Philippe Videlier

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Philippe Videlier
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Yves-Claude Lequin (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Philippe Videlier est un historien et écrivain français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Les travaux de recherche de Philippe Videlier au CNRS portent sur les migrations, les villes ouvrières, les cultures populaires. Il est docteur en histoire (1982)[1].

Il a été boursier de la Russell Sage Foundation à la New School for Social Research de New York en 1988 et Chercheur associé (Research Fellow) au Center for European Studies de l’Université de Harvard en 1991. Il effectue de nombreuses enquêtes en Italie, en Espagne, en Algérie, aux États-Unis[réf. nécessaire]

Auteur aux Éditions Gallimard de nouvelles Le Jardin de Bakounine (2001) et de plusieurs romans : Nuit turque (2005 et Folio 2007) Dîner de gala – L’étonnante aventure des Brigands Justiciers de l’Empire du Milieu (2012) il a créé, avec ses romans, ce que les critiques italiens[Lesquels ?] ont nommé une nouvelle façon d’écrire l’histoire[réf. nécessaire]. « Philippe Videlier annonçait la naissance d’un genre » écrit Françoise Monfort dans le Matricule des anges à propos du Jardin de Bakounine.

Ses ouvrages sont traduits dans différents pays : Italie, Arménie, Grèce, Turquie, Liban, Croatie. Son livre aux Éditions Gallimard Quatre Saisons à l'Hôtel de l'Univers traite des destinées du Moyen-Orient à travers l'histoire d'Aden.

Chargé par l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) d’un rapport sur l’image de la santé dans la bande dessinée, il publie (en collaboration avec Pierine Piras) un livre aux éditions du CNRS / Frison Roche : La Santé dans les bandes dessinées. Une partie des droits d’auteurs iront au Téléthon en 1992[réf. nécessaire].

Il participe à l’exposition dirigée par Thierry Groensteen Maîtres de la bande dessinée européenne (Bibliothèque nationale de France octobre 2000 à janvier 2001). Il écrit de nombreux articles sur la bande dessinée parmi lesquels : "Lectures du désastre -du passé et de l'avenir des guerres et des massacres", in Revue Neuvième art 2.0 (CIBDI) juin 2015. "Fin de siècle fin de cycle (A suivre)" in Revue Neuvième art 2.0 (CIBDI)juin 2014. "Vida del Che : une bande dessinée des temps tourmentés" in Revue Neuvième art 2.0 (CIBDI)juin 2013. "Zone libre : la bande dessinée à Lyon" in Lignes de front -bande dessinée et totalitarisme, ouvrage collectif, éditions Georg, Genève 20011."Mens sana in corpore sano : les corps en mouvement de la bande dessinée" in Pucks en stock, ouvrage collectif, éditions Georg, Genève, 2016.[réf. nécessaire]

Commissaire de l’exposition « L’Algérie à Lyon » en 2003 (Bibliothèque Municipale de Lyon) il publie en collaboration avec l’écrivain Didier Daeninckx l’ouvrage issu de cette manifestation. Auteur de travaux sur l'immigration depuis 1983 (une centaine d'articles), parmi lesquels : « La vraie vie d'Elisabeth Ricol » in revue Écarts d'identité, juillet 2012 et contribution à l'ouvrage collectif Mémoire de l'accueil des étrangers, Éditions Écarts d'identité/La Fosse aux ours, 2014.

Il a préfiguré l’élaboration du Centre de la Mémoire à Villeurbanne, ville ouvrière de la banlieue lyonnaise (dans le Rhône, en France) et a publié 3 ouvrages sur l’histoire de cette ville : Cinepolis (2003), Gratte-Ciel (2004), Usines (2007). L’ouvrage Usines a obtenu en 2008 le prix « La ville à lire » décerné par France culture et la revue Urbanisme.[réf. nécessaire]

Auteur de plusieurs centaines d’articles dans des revues françaises comme étrangères Philippe Videlier collabore régulièrement à Lettre international (Berlin), 9e Art 2.0, Lettera internazionale (Italie), Diasporas, Ça Presse (URDLA), Écarts d’identité

Ses travaux sur le génocide arménien lui ont permis de contribuer à des colloques internationaux dans les Universités américaines (Minnesota, UCLA Los Angeles, Boston,…)[réf. nécessaire]

Il a participé aux pages histoire (« Dates ») du journal Le Monde dans les années 1980-90. À l’invitation de Claude Julien, il est devenu collaborateur régulier du Monde diplomatique des années 1984 à 1998. Il contribue à la revue Lettre internationale, fondée par Antonin Liehm (en France, en Allemagne, en Italie, en Roumanie) depuis 1985.[réf. nécessaire]

