Philippe Moureaux

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Philippe Moureaux
Philippe Moureaux (à droite) lors d'une inauguration du second centre d'entreprise de Molenbeek située place de la Minoterie en présence de Charles Picqué
Philippe Moureaux (à droite) lors d'une inauguration du second centre d'entreprise de Molenbeek située place de la Minoterie en présence de Charles Picqué
Biographie
Date de naissance (77 ans)
Lieu de naissance Etterbeek, Brabant
(Belgique)
Nationalité Belge
Parti politique Parti socialiste
Diplômé de Université libre de Bruxelles

Philippe Moureaux, né le à Etterbeek, est un professeur d'université et homme politique belge, membre du Parti socialiste.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille[modifier | modifier le code]

Fils du ministre libéral Charles Moureaux et d'une mère de la lignée des industriels Blaton, et frère de Serge Moureaux, Philippe Moureaux a été marié avec Françoise Dupuis, présidente du Parlement régional bruxellois et ancienne ministre, dont il a longtemps vécu séparé. De cette union sont nées deux filles, Claire et Catherine Moureaux, toutes deux également investies en politique.

Divorcé au début de 2010, il s'est remarié, le 26 juin suivant, avec Latifa Benaicha, de 35 ans sa cadette et de confession musulmane, une collaboratrice du cabinet du ministre-président bruxellois Charles Picqué[1].

Carrière universitaire[modifier | modifier le code]

Docteur en philosophie et lettres, Philippe Moureaux est historien, professeur émérite de critique historique et d’histoire économique à l'Université libre de Bruxelles et spécialiste des Pays-Bas autrichiens.

Carrière politique[modifier | modifier le code]

En mai 1980, la Belgique étant alors un pays en voie de fédéralisation, Philippe Moureaux, professeur d'université qui n'a encore aucun mandat électif, entre dans le gouvernement d'union nationale Martens III et le demeure dans le suivant en qualité de ministre de l'Intérieur et des Réformes institutionnelles. Il participe à ce titre à une importante réforme institutionnelle.

Son nom est également lié à la loi contre le racisme et la xénophobie du , dite « loi Moureaux » qui est adopté alors qu'il est ministre de la Justice et des Réformes institutionnelles dans le cabinet Eyskens entre avril et décembre 1981.

À cette date, il prend la présidence de la toute nouvelle Communauté française de Belgique, fonction qu'il conserve pendant quatre ans, jusqu'en décembre 1985. Il retrouve brièvement son poste entre février et mai 1988. Il est élu membre de la Chambre des représentants en 1981 et le demeure jusqu'en 1995.

Il revient au gouvernement en mai 1988 comme vice-Premier ministre et ministre de la Région bruxelloise et des Réformes institutionnelles dans les cabinets Martens VIII et IX. Il est enfin ministre des Affaires sociales à partir de mars 1992 dans le gouvernement Dehaene I. Après avoir mené à son terme la réforme de l'assurance-maladie, Moureaux démissionne de ses fonctions le 4 mai 1993.

Carrière politique communale[modifier | modifier le code]

Philippe Moureaux lors d'une inauguration d'une couveuse en présence du ministre Benoît Cerexhe

Il débarque à Molenbeek en 1982 où il mène la campagne communale sur le thème du « stop à l’immigration. ».  Il débat à la même époque sur La RTBF matinale, il y est opposé à Albert Faust, secrétaire général du SETCA de Bruxelles Halle Vilvorde et s’oppose obstinément au vote des étrangers aux élections communales alors qu’Albert Faust lutte avec la FGTB pour l’obtenir.  En 1986, écrivant dans un journal communal consacré à l’enseignement, il évoque la nécessaire assimilation des citoyens d’origines étrangères.  Au cours de la même période, il évoque plusieurs fois ses regrets que l’on ait reconnu l’Islam en qualité de religion subsidiée[2].

En 1993, il tenait encore des positions anti immigrés : « les clandestins sont en train de détruire complètement notre modèle social. (…) Le CPAS de Molenbeek ne peut pas être le CPAS du quart de la Roumanie, du tiers du Pakistan » (Le Vif L’Express, 17 septembre 1993) ou encore « je le dis clairement et durement : nous sommes totalement incapables d’intégrer une nouvelle vague d’immigration. On va arriver à des situations conflictuelles ». (Vlan, 29 septembre 1993)[3].

Plus tard, il deviendra l'un des plus grands défenseurs de l'islam et de l'immigration n'hésitant pas à faire ses campagnes électorales dans les mosquées. Ce qui lui vaut de nombreuses critiques l'accusant de pratiquer du communautarisme, du clientélisme et d'avoir laissé prospéré l'islam radical[4],[5].

Moreaux n'hésitait pas à traiter de nazi toute personne pointant du doigt le problème de l'islam radical. Il n'avait pas hésité à comparer une émission de Questions à l'une de la RTBF traitant de l'islam aux méthodes de Goebbels ce qui avait suscité une vive indignation du milieu journalistique considérant que l'émission était mesurée et faisait atttention à ne pas stigmatiser la communauté musulmane[6].

