Peumerit

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Peumerit
Ti Kêr (mairie).
Ti Kêr (mairie).
Blason de Peumerit
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bretagne
Département Finistère
Arrondissement Quimper
Canton Plonéour-Lanvern
Intercommunalité Haut Pays Bigouden
Maire
Mandat
Jean-Louis Caradec
2014-2020
Code postal 29710
Code commune 29159
Démographie
Gentilé Peumeritois
Population
municipale
804 hab. (2013)
Densité 41 hab./km2
Géographie
Coordonnées 47° 56′ 22″ nord, 4° 18′ 34″ ouest
Superficie 19,59 km2
Localisation

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Liens
Site web Site de la mairie

Peumerit [pømʁit] (en breton : Purid), anciennement Peumérit[1], est une commune du département du Finistère, dans la région Bretagne, en France.

Géographie[modifier | modifier le code]

De la serpentinite et de la chromite ont été trouvés dans la carrière de Kerguelmès, ainsi qu’à Kerantrevez, à Ty Lan et aux Moulins Verts en Peumerit. De beaux cristaux d’apatite ont aussi été trouvés dans la commune[2].

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom de la localité est attesté sous les formes Pumurit en 946, 952 et au XIe siècle, Pomerit en 1284, Pemerit en 1368[3].

Peumerit serait issu du latin pomaritum (pommeraie)[3]. Le nom "Peumerit" provient probablement de la déformation du breton plou-, qui signifie paroisse, et de saint Emeurit, un saint breton quasi inconnu qui fut ermite dans la paroisse voisine de Pouldreuzic au VIe siècle[4].

Histoire[modifier | modifier le code]

Époque moderne[modifier | modifier le code]

Cette commune est connue pour des faits liés à la Révolte des Bonnets rouges en 1675.

En 1759, une ordonnance de Louis XV ordonne à la paroisse de Pémérit [Peumerit] de fournir 20 hommes et de payer 131 livres pour « la dépense annuelle de la garde-côte de Bretagne »[5].

Révolution française[modifier | modifier le code]

La paroisse de Peumerit, qui comprenait alors 140 feux, élit deux délégués, Allain Le Brun et Pierre Canevet, pour la représenter à l'assemblée du tiers-état de la sénéchaussée de Quimper au printemps 1789[6].

La loi du « relative à la circonscription des paroisses du district de Pont-Croix » donne à la paroisse de Peumerit comme succursale Tréogat[7].

Cosquéric, un sexagénaire, ouvrit une école à Peumerit, en vertu de la loi du 5 nivôse an II () qui rendait l'école primaire obligatoire et gratuite. « La municipalité, au lieu d'engager les enfants à se rendre aux écoles, demande, au contraire, le 10 thermidor an II () qu'ils en soient dispensés pendant les travaux de la récolte, étant indispensables à leurs parents, surtout pour garder les bestiaux. (...) Le 25 pluviôse an III (), il déclara ne pas être en état de faire le voyage de Pont-Croix pour se présenter devant le jury d'instruction »[8].

Le XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Le XXe siècle[modifier | modifier le code]

Une vie politique et religieuse parfois agitée[modifier | modifier le code]

L'expulsion du clergé de la paroisse de Peumérit entraîne le la décision de Mgr Duparc d'interdire toutes les sonneries religieuses, même pour l'Angélus et les enterrements ; un prêtre, installé dans le presbytère de Tréogat, est chargé de visiter les malades, procéder aux enterrements et administrer les sacrements[9].

L'opposition entre les « Blancs », majoritaires parmi les électeurs ruraux, et les « Rouges », majoritaires parmi les marins, fut longtemps très forte : en 1910, le marquis de L'Estourbeillon, député royaliste, dénonce les incidents survenus lors des élections législatives dans la deuxième circonscription de Quimper : « ce furent les voies d'accès aux salles de vote et même aux bourgs gardés par des groupes d'individus menaçant et frappant les électeurs ruraux qui venaient voter comme à Treffiagat, Peumerit et Plozévet ; des bureaux et des urnes pris violemment et gardés par des bandes de marins étrangers aux sections de vote, comme à Plobannalec, pour empêcher le vote des cultivateurs. (...) Ce n'est pas tout. Il y eut aussi des voies de fait (...), [une] agression même contre un des candidats, l'honorable M. de Servigny[Note 1], dans la commune de Peumerit, [des] coups et blessures à Plogastel-Saint-Germain (...)  »[10].

Le journal L'Aurore dans son édition du 24 avril 1910 écrit : « Des incidents se sont produits dans la deuxième circonscription, notamment dans les communes de Plozévet, Treffiagat, Peumerit, Plovan et Plobannalec. Des rixes se sont produites. Plusieurs électeurs ont été blessés »[11].

