Philippe Béziat
| Nationalité | Française |
|---|---|
| Profession | Réalisateur, metteur en scène |
| Films notables |
Pelléas et Mélisande, le chant des aveugles (2009) Traviata et nous (2012) Noces, Stravinsky/Ramuz (2012) Indes Galantes (2021) Nous l'Orchestre (2026) |
| Site internet | lesfilmspelleas.com/personne/philippe-beziat |
Philippe Béziat est un réalisateur français. Il réalise des documentaires consacrés à l'opéra, à la musique classique et au théâtre musical, ainsi que des captations de spectacles vivants pour le cinéma et la télévision.
Parcours
[modifier | modifier le code]Philippe Béziat développe un travail consacré aux relations entre cinéma et musique vivante[1],[2]. Il réalise des films construits à partir de répétitions, de représentations et de processus de création, en suivant des artistes, des orchestres et des metteurs en scène pendant plusieurs mois[1],[3].
Dans un entretien accordé au Figaro en avril 2026, il explique que Nous l'Orchestre prolonge son intérêt pour les rapports entre cinéma et musique, tout en l’amenant à changer de répertoire pour explorer le monde symphonique ; il y précise aussi que l’installation des caméras au cœur de l’orchestre a demandé quatre ans[4]. Dans un entretien accordé à Musique émoi en 2026, il indique que l'écoute, durant son enfance, du Requiem d'Hector Berlioz a contribué à son intérêt pour la spatialisation du son[5]. Il y évoque également le documentaire Nous l'Orchestre, consacré aux musiciens de l'Orchestre de Paris[4],[5].
Il collabore régulièrement avec des institutions comme l'Opéra national de Paris[6], la Philharmonie de Paris[3], le Festival international d'art lyrique d'Aix-en-Provence[6] et des sociétés de production spécialisées dans la musique[2].
Cinéma
[modifier | modifier le code]Pour le cinéma, Philippe Béziat réalise quatre documentaires centrés sur l'opéra.
En 2009, il réalise Pelléas et Mélisande, le chant des aveugles, avec Olivier Py et Marc Minkowski[6],[2].
En 2011, il réalise Noces, Stravinsky/Ramuz, avec Dominique Reymond et Mirella Giardelli[2].
En 2012, il réalise Traviata et nous, qui suit la mise en scène de La traviata par Jean-François Sivadier au Festival international d'art lyrique d'Aix-en-Provence en 2011, avec Natalie Dessay[6].
En 2021, il réalise Indes Galantes, qui documente la création des Indes galantes de Jean-Philippe Rameau à l'Opéra Bastille par le metteur en scène Clément Cogitore et la chorégraphe Bintou Dembélé, avec Leonardo García-Alarcón et une trentaine de danseurs de hip-hop, krump, break et voguing[2]. Le film est nommé au César du meilleur documentaire en 2022 et comptabilise près de 90 000 entrées en France[2].
En 2026, il réalise Nous l'Orchestre, documentaire de 90 minutes tourné pendant un an au sein de l'Orchestre de Paris à la Philharmonie de Paris, sous la direction de Klaus Mäkelä et de chefs invités[3],[4]. Le film sort en salles en France le [3].
Télévision et captations
[modifier | modifier le code]Pour la télévision, Philippe Béziat réalise plusieurs documentaires musicaux, dont De mémoire d'orchestre – L'Orchestre national de France en 2004, coécrit avec Christian Labrande pour Arte[2], Claudio Monteverdi, aux sources de l'opéra en 2017 et Jacques Prévert, paroles inattendues en 2017[2].
Il filme également des spectacles vivants. Il capte La pietra del paragone de Gioachino Rossini, Pop'pea, opéra-rock d'après Claudio Monteverdi, Les Contes d'Hoffmann mis en scène par Olivier Py, ainsi que des productions de Pelléas et Mélisande et du Ring mises en scène par Robert Wilson[6].
Entre 2020 et 2022, il met en images pour la caméra Italienne, scène et orchestre de Jean-François Sivadier, David et Salomon d'Heinrich Schütz par Les Cris de Paris, Dom Juan de Molière mis en scène par Emmanuel Daumas pour la Comédie-Française, et la Symphonie nº 2 de Gustav Mahler dirigée par Esa-Pekka Salonen avec l'Orchestre de Paris[2].
Mise en scène
[modifier | modifier le code]En parallèle de son activité de réalisateur, Philippe Béziat met en scène ou collabore à la mise en scène de spectacles musicaux. Il participe à 200 Motels de Frank Zappa en 2018, à Pelléas et Mélisande de Claude Debussy en 2018 avec Florent Siaud et Marc Minkowski, et à La Grande Duchesse d'après Jacques Offenbach en 2013[2].
Démarche
[modifier | modifier le code]Philippe Béziat décrit son travail comme une adaptation cinématographique de partitions musicales. Il déclare : « Moi je fais des films en adaptant des musiques »[1].
Selon lui, ses films associent le récit de l'œuvre interprétée et celui de sa préparation, des répétitions jusqu'à la représentation[1].
