Philippe Junod

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Philippe Junod
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Philippe Junod en 2017.
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Philippe Junod, né le à Lausanne, est un historien de l’art suisse.

Il est professeur honoraire d’histoire de l’art à l’Université de Lausanne.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils de l’historien, archiviste et professeur Louis Junod, Philippe obtient en 1956, à Lausanne, son baccalauréat latin-grec puis entreprend à l'Université de Lausanne (faculté des lettres) des études de lettres classiques et d'histoire de l'art qui le mènent aussi à Vienne, Pérouse et Paris (licence en 1961). Parallèlement, il étudie la musique (piano) et la musicologie sous la direction notamment de Jacques Chailley et Nadia Boulanger.

Établi durant plusieurs années à Paris, il étudie l'archéologie orientale et fréquente l'École du Louvre (diplôme 1965), puis est membre de l'Institut suisse de Rome de 1965 à 1967. Il obtient son doctorat en 1976 à la faculté des lettres de Lausanne, avec sa thèse Transparence et opacité[1].

Ses débuts de carrière sont variés, avec des activités diverses comprenant entre autres des fouilles du temple d’Apollon à Metaponto (1965) et l’organisation de voyages culturels en Asie avec le Journal de Genève (1967-1976)[2].

A l’Université de Lausanne, Philippe Junod débute comme chargé de cours en histoire de l’art (1971-1973), puis occupe le poste de professeur d’histoire de l’art moderne et contemporain jusqu'à sa retraite en 2003[2].

Professeur invité aux Universités de Genève, Neuchâtel, Fribourg, Saint-Pétersbourg, Barcelone, il a été membre du Conseil de Fondation de Pro Helvetia, délégué de la Suisse au Comité International d'Histoire de l'Art, membre du Conseil scientifique de l'Institut suisse de Rome, membre d'honneur du comité de l'Institut suisse pour l'Étude de l'Art, correspondant scientifique de la revue «Artibus et Historiae» (Cracovie). Membre du Conseil de Fondation du Conservatoire de musique de Lausanne, il a siégé en outre au comité de l’Association des historiens de l’art en Suisse et à la Société vaudoise des Beaux-Arts[2].

Philippe Junod a contribué à de nombreux colloques et congrès scientifiques et donné des conférences dans diverses universités suisses, mais aussi européennes comme Paris, Lyon, Weimar, Vienne, Bruxelles, Bologne, Nantes, ou encore américaines comme Princeton, Chicago, Ottawa, New York ou Sao Paolo[3].

Publications[modifier | modifier le code]

  • La musique vue par les peintres, Lausanne/Paris, 1988.
  • Critiques d'art en Suisse romande. De Töpffer à Budry (en collaboration avec Philippe Kaenel et al.), Lausanne, 1993.
  • La couleur : regards croisés sur la couleur, du Moyen Age au XXe siècle (actes du colloque organisé par Philippe Junod et Michel Pastoureau à l'Université de Lausanne, les 25-), Paris : Le Léopard d'or, 1994, 236 p.
  • De l'archet au pinceau, rencontres entre musique et arts visuels en Suisse romande (en collaboration avec Sylvie Wuhrmann), Lausanne, 1996.
  • Dictionnaire européen des Lumières, Presses Universitaires de France, 1997 (parties Beaux-Arts et Musique).
  • Transparence et opacité : essai sur les fondements théoriques de l'art moderne : pour une nouvelle lecture de Konrad Fiedler, Lausanne: L'Age d'homme, 1976. Réédition Nîmes: J. Chambon, 2004, 554 p.
  • Contrepoints : dialogues entre musique et peinture, Genève : Contrechamps, 2006.
  • Chemins de traverse : essais sur l'histoire des arts, Gollion : Infolio, 2007.
  • Marcel Amiguet : peintre, mélomane et aventurier, Gollion : Infolio, 2013.
  • De la fraternité des arts. Nouveaux contrepoints, Gollion : Infolio, 2017.
  • Counterpoints. Dialogues between Music and the Visual Arts, London: Reaktion Books, 2017.
  • Ravel, peintre genevois, Gollion, Infolio, coll. « Presto », , 62 p. (ISBN 978-2-88474-440-9).

Outre ces principales publications, Philippe Junod est l'auteur de nombreux articles consacrés entre autres à l'orientalisme[4], aux rapports entre les arts et la musique[5], à Piranèse[6], Hubert Robert[7], Gustave Doré[8], Charles Meryon[9], Cézanne[10], Édouard John Ravel[11],[12], à l'histoire de la critique d'art[13] et des théories de l'art (Denis Diderot et Goethe[14], Konrad Fiedler, Henri Focillon, André Breton[15], à la théorie des couleurs et aux synesthésies[16], à l'histoire des jardins[17], ainsi qu'à des questions d'iconographie (iconographie de l'artiste, du temps[18], des ruines[19]).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Olivier Robert et Francesco Panese, Dictionnaire des professeurs de l'Université de Lausanne dès 1890, vol. XXXVI, Lausanne, Université de Lausanne, coll. « Études et documents pour servir à l'histoire de l'Université de Lausanne », , 1433 p. (ISBN 2-940304-00-9), p. 671.
  • Danielle Chaperon et Philippe Kaenel (dir.), Points de vue : pour Philippe Junod, Paris; Budapest; Torino : L'Harmattan, 2003, 382 p.

