Philippe Froguel

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Philippe Froguel
Philippe 1 2019.jpg
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Directeur de recherche au CNRS
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Voir et modifier les données sur Wikidata (61 ans)
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philippe Froguel

Philippe Froguel, né le [1], est un médecin et chercheur français en endocrinologie, biologie moléculaire et génétique. Il est actuellement professeur à l'Imperial College de Londres et professeur à l'Université Lille 2 dans le domaine de la médecine de précision, du métabolisme et de la génomique.

Biographie[modifier | modifier le code]

Philippe Froguel a fait ses études de médecine au CHU de l'hôpital Saint-Antoine à Paris et a passé sa thèse de médecine en 1984. Il a également obtenu une thèse de sciences en 1991 de l'université Paris 7. Il a passé le concours de l'Internat de Paris en 1983 et est devenu chef de clinique en endocrinologie à l'hôpital Saint-Louis à Paris en 1989. Il est devenu maître de conférences en génétique, praticien hospitalier en endocrinologie en 1993 à l'hôpital Saint-Louis puis CHU de Lille. Il est aussi professeur à l'université de Londres, tout d'abord à Queen Mary College, puis depuis 2003 à l'Imperial College de Londres, la plus grande faculté de médecine du Royaume-Uni.

Philippe Froguel a jusqu'à présent consacré sa carrière à l'élucidation des bases génétiques du diabète et de l'obésité. Il a été ainsi chargé en 1990 de créer au Centre d'étude du polymorphisme humain (CEPH), présidé par Jean Dausset, et dirigé à l'époque par Daniel Cohen, un laboratoire d'étude génétique des diabètes. Après la découverte en 1992-1995 des premiers gènes impliqués dans les formes monogénique du diabète de type 2[2], il profite des mouvements de décentralisation de la recherche française pour diriger le département de génétique humaine du nouvel Institut de biologie de Lille du CNRS situé au sein de l'Institut Pasteur de Lille. Il y crée en 1995 une nouvelle unité de recherche centrée sur la « génétique des maladies multifactorielles », actuellement Unité mixte de recherche CNRS/Lille II/Institut Pasteur de Lille 8199[3], qu'il dirige depuis cette date. En 2000, devant le refus du gouvernement français de créer la chaire de biochimie de la nutrition qui avait été demandée par l'université Paris 6 pour lui, Philippe Froguel accepte une offre londonienne de créer un Centre Génomique, puis un département de médecine génomique dans la capitale britannique, en tant que professeur de l'université de Londres. Il a été nommé en 2003 directeur du Centre de génomique et de protéomique de l'hôpital Hammersmith (en) (Imperial College). À la demande conjointe de la direction du CNRS, de l'Institut Pasteur de Lille et de l'université de Londres, Philippe Froguel anime depuis 2000 un Laboratoire européen franco-britannique, situé à la fois à Lille et à Londres. Il est depuis 2002 directeur de recherche au CNRS. Philippe Froguel a été nommé, le 1er septembre 2009, professeur à l'université Lille II, puis Professeur de l'Université de Lille et Praticien Hospitalier en endocrinologie.

Philippe Froguel a obtenu en 2011 des financements Labex (EGID: European Genomic Institute for Diabetes) et Equipex (LIGAN-Precision Medicine dédié au séquençage du génome humain, dans une perspective de médecine de précision) dans le cadre des investissements d'avenir. EGID[4] a été renouvelé en 2019 pour 5 ans. En avril 2019, le gouvernement a notifié la création d'un Centre National de Médecine de Précision des Diabètes PreciDiab[5] (23 millions d'euros pour 5 ans), projet régional associant l'université de Lille, le CHU de Lille, l'Institut Pasteur de Lille, la Faculté de Médecine Catholique de Lille, la Faculté de Médecine d'Amiens et le CHU d'Amiens.

Philippe Froguel a été titulaire d'un ERC "advanced grant", obtenu en 2011. Par ailleurs, il a reçu plusieurs prix scientifiques dont le prestigieux prix Minkowski de l'European Association for the Study of Diabetes remis en 1997 à Helsinki. En 2017, il a obtenu le prix Roger Assan de la Société Francophone du Diabète récompensant ses travaux qui ont amené à des avancées majeures et ouvert de nouvelles voies dans la compréhension et le traitement du diabète et de l'obésité.

En 2017, Philippe Froguel a été élu membre correspondant à l'Académie nationale de Médecine.

Il rend publique sa candidature (finalement infructueuse) à la présidence de l’INSERM en 2018[6].

Apports scientifiques[modifier | modifier le code]

La carrière scientifique de Philippe Froguel s'est particulièrement focalisée sur la génétique et la génomique du diabète de type 2 et de l'obésité.

En 1992, il a découvert le premier gène du diabète (GCK codant la glucokinase)[7] ; en 1998, il a identifié le gène le plus muté dans les formes sévères d'obésité en Europe (MC4R codant le récepteur 4 à la mélanocortine)[8]. En 2007, Philippe Froguel et son équipe ont publié les premiers gènes de susceptibilité au diabète de type 2 via une étude d'association pangénomique utilisant la technologie des puces à ADN[9], et ont identifié le premier gène impliqué dans les formes communes d'obésité (FTO)[10]. En 2010-2011, il a démontré que des variants du nombre de copies de gènes (CNV) situés sur le petit bras du chromosome 16 (chr16p11.2) peuvent causer une obésité sévère (en cas de délétion)[11] ou une maigreur extrême (en cas de duplication)[12]. En 2012, il a montré que des variants génétiques rares (situés dans le gène MTNR1B codant le récepteur 2 de la mélatonine ayant un rôle clef dans les rythmes circadiens) augmentent fortement le risque de diabète de type 2[13]. Via la plateforme LIGAM-PM, il a développé des protocoles de séquençage de nouvelle génération dédiés au diagnostic moléculaire des maladies rares. Son intérêt actuel est focalisé sur les analyses multi-omics pour la prédiction, la prévention et la médecine de précision du (pré-)diabète vers un parcours de soin personnalisé.

