Philippe Doucet (homme politique)

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Philippe Doucet
Image illustrative de l'article Philippe Doucet (homme politique)
Fonctions
Député de la 5e circonscription du Val-d'Oise
En fonction depuis le
(4 ans 11 mois et 8 jours)
Élection 17 juin 2012
Législature XIVe législature
Groupe politique SRC puis SER
Prédécesseur Georges Mothron
Maire d'Argenteuil
16 mars 2008
(6 ans et 20 jours)
Prédécesseur Georges Mothron
Successeur Georges Mothron
Biographie
Date de naissance (56 ans)
Lieu de naissance Le Havre (Seine-Maritime)
Nationalité Française
Parti politique Parti socialiste

Philippe Doucet, né le au Havre (Seine-Maritime), est un homme politique français, membre du Parti socialiste, siégeant au Conseil national de ce parti. Au sein du Parti socialiste, est l'un des membres fondateurs du Pôle des Réformateurs[1].

Maire d'Argenteuil de 2008 à 2014, président de la Communauté d'agglomération d'Argenteuil-Bezons entre 2008[2] et 2015, jusqu'à la dissolution de celle-ci[3] à la suite de l'entrée en vigueur de la Métropole du Grand Paris.

Il est député de la 5e circonscription du Val-d'Oise depuis juin 2012.

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Engagé au Parti socialiste en 1979, il commence sa carrière politique au Havre où il est conseiller municipal avant de s'installer en 1991 dans le Val-d'Oise à Cormeilles-en-Parisis, dont il brigue la mairie sans succès. Il y est élu conseiller général du canton de Cormeilles/Montigny entre 1998 et 2001, et conseiller municipal de Cormeilles-en-Parisis de 2001 à 2004, puis à Argenteuil depuis 2003.

En 2004, il est élu conseiller général du canton d'Argenteuil-Nord. Il ne se représente pas à ce poste en 2011. Son canton d'élection bascule à droite en 2011.

De 2008 à 2011, il est vice-président du conseil général, chargé du logement.

En 2007, il est désigné par les militants socialistes d'Argenteuil pour être premier des socialistes lors de l'élection municipale de mars 2008, battant lors du scrutin interne l'autre conseiller général socialiste de la commune Alain Leikine et l'ancien candidat du PS pour la législative de juin 2007 Faouzi Lamdaoui soutenu par la direction du Parti socialiste[4]. Ce vote militant, soutenu par la fédération socialiste du Val-d'Oise est validé par la direction nationale du PS le 15 décembre 2007[5].

Aux élections municipales de 2008, Philippe Doucet emporte la mairie d'Argenteuil, battant le maire de droite sortant Georges Mothron de quelques voix profitant de la vague rose. Il est battu en 2014[6]. Il siège comme conseiller municipal d'opposition et se maintient à la tête de la communauté d'agglomération Argenteuil-Bezons, soutenu par les élus de gauche d'Argenteuil et de Bezons, majoritaires.

Partisan de Ségolène Royal lors du Congrès de Reims de 2008, il est secrétaire national du Parti socialiste chargé du droit des consommateurs entre 2009 et 2012[7].

Depuis le Congrès de Poitiers, il est responsable du groupe de travail sur la laïcité au sein du bureau national du Parti socialiste[8]. Ces relations vis-à-vis des communautés religieuses sont malgré tout contestées (voir paragraphe ci-dessous) Il est dit proche de Manuel Valls. Il s'exprime en faveur d'une ouverture du Parti socialiste en direction de François Bayrou « jusqu'aux juppéistes »[9].

En 2016, il soutient Manuel Valls et devient l'un de ses huit porte-parole de campagne pour la primaire citoyenne de 2017[10].

Carrière professionnelle[modifier | modifier le code]

Philippe Doucet est un cadre supérieur du secteur privé. Il a passé la majeure partie de sa carrière en entreprise, dans différents groupes, notamment Philips (Origin), Thales et ATT, où il a occupé des fonctions supérieures de management.

Activité à l'Assemblée nationale[modifier | modifier le code]

Philippe Doucet est membre de la Commission des lois de l'Assemblée nationale.

Au sein du Groupe Socialiste, il est notamment chargé des questions de laïcité[11].

