Philippe Aubert de Gaspé

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Page d'aide sur l'homonymie Pour le fils de Philippe Aubert de Gaspé, né en 1814 et mort en 1841, voir Philippe Aubert de Gaspé, fils.
Philippe Aubert de Gaspé
Description de l'image Philipe Joseph Aubert de Gaspé.jpg.
Naissance
Ville de Québec, Drapeau : Québec Québec
Décès (à 84 ans)
Ville de Québec, Drapeau : Québec Québec
Activité principale
Auteur
Langue d’écriture Français

Philippe Aubert de Gaspé (né le à Québec, mort le à Québec) est le dernier seigneur de Saint-Jean-Port-Joli et un écrivain québécois, auteur du roman Les Anciens Canadiens[1]. Cette œuvre gaspéenne[2] eut un durable succès (on compte une trentaine de retirages), fut traduite en anglais et en espagnol et portée à la scène. Aubert de Gaspé est souvent considéré comme le premier romancier québécois[3], honneur aussi attribué à son fils, Philippe-Ignace-François Aubert de Gaspé, auteur de L'influence d'un livre[4]. Après les Anciens Canadiens, il rédige également ses Mémoires.

Biographie[modifier | modifier le code]

Manoir de Philippe Aubert de Gaspé, Saint-Jean-Port-Joli

Philippe Aubert de Gaspé descend de l'homme d'affaires Charles Aubert de La Chesnaye. Il naît à Québec. Il y fait ses études au petit Séminaire de 1798 à 1806. Il devient avocat en 1811. De 1804 à 1816, il est tour à tour lieutenant de milice de Québec, puis capitaine et major, et enfin shérif du district de Québec. Puis il se trouve de l'autre côté de la barrière puisque reconnu coupable de détournement de fonds. Destitué de ses fonctions, il se réfugie au domaine de sa mère à Saint-Jean-Port-Joli. De 1838 à 1841, il est emprisonné pour dette.

Philippe Aubert de Gaspé revient à Québec en 1842. Ce n'est qu'en 1863, alors qu'il est âgé de soixante-quatorze ans, qu'il publie Les Anciens Canadiens, roman qui se déroule dans la Seigneurie de Saint-Jean-Port-Joli au moment de la Conquête. La sortie du livre est un succès retentissant. La publication des Anciens Canadiens sera suivi en 1866 par celle de ses Mémoires, qui contient une foule d'anecdotes sur la société québécoise de la fin du XVIIIe et du début du XIXe siècle.

Philippe Aubert de Gaspé décède à Québec en 1871.

La municipalité de Saint-Aubert (Québec) a été nommée en son honneur.

Il est le père de Philippe-Ignace-François Aubert de Gaspé[1].

Le fonds d'archives de Philippe Aubert de Gaspé est conservé au centre d'archives de Québec de Bibliothèque et Archives nationales du Québec[5].

Influence culturelle[modifier | modifier le code]

L'oeuvre de Philippe Aubert de Gaspé laisse une empreinte durable dans la représentation collective que l'on se fait du régime seigneurial au Québec. Selon l'historien Benoît Grenier, « multitude d'auteurs [ont] adopté ou subi l'influence de la vision gaspéenne du régime seigneurial[6] », une vision qui représentait les rapports entre seigneurs et censitaires comme harmonieux.

Œuvre[modifier | modifier le code]

Philippe Aubert de Gaspé
Philippe Aubert de Gaspé, vers 1863-1864

Roman[modifier | modifier le code]

Autobiographie[modifier | modifier le code]

Autres publications[modifier | modifier le code]

  • Divers (1893)
Note : Certaines nouvelles, éditées par son fils, Alfred Aubert de Gaspé, ont paru en 1866 dans le Foyer canadien : Femme de la tribu des Renards ; Le Loup-Jaune ; La Statue du général Wolfe ; Le Village indien de la Jeune-Lorette.

Hommages[modifier | modifier le code]

Char allégorique du défilé de la Saint-Jean-Baptiste à Montréal consacré à Philippe Aubert de Gaspé.
  • Une rue est nommée en son honneur dans la ville de Québec.
  • À Montréal, la rue De Gaspé est voisine de la rue Henri-Julien dans Villeray et le Plateau, et à deux rues de celle-ci dans Petite-Patrie. (Henri Julien ayant été illustrateur pour une réédition du livre Les anciens canadiens)
  • Sur cette même rue De Gaspé se situe une école appelée Philippe-Aubert-de-Gaspé qui existe depuis plus de 100 ans. Elle fut au fil du temps une école d'enseignement primaire et secondaire (aujourd'hui l'école Ste-Cécile de la CSDM), abritant même pendant les années 1960 une section dite classique où l'enseignement des classes des Éléments latins jusqu'à la Versification était offert à des élèves du quartier doués pour les études mais dont les parents, aux revenus modestes, ne pouvaient leur payer l'accès aux grands collèges classiques.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Luc Lacoursière, « Aubert de Gaspé, Philippe-Joseph », dans Dictionnaire biographique du Canada en ligne, consulté le 27 mai 2009
  2. Relativement à Philippe Aubert de Gaspé, il est préférable d'employer l'adjectif gaspéen et non l'adjectif gaspésien, selon Gabriel Martin, « Un hommage gaspéen ou gaspésien? », L’Actualité langagière (Bureau de la traduction du Canada), vol. 9, no 3,‎ , p. 33-34 (lire en ligne)
  3. [1]
  4. [2]
  5. Fonds Philippe Aubert de Gaspé (MSS42) - Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ).
  6. Grenier, Benoît, « Régime seigneurial au Québec », Encyclopédie du patrimoine culturel de l'Amérique française. En ligne. http://www.ameriquefrancaise.org/fr/article-404/

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • L'Encyclopédie de L'Agora, « Dossier Philippe Aubert de Gaspé », dans L'Encyclopédie de L'Agora, 25 mai, 2006
  • Samuel Baillargeon, « Un conteur des temps anciens », Littérature canadienne-française, 2e édition, Montréal, Fides, 1960, pp. 127–132.
  • Marc-André Bernier et Claude La Charité (dir.), Philippe Aubert de Gaspé mémorialiste, Québec, Presses de l'Université Laval, coll. Cultures québécoises, 2009.
  • Henri-Raymond Casgrain, Philippe Aubert de Gaspé, Québec : Léger Brousseau, 1871, 125 p. (en ligne)
  • Jacques Castonguay, Philippe Aubert de Gaspé : seigneur et homme de lettres, Sillery, Septentrion, 1991, 202 p. (ISBN 292111450X) (aperçu) [biographie]
  • Luc Lacoursière, « Aubert de Gaspé, Philippe-Joseph », dans Dictionnaire biographique du Canada en ligne, 2000 [paru dans DBC, vol. X, Québec, PUL, 1972, p. 19-24.]
  • Luc Lacoursière, « Philippe Aubert de Gaspé, 1786-1841 », Les Cahiers des Dix, Montréal, vol. 41, 1976, pp. 191–204.
  • Roger Le Moine, « Philippe Aubert de Gaspé ou les affaires du bon gentilhomme », Les Cahiers des Dix, vol. 57, 2004, pp. 299–323.
  • Jacques Saint-Pierre, « Philippe Aubert de Gaspé, le chantre de la Côte-du-Sud », dans Encyclobec, 5 mai 2003

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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