Philippe de Ternant

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Philippe de Ternant
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Philippe de Ternant, Seigneur de Ternant
Ordonnances et Armorial de la Toison d'Or
(Bibliothèque de La Haye-KB.H576E10)

Naissance
Bourgogne
Décès
Nationalité Bourguignon Français
Profession
Diplomate - Commandant de la Garde de Bourgogne - Ambassadeur
Activité principale
Chambellan de Philippe le Bon
Autres activités
Mécène
Conjoint
Isabeau de Roye
Descendants
Charles de Ternant
Antoinette de Ternant, marié à Louis de La Tremoille

Philippe de Ternant (1400–1456), noble bourguignon de haute lignée du comté de Nevers, et de la châtellenie de Savigny-Poil-Fol, seigneur de Ternant, et de la Motte de Thoisy, de Limanton il fut chambellan de Philippe le Bon, duc de Bourgogne .

Biographie[modifier | modifier le code]

Philippe de Ternant, chevalier de la Toison d'or, est le fils de Hugues II de Ternant (?-1417) et de son épouse Alix de Norry.

C'est à la Bataille de Cravant qu'il est fait chevalier le . Membre du Conseil de Philippe Le Bon en 1429 et du "Grand Conseil" à partir de 1433 du Duc de Bourgogne.

Philippe de Ternant fut commandant de la garde de Bourgogne, il guerroya beaucoup en Flandre pour le compte du duc de Bourgogne à partir de 1430, habitant alors le plus souvent Bruges. Il en profita pour commander et ramener les deux triptyques ou retables qui ornent l'église paroissiale de Ternant. Cette année là il est fait chevalier de la Toison d'Or à Bruges dès sa création le lors du mariage de Philippe le Bon avec Isabelle de Portugal. Au cours des années suivantes c'est lui qui à l'occasion des chapitres de l'Ordre donne les instructions aux artistes travaillant pour celui-ci et assure les paiements. Les cousins de sa femme Guillaume de Lalaing (°?-†.1475), et Jean V de Créquy (°1395-†.1474), sont également chevaliers de la Toison d'Or. Il participe en 1432 à une opération militaire avec ses troupes contre celles des Armagnac en direction de Paris et en 1433, il accompagne Philippe le Bon et Antoine Ier de Croÿ (1385-1475), chevalier de la Toison d'Or, pour protéger la Bourgogne. Sa présence est affirmée en novembre 1433 auprès de la duchesse Isabelle, huit jours avant la naissance de Charles, comte de Charolais.

Négociateur à la Conférence de Nevers le entre le duc de Bourbon qui avait envahit le Mâconnais et le Chalonnais, suite aux succès militaires qu'avait eu sur lui le duc de Bourgogne. À la suite de cette trêve Bourbon lâcha dans la nature ses troupes de mercenaires qui pillèrent le pays et qu'on nomma les Écorcheurs. Il participa également à la négociation du Traité d'Arras, signé le où le roi de France cède le comté d'Auxerre, le comté de Mâcon, et les Villes de la Somme dont Roye au duc. Le roi Charles VII lui fait un don. Chambellan de Philippe le Bon (Philippe III de Bourgogne), il reçoit en 1435 de celui-ci, la baronnie d'Apremont et la seigneurie de Gendrey, et la place de Donzy en Nivernais.

Le , Charles VII nomme Arthur III de Bretagne, Connétable de Richemont lieutenant-général en Île-de-France, Normandie, Champagne et Brie, avec la charge de reprendre Paris. . Le , Richemont se présente sous les murs de la cité avec le renfort de troupes bourguignonnes, commandées par Philippe de Ternant. Les Anglais sont repoussés aux portes de la capitale. La ville est en pleine effervescence. Victimes de la fureur populaire des Parisiens, les Anglais doivent se réfugier dans la bastille Saint-Antoine. Le 15 avril, la garnison capitule. La prise de Paris renforce encore la position de Richemont auprès de Charles VII, d'autant que les Bretons du connétable s'illustrent en Île-de-France aux côtés des grands capitaines français. Philippe de Ternant est nommé Premier Prévôt de Paris pendant plusieurs mois, et rend la justice au Châtelet puis est nommé premier Gouverneur de Paris. Capitaine général du Pays de Brie, et gouverneur du Maconnais. En octobre 1436, il participe à la répression des Brugeois révoltés, il va à Gand en compagnie d'Isabelle de Portugal et de Jacques de Crévecœur

En 1438 c'est une épidémie de peste qui sévit sur tout le duché.

