Philippe Petit (funambule)

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Philippe Petit
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Philippe Petit lors de la 81e cérémonie des Oscars en février 2009

Naissance (66 ans)
Nemours (Seine-et-Marne)
Nationalité Drapeau de la France Français
Activité principale

Philippe Petit, né le à Nemours (Seine-et-Marne), est un funambule français. Il a réalisé de nombreuses traversées sur un fil tendu entre des monuments ou des sites mondialement connus comme, en 1971, à Notre-Dame de Paris, en 1973, au Harbour Bridge, à Sydney, en Australie, un des plus grands ponts en acier du monde, en 1989, du Trocadéro au deuxième étage de la tour Eiffel, en 1994, à Francfort, devant 500 000 spectateurs, en 1993 entre la tour de Saillon et la vigne à Farinet.

Sa traversée la plus célèbre reste celle, illégale, qu'il a réalisée entre le sommet des deux tours du World Trade Center à New York le . Les films Le Funambule (Oscar 2009 du meilleur film documentaire) et The Walk : Rêver plus haut retracent cette traversée.

Biographie[modifier | modifier le code]

Philippe Petit naît à Nemours en 1949. Son père, Edmond Petit, est un écrivain et ancien pilote de l'armée. Dès son enfance, Philippe Petit découvre la magie et le jonglage, et il commence à se produire en public. À l'âge de seize ans, il se passionne pour l'activité de funambule, en apprenant de façon autodidacte[1].

Au début des années 1970, Petit s'intéresse à des monuments typiques, pour réaliser ses exploits en public. Il effectue alors sa première performance à Paris, en 1971, à la cathédrale Notre-Dame de Paris[2]

En 1973, il a traversé sur un câble tendu entre les deux pylônes au nord de l'Harbour Bridge à Sydney, en Australie. [5]

Un exploit non autorisé[modifier | modifier le code]

Sa traversée la plus célèbre reste celle réalisée en août 1974 sur un câble tendu entre les toits des tours jumelles du World Trade Center à Manhattan. À plus de 400 mètres au-dessus du sol, il est resté pendant 45 minutes sur le câble, faisant huit passes. Il a marché, s'est couché et a salué les observateurs à genoux. Les employés de bureau, les équipes de construction et les policiers l'ont acclamé lors de son arrestation.

Philippe Petit a pensé « son coup » quand il avait 18 ans, en lisant un article d'un magazine, dans le bureau d'un dentiste en 1968. Il y était question du projet de construction des tours jumelles.

Philippe Petit a planifié pendant six années son projet qu'il a appelé le « crime artistique du siècle ». Dans la même période, il a commencé à effectuer des traversées, à d'autres endroits célèbres. Chaque fois qu'il le pouvait, il a recueilli des informations sur les tours.

Dans la planification de sa traversée, Petit a dû traiter des questions telles que :

  • balancement des hautes tours à cause du vent et de la météo ;
  • comment gréer un câble d'acier sur 61 mètres entre les deux tours, à une hauteur de 417 mètres ;
  • comment atteindre les terrasses des tours avec ses collaborateurs, pour réaliser le projet ;
  • comment acheminer l'équipement lourd sur les toits.

Il a voyagé à New York, à de nombreuses reprises pour faire des observations.

Août 1974, les tours sont encore en construction. Philippe Petit et un collaborateur, photographe basé à New York Jim Moore, louent un hélicoptère pour prendre des photographies aériennes des bâtiments. Il s'entraîne avec ses amis Jean-François et Jean-Louis dans un domaine en France. Ils l'accompagneront dans son projet final pour mettre en place le câble et pour le photographier lors de sa traversée. Son ami Francis Brunn, un jongleur allemand, fournit un soutien financier au projet.

