Philippe de Cabassolle

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Philippe de Cabassolle
Image illustrative de l'article Philippe de Cabassolle
Biographie
Naissance
Avignon (France)
Ordination sacerdotale
Décès
Pérouse (Ombrie)
Cardinal de l’Église catholique
Créé
cardinal

par le pape Urbain V
Titre cardinalice Cardinal-prêtre de Saints Pierre et Marcellin
Cardinal-évêque de Sabine
Évêque de l’Église catholique
Consécration épiscopale
Fonctions épiscopales Évêque de Cavaillon (France)
Évêque de Marseille (France)

Blason

Philippe de Cabassolle[1], (1305-1372), fut régent et chancelier du royaume de Naples, recteur du Comtat Venaissin, légat pontifical, évêque de Cavaillon puis évêque de Marseille, patriarche de Jérusalem, cardinal avec le titre de cardinal-prêtre de Saints Pierre et Marcellin, puis cardinal-évêque de Sabine (1368-1372).

Biographie[modifier | modifier le code]

Issu d’une famille de hauts fonctionnaires provençaux – son père Isnard de Cabassolle avait été viguier d’Arles et son oncle Jean professeur de droit civil – Philippe naquit à Avignon en 1305. Entré tout jeune chez les franciscains, il fut ordonné prêtre en 1317, à l’âge de douze ans. Il devint chanoine du chapitre de la cathédrale de Cavaillon, le , puis passa à la cathédrale d'Apt où il fut fait archidiacre le et prévôt le .

Régent et chancelier du Royaume de Naples[modifier | modifier le code]

Remarqué à Apt par la famille de Sabran, il fut recommandé à Robert d’Anjou, roi de Sicile et comte de Provence. Dès 1333, à Naples, il fut chargé de diriger la chancellerie de la reine Sanche.

Un an plus tard, le , il était nommé évêque de Cavaillon et le roi Robert le désignait comme tuteur de sa petite-fille Jeanne de Naples. Le , sur son lit de mort, le souverain lui donnait la charge de Régent de son royaume[2].

Portrait de Pétrarque peint en 1376

Inquiet de la tournure des évènements napolitains, Clément VI chargea Pétrarque d’une ambassade au cours du mois de septembre 1343. Arrivé sur place, le poète constata que le Royaume était comme un navire que ses pilotes conduisaient au naufrage, un édifice ruiné soutenu par le seul évêque de Cavaillon.

Le meilleur ami de Pétrarque[modifier | modifier le code]

Les imposantes ruines du château de Philippe de Cabassolle dominant la fontaine de Vaucluse

Pétrarque avait connu l’évêque de Cavaillon, en 1337, lors de sa première installation à la fontaine de Vaucluse où le prélat possédait une résidence. Le poète, qui lui dédia son De Vita Solitaria, considérait que ce diocèse était un bien petit évêché pour un si grand homme.

Le poète était souvent l'invité de l'évêque qui lui offrait à boire du Falerne de Bourgogne[3].

Devenu cardinal de Sabine, Cabassolle resta toujours l’intime du poète vauclusien. Celui-ci s’en félicita quand, en 1374, il nota : Monseigneur de Sabine est le seul qui, depuis trente-quatre ans, soit resté à mon égard dans les mêmes sentiments et n’ait jamais varié sinon de mieux en mieux.

Le recteur du Comtat Venaissin[modifier | modifier le code]

Déjà, en 1338, l’évêque de Cavaillon avait rédigé les statuts du Comtat Venaissin. Le , Urbain V désigna cet homme d’expérience comme recteur du Comtat.

Au cours de son rectorat, il eut l’immense tâche de faire barrage aux mercenaires qui menaçaient les États pontificaux. Agissant en fin politique, le , le recteur signa une alliance défensive avec Foulques d’Agoult, Sénéchal de Provence, Raoul de Louppy, gouverneur du Dauphiné, et la Savoie.

Elle fut utile puisqu’en 1364, il dut faire face au retour des Tard-Venus, en 1365, aux menaces des Grandes Compagnies de Bertrand Du Guesclin, et, en 1367, aux armées de Louis d’Anjou, conduites par le même du Guesclin, qui envahirent la Provence et menacèrent le Comtat. Il s’en tira chaque fois avec réussite et efficacité.

Aussi, lors de son retour à Rome (1367-1370), Urbain V le nomma Vicaire au temporel pour le Gouvernement des États d’Avignon, du Comtat Venaissin et des terres adjacentes. Philippe de Cabassolle fut très certainement l’un des plus grands, sinon le plus grand, des recteurs comtadins.

Le patriarche de Jérusalem[modifier | modifier le code]

La cité d'Apt, siège du concile de 1365

Urbain V ne pouvait qu’honorer un administrateur aussi efficient. Le , il le nomma patriarche de Jérusalem. Ce fut à ce titre que, le , il présida le concile d’Apt conjointement avec les archevêques d’Arles, d’Embrun et d’Aix.