En 1913, le journal La Croix écrit : « (...) À tous les scrutins dans les communes de Plogastel, Plozévet, Plovan, Peumerit, où règnent par la terreur et par la fraude les partisans de M. Le Bail. Jets de poivre, coups de poing, coups de pied, coups de triques, tout est bon pour faire autour de l'urne un vide propice aux substitutions de bulletins ou pour en écarter l'électeur suspect de sympathie à l'égard du candidat adverse »[12].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires
Période Identité Étiquette Qualité
1995 2001 Gabrielle Serville    
mars 2001 en cours Jean-Louis Caradec DVG Cadre
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du , les populations légales des communes sont publiées annuellement dans le cadre d'un recensement qui repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[13]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2005[14],[Note 2].

En 2013, la commune comptait 804 habitants, en augmentation de 3,08 % par rapport à 2008 (Finistère : 1,32 % , France hors Mayotte : 2,49 %)

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
937 982 1 088 1 134 1 149 1 248 1 195 1 271 1 269
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 255 1 301 1 370 1 306 1 446 1 381 1 514 1 620 1 639
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 651 1 648 1 715 1 734 1 900 1 437 1 405 1 298 1 165
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2010 2013
1 011 884 739 755 729 663 760 781 804
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[15] puis Insee à partir de 2006[16].)
Histogramme de l'évolution démographique