Conseiller communal de Molenbeek-Saint-Jean à partir de 1983, il en est élu bourgmestre à mi-mandat en 1992, en succédant au libéral Léon Spiegels. Après deux mandats passés en coalition « mauve » avec les libéraux de 1988 à 2000, il opte à cette dernière date pour une coalition « olivier » entre sa liste du bourgmestre, à dominance PS, mais incluant le SP, le PSC et le CVP) et Ecolo, pour en revenir en 2006 à une coalition « violette » avec la liste MR menée par Françoise Schepmans, déjà échevine pendant le mandat 1994-2000.

Il pratique l’ouverture aux candidats d’origine non européenne à partir des élections de 2000, à l'issue desquelles le collège compte deux échevins PS d'origine marocaine, Mohammed Daïf et Jamal Ikazban, qui sont reconduits dans leurs fonctions en 2006.

Lors des élections communales et provinciales du 14 octobre 2012, sa liste du bourgmestre à tendance socialiste sort en tête du scrutin avec 29,18 %, contre 27,33 % au MR. Par rapport à 2006, ce résultat représente un recul de 10,3 %, ce qui peut-être mis en perspective avec le fait que le cdH/CD&V, qui obtient 11,6 %, ne fait plus partie de cette liste. cdH/CD&V et Ecolo/Groen! s'allient alors avec le MR pour former une coalition qui exclut Moureaux et sa liste. Il annonce alors son retrait total de la vie politique locale et son départ de la vie politique nationale en 2014, à la fin de son mandat de sénateur[7].

En 2014, le journal La Capitale révèle que sous l'ère Moreaux, 45 personnes ont bénéficié d'un logement social alors que leurs revenus étaient, pour certains, largement supérieurs aux plafonds autorisés. Il s'agirait de passe droits accordé par Moreaux[8].

En 2015, Lalibre révèle que Molenbeek est au bord de la faillite à cause de la gestion désastreuse de cette commune (défauts comptables, dette abyssale...) par Moureaux[9] . En réponse à cet article, Moureaux rappelle que le MR faisait partie de sa majorité et s'occupait du budget. Françoise Schepmans accuse Moureaux de s'être comporter en dictateur et d'avoir tout centraliser. En réponse à l'accusation d'amateurisme de la nouvelle majorité communale lancé par Moureaux, Lalibre rappelle que l'ensemble des faits reprochés (endettement massive, ...) s'étaient passés lorsque Moureaux était bourgmestre.[10] A la suite de ces révélations, le FDF a demandé un audit sur la gestion financière de Molenbeek et des explications sur "l'exercice étonnant, voire laxiste" de la tutelle régionale ces dernières années. Pour Emmanuel De Bock, "sauf à avoir été victime de camouflages comptables, il semble que la tutelle régionale ait été exercée de manière peu contraignante à l'égard de la commune du patron des socialistes bruxellois"[11].

En mai 2015, la justice ouvre une information judiciaire pour enquêter sur la gestion communale de Moureaux[12],[13].

À la suite des attentats du 13 novembre 2015 en France sa gestion des problèmes communautaires au cours de vingt ans passés à la tête de sa commune est fortement mise en cause. Ainsi, le sénateur Alain Destexhe lui reproche d'avoir complètement négligé la question de la radicalisation islamiste dans sa commune pour des raisons électoralistes[14]. D'autres à l'instar du politologue Pierre Vercauteren sont plus nuancés et font notamment valoir qu'une seule personne ne peut être tenue responsable de la situation[15]. Dans une interview accordée au journal Le Soir, l'intéressé se défend en expliquant qu'il n'est plus bourgmestre depuis trois ans, que durant son passage à la tête de la commune aucun événement similaire ne se serait produit et impute les attentats à « un échec complet des services de renseignement aussi bien français que belges[16] ». Cependant, contrairement à ce qu'il a affirmé, Molenbeek était bien déjà une plaque tournante du terrorisme islamiste lorsqu'il était bourgmestre[17]. Molenbeek avait déjà, entre autres, abrité du temps de Moureaux, les assassins du commandant Massoud, en Afghanistan, ainsi qu'Hassan El Haski, l'un des concepteurs des attentats de 2004 à Madrid (191 morts et 1800 blessés)[18]. Françoise Schepmans qui lui a succédé à la tête de la commune explique toutefois qu'il y existait « un terreau favorable aux événements » et évoque le « soi-disant laboratoire socio-multiculturel de Philippe Moureaux » en ajoutant que ce dernier « est dans le déni[19] ».

Pour l'historien Thierry Buron, Philippe Moureaux « a favorisé le communautarisme radical et contribué à créer les conditions qui ont fait de Molenbeek un vivier de terroristes »[20].

Merry Hermanus, ancien cadre du PS se montre très critique sur son blog envers Moureaux qu'il considère comme un des responsables à l'origine de la politique communautariste de la fédération bruxelloise du parti[21],[22],[23].