Dès 2012, Philippe Doucet est le président-rapporteur de la mission d'information sur le statut des élus locaux[12]. Il formule des propositions pour ouvrir l'accès à la fonction d'élu local aux catégories sociales et professionnelles les moins bien représentées : jeunes actifs, salariés du privé notamment[12]. Ce rapport débouche sur une proposition de loi dont il est le rapporteur[13] et qui renforce les droits et les devoirs des élus locaux. Le texte prévoit notamment :

  • Des sanctions pour les conseillers départementaux et régionaux absentéistes par une retenue sur leur indemnité, comme cela est le cas pour les députés[14].
  • Une réforme de l'allocation différentielle de fin de mandat, passant de 6 à 12 mois mais dont le montant est désormais dégressif : cette allocation remplace l'allocation chômage des salariés du privé, que les élus ne peuvent pas toucher. Elle permet à certains élus locaux battus aux élections de se réinsérer sur le marché du travail, lorsqu'ils n'étaient pas auparavant fonctionnaires ou retraités[15].  « En 2008, à l’issue des élections municipales et cantonales, seules 134 allocations avaient été versées (à 117 élus municipaux, 16 siégeant à une intercommunalité et 1 vice-président de conseil général) » rappelait La Croix[16].

Cette dernière mesure fait l'objet d'une polémique, certains journaux accusant les parlementaires d'avoir adopté ce texte juste avant les élections départementales de 2015, de nombreux élus socialistes risquant de perdre leur poste. Or :

  • Toutes les nouvelles dispositions de loi entreront en vigueur au 1er janvier 2016, et ne bénéficieront donc pas aux élus battus aux élections départementales et régionales de 2015[17].
  • L'allocation différentielle de fin de mandat ne peut pas être demandée par les simples conseillers départementaux, régionaux, ou municipaux[16] : elle concerne uniquement les élus ayant des fonctions exécutives (présidents et vice-présidents des assemblées départementales et régionales, maires des communes de 1000 habitants au moins, adjoints des communes de 10000 habitants au moins)[18].
  • Par ailleurs, le texte était en discussion depuis 2012[19], et n'a donc pas fait l'objet d'une inscription particulière à l'ordre du jour pour être adopté avant un scrutin en particulier.

Mandats[modifier | modifier le code]

Affaire judiciaire[modifier | modifier le code]

À la suite de deux plaintes déposées par son prédécesseur à la mairie d'Argenteuil à l'été 2014 pour des faits supposés de favoritisme, complicité et recel de ce délit, trafic d'influence, détournement de fonds publics, et abus de confiance aggravés, une enquête préliminaire est ouverte en janvier 2015 par le Parquet national financier (PNF) sur la gestion de Philippe Doucet entre 2008 et 2014[20]. Ce dernier est accusé par Georges Mothron, actuel maire Les Républicains d'Argenteuil, d'irrégularités dans la conduite des affaires de la ville. Le maire d'Argenteuil s'appuie en effet sur un rapport de la Chambre régionale des comptes de juillet 2014[21], faisant état d'un déficit de 17 millions d'euros du compte administratif de la ville fin 2013, soit près de 12 % du budget de fonctionnement de la ville. En grave difficulté financière, la ville a échappé de peu à une mise sous tutelle de la préfecture du Val d'Oise en avril 2015 en contrepartie de sévères engagements d'assainissement budgétaire[22].

Philippe Doucet n'a pas été sollicité par la justice[23]. Une information judiciaire a été ouverte sur cette affaire par le pôle financier du tribunal de grande instance de Paris début février 2016[24].

Cette procédure s'inscrit dans un contexte local d'opposition forte entre Georges Mothron et Philippe Doucet, décrit notamment par un reportage de L'Express intitulé « Argenteuil : la guerre des maires »[25].

D'après Le Parisien, le juge Serge Tournaire chargé de l'enquête a demandé un réquisitoire supplétif afin d'élargir celle-ci à des éléments potentiellement constitutifs d'emplois fictifs au sein du cabinet de l'ancien maire d'Argenteuil[26].

Controverse[modifier | modifier le code]

L'émission Envoyé spécial du 21 mai 2015 consacre un reportage aux relations de Philippe Doucet avec le communautarisme religieux[27].

Laurence Marchand-Taillade accuse Philippe Doucet de détourner les principes de la laïcité afin de capter une partie du vote confessionnel musulman, notamment en faisant campagne dans une mosquée ou en « installant et pérénnisant des filières salafistes »[28].