Réception
[modifier | modifier le code]La réception de ses films est généralement marquée par des appréciations favorables sur leur manière de filmer le travail artistique, les répétitions et la fabrication du spectacle. À propos de Pelléas et Mélisande, le chant des aveugles, Critikat salue un film qui relève à la fois de l'esthétique musicale, de la création et du ravissement sensoriel, et le décrit comme une œuvre cinématographique de tout premier plan[7]. Pour Noces, la même revue souligne un film « convaincant » et un dispositif qui permet de rendre visible la musique[8]. Traviata et nous est décrit comme davantage qu'un simple making of, grâce à son suivi de la production dans une logique de travail en cours[9].
Indes galantes reçoit également un accueil positif. Sur SensCritique, le film obtient une note moyenne de 7,1/10 et les commentaires mettent en avant l'énergie du film, la danse et la rencontre entre cultures urbaines et chant lyrique[10]. Le Monde y voit un document précieux sur la portée politique de la création de Clément Cogitore, tandis que Télérama parle d'un documentaire remarquable et insiste sur son intelligence de mise en abyme[11],[12].
La réception de Nous l'Orchestre mêle des éloges sur l'immersion sonore et des réserves sur son accessibilité. Télérama souligne le caractère bouleversant du portrait de l'Orchestre de Paris et la volonté de rendre le film accessible à un public large[13]. Le Monde insiste sur le film comme microcosme du collectif et du vivre-ensemble, tandis que Le Parisien relève une expérience sensorielle réussie mais plus exigeante pour le spectateur non mélomane[14],[15].
Filmographie
[modifier | modifier le code]Cinéma
[modifier | modifier le code]| Année | Titre | Fonction |
|---|---|---|
| 2009 | Pelléas et Mélisande, le chant des aveugles | Réalisateur[2] |
| 2012 | Noces, Stravinsky/Ramuz | Réalisateur[2] |
| 2012 | Traviata et nous | Réalisateur[6] |
| 2021 | Indes Galantes | Réalisateur[2] |
| 2026 | Nous l'Orchestre | Réalisateur[3] |
Télévision
[modifier | modifier le code]| Année | Titre |
|---|---|
| 2004 | De mémoire d'orchestre – L'Orchestre national de France[2] |
| 2017 | Claudio Monteverdi, aux sources de l'opéra[2] |
| 2017 | Jacques Prévert, paroles inattendues[2] |
Courts métrages
[modifier | modifier le code]- 1998 : Le JT, petit opéra, d'après Fearful Symmetries de John Adams[6]
- 2003 : Musica da camera, d'après Madrigals de George Crumb[2]
- 2019 : Le Crépuscule des dieux, coréalisé avec Gordon pour la 3e Scène de l'Opéra de Paris[2]
Distinctions
[modifier | modifier le code]- 2022 : nomination au César du meilleur film documentaire pour Indes Galantes[2]
- 2022 : nomination au Prix Lumières pour Indes Galantes[2]
Références
[modifier | modifier le code]- 1 2 3 4 « Parole de cinéaste : Philippe Béziat », sur Le cinéma documentaire de A à Z, (consulté le )
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 « Philippe Béziat », sur Les Films Pelléas (consulté le )
- 1 2 3 4 5 « Nous l'Orchestre – Entretien avec le réalisateur Philippe Béziat », sur Philharmonie de Paris (consulté le )
- 1 2 3 « Philippe Béziat : « Il a fallu pas moins de quatre ans pour installer les caméras au cœur de l’orchestre » », sur Le Figaro, (consulté le )
- 1 2 « Philippe Béziat, réalisateur : « L'écoute, enfant, du Requiem de Berlioz m'a sensibilisé à la spatialisation du son » », sur Musique émoi / France Musique (Apple Podcasts), (consulté le )
- 1 2 3 4 5 6 7 « Philippe Béziat – Réalisation », sur Opéra national de Paris (consulté le )
- ↑ « Critique : Pelléas et Mélisande, le chant des aveugles », sur Critikat, (consulté le )
- ↑ « Critique : Noces », sur Critikat, (consulté le )
- ↑ « Traviata et nous », sur Critikat, (consulté le )
- ↑ « Indes galantes - Documentaire (2021) », sur SensCritique (consulté le )
- ↑ « « Indes galantes » ou comment Clément Cogitore a réalisé un choc esthétique et politique avec l’œuvre de Rameau », sur Le Monde, (consulté le )
- ↑ « « Indes galantes » : quand la danse de rue fusionnait avec le lyrique à l’Opéra Bastille », sur Télérama, (consulté le )
- ↑ « Philippe Béziat : “Avec ‘Nous l’Orchestre’, j’ai voulu faire un film accessible à ceux qui n’écoutent pas France Musique” », sur Télérama, (consulté le )
- ↑ « Dans « Nous l’orchestre », Philippe Béziat filme la musique, cette magie collective, en train de se faire », sur Le Monde, (consulté le )
- ↑ « « Nous l’orchestre » de Philippe Béziat : une partition bien réglée mais quelques fausses notes », sur Le Parisien, (consulté le )
Liens externes
[modifier | modifier le code]- Ressources relatives à l'audiovisuel :
- Ressources relatives à la musique :
- Ressource relative au spectacle :