Philippe Moureaux

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Moureaux.
Philippe Moureaux
Philippe Moureaux (à droite) lors d'une inauguration du second centre d'entreprise de Molenbeek située place de la Minoterie en présence de Charles Picqué
Philippe Moureaux (à droite) lors d'une inauguration du second centre d'entreprise de Molenbeek située place de la Minoterie en présence de Charles Picqué
Biographie
Date de naissance (76 ans)
Lieu de naissance Etterbeek, Brabant
(Belgique)
Nationalité Belge
Parti politique Parti socialiste
Diplômé de Université libre de Bruxelles

Philippe Moureaux, né le à Etterbeek, est un professeur d'université et homme politique belge, membre du Parti socialiste.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille[modifier | modifier le code]

Fils du ministre libéral Charles Moureaux et d'une mère de la lignée des industriels Blaton, et frère de Serge Moureaux, Philippe Moureaux a été marié avec Françoise Dupuis, présidente du Parlement régional bruxellois et ancienne ministre, dont il a longtemps vécu séparé. De cette union sont nées deux filles, Claire et Catherine Moureaux, toutes deux également investies en politique.

Divorcé au début de 2010, il s'est remarié, le 26 juin suivant, avec Latifa Benaicha, de 35 ans sa cadette et de confession musulmane, une collaboratrice du cabinet du ministre-président bruxellois Charles Picqué[1].

Carrière universitaire[modifier | modifier le code]

Docteur en philosophie et lettres, Philippe Moureaux est historien, professeur émérite de critique historique et d’histoire économique à l'Université libre de Bruxelles et spécialiste des Pays-Bas autrichiens.

Carrière politique[modifier | modifier le code]

En mai 1980, la Belgique étant alors un pays en voie de fédéralisation, Philippe Moureaux, professeur d'université qui n'a encore aucun mandat électif, entre dans le gouvernement d'union nationale Martens III et le demeure dans le suivant en qualité de ministre de l'Intérieur et des Réformes institutionnelles. Il participe à ce titre à une importante réforme institutionnelle.

Son nom est également lié à la loi contre le racisme et la xénophobie du , dite « loi Moureaux » qui est adopté alors qu'il est ministre de la Justice et des Réformes institutionnelles dans le cabinet Eyskens entre avril et décembre 1981.

À cette date, il prend la présidence de la toute nouvelle Communauté française de Belgique, fonction qu'il conserve pendant quatre ans, jusqu'en décembre 1985. Il retrouve brièvement son poste entre février et mai 1988. Il est élu membre de la Chambre des représentants en 1981 et le demeure jusqu'en 1995.

Il revient au gouvernement en mai 1988 comme vice-Premier ministre et ministre de la Région bruxelloise et des Réformes institutionnelles dans les cabinets Martens VIII et IX. Il est enfin ministre des Affaires sociales à partir de mars 1992 dans le gouvernement Dehaene I. Après avoir mené à son terme la réforme de l'assurance-maladie, Moureaux démissionne de ses fonctions le 4 mai 1993.

Carrière politique communale[modifier | modifier le code]

Philippe Moureaux lors d'une inauguration d'une couveuse en présence du ministre Benoît Cerexhe

Conseiller communal de Molenbeek-Saint-Jean à partir de 1983, il en est élu bourgmestre à mi-mandat en 1992, en succédant au libéral Léon Spiegels. Après deux mandats passés en coalition « mauve » avec les libéraux de 1988 à 2000, il opte à cette dernière date pour une coalition « olivier » entre sa liste du bourgmestre, à dominance PS, mais incluant le SP, le PSC et le CVP) et Ecolo, pour en revenir en 2006 à une coalition « violette » avec la liste MR menée par Françoise Schepmans, déjà échevine pendant le mandat 1994-2000.

Il pratique l’ouverture aux candidats d’origine non européenne à partir des élections de 2000, à l'issue desquelles le collège compte deux échevins PS d'origine marocaine, Mohammed Daïf et Jamal Ikazban, qui sont reconduits dans leurs fonctions en 2006.

