Phèdre (fabuliste)

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Phèdre
Nom de naissance Caius Iulius Phaedrus
Alias
Affranchi d'Auguste
Naissance vers 14 avant J.-C.
Décès vers 50 après J.-C.
Activité principale
Auteur
Langue d’écriture latin

Phèdre (en latin Caius Iulius Phaedrus ou Phaeder, en grec ancien Φαῖδρος) est né autour de 14 avant J.-C. et mort vers 50 après J.-C. C'est un fabuliste latin d'origine thrace, affranchi de l'empereur Auguste.

Biographie[modifier | modifier le code]

Les seuls renseignements dont on dispose au sujet de Phèdre proviennent du fabuliste lui-même, au travers de son œuvre[1]. Né en Thrace, probablement dans la colonie romaine de Philippi, Phèdre arrive à Rome comme esclave, sans que l'on sache dans quelles circonstances. Ses manuscrits le disent cependant Augusti libertus (« affranchi d'Auguste »). Il a en tout cas le moyen d'assurer sa propre formation intellectuelle, et le latin devient rapidement sa seconde langue maternelle.

Sous le principat de Tibère, il publie ses deux premiers livres de Fables et s'attire l'inimitié du puissant ministre Séjan, favori de Tibère. Son « prologue » du livre III veut être une justification publique : il nie toute intention ou signification cachée à ses apologues.

Dans cet « épilogue » du livre III, il s'adresse à Eutychus, personnage inconnu, difficilement identifiable au favori de Caligula, pour obtenir une absolution complète ; dans le quatrième et le cinquième livres, il ne fait plus d'allusion à ses mésaventures judiciaires et on en déduit que sa supplique a reçu un accueil favorable. Phèdre affirme également qu'il est languentis ævi, « très avancé en âge ».

Œuvre[modifier | modifier le code]

Phèdre rédige un recueil intitulé Phaedri Augusti Liberti Fabulae Æsopiae (Les Fables ésopiques de Phèdre, affranchi d'Auguste). Il compte cinq livres qui contiennent cent vingt-trois fables versifiées. Chaque livre est précédé d'un prologue et suivi d'un épilogue à l'exception du livre I qui ne comporte pas d'épilogue.

Comme le titre du recueil l'indique, les Fables de Phèdre sont inspirées d'Ésope : « Aesopus auctor quam materiam repperit, hanc ego poliui uersibus senariis » (Ésope qui a créé la fable en a trouvé la matière, moi j'ai poli celle-ci en vers sénaires) écrit-il dans le prologue du livre I. Seules quarante-sept pièces seraient cependant directement empruntées à son prédécesseur Ésope.

Dans ce recueil, il opte pour le vers, là où Ésope a choisi la prose. L'auteur latin met d'abord en scène des histoires d'animaux (qui inspireront Jean de La Fontaine), des personnages humains, lui-même, avant de s'en prendre à l'empereur Tibère et à son favori Séjan, ce qui lui vaudra l'exil[2]. Les autres pièces de vers proviennent de sources diverses et de créations originales. Certaines semblent même être tirées de faits divers réels.

Phèdre n'atteint pas la gloire littéraire à laquelle il aspirait. Il n'est pas reconnu par ses contemporains qui l'ignorent, ce dont il se plaint dans le prologue du Livre III. Il tombe dans l'anonymat des fabulistes au Moyen Âge et son nom ne sort de l'oubli qu'à la Renaissance avec la découverte d'un manuscrit ancien par l'humaniste français Pierre Pithou qui publie en 1596 la première édition des cinq livres.

Transmise de façon fragmentaire et incomplète, la presque totalité de son œuvre n'a pu être rétablie qu'après le collationnement de différents manuscrits. Le plus important date du IXe siècle et servit à Pierre Pithou pour son édition de 1596. De l'étude et de la collation des différentes sources, il résulte que la fin du livre I est perdue ainsi qu'une partie du livre V.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Désiré Nisard, Études de mœurs et de critique sur les poëtes latins de la décadence, Hachette, 1867.
  2. Philippe Renault, L'esclave et le précepteur. Une comparaison entre Phèdre et Babrius, FEC - Folia Electronica Classica (Louvain-la-Neuve) - Numéro 6 - juillet-décembre 2003.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Fables de Phèdre, Pot Cassé, Paris, 1928
  • Phèdre, Fables, texte établi et traduit par Alice Brenot, Paris, Les Belles-Lettres, 1961
  • H. Zehnacker, J.-Cl. Fredouille, Littérature latine, Paris, PUF, 1993.
  • Laffont - Bompiani, Le Nouveau Dictionnaire des auteurs, Paris, Robert Laffont, 1994.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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