Philibert Guinier

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Philibert Guinier
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Philibert Guinier lors de sa réception à l'Académie des sciences en 1961
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Philibert Guinier ( à Grenoble - à Paris) est un membre de l’Institut de France, pionnier de l’écologie en France, forestier et botaniste[1],[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Philibert Guinier, né en 1876 à Grenoble est le fils d’Ernest Guinier (1837-1908), forestier lui-même. Son père était aussi un précurseur de l’étude des sciences naturelles en foresterie[3].

Philibert après des études brillantes, entre à l’Institut national agronomique (INA) à Paris en 1895 et à l’École nationale des eaux et forêts (ENEF) de Nancy en 1897.  Il commence sa carrière de forestier en 1900 comme garde général à Grenoble, puis rejoint l’ENEF de Nancy en 1901 d’abord comme attaché à la Station de Recherches puis comme chargé  de  cours botanique forestière de 1903 à 1941[4]. Il devient directeur de l'Ecole nationale des eaux et des forêts pendant 20 ans, de 1921 à son départ en retraite en 1941. Il a ainsi formé aux sciences biologiques des centaines d’officiers forestiers. Ses anciens élèves lui avaient donné le surnom affectueux de « la bique ».

Philibert Guinier avec la 95e promotion de l'Ecole Nationale des Eaux et Forêts à l'arboretum d'Amance (Meurthe-et-Moselle) en novembre 1920

Après ses premières années de botaniste, grâce à ses maîtres tels que Georges Le Monnier (1843-1931), Émile Schribaux (1857-1951), Henri Hitier (1864-1958), René Maire (1878-1949), il élargit son champ de connaissance et d’action à la pédologie, la génétique, le reboisement, la pathologie et la physiologie. Il participe à l’effort de guerre en 1914, par l’amélioration de l’approvisionnement en bois pour l’artillerie et l’aviation, et entreprend les premiers travaux scientifiques français sur le bois, fondant la xylologie. Il est l’auteur en 1941, de la première nomenclature AFNOR du bois.

Il est le continuateur du phytosociologue Charles Flahault (1852-1935). Il est l’animateur de la Commission nationale du peuplier créée en 1942 et de la Commission nationale du noyer.

Il est correspondant national de l’Académie d’Agriculture dès 1923 et membre en 1936. En 1929, Philibert Guinier est élu président de l'Union internationale des organismes de recherche forestière (IUFRO)[5] (ref 250 anniverssaire). En 1942, il prend en charge la conduite du Domaine forestier d’Harcourt. Il est président de la Société botanique de France en 1946. Il est membre de l’Académie des sciences en 1953 dans la section d’économie rurale, au fauteuil de Louis Lapicque (1866-1952). En 1957, il est président l’Association française pour l'avancement des sciences.

Philibert Guinier analysait les terroirs et expliquait à partir de l’histoire de leur mise en valeur, comment les paysages s’étaient progressivement constitués. Grâce à son ami Lucien Cuénot, il avait écrit, en 1912, des articles entrevoyant ce que les lois de l’hérédité et la sélection pourraient apporter à la gestion des peuplements forestiers.

Philibert Guinier écrivait : « Le forestier est un conservateur de richesses naturelles desquelles ses contemporains ont tendance à abuser. L'arbre est un être vivant, la forêt est une association d'êtres vivants qui réagissent les uns et les autres [...]. Les sciences forestières [...] reposent au premier rang sur les sciences naturelles. Pour comprendre la forêt et intervenir dans sa vie, il faut être biologiste » (discours d'accueil aux nouveaux élèves de l'ENEF en 1932).

