Philippe Féquant

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Officier général francais 3 etoiles.svg Philippe Féquant
Naissance
Montmorency (Val-d'Oise)
Décès
Paris
Origine Drapeau de la France France
Arme infanterie
French-roundel.svg Aéronautique militaire
Armée de l'air
Grade Général de division aérienne
Conflits Première Guerre mondiale

Philippe Féquant , né le à Montmorency (Val-d'Oise)[1] et mort le [2] à Paris[3], était un militaire français, pionnier de l’aviation. Combattant et chef aérien de la Première Guerre mondiale, il termina sa carrière au grade de général de division aérienne, et fut un des premiers chefs d'état-major de l'armée de l'air française indépendante (CEMAA) de 1936 à 1938.

Biographie[modifier | modifier le code]

Belle Époque[modifier | modifier le code]

Philippe Féquant est né le à Montmorency (Val-d'Oise)[4]. Il est le fils de Rémy Féquant, fabricant de tresses, et de Berthe Chartier de la Touche, domiciliés 12, rue de la Victoire à Paris 9e (75) et Villa Neptune à Saint-Tropez (Var)[5]. Il est le frère aîné d’Albert Féquant, également saint-cyrien et pionnier de l’aviation militaire française, né le et tombé au champ d’honneur durant la Grande Guerre, le , à Malzéville (Lorraine).

Né en 1883, il appartient à la « classe 1903 », et il est enregistré au 1er bureau de recrutement de la Seine sous le matricule no 6304[5]. Il est admis à l'École spéciale militaire de Saint-Cyr[1],[6] où il effectue sa scolarité du au . Il est nommé caporal, le , puis sergent, le . Le , à l’issue de sa scolarité, il est nommé sous-lieutenant et affecté au 22e régiment d'infanterie coloniale[5],[6],[7] .

Le , il est affecté au 9e régiment d'infanterie coloniale. Il est nommé lieutenant de 2e classe le . Il effectue un séjour de deux ans[5] au Tonkin[6] du au [5],[7] qui lui vaut la médaille coloniale avec l’agrafe "Tonkin". Il est affecté au 1er régiment d'infanterie coloniale le [5].

Un an après son retour d'Extrême-Orient, il est détaché dans l'aéronautique militaire[6] pour faire son instruction de pilote au camp de Châlons, où se trouve une annexe de l'établissement militaire d'aviation de Vincennes[5],[7]. Il obtient son brevet de pilote civil (numéro 340/ délivré par l'Aéro-Club de France[5], et reçoit sur Nieuport son brevet de pilote militaire[7] (numéro 49) délivré au camp de Châlons, en date du [5],[8].

Affecté à l'aéronautique militaire en Afrique-Occidentale française, à partir du [5], Philippe Féquant effectue à partir fin 1911 un nouveau séjour aux colonies, cette fois en A.O.F.[7]. Il y est envoyé comme membre de la mission d’études aériennes chargée d’examiner les possibilités d’organiser un service d’aviation à la colonie[6],[9]. Pendant son séjour au Sénégal, le lieutenant Féquant accomplit plusieurs voyages aériens d’exploration[9]. Il arrive à Dakar le avec deux monoplans Nieuport, qui suscitent une vive curiosité. Au début de 1912, sur un des Nieuport, accompagné de Carles qui vole sur Farman, il quitte M'Bambey pour Thiès. Le , Féquant continue sur l’Île de Gorée et Dakar tandis que Carles survole les îles du Cap-Vert. Les deux pilotes participent à des exhibitions aériennes, comme le au-dessus de la ville de Saint-Louis[10].

En fin de séjour, il est affecté au 4e régiment de tirailleurs sénégalais[9], au [5]. Le [5], il est affecté au Maroc[6], au 9e bataillon de tirailleurs sénégalais[5],[7] avec lequel il prend part aux colonnes en pays Tadla et Zar[9], puis au 6e régiment d'infanterie coloniale du Maroc. Il obtient durant ce séjour la médaille d'Afrique Occidentale Française avec l'agrafe « Maroc »[5].

Philippe Féquant (à gauche), en compagnie des autres aviateurs Marcel Sido, Félix Camerman, Charles Marconnet

Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Quand la Première Guerre mondiale éclate, Philippe Féquant est au 2e régiment d'infanterie coloniale du Maroc[7]. Rapatrié en métropole, il est pilote de l'escadrille V 14 (future VB 101) du 29 septembre[8] au . Il est ensuite détaché au sous-secrétariat à l'aéronautique au Ministère de la Guerre du 1er novembre 1914 à mars 1915[5]. C’est durant cette affectation qu’il reçoit son troisième galon de capitaine[9], le 28 décembre 1914[5].

En mars 1915, il rejoint l'école d'aviation de Pau[5] afin de reprendre son entraînement aérien, interrompu depuis qu'il avait quitté l'A.O.F. pour l'Afrique du Nord début 1913[7].

