Philippe Boegner

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Boegner.
Philippe Boegner
une illustration sous licence libre serait bienvenue
Biographie
Naissance
Décès
Nationalité
Activité

Philippe Boegner (7 janvier 1910, Aouste-sur-Sye, Drôme - 14 octobre 1991, Boulogne-Billancourt, Hauts-de-Seine) est un journaliste, patron de presse et écrivain français, qui participa à la Résistance. Il fut successivement à la direction de Marie Claire, Paris Soir et de Paris Match.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils du pasteur Marc Boegner, l'une des grandes figures du protestantisme français, Philippe Boegner commence sa carrière dans la presse d’avant-guerre. Au même moment, il fait ses premières armes dans l’édition, avec Et puis après ?, première traduction française, en 1933 [1], d’un roman de l’écrivain allemand Hans Fallada, de 1932, intitulé : Kleiner Mann, Was nun ?, dont les protagonistes sont un jeune couple victime de la crise économique et de l'inflation qui frappent l'Allemagne dans les années 1920.

Comme de nombreux journalistes, il participe à la rédaction du journal La Lutte des jeunes, lancé deux semaines après les émeutes du 6 février 1934, avec Pierre Drieu la Rochelle, Pierre Frédérix, Pierre Mouton (journaliste), Bertrand de Jouvenel, Henri Lefort, Pierre Norgueuv, Georges Roditi, et Guy Zucarelli[2]. Il devient ensuite rédacteur en chef de Vu et de Marie Claire, le journal créé en 1937 par l'industriel Jean Prouvost.

Sous l'Occupation, resté proche de Jean Prouvost, il est journaliste et secrétaire général de Paris Soir à Lyon, ville dans laquelle il participe le 31 décembre 1943, à une opération-surprise : un faux numéro du journal Le Nouvelliste, tiré à 30 000 exemplaires, distribué dans les kiosques et chez les marchands de journaux lyonnais par la Résistance lyonnaise[3].

Après guerre, son ex-employeur Jean Prouvost, devenu l'éphémère ministre de l’Information du gouvernement de Paul Reynaud, est menacé d’un procès pour collaboration. Il l'aide à démontrer, comme le dira un arrêt de la Chambre d’accusation de la Haute Cour de Justice en 1947, qu'il s’est "réhabilité en prenant une part efficace, active et soutenue à la Résistance contre l’occupant". Puis il rejoint Paris Match, l’un des journaux de l’industriel, avec Gaston Bonheur et sa bande, dont Roger Thérond[4].

Nommé directeur de Paris Match, il réussit l’un des premiers "coups" de l’hebdomadaire, en signant un chèque de 600 000 francs pour racheter une série de photos montrant l’exploit de l’alpiniste Maurice Herzog, victorieux de l’Annapurna[4].

Il collabore aussi à Paris Jour, quotidien lancé en 1959 par le groupe de presse de Cino Del Duca, repreneur de Franc-Tireur. Mélomane avisé et passionné, il se rend trois ou quatre fois par semaine, au Théâtre des Champs-Élysées ou à la Salle Gaveau, lorsqu'il dirige dans les années soixante le Candide (journal), qui s'appelle alors Le Nouveau Candide.

En 1982, dans son livre « Ici, on a aimé les juif » (Lattès), il raconte la courageuse résistance des habitants du village protestant de Chambon-sur-Lignon, en Haute-Loire, pendant les années 1942-1944, à l'initiative des pasteurs André Trocmé et Edouard Theis. Puis rédige en 1992 une biographie de son père, figure du protestantisme, sous la forme des carnets de ce dernier, annotés. Philippe Boegner, grand fumeur, a fait face à un cancer de la gorge qui a entraîné l’ablation d'une corde vocale.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Les Punis
  • Un dîner en ville
  • Boegner, 1940-1945). Carnets, présentés et annotés par Philippe Boegner, Fayard, 1992.
  • Oui patron…
  • Ici on a aimé les Juifs, J.-C. Lattès, 1982

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Notice bibliographique de la Bibliothèque nationale de France.
  2. "Henry, Robert et Bertrand de Jouvenel: Crise et métamorphoses de l'État démocratique, 1900-1935. Colloque du 26 janvier 2001", par Gilles Le Béguec, Christine Manigand - 2004 - [1]
  3. « La Résistance à Lyon » sur Culture libre
  4. a et b Paris Match: le magazine « institution nationale », par Marc Mentré, sur le Blog Média trends

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Patrick Cabanel, « Philippe Boegner », in Patrick Cabanel et André Encrevé (dir.), Dictionnaire biographique des protestants français de 1787 à nos jours, tome 1 : A-C, Les Éditions de Paris Max Chaleil, Paris, 2015, p. 335 (ISBN 978-2846211901)

Liens externes[modifier | modifier le code]