Philippe Petit et son équipage font plusieurs repérages, se cacheront dans les étages supérieurs et sur ​​les toits des bâtiments inachevés afin d'étudier les mesures de sécurité, mais aussi pour analyser la construction et identifier les lieux d'ancrage du câble et des cavaletti. Utilisant ses propres observations, des dessins et des photographies de Moore, Petit construit un modèle à l'échelle des tours afin de concevoir le gréement nécessaire à la préparation de la marche sur câble.

Philippe Petit fait de fausses cartes d'identité pour lui-même et ses collaborateurs (prétendant être des entrepreneurs pour l'installation d'une clôture électrifiée sur le toit) afin d'accéder aux bâtiments. Auparavant, Petit avait observé attentivement les vêtements portés par les travailleurs de la construction et les types d'outils qu'ils transportaient. Il a également pris note de l'habillement des employés de bureau de sorte que certains de ses collaborateurs pourraient passer pour des cols blancs.

Il a également prétendu être journaliste au Metropolis, un magazine d'architecture française, afin qu'il puisse obtenir la permission d'interviewer les travailleurs sur le toit. L'Administration portuaire a autorisé Petit à mener les entrevues (afin de faire plus d'observations).

Dans la nuit du mardi 6 au 7 août 1974, Petit et son équipe ont eu un coup de chance en empruntant un monte-charge qui les a acheminé au 104e étage avec leur équipement. Il ne restait plus que 19 étages pour atteindre le toit.

Afin de faire passer le câble dans le vide, Petit et son équipe ont tiré une flèche attachée à un fil de pêche, avec un arc. Ils s'étaient entraînés à de nombreuses reprises pour parfaire leur technique. Ils ont d'abord tiré le fil de pêche, qui a été attaché à de plus grosses cordes afin de tirer le câble d'acier. L'équipe a été retardée lorsque le câble d'acier a glissé dans le vide et a dû être remonté manuellement pendant des heures. Petit avait déjà identifié les points d'ancrage des deux tirantis (des haubans) et des autres points pour stabiliser et éviter le balancement du câble au maximum.

Le matin du 7 août 1974 peu après 7 heures, Petit a commencé la traversée. Il est resté pendant 45 minutes, faisant huit passes le long du fil, au cours de laquelle il a marché, dansé, s'est couché et s'est mis à genoux pour saluer les observateurs.

Lorsque les agents des NYPD et PAPD ont appris son coup, ils sont venus sur les toits des deux bâtiments pour tenter de le persuader de descendre du câble et l'appréhender.

Son exploit a fait l'objet d'une large couverture médiatique et a été apprécié du grand public. Le procureur de district a abandonné toutes les poursuites à son encontre. En échange, il devait réaliser un spectacle aérien gratuit pour les enfants dans Central Park. Il a donc joué le funambule dans le parc.

L'Autorité portuaire de New York et du New Jersey a donné un passe à vie à Petit sur l'observatoire Deck des deux tours. Il a dédicacé une poutre d'acier à proximité de l'endroit où il a commencé sa traversée.

Citations[modifier | modifier le code]

  • « Quand je vois trois oranges, je jongle, quand je vois deux tours, j'ai envie de passer de l'une à l'autre. » (déclaration lors de son arrestation le 7 août 1974, après ses traversées entre les deux tours du World Trade Center)
  • « Ma criminalité est purement artistique. Si j'avais demandé l'autorisation et qu'on me l'avait refusée, j'aurais fait cette traversée quand même. Mais je n'y ai même pas songé. Pour moi, c'est une évidence : il n'y a pas besoin de permission quand on a envie de faire des choses belles. Il faut les faire, c'est tout[3]. »
  • « Être funambule, ce n'est pas un métier, c'est une manière de vivre. Une traversée sur un fil est une métaphore de la vie : il y a un début, une fin, une progression, et si l'on fait un pas à côté, on meurt. Le funambule relie les choses vouées à être éloignées, c'est sa dimension mystique[3]. »
  • « Pour moi, ça paraît tellement simple que la vie doit être vécue sur le fil. D'entretenir sa rébellion, de refuser de se conformer aux règles, de refuser son propre succès, de refuser de se répéter, de voir chaque jour, chaque année, chaque idée comme un réel défi. Ainsi, nous vivrons notre vie sur la corde raide[4]. »

