Pharnabaze Ier d'Ibérie

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Pharnabaze Ier
Image illustrative de l'article Pharnabaze Ier d'Ibérie
Titre
Roi d'Ibérie
284234 av. J.-C.
Prédécesseur Azon de Mtskheta
Successeur Sauromace Ier
Biographie
Dynastie Pharnabazides
Date de naissance 309 av. J.-C.
Date de décès 234 av. J.-C.
Père Un prince de Mtskheta
Mère Une princesse Perse
Conjoint Une princesse Dzourdouke (tribu cartvèle du Caucase)
Enfants Sauromace Ier

Pharnabaze Ier le Grand, ou Pharnavaze Ier (Mtskheta, 309-234 av. J.-C.), est le fondateur et le premier monarque du royaume d'Ibérie, de 284 à 234 av. J.-C.

La Cartvélie avant la formation du royaume d'Ibérie[modifier | modifier le code]

En Cartvélie orientale, chaque ville avait son seigneur-maire, appelé mamasakhlissi. Le mamasakhlissi est l'équivalent de l'archonte perpétuel d'Athènes ; toutefois, il n'y a pas d'élections : la fonction de mamasakhlissi est héréditaire.

On ne connaît pas les mamasakhlissats ni les noms des mamasakhlissis, si ce n'est ceux de deux mamasakhlissis de Mtskheta : Samara et Azon (IVe siècle av. J.-C.), qui nous sont connus grâce à deux œuvres géorgiennes : Moktsevaï Karthlisaï (« Conversion de la Cartvélie », dressant une liste des rois de ce pays jusqu'à Mirvan III de Cartvélie (IVe siècle)) et Karthlis Tskhovreba (Vie de la Cartvélie, biographies des premiers rois de cette région jusqu'à l'unification de la Géorgie au XIe siècle).

Le mamasakhlissat de Mtskheta semble avoir eu un ascendant politique sur d'autres mamasakhlissis militairement plus faibles, que l'on peut qualifier de « vassaux » de Mtskheta.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines familiales et enfance[modifier | modifier le code]

Selon la légende de la Karthlis Tskhovreba, Pharnabaze Ier le Grand serait le descendant de Carthlos, fils de Togarma, qui aurait fondé la région de Cartvélie, appelée Ibérie par les Grecs et les Romains (le mot « Ibérie » vient de la ville cartvèle d'Hesper). Togarma est le fils de Gomère, aîné des fils de Japhet, fils de Noé.

Le nom du père de Pharnabaze Ier est inconnu ; toutefois, on sait qu'il est le frère du mamasakhlissi de Mtskheta : Samara.

La mère de Pharnabaze est probablement perse, originaire de la ville d'Ispahan. Selon le peu de sources qui nous sont parvenues concernant règne de Pharnabaze Ier le Grand, on sait que son oncle, Samara, est mamasakhlissi de Mtskheta. S'étant opposé aux Macédoniens lors de l'invasion de la Géorgie orientale par Alexandre le Grand, il est détrôné, tué et remplacé par l'usurpateur Azon, alors fait « patrice macédonien ». Ce dernier fait assassiner la famille de Samara. Or, la mère et ses trois enfants (Pharnabaze et ses deux sœurs) réussissent à se cacher dans les montagnes du Caucase. C'est là-haut que Pharnabaze grandit.

Conquête du pouvoir[modifier | modifier le code]

L'âge adulte atteint, Pharnabaze descend des montagnes du Caucase pour rejoindre la ville de Mtskheta (ancienne capitale du royaume de Cartvélie). Il se présente auprès du mamasakhlissi de Mtskheta Azon qui ignore son identité et l'apprécie pour ses qualités de chasseur, mais conseillé par sa mère, Pharnabaze s'enfuit de Mtskheta car Azon risque de découvrir sa véritable identité. Pharnabaze retourne dans les montagnes du Caucase. Or, Pharnabaze est un homme fort, endurant et, comme le montrent ses qualificatifs de Grand et Bon Chasseur, il est le chasseur le plus passionné de Cartvélie. C'est cette qualité qui lui permet de découvrir fortuitement un fabuleux trésor, alors qu'il chassait. Ayant touché une brebis de mouflon de ses flèches, celle-ci se réfugie dans une grotte où Pharnabaze la poursuit et doit allumer un feu pour y voir un peu plus clair. À ce moment une surprise attend le jeune prince : la brebis blessée expire sur un énorme tas de pièces en or et de pierres précieuses…

Grâce à cette fortune, Pharnabaze reprend l'espoir de reconquérir le trône de son oncle, perdu par la traîtrise d'Azon lors de l'invasion des Macédoniens d'Alexandre le Grand. Pharnabaze passe alliance avec l'archonte d'Egrissi (la Colchide des Grecs) Koudji et avec le chef des Ossètes, dont le nom est inconnu, puis l'armée ainsi rassemblée se dirige sur Mtskheta où elle renverse Azon. Nous n'avons pas d'information sur le sort de ce dernier mais c'est ainsi que, selon la tradition, Pharnabaze devient Pharnabaze Ier le Grand, monarque de Cartvélie.

Règne[modifier | modifier le code]

On ne sait pas grand-chose du règne de Pharnabaze Ier, si ce n'est par sa longue correspondance avec le roi séleucide Antiochos Ier. D'après ces sources, vers le début de son règne, Pharnabaze Ier aurait passé alliance avec ce roi qui l'aurait reconnu comme roi de Cartvélie à condition qu'il se reconnaisse de son côté vassal de la monarchie séleucide. Pharnabaze Ier devient ainsi « Fils de Antiochos Ier de Syrie et d'Asie ». Le royaume de Cartvélie restera nominalement vassal des Séleucides jusqu'en 190 av. J.-C., date de la prise d'Antioche par les Romains : il deviendra ensuite vassal de Rome.

Le règne de Pharnabaze Ier le Grand est rempli de réformes qui sont détaillées ci-dessous.

Panthéon géorgien[modifier | modifier le code]

La Géorgie avait depuis longtemps ses dieux et ses croyances mais pas d'une manière « officielle ». Pharnabaze Ier généralise les croyances géorgiennes. Il déclare le dieu de la Lune, Armaz, divinité principale. Gats et Gaym sont les équivalents géorgiens de Ganymède. L'Artémis géorgienne est Dayana (nom qui rappelle Diane) et son fils, Amiran, est le Prométhée enchaîné sur le Caucase. Mzé, le dieu du soleil, est la deuxième divinité du panthéon géorgien. La troisième est Kviria (qui donne son nom au dimanche géorgien : Kvira), la déesse de la Terre. Ces trois divinités (Armaz, Mzé et Kviria) forment la trinité des Géorgiens. Le dieu des forêts et du vin est Otchopintré. Il y a plusieurs autres divinités en Géorgie antique mais leur nom sont inconnus.

Chacun de ses dieux a son culte, son temple et son effigie, mais ces statues seront détruites par la chrétienne Nino de Géorgie, au IVe siècle de notre ère.

Alphabet géorgien[modifier | modifier le code]

Article général Pour un article plus général, voir Alphabet géorgien.

L'origine de l'écriture géorgienne est l'objet de discussions constantes et est parfois attribuée roi Pharnabaze Ier. Toutefois, on ne possède pas d'écritures antérieures au Ve siècle de notre ère. En Géorgie antique, on utilise l'écriture grecque et araméenne, très diffusées dans le Proche-Orient. Le nom de cet alphabet antique est l'Assomtavrouli.

Descendance[modifier | modifier le code]

Il aurait eu en tout deux fils :

Bibliographie[modifier | modifier le code]