Philibert Jean-Baptiste Curial

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Philibert Curial
Philibert Jean-Baptiste Curial
Portrait du comte Curial (1820).

Naissance
Saint-Pierre-d'Albigny
Décès (à 55 ans)
Paris
Origine Savoie
Allégeance Savoie
France
Arme Infanterie
Grade Général de division
Années de service 1792-1825
Conflits Guerres de la Révolution française
Guerres napoléoniennes
Expédition d'Espagne
Distinctions Comte de l'Empire
Grand-croix de la Légion d'honneur
Grand-croix de l'Ordre de la Réunion
Commandeur de Saint-Louis
Autres fonctions Pair de France
Famille Jacques Claude Beugnot (beau-père)
Napoléon Joseph Curial (fils)

Philibert Curial, comte Curial, né le à Saint-Pierre-d'Albigny en Savoie et mort le à Paris, est un général français de la Révolution et de l’Empire.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines familiales[modifier | modifier le code]

Il est le fils de François Joseph Curial (1740-1801) et son épouse, Marie Domenget. Son père est juge au tribunal civil du Mont-Blanc, député du Mont-Blanc au Conseil des Anciens.

De la Révolution à l'Empire[modifier | modifier le code]

Lorsque les Français envahissent la Savoie en 1792, le jeune Curial embrasse la carrière militaire. Il fait ses premières armes dans la légion des Allobroges, avec le grade de capitaine. Il est envoyé, par la Convention, dans le Midi sous le commandement du général Carteaux, pour poursuivre les insurgés fédéralistes. Il rejoint ensuite l'armée d'Italie, et de là, il passe en Égypte, assiste à presque tous les combats que les armées françaises livrent dans cette contrée, et est promu au grade de chef de bataillon en 1799. Nommé colonel du 88e régiment d'infanterie le 12 frimaire an XII, il reçoit la décoration de la Légion d'honneur le 19 du même mois, celle d'officier le 25 prairial suivant, et combat avec distinction à Austerlitz. Sa conduite pendant cette grande bataille lui vaut la croix de commandeur de la Légion d'honneur, qu'il reçoit le 4 nivôse an XIII, et le grade de colonel-major du 2e régiment de chasseurs-à-pied de la Garde impériale.

Curial se fait particulièrement remarquer à Eylau, signalant de nouveau son courage à Friedland, il est élevé au grade de général de brigade, et obtient le titre de baron de l'Empire en 1808. C'est lui qui décide du succès de la bataille d'Essling, en enlevant le village de ce nom qui avait résisté à sept attaques consécutives. Ce fait d'armes lui vaut le grade de général de division, que l'empereur lui confère le 5 juin 1809. De retour à Paris, le général Curial épouse la fille du comte Beugnot, conseiller d'État. Il fait la campagne de Russie (1812) à la tête des chasseurs de la Garde, et y déploie beaucoup de courage. Après avoir échappé aux désastres de cette expédition, il est chargé par l'empereur, en 1813, d'organiser douze nouveaux bataillons de la Jeune Garde, dont le commandement lui est confié. Il conduit ces troupes en Saxe, participe le 16 octobre, à la bataille de Wachau, où il s'empare de la position de Dolitz, culbute l'ennemi dans la rivière de la Pleiss, et lui enlève un grand nombre de combattants, parmi lesquels se trouvait le général autrichien Merfeldt.

Le 30 du même mois, il contribue puissamment à repousser les efforts des Austro-Bavarois qui voulaient couper la retraite de l'armée française à Hanau. Il obtient, en récompense des éminents services qu'il avait rendus dans cette circonstance, la grand-croix de l'Ordre de la Réunion. Curial prend part à tous les combats de la campagne de France, et se distingue particulièrement aux batailles de Vauchamps, de Craonne sous l'empereur, et de Paris sous Mortier. L'Empereur le crée comte de l'Empire le 22 mars 1814.

D'une Restauration à l'autre[modifier | modifier le code]

Le général Curial étant un des premiers officiers généraux qui donnent leur adhésion aux actes du Sénat conservateur et font leur soumission à Louis XVIII, le roi le crée chevalier de Saint-Louis le 2 juin, pair de France le 4 juin, grand officier de la Légion d'honneur et commandant de la 19e division militaire le 14 juillet. Au même moment son beau-père, le comte Beugnot, est nommé directeur de la police. Devenu grand-croix du même ordre le 14 février 1815, il est créé gentilhomme de la chambre du roi. À son retour de l'île d'Elbe, Napoléon ne le traite pas avec autant de faveur. Le général Curial perd le commandement des chasseurs de la Garde, qui est confié au général Morand et reçoit l'ordre de se rendre à Lyon pour y être employé avec son grade à l'armée des Alpes sous les ordres du maréchal Suchet. L'Empereur ne l'appelle pas à la Chambre des pairs qu'il venait de créer.

Néanmoins, au second retour du roi, le comte Curial retrouve toutes ses dignités civiles et militaires. Employé dans l'armée comme inspecteur général d'infanterie, il reprend son siège au palais du Luxembourg, où il vote pour la déportation dans le procès du maréchal Ney. Curial commande en 1823, la 5e division qui est employée en Catalogne, sous les ordres du maréchal Moncey. Il se distingue le 9 juillet à l'attaque de Molins de Rei sous Barcelone, et repousse plusieurs fois la garnison de cette ville dans les différentes sorties qu'elle fait pendant la campagne. Sa faveur augmentant de plus en plus, il est nommé commandeur de Saint-Louis le 20 août 1823, premier chambellan et grand maître de la garde-robe du roi. C'est en cette qualité qu'il assiste le 29 mai 1825, au sacre de Charles X. Pendant le voyage de Reims, il fait une chute grave. Depuis cette époque sa santé s'altère chaque jour davantage, et il se voit bientôt forcé par la maladie de renoncer à la vie active pour vivre dans la retraite la plus absolue.