Le , le capitaine Féquant est affecté à l’escadrille VB 101[7],[9] du GB 1 stationnée sur le plateau de Malzéville, sur les hauteurs de Nancy. Il arrive sur place, le [5]. Dès le lendemain, il effectue des vols d'accoutumance à l’appareil qui dote l’escadrille (le Voisin LA) et de familiarisation avec le secteur : le 24 mai, un premier vol comme passager du capitaine Alfred de Clerck, puis un vol en solo. Le 25 mai, encore deux vols. Le 26 mai, un exercice de bombardement, en simulant le largage de projectiles sur Lunéville[5]. Le jeudi 27 mai, il effectue sa première mission bien réelle, contre les usines de produits chimiques[5] de Ludwigshafen[6] qui se trouve sur l'autre rive du Rhin, en face de Mannheim. Le raid implique des appareils des escadrilles VB 101, VB 102 et VB 103. Chacun lance 5 obus de 90 mm. Le raid est effectué sur 472 km parcourus en 5 h 34, un exploit pour l'époque. Lors de ce vol, les avions ont été canonnés en survolant Blamont, Phalsbourg et Ludwigshafen, à l’aller comme au retour[5]. Le lendemain , le capitaine Philippe Féquant prend le commandement de l'escadrille VB 101. Le 15 juin, il effectue avec son seul avion un nouveau raid à longue distance[5] sur Karlsruhe[6], sur laquelle il lance 6 obus de 90 mm. La mission s’effectue sur 383 km parcourus en 4 h 59, à une altitude moyenne de 2 400 m[5]. Payant toujours de sa personne au plus fort du danger, il est cité deux fois à l’ordre de l’armée[9] le (no 995)[5],[8] et le 17 septembre 1915[9].

Le , il est blessé[7] à la verticale de Norroy, pendant une mission de bombardement sur la Gare de Conflans - Jarny. Son avion largue 6 obus de 90 mm qui tombent au but. La DCA ennemie donne son maximum pour empêcher les aviateurs français de rentrer chez eux. Philippe Féquant a le haut du bras gauche traversé de part en part[5] par un éclat d'obus[6]. Un autre fragment de métal touche l'avion. Dès le 11 août, il recommence à voler[5].

Le , il effectue une nouvelle mission de bombardement sur la gare[5] de Sarrebruck[6], et y lâche 5 obus de 90 mm. Au retour, il rencontre deux avions allemands qui pourchassent un Voisin de la VB 102. Les Aviatik, à sa vue, abandonnent leur proie et l’attaquent à son tour. Son observateur riposte et tire 74 cartouches. L'un des assaillants a reçu une rafale de 30 coups, tirée à moins de 50 mètres. Il est descendu dans les nuages et ne reparaît pas, probablement abattu. L'autre, après avoir essuyé plusieurs rafales, rompt le combat. Le Voisin a été touché par plusieurs balles qui ont traversé l'aile supérieure et coupé deux cordes à piano. Lorsque Philippe Féquant rentre au terrain, il s’enquiert de l’identité des camarades qu’il a sauvés. C’est alors que le sergent pilote Charles Niox rentre à son tour, ramenant le corps de son observateur, le capitaine Albert Féquant, frère cadet de Philippe. Il a été tué sur le coup par une rafale tirée par les Aviatik. En abattant son adversaire, Philippe Féquant ignorait qu’il vengeait la mort de son frère[5],[11].

Après ce drame, Philippe Féquant est retiré quelque temps du front. Il est détaché pendant quelques mois auprès de René Besnard[6], Sous-secrétaire d’État à l'aéronautique[7] du Ministère de la Guerre, du au [5].

Le , il prend le commandement de l’escadrille N 65[7],[9], la première escadrille française à porter la fourragère de la médaille militaire[6]. En juillet 1916, il reçoit une nouvelle citation à l'ordre de l'armée[5]. Son escadrille est également mise à l’honneur le par le général commandant en chef[9] :

« Escadrille N.65 – Animée du plus haut esprit de dévouement et de sacrifice, a mené sans interruption pendant huit mois, sous le commandement du capitaine Féquant, une lutte ardente contre les avions ennemis. A abattu du 1er mars au 1er novembre 1916, 37 avions et 5 ballons ennemis. »

Il est nommé chef de bataillon[7] à titre temporaire, le [5]. Il commande à partir de cette date le 13e groupe d'escadrilles de combat[7],[5], réunissant la N 65 et la N 124. Le GC 13 participe à tous les engagements majeurs des années 1916-1917 : bataille de la Somme, bataille de l'Aisne, bataille de Verdun, bataille des Flandres. En dépit de ses lourdes responsabilités, il continue à effectuer des sorties opérationnelles sur le front, ce qui est très inhabituel pour un officier de son rang[6].

Il est nommé commandant de la 2e escadre de chasse[7] le [5]. Promu chef de bataillon à titre définitif, le [5], il est nommé en juin 1918 commandant de la 2e brigade aérienne[7],[5] composée de la 1e escadre de chasse et de la 1e escadre de bombardement. La 2e brigade prend part à l’offensive Mangin du , qui marque un tournant dans la guerre. À partir de ce moment, l’armée allemande n’a cessé de battre en retraite[6], continuellement observée et harcelée par les chasseurs et les bombardiers alliés, notamment ceux de la 2e brigade qui enchaînent les missions à un rythme effréné[12].

