Phénomène Tanguy
Le phénomène Tanguy est un phénomène social selon lequel les jeunes adultes tardent à se séparer du domicile familial. Cette dénomination vient du film Tanguy, d'Étienne Chatiliez, dont le personnage éponyme s'enferme dans ce type de situation. Une nouvelle expression est ainsi apparue pour désigner la classe d'âge de ces jeunes gens : la génération Tanguy[1].
Causes
[modifier | modifier le code]Économie
[modifier | modifier le code]John Anderson, directeur de la recherche au Conseil canadien du développement social, s'est penché sur la hausse du nombre de ces jeunes adultes dépendant de la maison familiale. Ainsi, comme plusieurs experts s'entendent pour le dire, il existe une cause économique à cette situation sociale et Anderson en fait mention : « Il est beaucoup plus difficile pour les jeunes de trouver un emploi qui paie bien. Une personne qui a un emploi au salaire minimum peut difficilement se payer un logement, à moins de le partager avec trois ou quatre colocataires »[2].
Le phénomène Tanguy dans le monde
[modifier | modifier le code]Au Japon
[modifier | modifier le code]Au Japon, le terme célibataire parasite est utilisé pour définir les adultes célibataires restant chez leurs parents pour profiter du confort et de l'hospitalité de ceux-ci.
Pays anglo-saxons
[modifier | modifier le code]Dans les pays anglo-saxons, le terme génération boomerang est utilisé pour décrire l'habitude de la génération des jeunes adultes actuelle (boomerang babies) de quitter leurs parents, puis de revenir au domicile familial[3], parfois à plusieurs reprises - à l'instar du boomerang qui revient toujours à son point de départ.
Au Canada
[modifier | modifier le code]En ce qui concerne le Canada, le phénomène Tanguy est le résultat d'un changement dans la structure sociale du pays. Au Canada, comme l'explique François Louis-Seize, le mariage est de plus en plus reporté, les enfants quittent la maison beaucoup plus tard et rallongent la durée de leurs études[4].
Les chiffres s'accentuent avec les années, selon Statistiques Canada, atteignant 43,5 % d'un total de quatre millions de jeunes adultes canadiens âgés de 20 à 29 ans, vivant toujours chez leurs parents, en 2006[4]. Même si ce phénomène touche une plus grande partie de jeunes hommes que de jeunes femmes, ces dernières ne restent pas exclues des faits ; depuis 1981 à 2001, le pourcentage des jeunes femmes âgées de 25 à 29 ans qui restaient encore chez leurs parents est passé de 8 % à 19 %, plus du double[5].
Sources
[modifier | modifier le code]Références
[modifier | modifier le code]- ↑ « Une génération « Tanguy » ? », sur Cairn, (consulté le )
- ↑ Isabelle Ducas, Ces Tanguy qui ne décollent pas, Affaires plus, Vol. 26, no. 2, février 2003, p. 44-48.
- ↑ Cohen 2011
- 1 2 Lalonde 2009
- ↑ Sylvain Théberge, Ces enfants qui ne partent pas Guide ressources, Vol. 20, no. 7, mars 2005, p. 54-57.
Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Denis Lalonde, « L'effet Tanguy se propage au Canada », Les Affaires, (lire en ligne, consulté le )
- Roger Cohen, « La « génération boomerang » », Le Figaro, (lire en ligne)
- Ronald McKenzie, Quand nos grands enfants restent à la maison..., (lire en ligne)