Lors des élections communales et provinciales du 14 octobre 2012, sa liste du bourgmestre à tendance socialiste sort en tête du scrutin avec 29,18 %, contre 27,33 % au MR. Par rapport à 2006, ce résultat représente un recul de 10,3 %, ce qui peut-être mis en perspective avec le fait que le cdH/CD&V, qui obtient 11,6 %, ne fait plus partie de cette liste. cdH/CD&V et Ecolo/Groen! s'allient alors avec le MR pour former une coalition qui exclut Moureaux et sa liste. Il annonce alors son retrait total de la vie politique locale et son départ de la vie politique nationale en 2014, à la fin de son mandat de sénateur[2].

À la suite des attentats du 13 novembre 2015 en France sa gestion des problèmes communautaires au cours de vingt ans passés à la tête de sa commune est fortement mise en cause. Ainsi, le sénateur Alain Destexhe lui reproche d'avoir complètement négligé la question de la radicalisation islamiste dans sa commune pour des raisons électoralistes[3]. D'autres à l'instar du politologue Pierre Vercauteren sont plus nuancés et font notamment valoir qu'une seule personne ne peut être tenue responsable de la situation[4]. Dans une interview accordée au journal Le Soir, l'intéressé se défend en expliquant qu'il n'est plus bourgmestre depuis trois ans, que durant son passage à la tête de la commune aucun événement similaire ne se serait produit et impute les attentats à « un échec complet des services de renseignement aussi bien français que belges[5] ». Françoise Schepmans qui lui a succédé à la tête de la commune explique toutefois qu'il y existait « un terreau favorable aux événements » et évoque le « soi-disant laboratoire socio-multiculturel de Philippe Moureaux » en ajoutant que ce dernier « est dans le déni[6] ».

Sénateur[modifier | modifier le code]

Élu sénateur en 1999, il fait partie de ceux qui déposent en 2003 une proposition de loi, adoptée le 19 mars 2004, visant à l'octroi du droit de vote aux élections communales à des étrangers ressortissants de pays hors-Union européenne[7].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Le roi Albert II lui a octroyé en 1995 le titre honorifique de ministre d'État. Philippe Moureaux est détenteur des distinctions honorifiques de commandeur de l’ordre de Léopold et de grand-croix de l’ordre de Léopold II.

Bibliographie comme historien[modifier | modifier le code]

Les comptes d'une société charbonnière à la fin de l'Ancien Régime (La société de Redemont à Haine-St-Pierre - La Hestre). Bruxelles, Palais des Académies, 1969. In-8° sous reliure d'éditeur, 248 p., planches hors texte, (« Commission Royale d'Histoire »).

Anecdote[modifier | modifier le code]

Sa moustache lui a valu le surnom de Flup (ou Flupke) Moustache [8].

Notes[modifier | modifier le code]

  1. « Philippe Moureaux a dit “oui” à Latifa », RTL Info, 28 juin 2010, « Philippe Moureaux, jeune marié », Le Vif, 28 juin 2010
  2. « Molenbeek: Philippe Moureaux arrête la politique et part "la tête haute" », RTBF, 16 octobre 2012.
  3. Molenbeek: Merci Philippe !, Alain Destexhe, La Libre Belgique, 17 novembre 2015
  4. "Faire porter le chapeau à une personne, c'est un peu court", Le Vif, 15 novembre 2015
  5. Moureaux: «Molenbeek part à vau-l’eau, quel échec des services de renseignement!», Le Soir, 15 novembre 2015
  6. Françoise Schepmans (Molenbeek): «Philippe Moureaux est dans le déni», Le Soir, 15 novembre 2015
  7. Philippe Mahoux, Philippe Moureaux, Jean-François Istasse, Anne-Marie Lizin Projet de loi visant à octroyer le droit de vote aux élections communales à des étrangers, Sénat de Belgique
  8. Voir par exemple cette brève dans Le Soir

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :