Philippe Maurice

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Philippe Maurice
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Voir et modifier les données sur Wikidata (62 ans)
ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
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Christiane Deluz (d), Bernard Chevalier (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Philippe Maurice, né à Paris le , est un ancien criminel français, condamné à mort par la justice française en 1980 puis gracié, devenu historien au cours de sa détention. Il se spécialise histoire médiévale.

Biographie[modifier | modifier le code]

Criminel[modifier | modifier le code]

Simple étudiant en comptabilité, Philippe Maurice entame son parcours de hors-la-loi dès 1977 où les gendarmes de Saint-Geniez-d'Olt dans l'Aveyron le surprennent en train de forcer un barrage routier avec un véhicule volé.

Il est inculpé et incarcéré à la maison d'arrêt de Rodez, en mars 1977, dans le cadre de plusieurs recels de vols de véhicules et de multiples escroqueries (usages de chèques volés, faux monnayage), délits pour lesquels le tribunal de Millau le condamne le à cinq ans de prison dont un an avec sursis. Il obtient rapidement une première puis une seconde permission de sortie en avril 1979, où il ne regagne pas la maison d'arrêt et choisit la clandestinité avec un complice, Serge Attuil[1].

Cette cavale emmène le duo de malfaiteurs dans une série de vols à main armée en région parisienne qui se termine dans un épilogue sanglant, d'abord avec le meurtre le de Mohammed Hachemi, veilleur de nuit qui le surprend en flagrant délit de vol de véhicule sur un parking de la rue Lecourbe dans le 15e arrondissement de Paris ; puis avec les meurtres de deux gardiens de la paix de la préfecture de police, Jean-Yves Ruelle et Gérard Croux[2], qui tentent de les intercepter dans la nuit du , rue Monge dans le 5e arrondissement de Paris. Serge Attuil est tué dans la fusillade[1].

Philippe Maurice est condamné à mort par la cour d'assises de Paris le pour complicité de meurtre et meurtre sur agents de la force publique. À cette occasion, Le Nouvel Observateur titre « L’enfant condamné à mort » à cause de son jeune âge.

Le , pendant que son pourvoi en cassation est à l’étude, il tente une évasion et blesse grièvement un gardien de prison, Jacques Bouvier, avec une arme de calibre 11.43 que lui avait remise clandestinement son avocate, Brigitte Hemmerlin[3]. Lors de la campagne de l’élection présidentielle, Valéry Giscard d’Estaing ne se prononce pas pour l’abolition de la peine de mort et repousse volontairement sa réponse pour la demande de grâce[4]. Son pourvoi en cassation est rejeté le 19 mars 1981[5]. Le , le nouveau président de la République, François Mitterrand, quatre jours après son investiture, lui accorde sa grâce et commue sa condamnation à mort en une condamnation à la réclusion criminelle à perpétuité. Le nouveau président respecte ainsi une promesse symbolique de sa campagne électorale.

Le , Philippe Maurice est condamné à 16 ans de réclusion criminelle par la cour d'assises de Paris pour sa tentative d'évasion et de meurtre sur le gardien de prison. Le , il est condamné à 18 ans de réclusion criminelle par la même cour d'assises, pour complicité dans le meurtre du veilleur de nuit en septembre 1979.

Historien[modifier | modifier le code]

Il se remet aux études en prison alors qu’il est incarcéré à la prison de Saint-Maur, près de Châteauroux et passe sa licence d’histoire en 1987. Le , il soutient sa maitrise d’histoire du Moyen Âge à Yzeures-sur-Creuse[6]. C’est en , qu’il soutient une thèse de doctorat en histoire médiévale à l’université de Tours portant sur « La famille au Gévaudan à la fin du Moyen Âge »[7]. Pour respecter la tradition médiévale de franchise universitaire, les gendarmes qui l’avaient extrait de sa prison pour le conduire devant le jury universitaire restent à l’extérieur du bâtiment pendant sa soutenance de thèse.

À l’automne 1999, il est placé en régime de semi-liberté. Puis le , il bénéficie d’une libération conditionnelle.

Chargé de recherches, il travaille à l’EHESS dans les domaines de la famille, de la religion et du pouvoir au Moyen Âge.

Vie personnelle[modifier | modifier le code]

Il a une fille[8].

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Les Relations familiales en Rouergue et Gévaudan au XVe siècle d’après le trésor des Chartes (mémoire de maîtrise en histoire remanié), Mende, Société des lettres, sciences et arts de la Lozère, , 170 p. (SUDOC 011575247)
  • Philippe Maurice et Robert Badinter (avant-propos), La Famille en Gévaudan au XVe siècle : 1380-1483 (thèse de doctorat en histoire remaniée), Paris, Publications de la Sorbonne, coll. « Histoire ancienne et médiévale » (no 49), , 577 p., 24 cm (ISBN 2-85944-340-1, notice BnF no FRBNF36989307)
  • De la haine à la vie, Paris, Le Cherche midi, coll. « Documents », , 292 p., 24 cm (ISBN 2-86274-849-8, notice BnF no FRBNF37222825) ; rééd. De la haine à la vie, Paris, Gallimard, coll. « Folio / Documents », , 387 p., 18 cm (ISBN 2-07-042270-4, notice BnF no FRBNF38817314)[9]
    Ouvrage racontant son expérience carcérale.
  • Guillaume le Conquérant, Paris, Flammarion, coll. « Grandes biographies », , 379 p., 24 cm (ISBN 2-08-068068-4, notice BnF no FRBNF38910383)
  • Fasti ecclesiæ gallicanæ : répertoire prosopographique des évêques, dignitaires et chanoines des diocèses de France de 1200 à 1500. Tome VIII, Diocèse de Mende, Turnhout, Brepols, , 283 p., 24 cm (ISBN 2-503-52159-2, notice BnF no FRBNF39217677)
  • Adieu la mère, Paris, Le Cherche midi, coll. « Documents », , 244 p., 22 cm (ISBN 978-2-7491-0631-1, notice BnF no FRBNF43786055)

Articles[modifier | modifier le code]

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  • « Les officiers royaux du bailliage de Marvejols à la fin du Moyen Âge », Revue historique, n° 582, avril-juin 1992, p. 285-309.
  • « Les Fornenc, un exemple de la mobilité des structures familiales », Revue du Gévaudan, 1992/2, p. 13-22.
  • « Un exemple d’organisation municipale au xve siècle : le syndicat de Chirac », Annales du Midi, tome 105, n° 202, avril-juin 1993, p. 183-208.
  • « Les Plantavit et les Mombel », Revue du Gévaudan, avril 1994, p. 39-42.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Un meurtrier de vingt-trois ans », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne)
  2. « Jean-Yves RUELLE & Gérard CROUX », sur Mémorial en ligne des policiers français morts en service (consulté le 31 mars 2016)
  3. Josyane Savigneau, « Après la tentative de meurtre sur un gardien de prison Une avocate de Philippe Maurice est entendue par la police », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne)
  4. Thierry Lévêque, Boulevard du crime : vie quotidienne et secrète du Palais de justice de Paris, Jacob-Duvernet, .
  5. Jean-Marc Théolleyre, « La Cour de cassation a écarté tous les arguments de la défense », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne)
  6. Les Justes et le mérite.
  7. Notice de la thèse sur theses.fr
  8. https://www.ledauphine.com/isere-sud/2011/09/17/maurice-la-tete-sur-les-epaules.
  9. La notice bibliographique du catalogue général de la BnF mentionne le numéro ISBN indiqué lors du dépôt légal en précisant qu'il est erroné. L'ISBN indiqué ici est correct.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]