Philippe Videlier a été un des parrains de SOS racisme, militant de Ras l’Front.[réf. nécessaire]

Ses actions contre le négationnisme lui ont valu de nombreuses reconnaissances nationales et l'hostilité tenace et répétitive des milieux de l'extrême droite qui interviennent sur différents supports pour lui nuire[réf. nécessaire]. Il a eu l'occasion d'intervenir sur ce thème dans différentes institutions en France, en Italie (au Sénat à Rome), en Belgique (au Sénat à Bruxelles) aux États-Unis (Université du Minnesota et UCLA de Los Angeles). Il a été particulièrement actif dans le mouvement pour la reconnaissance du génocide des Arméniens par la France (Assemblée nationale avec Jean-Paul BRET). Sa contribution : « French Society and the Armenian Genocide » est parue dans l'ouvrage collectif The Armenian Genocide, Cultural and Ethical Legacies, Transaction Publishers, 2008.

Affaire Videlier[modifier | modifier le code]

En février 1993, Videlier, travaillant alors au Centre d'histoire économique et sociale de Lyon II en tant que chargé de recherche au CNRS, accuse l'un des vacataires du centre, François Robert, d'avoir appartenu à un groupe négationniste dans sa jeunesse (ancien de La Guerre sociale, celui-ci a participé sporadiquement à la revue La Vieille Taupe). Lorsqu'il est question de titulariser Robert au centre, Videlier demande à être affecté à une autre équipe du CNRS. Devant le refus du centre de cesser sa collaboration avec Robert, Videlier expose la polémique sur la place publique, en alertant le MRAP et la section lyonnaise de SOS Racisme. A sa suggestion, son supérieur demande l'arbitrage de Madeleine Rebérioux, présidente de la Ligue des droits de l'homme, qui ne donne pas raison à Videlier. L'historien Pierre Vidal-Naquet, après avoir envoyé un courrier de soutien personnel à Philippe Videlier, apporte son soutien à François Robert[2] .

En octobre 1993, Robert, alors titularisé, publie plusieurs lettres de défense, rejetant toute adhésion ou sympathie pour les thèses négationnistes. De son côté, Videlier ne trouve pas d'autre poste à Lyon pendant plusieurs années. Les soutiens de Videlier fondent en 1994 le cercle Marc-Bloch, qui publie tous les deux mois une feuille consacrée à la dénonciation du négationnisme, relayée par l'association Golias. Les associations Ras l'front et Hippocampe[3] s'ajoutent aux partisans de Videlier, ce qui donne lieu à une soirée-débat organisée par ces soutiens sur le thème « Lyon, capitale du négationnisme ? », le 22 novembre 1994[2].

Après la parution en 1997 de l'ouvrage collectif Négationnistes : les chiffonniers de l'histoire, auquel participe Videlier, François Robert porte plainte pour diffamation - autant pour les accusations contre lui reprises dans l'ouvrage que pour les propos tenus par Videlier lors d'une émission de France Culture[4],[2].

Le 6 mars 1998, le tribunal de grande instance de Paris condamne Philippe Videlier à 20 000 francs d'amende pour diffamation contre François Robert. Le 31 mars 1999, la cour d'appel confirme la condamnation ; si les juges reconnaissent la légitimité des interrogations initiales de Philippe Videlier, ils lui opposent qu'il a négligé tous les faits allant à l'encontre de sa thèse, et qu'il manifeste une animosité personnelle envers François Robert (deux éléments excluant la bonne foi)[2]. Videlier et Radio France d'une part, et les responsables de l'association Golias et des éditions Syllepse d'autre part - éditeurs de l'ouvrage incriminé, voient donc confirmées les condamnations aux amendes prévues. Le 14 juin 2000, la Cour de cassation rejette le pourvoi de Philippe Videlier[5]. Le même jour, dans un autre arrêt, la Cour rejette aussi le pourvoi des éditions Syllepses et des contributeurs de l'ouvrage[6],[2].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Son ouvrage Usines concernant la ville de Villeurbanne a reçu le Prix La Ville à Lire de France Culture en 2008. Prix remis au salon du Livre de Paris.