Alors la révolution commençait à se montrer ouvertement : la France s'apprête au grand jour à secouer le trône des Bourbon et chaque parti combine ses moyens d'attaque ou de défense. Dans le camp royaliste, on convient éventuellement de confier au maréchal Marmont le commandement général de la ville de Paris. Ce choix, blâmé par plusieurs hauts personnages, ne trouve pas grâce devant Curial, attaché de cœur à Charles X, le premier chambellan, avant de se retirer de la lutte, se fait transporter chez le roi et lui dit ces dernières paroles :

« Je viens prendre congé du roi et de la vie ; la brièveté des jours qui me restent à vivre me dispense de toute autre pensée que l'attachement personnel et profond que j'ai pour Votre Majesté. Permettez un dernier conseil à mon affection. Une conspiration étendue, active, infatigable, sape votre trône ; si elle éclate et que le gouvernement soit forcé d'employer les armes pour défendre la couronne, n'ayez pas une grande confiance dans Marmont, il a trop à racheter du parti révolutionnaire, et les chefs de faction ont su lui lier les mains[1]. »

Curial n'a pas le temps de voir sombrer la monarchie bourbonienne ; il meurt à Paris le 29 mai 1829. Son nom est gravé sur l'arc de triomphe de l'Étoile, côté est.

Mariage et descendance[modifier | modifier le code]

Le 14 mars 1808, il épouse à Paris Clémentine Marie Amélie Beugnot (1788-1840), fille de Jacques Claude, comte Beugnot, conseiller d'État. Ensemble, ils ont trois enfants :

  • Napoléon Joseph (1809-1861), 2e comte Curial (1829), officier de cavalerie, conseiller général de l'Orne, pair de France (1835), maire d'Alençon, député de l'Orne, et sénateur (1852), marié, le 26 mars 1832, avec Louise Félicie Gérard, dont postérité ;
  • Marie Clémentine (1812-1889), mariée avec Louis Gabriel Le Duc, marquis de Saint-Clou ;
  • Adolphe Philibert (1814-1873), vicomte Curial, marié, le 20 février 1841, avec Marie Françoise Le Pileur de Brévannes (1821-1871), dont postérité.

La descendance de Philibert Curial compte parmi les familles subsistantes de la noblesse d'Empire.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Titres[modifier | modifier le code]

  • Baron de l'Empire par décret du 19 mars 1808, lettres patentes de mai 1808 données à Bayonne ;
  • Comte de l'Empire par décret du 29 novembre 1813, lettres patentes du 22 mars 1814 données aux Tuileries ;
  • Comte Curial et pair de France par ordonnance du 31 août 1817, lettres patentes du 10 décembre 1817.

Décorations[modifier | modifier le code]

Autres fonctions[modifier | modifier le code]

Hommages[modifier | modifier le code]

Armoiries[modifier | modifier le code]

Figure Blasonnement
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Armes du baron Curial et de l'Empire

D'or à deux lances en sautoir d'argent en abîme, chargées d'un bouclier de sable bordé d'argent portant pour emblème un foudre or et argent accompagnées de quatre étoiles d'argent; au canton dextre tête de borée au naturel soufflant d'argent, au sénestre quartier de baron sorti de l'armée; en pointe crocodile au naturel contourné, soutenu d'une rivière d'azur, et enchainé au bouclier par une chaine de sable.[3],[4],[5]

  • Livrées : bleu, rouge, Jaune, verd, dans les galons seulement[3].
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Armes du comte Curial et de l'Empire

D'or au bouclier de sable à l'orle d'argent, posé en abîme, chargé d'un foudre d'or et d'argent, traversé de deux lances, en sautoir, aussi d'argent, accompagné de quatre étoiles du même, posées en orle, adextré d'une tête de Borée au naturel, soufflant d'argent, et soutenu d'une rivière d'azur sommée d'un crocodile au naturel, contourné et enchainé au bouclier par une chaine de sable ; franc-quartier des comtes tirés de l'armée, brochant au neuvième de l'écu.[3]

  • Livrées :le couleurs de l'écu le verd en bordure seulement[3].
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Armes du comte Curial, pair héréditaire,

D’or au bouclier de sable, orlé d’argent, chargé d’un foudre d’or et d’argent, traversé par deux lances passées en sautoir d’argent, accompagné de quatre étoiles du même en orle; ledit bouclier adextré en chef d’une tête de Borée au naturel soufflant d’argent et soutenu d’une rivière d’azur, avec un crocodile au naturel contourné enchaîné au bouclier par une chaîne de sable.[6]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Alphonse de Lamartine, Histoire de la Restauration en huit volumes (1851)
  2. « Cote LH/641/50 », base Léonore, ministère français de la Culture
  3. a b c et d PLEADE (C.H.A.N. : Centre historique des Archives nationales (France)).
  4. Johannes Baptist Rietstap, Armorial général : contenant la description des armoiries des familles nobles et patriciennes de l'Europe : précédé d'un dictionnaire des termes du blason, G.B. van Goor, , 1171 p. (lire en ligne), et ses Compléments sur www.euraldic.com
  5. Source : www.heraldique-europeenne.org
  6. Source : Armory of the French Hereditary Peerage (1814-30) sur www.heraldica.org

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]