L'école Supérieure du Bois (ESB) a ensuite été fondée sous l'impulsion de Philibert Guinier dans un double but :

  • donner une formation technique spécialisée un peu poussée aux fils d'exploitants et d'industriels du bois, à des jeunes gens curieux de ce matériau faisant ou ayant fait par ailleurs des études supérieures en faculté ou dans une grande école, ou encore à des officiers forestiers d'Outre-Mer profitant d'un congé en France ;
  • compléter les connaissances théoriques propres au matériau bois, d'utilisateurs déjà dans la vie active, travaillant par exemple à la SNCF pour les traverses de chemin de fer, aux PTT pour des poteaux de ligne, à des sociétés d'électricité (l'EDF n'existait pas encore), dans les services de l'armement, du génie ou de chantier naval ; enfin quelques étrangers venus se perfectionner en France.

Philibert Guinier est le gendre du botaniste et politique Georges Le Monnier, le beau-frère du philosophe Jacques Rennes et le père du scientifique André Guinier.

Un carrefour porte son nom, en forêt de Fontainebleau.

Décorations[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

Il est l’auteur de près de 300 publications[6].

  • Atlas des arbres, arbustes, arbrisseaux et sous-arbrisseaux croissant spontanément ou naturalisés en France et dans les régions limitrophes (1912)
  • L’enseignement à l’École des Eaux et Forêts et la carrière forestière (1932)
  • Station de recherches et d'expériences forestières de l'École nationale des eaux et forêts : douze années d'activité (1920-1931) (1932)
  • Problema de la plantación boscosa en la República argentina (1939)
  • Formation et structure du bois (1942)
  • La forêt du Gabon (1943) Préface de P. Guinier
  • Technique forestière. l'arbre et la forêt - le bois - traitement de la forêt - protection, amélioration, reconstitution, création, aménagement et utilisation de la forêt - gestion forestière. (1947 ; rééd. 1951 et 1963) avec A. Oudin et L. Schaeffer
  • Le bois (1949) Préface de P. Guinier
  • René Maire, sa vie et son œuvre (1952)
  • Sylviculture (1952) par Henri Perrin ; préface de P. Guinier ; 318 p.
  • Catalogue des espèces cultivées dans l'Arboretum des Barres (1954) ; préface de P. Guinier
  • Économie forestière nord-africaine (1958) préface de P. Guinier
  • Nécrologie de Paul Boudy, Revue forestière française, no 3, 1958, p. 219–222, [lire en ligne]
  • La forêt, cette inconnue (1961)
  • L'écologie forestière enseignée par Philibert Guinier, éd. AgroParisTech, (cours de 1932 et 1933, éd. 1995, rééd. 2011), 71 p., [présentation en ligne], (ISBN 9782857100836)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Richard Moreau et René-André Schaeffer, La forêt comtoise, Société forestière de Franche-Comté et des provinces de l'Est, 1990, pp. 311–314.
  • Jean Boulaine, Richard Moreau et Pierre Zert, Eléments d'histoire agricole et forestière, L'Harmattan, Paris, 2010, pp. 183–186.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Fiche CTHS de Philbert Guinier
  2. « Eloges funèbre de Philibert Guinier », Discours sur Philibert Guinier, par Roger Heim, prononcé lors de ses funérailles, suivi de la notice de André-Roman Prévot - 34 p., sur academie-sciences.fr, 1962 et 1963 (consulté le 12 janvier 2020)
  3. « Discours prononcés aux obsèques de M. le directeur Guinier », sur documents.irevues.inist.fr, Revue forestière française, (consulté le 12 janvier 2020)
  4. « Numismatique de l'Enseignement de la Botanique Forestière », sur saivenumismatique.fr, (consulté le 12 janvier 2020)
  5. Bernard Roman-Amat et David Gasparotto, « Un réformateur visionnaire de l'enseignement forestier : Philibert Guinier (1876-1962) », (Compte rendu des 250 ans de l'Académie d'agriculture), sur academie-agriculture.fr, (consulté le 12 janvier 2020), p. 169-171
  6. « Bibliographie des œuvres de Philibert Guinier », (32 p.), sur documents.irevues.inist.fr, Revue forestière française, (consulté le 12 octobre 2020)

Liens externes[modifier | modifier le code]

Guinier est l’abréviation botanique standard de Philibert Guinier.

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