Aller au contenu

Philippe Wolff

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

Philippe Wolff, né le à Montmorency (Val-d'Oise) et mort le à Andorre-la-Vieille, est un médiéviste français, spécialiste de l'histoire économique et sociale du Midi.

Fils de Lucien Wolff, professeur de littérature anglaise à la Faculté des lettres de Rennes[2], c'est dans ce même établissement que Philippe Wolff entame ses études d'histoire. Après y avoir obtenu sa licence, il poursuit sa formation à la Sorbonne où il suit notamment les cours de Ferdinand Lot et prépare un DES consacré à la ville d'Auxerre[3]. Agrégé d'histoire et géographie en 1936, il entame, sous la direction de Marc Bloch, une thèse de doctorat qui devait initialement porter sur les marchands londoniens du XIVe et XVe siècle. Après un an d'enseignement dans un lycée à Rennes et un an de service militaire, il bénéficie d'une bourse Lavisse pour mener des recherches au Royaume-Uni. Il suit alors le séminaire d'Eileen Power à la London School of Economics, une historienne qui influence durablement ses recherches[4].

Carrière universitaire

[modifier | modifier le code]

La guerre interrompt ses recherches. Mobilisé en 1939, il finit par rejoindre la mission française de liaison auprès du Corps expéditionnaire britannique. Après sa démobilisation en 1940, il est nommé au lycée de Tarbes, puis à Rennes et enfin assistant à la Sorbonne[5]. Ses notes étant restées dans une malle à Londres, il décide, de concert avec Marc Bloch, de réorienter ses recherches vers la France méridionale[4]. Il devient docteur d'État en 1952 avec une thèse principale consacrée aux Commerces et marchands de Toulouse au XIVe et XVe siècles (qui parait en 1954) et une thèse complémentaire aux « Estimes » toulousaines des XIVe et XVe siècles (qui parait en 1958)[6].

Nommé chargé d'enseignement à la Faculté des lettres de Toulouse en 1945 pour remplacer Joseph Calmette, il devient en 1953 le titulaire de la chaire d'histoire médiévale et de la France méridionale de la Faculté des lettres de Toulouse[7]. Directeur de l'Institut d'études méridionales ainsi que du Centres d'études médiévales créé en 1962, il devient secrétaire de rédaction dans la revue des Annales du Midi, avant d'en devenir en 1955 le co-directeur, aux-côtés de Charles Higounet[8]. Enfin Wolff prend en 1964 la succession de Daniel Faucher à la tête de la Fédération des Sociétés Académiques et Savantes de la région Languedoc-Pyrénées-Gascogne, poste qu'il conserve pendant vingt ans.

Apport à l'histoire médiévale en France

[modifier | modifier le code]

Il fut un pionnier de l'histoire urbaine médiévale, notamment grâce à sa thèse, soutenue en 1952 et publiée deux ans plus tard, Commerce et marchands de Toulouse, v. 1350-v. 1450. À la fin des années 1950, Philippe Wolff est l'un des initiateurs du renouveau des études régionales, par sa monographie sur Toulouse, publiée en 1958, premier livre d'une longue série publiée par les éditions Privat jusqu'au début des années 1980. Philippe Wolff écrit en 1967, chez le même éditeur, une Histoire du Languedoc dans la collection « Univers de la France », où il dirige différents ouvrages qui y sont publiés[8].

Il a contribué en 1973 avec Charles Higounet à initier la collection des Atlas historique des villes de France.