Il est accusé par le nouveau maire, Georges Mothron (UMP), d'avoir accordé des locaux à la mosquée locale sans faire payer de loyer et sans budgétiser les travaux d'un montant de 400 000 €[29]. Le maire actuel faisait campagne en 2014 devant les mêmes mosquées en distribuant des tracts dénonçant le mariage pour tous, comme le rapportait Libération[30]. Par ailleurs, en 2016, une controverse naît au sujet du port du voile de l'adjointe chargée de l'enfance au sein de l'équipe du maire Georges Mothron[31]. Interrogé par Europe 1, Philippe Doucet déclarait à ce sujet que « du point de vue de la légalité, rien ne s'y oppose », mais que pour autant « c'est symptomatique de [...] la droite locale [qui] essaye d'envoyer un message à la communauté musulmane d'Argenteuil. Cela fait partie de la construction communautariste de la politique de Georges Mothron. Les Argenteuillais ont peut-être été dupes au moment des élections, surtout de la part de quelqu'un qui vient de la droite populaire, la droite saucisson et vin rouge. »[32].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Le pôle des réformateurs », sur Le Pôle des Réformateurs (consulté le 2 avril 2015)
  2. « Conseil communautaire de l'Agglomération Argenteuil-Bezons », sur Agglomération Argenteuil-Bezons, (consulté le 2 avril 2015)
  3. « Argenteuil - Bezons : le casse-tête de la dissolution d'une agglo de 650 agents »
  4. Vidéo d'actualités sur « VO news ».
  5. Article Au PS, la diversité diversement appréciée, lepoint.fr, 16 décembre 2007.
  6. « Le Monde - résultats élections Argenteuil 2014 », sur www.lemonde.fr, (consulté le 2 avril 2015)
  7. http://www.20minutes.fr/article/304588/Politique-Une-dizaine-de-partisans-de-Royal-entrent-a-la-direction-du-PS.php
  8. « Philippe Doucet », sur Parti socialiste (consulté le 21 juillet 2015)
  9. « Un député PS proche de Manuel Valls : "Nous sommes des frondeurs de l'aile droite" », sur lelab.europe1.fr, (consulté le 10 décembre 2015)
  10. « Primaire à gauche : Valls présente son QG et son état-major de campagne », lesechos.fr, 14 décembre 2016.
  11. « Laïcité : mes deux propositions pour respecter l'engagement de François Hollande », sur leplus.nouvelobs.com (consulté le 2 avril 2015)
  12. a et b http://www.assemblee-nationale.fr/14/rap-info/i1161.asp
  13. http://www.assemblee-nationale.fr/14/dossiers/faciliter_exercice_elus_locaux_mandat.asp
  14. http://www.assemblee-nationale.fr/14/cri/2014-2015/20150187.asp#P485258
  15. Des élus se sont-ils vraiment attribué un « parachute doré » ?, lemonde.fr, 25 mars 2015
  16. a et b « Pas de parachute doré pour les anciens conseillers généraux | La-Croix.com - France », sur www.la-croix.com (consulté le 4 avril 2015)
  17. Une loi pour renforcer l'indemnisation des élus battus dans les urnes, lefigaro.fr, 19 mars 2015
  18. « Assemblée nationale - Pouvoirs publics : exercice de leur mandat par les élus locaux », sur www.assemblee-nationale.fr (consulté le 4 avril 2015)
  19. « Dossier législatif de la loi visant à faciliter l'exercice, par les élus locaux, de leur mandat », sur Site du Sénat, (consulté le 4 avril 2015)
  20. « Argenteuil: Enquête préliminaire ouverte sur la gestion de l'ancien maire — 20minutes.fr », sur m.20minutes.fr (consulté le 6 octobre 2015)
  21. Cour des Comptes, « Commune d'Argenteuil (Val-d'Oise) / Publications / Publications / Accueil / Cour des Comptes - Cour des comptes », sur www.ccomptes.fr (consulté le 6 octobre 2015)
  22. « Argenteuil échappe à la mise sous tutelle » (consulté le 6 octobre 2015).
  23. « Argenteuil: Enquête préliminaire ouverte sur la gestion de l'ancien maire », sur m.20minutes.fr (consulté le 10 décembre 2015)
  24. Isabelle Kersimon, Argenteuil : ce que pourrait cacher le voile de la conseillère municipale, lepoint.fr, 2 mars 2016.
  25. « Argenteuil: la guerre des maires », sur www.lexpress.fr (consulté le 10 décembre 2015).
  26. « Un proche de Manuel Valls dans le viseur de la justice », leparisien.fr,‎ (lire en ligne)
  27. Envoyé Spécial, 21 mai 2015.
  28. Témoignage : quand les élus locaux flirtent avec l'islam radical, lefigaro.fr, 30 novembre 2015 : « une dette d'un montant de 90 000 euros dus à la ville par l'association cultuelle salafiste… »
  29. Mothron et Doucet s'opposent sur la mosquée As salam d'Argenteuil, leparisien.fr, 20 mai 2015.
  30. « A Argenteuil, Mothron se tourne vers La Mecque », sur Libération.fr (consulté le 14 juin 2016).
  31. Directmatin, « Le port du voile par une adjointe au maire d'Argenteuil fait débat | www.directmatin.fr », sur www.directmatin.fr (consulté le 14 juin 2016).
  32. « Le port du voile par une élue Les Républicains d'Argenteuil fait débat - Le Lab Europe 1 », sur lelab.europe1.fr (consulté le 14 juin 2016).

Liens externes[modifier | modifier le code]