En plus de ses fonctions militaires, il se voit confier des missions diplomatiques à partir des années 1440. C'est en compagnie de Guillaume de Fillastre qu'il entreprend des négociations à Compiègne avec le Dauphin de France, le futur Louis XI, puis le lors de la rencontre de Philippe le Bon, et de Frédéric III, il dirige la compagnie des archers du duc. Le duché de Luxembourg est vendu à Philippe le Bon, par Élisabeth de Goerlitz en 1441[1]. Les Luxembourgeois refusant de reconnaître cette cession, Philippe le Bon fait prendre d’assaut la capitale du duché par Philippe de Ternant les 21 et , qui la ville au pillage de ses soladats[2]. Il est à Bruges en 1446 où il accompagne la duchesse de Bourgogne, il est chargé de l'administration financière[3] Il joute à Arras contre Galeotto Baltazin, de la famille des Bardaji, écuyer espagnol de Philippe Marie Visconti, duc de Milan. Olivier de La Marche en fera une description[4]


Ambassadeur en 1447, avec Georges Chastellain pour le duc de Bourgogne, auprès du duc de Clèves: Adolphe Ier de Clèves, et de Dietrich II von Moers archevêque de Cologne, afin de tenter de régler un différend qui les oppose[5]. Membre des Conseils des Guerres et des Finances du duc de Bourgogne.

C'est avec Chastellain qu'il est mandaté en Bourgogne en 1448 dans le cadre d'un prêt de 5 000 saluts d'or. De retour aux Pays-Bas, il est nommé Capitaine du Château de l'Écluse[6] C'est avec son ami Olivier de La Marche, qu'il part en Allemagne pour une mission diplomatique dans le courant de l'année 1449. Puis il participe avec le roi de France à la reconquête de la Normandie en 1449 où il se trouve à Pont-Audemer. Cette même année, il assiste Jean de Luxembourg dans un pas d'armes tenu à Bruges contre Bernard de Foix. Il participe au tournoi de la Belle Pèlerine vers Saint-Omer en compagnie des sires de Créquy, de Haubourdin et Ravenstein, il porte les armes du héros grec Palamède

En avril 1452, après avoir été blessé à la guerre contre les Gantois, il est envoyé à Alost. C'est avec Philippe le Bon qu'il part à Termonde, alleu de Flandre le . Puis il est à la Bataille d'Overmere et à celle de Lokeren. Le Duc le charge d'éloigner le jeune comte de Charolais, le futur Charles le Téméraire du champ de bataille. Le il a la charge de la bannière ducale à la Bataille de Rupelmonde

En 1454, Philippe de Ternant, accusé d'avoir fait arrêté un marchand anglais alors que la Bourgogne avait conclu une trêve avec l'Angleterre, dut demander pardon au conseil de l'ordre de la Toison d'Or et fut condamné à aller en pèlerinage à Saint-Jacques-de-Compostelle[7]. Philippe de Ternant était aussi seigneur de la Motte (actuelle commune de La Motte-Ternant).

C'était un homme d'argent qui passe pour un rapace, ce qui lui vaudra une disgrâce entre 1447 et 1451 et Isabelle de Portugal ne l'aimait pas tellement.

Mariage, postérité[modifier | modifier le code]

Marié en 1431 à Isabeau de Roye, demoiselle d'honneur de la duchesse Isabelle de Portugal, elle est la fille de Mathieu III de Roye (†1440), Maréchal de France, et de Marguerite de Ghistelles. La duchesse de Bourgogne offrit à cette occasion à Isabeau de Roye une somme de 666 livres 13 sols et 4 deniers. Philippe de Ternant et son beau-frère Guy de Roye guerroyèrent sous les ordres de Jean de Bourgogne (1415-1491), comte de Nevers, comte d'Etampes. Ils ont eu :

  1. Charles de Ternant, fut compagnon d’enfance de Charles le Téméraire, et gouverneur et capitaine de Château-Chinon ;
  2. Antoinette de Ternant, marié à Louis de La Trémoille, troisième enfant naturel de Jean de La Trémoille (fils légitimé de Louis II de La Trémoille et de Jeanne de la Rue), et Charlotte d'Autry. Antoinette de Ternant mis au monde 22 enfants[8]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Iconographie[modifier | modifier le code]