Publications

[modifier | modifier le code]
  • Collaboration à une série de manuels d'histoire pour l'enseignement du second degré (sous la direction de Jérôme Carcopino, puis avec Charles Morazé) : Cours d'histoire pour l'enseignement secondaire, Paris, Armand Colin, 1942-1950.
  • Commerce et Marchands de Toulouse, v. 1350-v. 1450, Paris, Plon, 1954 (thèse principale).
- Prix Gobert 1955 de l’Académie des inscriptions et belles-lettres.
  • Les Estimes toulousaines des XIVe et XVe siècles, Paris, Association Marc Bloch, 1956 (thèse secondaire).
  • Histoire de Toulouse, Privat, Toulouse, 1958, rééd., 1986.
- Prix Pouchard 1959 de l’Académie française.
  • Voix et Images de Toulouse (en collaboration avec Jean Dieuzaide), Privat, Toulouse, 1962.
  • Les Cartulaires des Templiers de Douzens (édition, en collaboration avec Pierre Gérard et Élisabeth Magnou), Paris, Bibliothèque nationale, 1965.
  • Histoire du Languedoc (direction), Privat, Toulouse, 1967.
  • Bibliographie d'histoire des villes de France (en collaboration avec P. Dollinger et S. Guenée), Paris, Klincksieck, 1967.
  • The awakening of Europe, IXth-XIIth centuries (1968) ; publié en français sous le titre: L'Éveil intellectuel de l'Europe, tome 1 de l'Histoire de la pensée européenne, Paris, Le Seuil, 1971.
  • Histoire du développement scientifique et culturel de l'Humanité. III, De 400 à 1300 après J.-C (en collaboration avec G. Wiet et V. Elisseeff), Paris, Laffont, 1969.
  • Documents de l'histoire du Languedoc (direction), Toulouse, Privat, 1969.
  • Ongles bleus, Jacques et Ciompi, les révolutions populaires en Europe aux XIVe et XVe siècles (en collaboration avec Michel Mollat du Jourdin), Paris, 1970.
  • Les Origines linguistiques de l'Europe occidentale, Paris, Hachette, 1971 — Prix Durchon-Louvet 1972 de l’Académie française.
  • Guide international d'histoire urbaine. I, Europe (direction), Paris, 1977.
  • Regards sur le Midi médiéval, Privat, Toulouse, 1978.
  • Histoire du diocèse de Toulouse (direction), Privat, Toulouse, 1980.
  • Traduction de M. Lyons. Révolution et Terreur à Toulouse, 1980. - 1983.
  • Le Languedoc et le Rouergue dans le Trésor des Chartes (en collaboration), 1983.
  • Histoire de Perpignan (direction), 1985.
  • Automne du Moyen Âge ou Printemps des temps nouveaux ? : l'économie européenne aux XIVe et XVe siècles, Paris, Aubier, 1986.
  • Histoire internationale du vouvoiement, 1993.

Récompenses et distinctions

[modifier | modifier le code]

Décorations

[modifier | modifier le code]

Récompenses

[modifier | modifier le code]

Notes et références

[modifier | modifier le code]
  1. a et b « http://architoul.huma-num.fr/collections/show/2 »
  2. « Biographie Philippe Wolff Universitaire, Membre de l´Institut. », sur biographie.whoswho.fr (consulté le )
  3. « Auxerre des origines à 1170 : contribution à une étude sur les civitates de la Province Sénonaise pendant la période précommunale · Architoul · Omeka S - ARCHITOUL », sur architoul-msh-toulouse.cnrs.fr (consulté le )
  4. a et b Philippe Wolff, « Mes quatre rencontres avec Marc Bloch », dans Hartmut Atsma et André Burguière, Marc Bloch aujourd'hui. Histoire comparée et sciences sociales, Paris, Editions de l'EHESS, , p. 43-45
  5. « Architoul · Omeka S - ARCHITOUL », sur architoul-msh-toulouse.cnrs.fr (consulté le )
  6. SUDOC 179046926
  7. Philippe-Jean Catinchi, « Philippe Wolff », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  8. a et b Le Blévec 2004, p. 330.
  9. « L'historien Philippe Wolff élu à l'Académie des inscriptions et belles-lettres », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le )

Bibliographie

[modifier | modifier le code]
  • Article sur l'œuvre de Philippe Wolff, in Mémoires de la Société archéologique du Midi de la France, LXII, 2002, p. 217.
  • Fiche sur le site de l'Académie des inscriptions et belles-lettres
  • Fonds Philippe Wolff [archive] (Histoire médiévale) sur le site Archi'toul (archives de chercheurs)
  • « Hommage à Philippe Wolff », Annales du Midi : revue archéologique, historique et philologique de la France méridionale, vol. 90, nos 138-139,‎ (lire en ligne)
  • Daniel Le Blévec, « Wolff, Philippe (Montmorency, 1913 - Andorre-la Vieille, 2001) », dans Christian Amalvi, Dictionnaire biographique des historiens français et francophones : de Grégoire de Tours à Georges Duby, Paris, La Boutique de l'Histoire, , 366 p. (ISBN 2-910828-32-8), p. 330-331

Liens externes

[modifier | modifier le code]