Principales traversées effectuées[modifier | modifier le code]

Année Lieu Notes
1971 Vallauris, Alpes-Maritimes, France Hommage pour le 90e anniversaire de Pablo Picasso
Cathédrale Notre-Dame, Paris, France Illégal
1973 Harbour Bridge, Sydney, Australie Illégal
1974 World Trade Center, New York, États-Unis Illégal
Central Park, New York, États-Unis Spectacle gratuit pour des enfants effectué dans le cadre de la condamnation (World Trade Center)
Cathédrale Notre-Dame de Laon, Laon, Picardie, France Traversée entre les deux flèches de la cathédrale pour une émission télévisée
1975 Louisiana Superdome
La Nouvelle-Orléans, Louisiane, États-Unis
Traversée pour l'ouverture du stade
1982 Cathédrale Saint-Jean le Divin, New York, États-Unis
Denver, Colorado, États-Unis
1983 New York, États-Unis
Centre Georges-Pompidou, Paris, France
1984 Paris, France Traversée effectuée sur de la musique de Jacques Higelin
L'opéra, Paris, France Traversée improvisée avec le chanteur d'opéra Margherita Zimmermann
Musée de la ville de New York, New York, États-Unis Effectuée pour l'ouverture de l'exposition Daring New York
1986 Cathédrale Saint-Jean le Divin, New York, États-Unis
Lincoln Center, New York, États-Unis Effectuée pour la réouverture de la Statue de la Liberté
1987 Jérusalem, Israël
Portland, Oregon, États-Unis
Grand Central Terminal, New York, États-Unis
1988 Paris, France
1989 Tour Eiffel, Paris, France
1990 American Center, Paris, France
Tokyo, Japon
1991 Vienne, Autriche
1992 Namur, Belgique
Suisse
Cathédrale Saint-Jean le Divin, New York, États-Unis
1994 Francfort, Allemagne
1995 New York, États-Unis
1996 New York, États-Unis
Cathédrale Saint-Jean le Divin, New York, États-Unis
1999 Rose Center for Earth and Space at the American Museum of Natural History, New York, États-Unis Effectuée pour l'inauguration du centre
2002 Hammerstein Ballroom, New York, États-Unis
Jacob K. Javits Convention Center, New York, États-Unis
Crossing Broadway, New York, États-Unis

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Philippe Petit, Trois Coups, Herscher, 1983
  • Philippe Petit, On the high wire, New York : Random House, 1985 (OCLC 10696507)
  • Philippe Petit, Funambule, Albin Michel, 1991
  • Philippe Petit, Traité du funambulisme, Arles : Actes Sud, 1997 (OCLC 42888600)
  • Philippe Petit, To reach the clouds: my high wire walk between the Twin Towers, New York : North Point Press, 2002 (OCLC 49351784) (non traduit en français)
  • Mordicai Gerstein, The man who walked between the towers, Brookfield, Conn. : Roaring Brook Press, 2003 (OCLC 52215062)
  • Philippe Petit, L'Art du pickpocket préface de H. Buten, Actes Sud, 2006
  • Philippe Petit , Créativité, le crime parfait
  • Philippe Petit, Au fil des nœuds, éditions de la Martinière, 2014

Filmographie[modifier | modifier le code]

Notes et références.[modifier | modifier le code]

  1. Biographie de Philippe Petit
  2. DVD de Man On Wire, section bonus
  3. a et b Philippe Petit, un funambule entre deux tours - Marie-Noëlle Tranchant, Le Figaro, 6 octobre 2008
  4. Documentaire Man on wire

Liens externes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]