Philippe Froguel est l'un des 3 300 auteurs les plus cités au monde (dans leur champ de recherche, rassemblant tous les domaines scientifiques), incluant 145 auteurs basés en France (dont seulement 33 en sciences de la vie/médecine et 2 en biologie moléculaire/génétique). Ces 3 300 chercheurs ont publié un nombre élevé de papiers qui ont été le plus cité (top 1 %) sur une période de 11 ans.

Philippe Froguel a publié à ce jour plus de 650 articles scientifiques, avec un h-index de 160 et plus de 115 000 citations. Il a publié des articles dans les plus grandes revues scientifiques (Nature, Nature Genetics, Science, PNAS, NEJM, The Lancet…).

Prises de position[modifier | modifier le code]

Philippe Froguel avait pris la défense des anciens ministres incriminés dans l'affaire du sang contaminé[14].

En 2004-2007, Philippe Froguel a dirigé le programme national de recherche sur le diabète de l'Inserm au côté du Président de l'Inserm Christian Bréchot.

Décrit comme un « sympathisant de gauche », il a écrit une lettre ouverte en septembre 2016 à Martine Aubry pour s'inquiéter de la « détérioration rapide de la sécurité publique » à Lille - Wazemmes. Il s’inquiètait alors notamment de la « régression communautaire » qui contraint les femmes à devoir endurer « les manifestations méprisantes des islamistes (…) et le harcèlement sexuel incessant des mâles »[15].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Froguel, Philippe (1958-....), « BnF Catalogue général », sur catalogue.bnf.fr, 00421-frfre (consulté le 17 février 2018)
  2. (en) « Rare and Common Genetic Events in Type 2 Diabetes: What Should Biologists Know? », Cell Metabolism, vol. 21, no 3,‎ , p. 357–368 (DOI 10.1016/j.cmet.2014.12.020, lire en ligne, consulté le 2 avril 2018)
  3. UMR8199 Génomique et maladies métaboliques
  4. « Accueil: EGID », sur www.egid.fr (consulté le 29 juin 2019)
  5. (en-US) « A new paradigm to change diabetic patient's life », sur PreciDIAB (consulté le 29 juin 2019)
  6. « Inserm : Yves Lévy, époux d’Agnès Buzyn, retire sa candidature », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  7. P. Froguel, M. Vaxillaire, F. Sun et G. Velho, « Close linkage of glucokinase locus on chromosome 7p to early-onset non-insulin-dependent diabetes mellitus », Nature, vol. 356, no 6365,‎ , p. 162–164 (ISSN 0028-0836, PMID 1545870, DOI 10.1038/356162a0, lire en ligne, consulté le 2 avril 2018)
  8. C. Vaisse, K. Clement, B. Guy-Grand et P. Froguel, « A frameshift mutation in human MC4R is associated with a dominant form of obesity », Nature Genetics, vol. 20, no 2,‎ , p. 113–114 (ISSN 1061-4036, PMID 9771699, DOI 10.1038/2407, lire en ligne, consulté le 2 avril 2018)
  9. Robert Sladek, Ghislain Rocheleau, Johan Rung et Christian Dina, « A genome-wide association study identifies novel risk loci for type 2 diabetes », Nature, vol. 445, no 7130,‎ , p. 881–885 (ISSN 1476-4687, PMID 17293876, DOI 10.1038/nature05616, lire en ligne, consulté le 2 avril 2018)
  10. Christian Dina, David Meyre, Sophie Gallina et Emmanuelle Durand, « Variation in FTO contributes to childhood obesity and severe adult obesity », Nature Genetics, vol. 39, no 6,‎ , p. 724–726 (ISSN 1061-4036, PMID 17496892, DOI 10.1038/ng2048, lire en ligne, consulté le 2 avril 2018)
  11. R. G. Walters, S. Jacquemont, A. Valsesia et A. J. de Smith, « A new highly penetrant form of obesity due to deletions on chromosome 16p11.2 », Nature, vol. 463, no 7281,‎ , p. 671–675 (ISSN 1476-4687, PMID 20130649, PMCID PMC2880448, DOI 10.1038/nature08727, lire en ligne, consulté le 2 avril 2018)
  12. Sébastien Jacquemont, Alexandre Reymond, Flore Zufferey et Louise Harewood, « Mirror extreme BMI phenotypes associated with gene dosage at the chromosome 16p11.2 locus », Nature, vol. 478, no 7367,‎ , p. 97–102 (ISSN 1476-4687, PMID 21881559, PMCID PMC3637175, DOI 10.1038/nature10406, lire en ligne, consulté le 2 avril 2018)
  13. Amélie Bonnefond, Nathalie Clément, Katherine Fawcett et Loïc Yengo, « Rare MTNR1B variants impairing melatonin receptor 1B function contribute to type 2 diabetes », Nature Genetics, vol. 44, no 3,‎ , p. 297–301 (ISSN 1546-1718, PMID 22286214, PMCID PMC3773908, DOI 10.1038/ng.1053, lire en ligne, consulté le 2 avril 2018)
  14. Philippe Froguel & Catherine Smadja, « Les dessous de l'affaire du sang contaminé », sur Le Monde diplomatique,
  15. Sécurité: Lettre au vitriol d'un sympathisant de gauche à Aubry, 20minutes.fr, 14 septembre 2016

Liens externes[modifier | modifier le code]