Si le patriarche considérait Apt comme sa seconde cité [4], il resta administrateur du diocèse de Cavaillon jusqu’au date à laquelle il devint évêque de Marseille, charge qu’il occupa jusqu’au .

La Cathédrale de Cavaillon où est inhumé le cardinal Philippe de Cabassolle

Cardinal et légat pontifical[modifier | modifier le code]

La pourpre cardinalice lui fut remise lors du consistoire du . Cardinal-prêtre au titre des Saints Marcellin et Pierre, il fut dénommé le cardinal de Jérusalem. Il entra à la Curie le et reçut le titre de cardinal-évêque de Sabine le .

Il participa à la fin décembre 1370 au conclave qui élit Grégoire XI. Le Souverain Pontife le nomma tout de suite responsable d’une légation[5] en Ombrie, Toscane et Campanie avec le titre de Vicaire Général de Bologne. Il avait à ses côtés pour le conseiller Guillaume de Gascogne, évêque de Sienne, et comme Capitaine Général des armées pontificales Amanieu de Pomiers, chevalier du diocèse de Bazas, dit le Vieux Gascon.

Mais l’âge empêchant le cardinal de Sabine d’agir à sa guise, il fut suppléé le par le cardinal Pierre d’Estaing. Il décéda le à Pérouse. À sa demande, il fut d’abord inhumé dans la chartreuse de Bonpas, près de Caumont-sur-Durance. De nos jours, son tombeau se trouve dans l'église paroissiale de Caumont-sur-Durance (Vaucluse).

Œuvre[modifier | modifier le code]

Philippe de Cabassolle écrivit en 1355 un Libellus hystorialis Marie beatissime Magedelene ou Vie de sainte Marie-Madeleine. Cette œuvre est particulièrement intéressante car elle contient des renseignements inédits sur l'auteur et les souverains qu'il a servis. Il représente surtout un précieux document sur les origines et les premiers temps du sanctuaire provençal de sainte Marie-Madeleine à Saint-Maximin (Var) où fut construit un couvent et une basilique dédiés à la sainte. L'auteur y révèle également son profond attachement à la dynastie angevine de Naples[6].

Armoiries[modifier | modifier le code]

Ses armoiries sont : d'or à quatre losanges de gueules, appointés et posés en bande, accostés de deux cottices d'azur[7].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La graphie Cabassole est aussi utilisée
  2. Dans son testament, daté du 16 janvier 1343, le roi de Naples instituait un conseil de régence jusqu’à la majorité de Jeanne fixée à vingt-cinq ans. Il était composé de la reine Sancia, de Philippe de Cabassolle, évêque de Cavaillon et chancelier du Royaume, de Filippo de Sanguinetto, Sénéchal de Provence, et de l’amiral Giffredo di Marzano. Cf. E. G. Léonard, Histoire de Jeanne 1re, reine de Naples, comtesse de Provence, T. I, II et III, Monaco, 1932-1937.
  3. Paul François et Sylvie Pittia, Le vin de Rome : Denys d'Halicarnasse, Pallas N° 53/2000
  4. Lorsque Delphine de Sabran, veuve d’Elzéar de Sabran, décéda à Apt le , à Apt, si Elzéar de Pontevès, évêque d’Apt, présida aux obsèques, ce fut Philippe de Cabassolle qui fit son oraison funèbre.
  5. Sa première légation avait eu lieu au cours de l’année 1349 en Germanie. Clément VI ayant chargé Juan Fernandez de Heredia de la construction des nouveaux remparts d’Avignon, il envoya de nombreux prélats chercher des subsides dans les Cours d’Europe. La mission la plus fructueuse fut celle de l’évêque de Cavaillon, qui, grâce aux recommandations de Charles IV de Luxembourg auprès des princes du Saint-Empire, rapporta un pactole.
  6. Victor Saxer, « Philippe Cabassole et son Libellus Hystorialis Marie Beatissime Magdalena », dans André Vauchez et Girolamo Arnaldi (dir.)L'État Angevin, pouvoir, culture et société entre XIIIe et XIVe siècles, Actes du colloque international organisé par l'American Academy in Rome, l'École française de Rome, l'Istituto storico italiano per il Medio Evo, l'U.M.R. Teleme et l'Université de Provence, l'Università degli studi di Napoli « Federico II ». École Française de Rome & Instituto storico itajiano per il Medio Evo, Palais Farnèse et Palazzo Borromini, Rome, 1998, Diffusion en France éd. de Boccard, Paris, 1998 « collection de l'école française de Rome - 245 » (ISBN 2-7283-0376-2), p. 194-204
  7. Abbé Joseph Hyacinthe Albanés, Armorial & sigillographie des Évêques de Marseille avec des notices historiques sur chacun de ces Prélats, Marius Olive, Marseille, 1884, p. 87

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]