort , et surtout de lui faire sentir la gravité de la menace qui est suspendue sur sa tete . Il apporte donc à la fois une proposition précise et des avertissements pressants. La proposition était formulée dans un projet de décret , annoncé vers la fin du discours , mais dont le texte ne nous a pas été conservé.

On peut admettre , d’après ce qui en est dit par l'orateur , qu'il demandait la formation d'un flotte et d'une armée , en somme une contribution extraordinaire et peut être aussi l'envoi de députés dans le Péloponnèse , à Chios , à Rhodes et même auprès du roi de Perse. Ce n’était pas encore la déclaration de guerre , mais c'en était la préparation.

Toutefois , l'essentiel du discours est plutôt dans les avertissements et les admonestations véhémentes qui en constituent la major partie . L'idée qui domine tout , c'est que l'ambition de Philippe vise à soumettre les Grecs , qu'il s'agit , par conséquent de le leur faire comprendre pour les associer à l'effort d'Athènes et que l'initiative de cette union en vue de la défense de la liberté ne peut venir que d'Athènes seule . Jamais Démosthène n'avait encore dégagé aussi nettement les pensée directrices de sa politique , jamais il ne les avait développées avec autant de force.

Description et analyse de la IIIe Philippique[modifier | modifier le code]

La troisième Philippique est considérée comme étant le discours le plus poussé de l’auteur, avec plus d’ampleur. C'est une harangue politique dans la plénitude de sa force, nourrie de faits qu’elle interprète et commente. On y observe une sincérité ardente du patriote inquiet qui voit l’imminence du danger, les avantages de l’adversaire, l’affaiblissement des volontés autour de lui, difficultés intérieures et extérieures. Démosthène veut compter sur le réveil des consciences.

Pour cela, il évoque plusieurs sujets susceptibles de réveiller les consciences des Athéniens. Par exemple, il met en avant la tradition grecque et les gloires passées, en particulier des Athéniens : à cela il oppose l’immoralité de Philippe II de Macédoine, indigne dans ce cas d’être Grec.

Mais il se permet aussi des remarques véhémentes sur ce qu’il considère comme de l’avilissement des grecs.

Par ce discours, Démosthène entend montrer aux Athéniens que la seule porte de sortie pour échapper au gouffre dans lequel ils semblent tomber, c’est de combattre Philippe, dans le cas contraire selon l’auteur, la chute sera inévitable. Il se fait donc également prédicateur, oiseau de mauvais augure, pour pousser à l’action.

S’ajoutent donc aux pensées, les sentiments : amour de la liberté, sens de l’honneur, appel aux plus nobles traditions, mais aussi tristesse devant l’inaction flagrante.

La Quatrième Philippique[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. MM Lemoine et Sommer, Démosthène, Les Philippiques, expliquées, annotées et revues pour la traduction française, Paris, Hachette, (lire en ligne), p11 à 68
  2. MM. Lemoine et Somme, Démosthène, Les Philippiques, expliquées, annotées et revues pour la traduction française, Paris, Hachette, (lire en ligne), p69 à 108
  3. Démosthène, Harangues Tome 2, Paris, "LES BELLES LETTRES", , 183 p. (lire en ligne), p. 86 à 110

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Traductions[modifier | modifier le code]

  • Démosthène, Les Philippiques, expliquées, annotées et revues pour la traduction française par MM. Lemoine et Sommer, 1851.
  • Démosthène, Harangues, Tome I. Texte établi et traduit par Maurice Croiset.
  • Démosthène, Harangues, Tome II. Texte établi et traduit par Maurice Croiset.

Ouvrages et articles[modifier | modifier le code]

  • CARLIER P., Démosthène, Librairie Arthème Fayard, 1990
  • CARLIER P., Le IVe siècle grec jusqu’à la mort d’Alexandre, Paris: Editions du Seuil, 1995
  • BRUN P., Démosthène - Rhétorique, pouvoir et corruption, Paris: Armand Collin, 2015
  • KAPLAN M.(dir), Le Monde Grec, Bréal, 1995
  • TREVES P. La composition de la Troisième Philippique. In: Revue des Études Anciennes. Tome 42, 1940, no 1-4. Mélanges d'études anciennes offerts à Georges Radet. p. 354-364

Lien externe[modifier | modifier le code]