Philippe Yacé

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Philippe Yacé
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Philippe Grégoire Yacé, en 1987, à Jacqueville

Nom de naissance Philippe Grégoire Yacé
Alias
Le « Sage de la Nation »
Naissance
Jacqueville, AOF
Décès
Abidjan, Drapeau de la Côte d'Ivoire Côte d'Ivoire
Nationalité Ivoirienne
Profession
Autres activités
Député, maire, sénateur, gouverneur, président de l'assemblée législative,Président de l'Assemblée nationale ivoirienne, président du conseil économique et social, chef spirituel des 3A
Formation
Instituteur, École Normale Supérieure Dakar
Distinctions
Grande Croix de l'ordre National, Grand Officier de la Légion d'honneur, Grand officier de l’ordre du bélier, Officier du mérite combattant (Rhin et Danube), Médaille de la France libre
Famille
9 enfants

Compléments

marié deux fois ; en premières noces avec Josephine Grahon Bonny, civilement et religieusement à Daloa en 1946 ; en secondes noces avec Renee Monnette Maymay, civilement en 1961.

Philippe Yacé est un intellectuel, homme politique, professeur ivoirien, né à Jacqueville le et mort le à Abidjan. Il fait partie des Elephants de la classe politique ivoirienne: fondateur de la République de Côte d'Ivoire, instigateur de l'indépendance et collaborateur des présidents Félix Houphouet-Bobigny et Alassane Ouattara (encore Premier Ministre).

Biographie[modifier | modifier le code]

Née un 13 janvier 1920 a Jacqueville, le jeune Philippe Grégroire vient au jour dans une Côte d'Ivoire sous la houlette des Français. Très vite après l’école primaire, il fait ses armes au Sénégal où il intégrera l’école Normale Supérieure, la même qui a formé le premier instituteur ivoirien à la fin du XIXe siècle. Sorti diplômé et major, il retourne en Côte d’Ivoire mais est vite rappelé par le devoir ou l’obligation « patriotique ». C’est sous l’impulsion du Général Charles de Gaulle que les hommes des colonies françaises sont enrôlés dans le Bataillon des soldats de l’AOF.

Il rentre en Côte d’Ivoire avec les médailles de bravoure et de mérite : Officier du Mérite combattant (Rhin et Danube) et Médaille de la France libre.

C’est là que son parcours politique commence. Un des souhaits les plus chers du Président Yacé a toujours été d’éduquer la jeunesse et d’émanciper l’Afrique, de l’ouest du moins, de la force coloniale.

Il fonde le Syndicat National des Enseignants (SYNE) dans la lignée du Syndicat Agricole Africain (SAA). Ami et collaborateur de la première heure de Félix Houphouët-Boigny, ils se battent auprès d’Auguste Denise, Jean Delafosse, Arsène Usher Assouan, Germain Coffi Gadeau entre autres pour l’indépendance de la Côte d’Ivoire. Les relations tissées lors de son passage en France, celles du Président Auguste Denise et du ministre et député Félix Houphouët-Boigny en font des combattants de première ligne. Après l’autonomie accordée aux colonies par la loi Cadre-Deferre de 1956, la Côte d’Ivoire devient une République le 28 septembre 1958. Philippe Yace devient en 1959 le premier Président de l’assemblée législative de Côte d’Ivoire, assemblée de transition, attendant l’indépendance. Il est ainsi aux premières loges, du fait de son travail, de ses actes, en faveur de celle-ci mais aussi pour son franc-parler et son éloquence. Il proclamera le second discours du 7 août 1960, après celui de l'ancien gouverneur/administrateur des colonies d'Afrique de l'Ouest (AOF).

Félix Houphouët-Boigny devient le premier Président de la République de Côte d’Ivoire le 27 novembre 1960, l’Assemblée Législative devient Nationale avec Philippe Yace élu Président le 3 novembre 1960.

Leurs liens seront de plus en plus étroits avant d'être tendus, surtout après les « complots déjoués » du PDCI ou complot Mockey ou complot des Chats Noirs inculpant d’atteinte à la sûreté de l’État et de tentative d’assassinat, le secrétaire général du PDCI-RDA alors Jean-Baptiste Mockey, les ministres Ernest Boka, qui mourut assassiné ; les ministres Charles Bauza Donwahi, Germain Coffi Gadeau, Amadou Thiam, Joachim Bony, Jean Konan Banny et 91 autres personnalités de la scène politique ivoirienne. Philippe Yace fut procureur de la république chargé de ces procès et il dévoilera plus tard qu'« il n’y avait aucun complot » et quant à son implication il dira « que c’était soit juger ou être jugé ». Par ailleurs, les juges d’instructions chargés des procès étaient emprisonnés, tout comme les inculpés, dans la prison d’Assabou à Yamoussoukro. (Ces complots émanent en fait d’un espion proche du pouvoir ayant vu ces personnes effectuant un rituel maçonnique, d’où le terme "chat noir" et sa connotation mystique).