  • Prix Savoir et courage de la Fondation La Ferthé en 1998.
  • Chevalier de l’Ordre national du Mérite.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Essais[modifier | modifier le code]

  • Shanghaï - Lyon et retour, avec Gilbert Viailly, Lyon, France, Éditions Mezcal, coll. « Mezcalito », 1987, 22 p. (ISBN 2-905805-02-1)
  • La Santé dans les bandes dessinées, avec Pierine Piras, Paris, CNRS Éditions, 1992, 191 p. (ISBN 2-222-04780-3)
  • La Proclamation du nouveau monde, suivi de Manifeste de Karl Marx, Vénissieux, France, Éditions Paroles d’aube, 1995, 93 p. (ISBN 2-909096-38-6)
  • Décines : une ville, des vies, Vénissieux, France, Éditions Paroles d’aube, 1996, 234 p. (ISBN 2-909096-51-3)
  • L‘Étoile de Che Guevara, suivi par Poèmes et autres chroniques en vert olive (Ernesto Che Guevara, [trad. de l'espagnol par Olga Barry et Pierine Piras), Vénissieux, France, Éditions Paroles d’aube, coll. « Inventaire », 1997, 163 p. (ISBN 2-909096-90-4)
  • Saint-Priest, le fil des jours, Vénissieux, France, Éditions Paroles d’aube, coll. « Trace », 1999, 129 p. (ISBN 2-84384-030-9)
  • Manifestez ! : destin et postérité du « Manifeste communiste », Paris, Éditions Syllepse, coll. « Utopie critique », 2003, 169 p. (ISBN 2-84797-036-3)
  • Cinépolis, Genouilleux, France, Éditions La Passe du Vent, coll. « Commune mémoire », 2003, 130 p. (ISBN 2-84562-063-2)
  • L´Algérie à Lyon, une mémoire centenaire, Lyon, France, Bibliothèque municipale de Lyon, 2003, 101 p. (ISBN 2-900297-17-6)
  • Gratte-ciel, Genouilleux, France, Éditions La Passe du Vent, coll. « Commune mémoire », 2004, 223 p. (ISBN 2-84562-073-X)
  • Usines, Genouilleux, France, Éditions La Passe du Vent, coll. « Commune mémoire », 2007, 447 p. (ISBN 978-2-84562-126-8) - Prix « La ville à lire » 2008[7]
  • « Mens sana in corpore sano : Les Corps en mouvement de la bande dessinée » in Pucks en stock. Bande dessinée et sport, B. Melançon et M. Porret (dir.), Genève, Suisse, éditions Georg, , 2016, 270 p. (ISBN 978-2-8257-1041-8)

Fiction[modifier | modifier le code]

  • Le Jardin de Bakounine : et autres nouvelles de l'Histoire, Paris, Éditions Gallimard, coll. « Blanche », 2001, 226 p. (ISBN 2-07-076126-6)
  • Nuit turque, Paris, Éditions Gallimard, coll. « Blanche », 2005, 137 p. (ISBN 2-07-077632-8)[8],[9]
  • Dîner de gala : l'étonnante aventure des brigands justiciers de l'empire du Milieu, Paris, Éditions Gallimard, coll. « Blanche », 2012, 617 p. (ISBN 978-2-07-013721-3)[10],[11]
  • Quatre saisons à l’Hôtel de l’Univers, Paris, Éditions Gallimard, coll. « Blanche », 2017, 486 p. (ISBN 978-2-07-268867-6)
  • Dernières nouvelles des Bolcheviks, Paris, Éditions Gallimard, coll. « Blanche », 2017, 218 p. (ISBN 978-2-07-273722-0)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.sudoc.fr/041122135.
  2. a, b, c, d et e Henry Rousso, Commission sur le racisme et le négationnisme à l'université Jean-Moulin Lyon III : Rapport à Monsieur le Ministre de l’Éducation nationale, , 263 p. (lire en ligne [PDF]), « Le cas Videlier à Lyon II », p. 172-179.
  3. Association promouvant un "front uni" contre le fascisme.
  4. Antoine Spire, « La culture underground, Philippe Videlier », Les voix du silence, France Culture,‎ .
  5. Arrêt de la Cour de cassation, 14 juin 2000.
  6. Cour de cassation, Chambre criminelle, 14 juin 2000, n° de pourvoi 99-82711.
  7. Thierry Cecille, Le Matricule des Anges n°094, juin 2008, « Usines - Philippe Videlier », sur Le Matricule des Anges (consulté le 5 janvier 2013)
  8. Françoise Monfort, Le Matricule des Anges n° 085, juillet-août 2007, « Nuit turque - Philippe Videlier », sur Le Matricule des Anges (consulté le 5 janvier 2013)
  9. Alain Bihr, « Nuit turque », sur Le Monde diplomatique, (consulté le 5 janvier 2013)
  10. Pierre Maury, Le Soir du 22 août 2012, p. 30, « Des personnages connus face à leurs doubles romanesques », sur Le Soir, (consulté le 5 janvier 2013)
  11. Pierre Jourde, « Un trio de livres », sur nouvelobs.com, (consulté le 5 janvier 2013)

Liens externes[modifier | modifier le code]