Philippe de Ternant (XVe siècle)
  • Philippe de Ternant, Seigneur de Ternant, dans Les Ordonnances et Armorial de la Toison d'Or, (Bibliothèque de La Haye-KB.H576E10)
  • Philippe de Ternant, dernier personnage, derrière celui en habit vert dans la peinture miniature illustrant les Chroniques de Hainaut par Rogier van der Weyden - KBR Bruxelles ms9242. Il est en présence de Philippe le Bon, de son fils Charles recevant l'hommage de l'auteur des Chroniques.1446- traduction en français 1447-1448
  • Philippe de Ternant et Isabeau de Roye, sur le retable de la Vierge à Ternant.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Anne-Brigitte Spitzbarth, Le choix des ambassadeurs bourguignons sous Philippe le Bon, troisième duc Valois de Bourgogne (1419-1467), Faculté des Lettres de l'Université de Lausanne
  • J. G. Dickinson, The Congress of Arras 1435, a Study in Medieval Diplomacy, Oxford. Clarendon Press, in-8°, XXII-266.p., et le compte-rendu d'André Artonne (Journal des Savants juill.sept.1955).
  • Bernard Schnerb, L’Etat bourguignon 1363-1477, éd. Perrin, Paris, 1999 (ISBN 2262011265)
  • Jean-Claude Delclos, Le témoignage de Georges Chastellain, historiographe de Philippe le Bon et de Charles le Téméraire, Droz, Lausanne, 1980, p.45/374.p.
  • Georges Chastellain,Chronique des ducs de Bourgogne 1461-1469, publiée en 1827 par Jean Alexandre Buchon ; Chronique, les fragments du livre IV, publiés par J.-C. Delclos, TLF, Droz, et 1991.
  • Marie-Thérèse Caron, La noblesse dans le duché de Bourgogne, 1315-1477, Lille, 1987,384.p.
  • Marie-Thérèse Caron, Olivier de La Marche, Philippe de Ternant, ses protecteurs et ses amis, Publmication du Centre Européen d'Études Bourguignonnes (XIVe-XVIe s.) no 43, Neuchâtel, 2003.
  • B. de Gaulejac, Les Sires de Ternant La Camosine, Annales des Pays Nivernais, no 16, Nevers, 1977.
  • L. Delaborde, Les ducs de Bourgogne, études sur les lettres, les arts et l'industrie pendant le XVe siècle, et plus particulièrement dans les Pays-Bas et le Duché de Bourgogne, 3.vol, Paris, 1849-1852.
  • R. Desmedt, Les Chevaliers de la Toison d'Or au XVe siècle, Francfort-sur-Main, 2000.
  • V. Fris, Philippe de Ternant dans : Bibliographie Nationale de Belgique, Bruxelles, 1921-1924.
  • M. Gautier, Au carrefour de trois provinces, Nivernais, Bourgogne, Bourbonnais-2, La Nocle et ses seigneurs, Bourbon-Lancy, 1968.
  • L. Gueneau, Ternant, notes sur ses seigneurs avant le XVIIe siècle, Mémoires de la Société Académique du Nivernais, t.XV, Nevers, 1906.
  • E. Parent, Le château de Ternant, historique et archéologique, Paris, 1880.
  • Léon Landru, Les maîtres de Ternant, deux retables bruxellois du milieu du XVe siècle en Nivernais, La Camosine, no 161, Les Annales des Pays Nivernais, 2015, 53.p.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Traité de Hesdin du
  2. Dictionnaire géographique du Luxembourg, de Philippe Vandermaelen, François Joseph Meisser
  3. Léon Landru, op.cit, p.6.
  4. La Marche II, 65.
  5. Jean-Claude Delclos, Le témoignage de Georges Chastellain, historiographe de Philippe le Bon et de Charles le Téméraire, Droz, Lausanne, 1980, p.45/374.p.
  6. Olivier de La Marche, Collection compléte des Méméoires relatif à l'histoire de France mémoires d'Olivier de La Marche, Livre 2, t.X, chapitre XXI, p. 1
  7. Frédéric Reiffenberg, "Histoire de l'ordre de la Toison d'or, depuis son institution jusqu'à la cessation des chapitres généraux", 1830, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k122996c/f117.image.r=Ternant.langFR
  8. Monsieur de Saint-Allais, Nobiliaire Universel de France ou Recueil général..., t.X, à Paris, 1817, chez l'auteur 10 rue de la Vrillière, p.