À la suite de ces évènements, Philippe Yace, Président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire, devient le secrétaire général du PDCI-RDA. Ces deux postes, dont il détient encore le record de longévité, vont lui permettre de réaliser ses plans pour la Côte d’Ivoire et lui apporter une notoriété sans équivalent.

En 1968, il devient président de la Communauté Économique Européenne et des États Africains et Malgaches (CEE-EAMA) et devient en 1978 le président de l’association international des parlementaires français.

Cependant, en 1980, la modification de l’âge maximum du président de l’Assemblée nationale, le rend inéligible et le poste de secrétaire général du PDCI-RDA est supprimé par le Président de la République Félix Houphouët-Boigny. Deux postes qu’il occupe depuis respectivement 20 et 15 ans.

C'est un choc pour tout le pays et toute la classe politique qui voient le dauphin de la nation, le plus proche collaborateur du Père de la nation et successeur ultime de celui-ci au poste de Président de la République, perdre ses galons.

Toujours député et maire de Jacqueville, ce temps est utilisé pour s'occuper de sa famille, sa commune et sa région. Cependant il devra se retirer en France pour des raisons de santé. Durant sa retraite européenne, il occupera un poste honorifique au Conseil Économique et Social de la C.E.E., se verra nommé Grand Officier de la Légion d'honneur et il finira d’exercer ses fonctions de Député-Maire de Jacqueville, avant de laisser la place à feu Édouard Ette en 1990.

1990, l’heure des problèmes économiques de la Côte d’Ivoire est déjà là. Le président Houphouët fait appel à un technocrate comme premier Premier Ministre et rappel son vieil ami: Philippe Yacé.

Le multipartisme est instauré.

C’est là que débute une amitié et collaboration entre Alassane Ouattara, chef du conseil des ministres puis Premier ministre, et le nouveau président du Conseil Économique et Social, Philippe Grégoire Yacé.

Celui que l’on appelle désormais le sage de la nation accumulera les titres de Haut Sénateur de la communauté, président de la Haute cour de Justice, membre du Conseil des Sages du PDCI-RDA, président de l’UCESA, président fondateur du Bureau ivoirien du droit d'auteur (BURIDA), Chef Spirituel des 3-A (du nom des trois peuples lagunaires (Alladian, Aizi et Akouri) ; et les titres de Grande Croix de l’ordre national de la République de Côte d’Ivoire et Grand Officier de l’ordre du Bélier.

Philippe Yace fut marié deux fois, à Daloa en 1946, avec Joséphine Bony, puis après son divorce en 1961, civilement avec Renée Monette Maimay. Il rencontra une femme durant ses voyages militaires du milieu du XXe siècle, avec qui il eut une fille, l’ainée de cette grande famille de neuf 9 enfants.

Après le décès de sa femme en 1991, celui de son meilleur ami/ennemi Félix Houphouet-Boigny en 1993 et la prise de pouvoir de Henri Konan Bedie, Philippe Yace, qui a toujours consacré une importance primordiale à sa famille et ses amis, s'en remettra plus qu'à eux. Surtout à ses petits-enfants, qui l'appelaient "Bon-Papa" et qui lui apportaient une soif de vie et de combattre dans ses dernières années.

Sa passivité lui fut reprochée, mais comprise au regard de la situation et du vrai héritage du Président Félix Houphouët-Boigny; quand lui-même disait, en parlant de la guerre de pouvoir entre Henri Konan Bedie, alors président de l’Assemblée nationale et Alassane Ouattara, Premier ministre: « la maison brûle et vous vous disputez le fauteuil du salon ».

Ce que l'on peut retenir; Philippe Gregoire Yacé s'est battu pour sa patrie, l'indépendance de son pays, la floraison intellectuelle et artistique de son peuple et la liberté des Ivoiriens. Il occupera la présidence du Conseil Économique et Social de 1990 à son décès le 29 novembre 1998.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]