Sénateur[modifier | modifier le code]

Élu sénateur en 1999, il fait partie de ceux qui déposent en 2003 une proposition de loi, adoptée le 19 mars 2004, visant à l'octroi du droit de vote aux élections communales à des étrangers ressortissants de pays hors-Union européenne[24].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Le roi Albert II lui a octroyé en 1995 le titre honorifique de ministre d'État. Philippe Moureaux est détenteur des distinctions honorifiques de commandeur de l’ordre de Léopold et de grand-croix de l’ordre de Léopold II.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Les Comptes d'une société charbonnière à la fin de l'Ancien Régime (La société de Redemont à Haine-St-Pierre - La Hestre). Bruxelles, Palais des Académies, 1969. In-8° sous reliure d'éditeur, 248 p., planches hors texte, (« Commission royale d'histoire »).
  • La Soupière chinoise. Bruxelles, éditions Luc Pire, 2011, 240 p.

Anecdote[modifier | modifier le code]

Sa moustache lui a valu le surnom de Flup (ou Flupke) Moustache [25].

Notes[modifier | modifier le code]

  1. « Philippe Moureaux a dit “oui” à Latifa », RTL Info, 28 juin 2010, « Philippe Moureaux, jeune marié », Le Vif, 28 juin 2010
  2. « Lettre ouverte au Président du PS et aux Membres de la Fédération Bruxelloise », sur Le Blog de Merry Hermanus (consulté le 21 avril 2016)
  3. Contribution externe, « Molenbeek: Merci Philippe ! », sur www.lalibre.be (consulté le 21 avril 2016)
  4. « L’ancien bourgmestre de Molenbeek critiqué pour son laxisme », sur Courrier international (consulté le 21 avril 2016)
  5. Martin Buxant et Francis Van de Woestyne, « Defossé: "Je ne suis peut-être pas fait pour la politique" », sur www.lalibre.be (consulté le 21 avril 2016)
  6. « Questions à la une sur l'Islam: la RTBF choquée par les propos de P. Moureaux », sur RTBF Info (consulté le 21 avril 2016)
  7. « Molenbeek: Philippe Moureaux arrête la politique et part "la tête haute" », RTBF, 16 octobre 2012.
  8. RTL Newmedia, « Scandale des logements sociaux à Molenbeek: Ils gagnent plus de 100.000€ par an et ne paient que 450€ de loyer », sur RTL Info (consulté le 21 avril 2016)
  9. Mathieu Colleyn, « La faillite de Molenbeek, fief de Philippe Moureaux », sur www.lalibre.be (consulté le 19 avril 2016)
  10. Belga, « Faillite de Molenbeek: l'ex-bourgmestre Philippe Moureaux sur la défensive », sur www.lalibre.be (consulté le 19 avril 2016)
  11. « Finances à Molenbeek - Les FDF veulent un audit et des explications sur l'exercice de la tutelle régionale », sur www.lalibre.be (consulté le 19 avril 2016)
  12. (fr) « Budget communal: la Justice s'intéresse aux comptes de Molenbeek », sur RTBF Info (consulté le 19 avril 2016)
  13. « La Justice s'intéresse aux comptes de Molenbeek », sur www.lalibre.be (consulté le 19 avril 2016)
  14. Molenbeek: Merci Philippe !, Alain Destexhe, La Libre Belgique, 17 novembre 2015
  15. "Faire porter le chapeau à une personne, c'est un peu court", Le Vif, 15 novembre 2015
  16. Moureaux: «Molenbeek part à vau-l’eau, quel échec des services de renseignement!», Le Soir, 15 novembre 2015
  17. Mathieu Ladevèze, « Molenbeek: un si long passif terroriste », sur www.dhnet.be (consulté le 19 avril 2016)
  18. (fr) « Attentats de Paris: tous les chemins du terrorisme mènent-ils à Molenbeek ? », sur RTBF Info (consulté le 19 avril 2016)
  19. Françoise Schepmans (Molenbeek): «Philippe Moureaux est dans le déni», Le Soir, 15 novembre 2015
  20. « Molenbeek, de sainte Gertrude au djihadisme », Thierry Buron, Conflits, no9, avril - mai - juin 2016<, p. 80-82
  21. « Moureaux | Le Blog de Merry Hermanus », sur hermanusinfo.wordpress.com (consulté le 19 avril 2016)
  22. La Rédaction | 21 mars 2016 à 22:33 |, « Moureaux et les Juifs, Comparaison Scandaleuse ! », sur Le Blog de Merry Hermanus (consulté le 19 avril 2016)
  23. « Lettre ouverte au Président du PS et aux Membres de la Fédération Bruxelloise », sur Le Blog de Merry Hermanus (consulté le 19 avril 2016)
  24. Philippe Mahoux, Philippe Moureaux, Jean-François Istasse, Anne-Marie Lizin Projet de loi visant à octroyer le droit de vote aux élections communales à des étrangers, Sénat de Belgique
  25. Voir par exemple cette brève dans Le Soir

Liens externes[modifier | modifier le code]

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