Philippe Féquant termine la guerre comme chef d'état-major de la 1e division aérienne[5],[7] commandée par le général Duval[6]. Il est alors titulaire de la croix de guerre avec 6 palmes, et officier de la Légion d'honneur[7].

Entre-deux-guerres[modifier | modifier le code]

Affecté au 4e régiment d'aviation d'observation, le chef de bataillon Féquant est détaché auprès de la présidence de la République, le . Le il est affecté au 34e régiment d'aviation et nommé attaché militaire du Président de la République (État-major particulier de l'aéronautique, direction de l'aéronautique)[5],[1]. Promu lieutenant-colonel le , il est nommé adjoint au général directeur de l'aéronautique. Il est promu colonel en 1925[5].

Le , le colonel Féquant prend le commandement de l'École militaire et d'application de l'aéronautique située à Versailles. Après avoir suivi les cours du Centre des hautes études militaires, il est désigné en 1929 comme chef du service général du ravitaillement en matériel aérien. Il est nommé général de brigade[1] le . En 1933 il est appelé au commandement de la 2e brigade aérienne à Dijon. Il est nommé général de division en . Le , il prend le commandement de la 5e région aérienne[1],[5],[7].

Le , il quitte ces fonctions (qui lui valent une nouvelle citation à l'ordre de l'armée, en date du 9 juin 1936) pour devenir chef de l’état-major de l'Armée de l'Air et membre du Conseil supérieur de l'Air[5],[7],[9]. Le , le ministre appelle le général Féquant aux fonctions majeures de chef d’état-major général de l'Armée de l'Air[1]. Il exerce également les hautes responsabilités de vice-président du Conseil supérieur de l’Armée de l’Air et d’inspecteur général de la défense antiaérienne du Territoire[5],[7],[9],[13]. À ce titre, il accompagne en Grande-Bretagne le président du Conseil, Camille Chautemps. C'est à la suite de ce voyage[7] qu'il lance, en , l'étude d'un plan d'accroissement urgent des matériels de l'Armée de l'Air[5],[7].

Nommé Grand officier de la Légion d'honneur, le , et Inspecteur général technique de l'Air, le , le général Philippe Féquant décède à son domicile à Paris[1] le , quelques mois après avoir quitté son poste à la tête de l'Armée de l'Air[5],[7],[9]. Il est inhumé dans le cimetière de l'île de Ré en [5].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e f et g Bernard Marck, Dictionnaire universel de l'aviation, Tallandier, , 1129 p. (ISBN 2-84734-060-2), p. 375.
  2. Officiers généraux de l'armée de l'air (1933-2012), Service historique de la Défense, (lire en ligne).
  3. Michel LEFORT, « Philippe FÉQUANT », sur Geneanet (consulté le 21 août 2018).
  4. a et b « Philippe Féquant (1883-1938) », sur BnF – Bibliothèque nationale de France (consulté le 21 août 2018).
  5. a b c d e f g h i j k l m n o p q r s t u v w x y z aa ab ac ad ae af ag ah ai aj ak al am an ao ap aq ar as at au av aw et ax Albin Denis, « Escadrille V 14 – VB 1 – VB 101 » (consulté le 21 août 2018).
  6. a b c d e f g h i j k l m n et o (en) James Norman Hall, The Lafayette Flying Corps, vol. 1, Read Books Ltd, , 572 p. (ISBN 1-47335-977-5, EAN 978-1-47335-977-2, lire en ligne).
  7. a b c d e f g h i j k l m n o p q r s t u v w et x « Biographies des chefs d'état-major de l'Armée de l'air (CEMAA) », sur Traditions de l'Armée de l'air (consulté le 21 août 2018).
  8. a b et c « Féquant Philippe », sur As oubliés 14-18, (consulté le 21 août 2018).
  9. a b c d e f g h i j k l m et n « Philippe FEQUANT (1883-1938) », sur Les pionniers de l'aviation, (consulté le 21 août 2018).
  10. Vital Ferry, Ciels impériaux africains, 1911-1940 : Les pionniers belges et français, Le Gerfaut, , 279 p. (ISBN 2-91462-258-9, EAN 978-2-91462-258-5, lire en ligne), p. 30.
  11. « Un drame dans les airs », Les Annales politiques et littéraires, no 1720,‎ , p. 674-675 (lire en ligne).
  12. Marcel Guenot et Guillaume Moingeon, Le sang de la liberté, Editions Cheminements, , 323 p. (ISBN 2-84478-033-4, EAN 978-2-84478-033-1, lire en ligne), p. 315-316.
  13. « Général de Division Aérienne FEQUANT », sur Musée des Officiers Généraux Français Armes & Services, (consulté le 21 août 2018).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]