Liens externes[modifier | modifier le code]

UNIL, Faculté des lettres, Philippe Junod [2]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Philippe Junod, Transparence et opacité : réflexions autour de l’esthétique de Konrad Fiedler, Lausanne, L’Âge d’homme, . (rééd. Nîmes: J. Chambon, 2004, 554 p.)
  2. a b et c Olivier Robert et Francesco Panese, Dictionnaire des professeurs de l'Université de Lausanne dès 1890, vol. XXXVI, Lausanne, Université de Lausanne, coll. « Études et documents pour servir à l'histoire de l'Université de Lausanne », , 1433 p. (ISBN 2-940304-00-9), p. 671.
  3. Faculté des lettres de l'Université de Lausanne [1].
  4. «Retour sur l'Europe chinoise», Artibus et Historiae, no. 63, 2011, pp. 217-258.
  5. «Architecture et musique : une complicité séculaire», Kunst + Architektur in der Schweiz, 2009, Vol.60(3), p.6 sq. et surtout De la fraternité des arts. Nouveaux contrepoints, infolio 2017, 187 p.; « Musique et montagne en Suisse romande », Passé simple, n° 53, mars 2020, pp. 19-21.
  6. «Tradition et innovation dans l'esthétique de Piranèse», Etudes de lettres. Lausanne 1983, no 3, pp. 3-17.
  7. «Poétique des ruines et perception du temps: Diderot et Hubert Robert», Philippe Junod, Chemins de traverse, infolio 2007, pp. 397-404.
  8. «Babylone-sur-Tamise : Londres vue par Gustave Doré», La ville inquiète, Paris Gallimard 1987,, Pp. 61-77.
  9. «Meryon en Icare ? : hypothèses pour une lecture de la "Tourelle, rue de l'Ecole-de-Médecine"», Catalogue Charles Meryon - David Young Cameron, 3 avril - 31 mai 1981, Cabinet des Estampes, Musée d'art et histoire, Genève Ed. du Tricorne, [1981].
  10. «A propos de quelques natures mortes de Cézanne», Philippe Junod, Chemins de traverse, infolio 2007, pp. 457-464.
  11. Philippe Junod, « Le peintre Édouard Ravel redécouvert », Cahiers Maurice Ravel, no 19,‎ , p. 59-78
  12. Philippe Junod, Ravel, peintre genevois, Gollion, Infolio, coll. « Presto », , 62 p. (ISBN 978-2-88474-440-9)
  13. «Critique, science et histoire de l'art : questions de terminologie», Zeitschrift für schweizerische Archäologie und Kunstgeschichte, 1982, Vol.39(2), p.96. - «Voir et savoir, ou de l'ambiguïté de la critique», Philippe Junod, Chemins de traverse, infolio 2007, pp. 17-52.
  14. «Diderot et Goethe: un dialogue paradoxal», Philippe Junod, Chemins de traverse, infolio 2007, pp. 193-202.
  15. «Vom "componimento inculto" Leonardos zum "oeil sauvage" von André Breton», Gerhart von Graevenitz, Stefan Rieger, Felix Thürlemann (éd.) Die Unvermeidlichkeit der Bilder,- Tübingen : G. Narr, 2001, Pp. 134-146. - «Breton critique d'art?», Philippe Junod, Chemins de traverse, infolio 2007, pp. 225-240.
  16. Marcel Amiguet : peintre, mélomane et aventurier, Gollion : Infolio, 2013.
  17. «De l'utopie à l'uchronie. Pour une archéologie de l'imaginaire jardinier», in Jackie Pigeaud / Jean-Paul Barbe (éd.), Histoires de jardins. Lieux et imaginaire, IVes Entretiens de la Garenne-Lemot, Paris: PUF, 2000, p. 25-47.
  18. «Éloge de l'écrevisse : pour une histoire rétrospective», In: Horizons : essais sur l'art et sur son histoire : 50 ans Institut Suisse pour l'étude de l'art, Ostfildern-Ruit : Hatje Cantz, 2001, pp. 353-360. - «Dans l'œil du rétroviseur. Pour une histoire relativiste», Artibus et Historiae, 1er janvier 2002, Vol.23(45), pp.205-221. - « De l'éternité au temps. Note sur les Annonciations au sablier », Artibus et Historiae, n° 83, 2021, pp. 27-52.
  19. «Ruines anticipées ou l'histoire au futur antérieur», L'homme face à son histoire, Lausanne Payot, 1983, pp. 23-47.