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • L'église Saint-Annouarn, qui abrite une statue très expressive de saint Yves, patron des hommes de loi, sculptée en 1750. En 1675 cette église comportait encore sur ses vitraux armoriés, le témoignage des familles nobles locales, Penquellec, Lesmadec, Penguilly et Penmorvan.
  • Le manoir de Penquelenec, robuste construction en grosse taille du XVe siècle comportant fenêtres à meneaux et porche mouluré à pinacles et choux frisés. Si la chapelle a disparu, le puits existe toujours. Penquelenec fut la propriété des seigneurs de Penquelenec jusqu'à la fin du XIVe siècle, puis passe ensuite aux de Bonescat, aux de Lezandevez, enfin toujours par mariage, aux Le Prestre de Lézonnet. Peu avant la Révolution, Jacques René Le Prestre baron de Châteaugiron, président à mortier du Parlement de Bretagne baille le domaine à titre de domaine congéable à Daniel Voquer et Marguerite Stéphan.
Différents propriétaires parisiens se succéderont ensuite, sans qu'aucun ne se soucie de son entretien.
Le début du XXe siècle voit la regrettable destruction de la double enceinte à tours d'angle et mâchicoulis qui le protégeait.
Son inscription à l'Inventaire supplémentaire des Monuments Historiques en 1931 le sauve in extremis d'une triste fin prévisible.
  • Le manoir de Lesmadec, antérieur au XVe siècle, est propriété de Jehan Kerroc'h en 1426. En mai 1540, son petit-fils Jean rend aveu de sa terre de Lesmadec.
La terre noble de Lesmadec appartenait aux moines cisterciens de Coat Malaouen en Kerpert avant qu'ils ne l'échangent en 1284 contre une terre plus proche de leur abbaye, avec Jean Ier le Roux, duc de Bretagne.
En 1541 Jeanne du Chastel épouse d'Alain II de Rosmadec fait aveu pour Lesmadec inclus dans son fief de Prat ar Stang dont dépend Lesmadec. Idem en 1607 où le marquis Sébastien de Rosmadec fait aveu au roi incluant Lesmadec.
Vers 1580, Louise de Lesmadec, épouse de Jehan de Corfmao sieur de Kervern, édifie le remarquable pigeonnier sur porche orné de leur écu party en clé de voûte. Contrôlant l'accès oriental de la cour il fait pendant au simple arc ogival surplombant l'entrée ouest, timbré d'un écu comportant entre autre, un chef et une fasce déjointe. Trois futaies servaient d'écrin au manoir et à ses dépendances, ainsi qu'à ses deux avenues et à son vivier.
Le 27 mars 1675, Lesmadec devient par vente par licitation la propriété de maître Gilles Le Forestier de la Noé, avocat en la Cour, capitaine garde côtes, et receveur des fouages extraordinaires de l'évêché de Cornouailles, arrivé peu avant du pays de Dinan.
Le 3 décembre 1810, la mort de son petit-fils Jean François Yves de Lesmadec, capitaine d'infanterie à 20 ans, écuyer puis citoyen propriétaire, entraîne la vente du domaine en 1812. L'adjudication est attribuée à un spéculateur brestois, Pierre Marie Lavallée.
Sous l'Empire, Jacques Julien Marie le Forestier Lesmadec, fils du capitaine et de sa seconde épouse Rosalie Marie de Puyferré descendante d'Henri II d'Albret roi de Navarre ( et grand père d'Henry IV), est maire de Peumerit alors que Yves François Marie son frère, devient maire adjoint de Plonéour.
Yves François Marie Le Forestier épouse le 23 août 1810 Marie Anne Le Coq Duparc, sœur aînée de Delphine Charlotte... la troisième épouse de son père. Le 2 janvier 1815, veuve, sans enfants, âgée de vingt cinq ans, Delphine traumatisera pour longtemps les esprits étriqués en épousant contre son père, l'apprenti jardinier du manoir.
Devenu en 1828 la propriété des aïeux de Théodore Le Hars, sénateur-maire Républicain de gauche de Quimper. L'ajout d'une haute toiture à quatre rampants chapeautant l'escalier en pierre rampe sur rampe, de chaînages, bandeau et corniche, modernisent radicalement la physionomie du logis pour lui conférer celle que nous lui connaissons aujourd'hui.
À la mort de madame veuve Le Hars en 1937, le domaine est acquis à nouveau par un notaire, maître Jacques Quéinnec, député puis sénateur conservateur du Finistère.
Louis Le Guennec visita le manoir au début de l'été 1921 et laissa un croquis aux proportions pour le moins fantaisistes du pigeonnier porche[17]. Prudemment, il ne publiera rien d'autre sur Lesmadec faute d'avoir vérifié les informations glanées auprès d'un ancien vicaire, l'abbé Henry. Lesquelles se révélent très approximatives ou erronées. Versées à sa mort aux Archives départementales du Finistère, ces notes induisent en erreur aujourd'hui encore tous ceux qui s'intéressent à ce manoir ou à ses anciens occupants. Ainsi il déclarait trouver "un air XVIIIe au logis", ce qui devient pour ceux qui ne vont pas chercher plus loin, "un remaniement au XVIIIe siècle". Lequel est en réalité postérieur à 1812 (et même probablement postérieure à 1838), comme le prouve l'inventaire effectué cette année là et comportant une description suffisamment précise de la façade de la maison structurellement différente de celle qu'a vu Le Guennec. Modification importante confirmée par M. Cailleau, architecte des Bâtiments de France dans son rapport de présentation. Également fantaisiste l'orientation des issues de la cour, à l'évidence est-ouest et non nord-sud, reprise en chœur par InfoBretagne.com ou le site de la commune de Peumerit, et tous ceux qui se contentent de plagier Louis Le Guennec dans leurs écrits.
Le pigeonnier porche et son escalier d'accès furent inscrits en 1968 à l'Inventaire supplémentaire des Monuments Historiques.
Le jardin clos de murs est encore rythmé par ses anciennes bordures de buis.
Sur les dix hectares que comportait le domaine de Lesmadec au XIXe, se trouvait un tumulus de l'âge du Bronze.
  • La chapelle Saint-Joseph qui comporte une fresque naïve.
  • La croix nommée Kroaz an Iskidi, nommée aussi croix de Lesmadec.
  • L'enceinte ovalaire de Porsgall datée du haut Moyen Âge[18].
  • Le menhir de Kervenn.
  • Le menhir de Keringuy.
  • Les menhirs de Kerloazec (réinstallés dans le parc animalier de la Pommeraie).
  • Le menhir de Foennec an Garengen en Kervoalic.
  • Le tumulus de Coat Penguilly, de l'âge du bronze.
  • Le dolmen de Penquelenec.
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Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Henri de Servigny, avocat, conseiller général du Finistère.
  2. Par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, pour les populations légales postérieures à 1999, que les populations correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et que les populations des années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Décret n° 2012-938 du 1er août 2012 portant changement du nom de communes (lire en ligne)
  2. Louis Chauris, Minéraux de Bretagne, Saint-Julien-du-Pinet, Les Éd. du Piat, (ISBN 978-2-917-19822-3)
  3. a et b infobretagne.com, « Étymologie et Histoire de Peumerit »
  4. « saints pour le 3 décembre du calendrier ecclésiastique », sur www.forum-orthodoxe.com (consulté le 9 mars 2017)
  5. "Ordonnance... portant imposition pour la dépense annuelle de la garde-côte de Bretagne", 1759, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k97412315/f7.image.r=Plovan?rk=21459;2
  6. "Archives parlementaires de 1787 à 1860 ; 2-7. États généraux ; Cahiers des sénéchaussées et bailliages", série 1, tome 5, 1879, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k49520z/f514.image.r=Plovan?rk=4206029;2
  7. " Collection complète des lois promulguées sur les décrets de l'assemblée nationale, imprimée par ordre de l'assemblée nationale", tome 12, 1791, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5685361x/f428.image.r=Pouldreuzic.langFR
  8. Daniel Bernard, L'enseignement primaire dans le district de Pont-Croix (Finistère) en l'an II et en l'an III, revue "Annales de Bretagne", 1936, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k115337d/f172.image.r=Plogoff.langFR
  9. Journal La Croix, n° du 28 mars 1909, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2573327/f4.image.r=Tr%C3%A9ogat?rk=107296;4
  10. "Journal officiel de la République française. Débats parlementaires. Chambre des députés", séance du 23 juin 1910, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k65530867/f2.image.r=Plobannalec.langFR.
  11. Journal L'Aurore, no  4554 du 25 avril 1910, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k7522439/f2.image.r=Plobannalec.langFR
  12. Journal La Croix, n° du 2 août 1913, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k258675z/f4.image.r=Plovan?rk=278971;2
  13. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  14. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee
  15. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  16. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 20062007 2008 2009 2010 201120122013 .
  17. Choses et gens de Basse Bretagne. Page 53
  18. L'ouest de la Cornouaille dans les tourments de l'histoire, guide de découverte sur le patrimoine fortifié du Pays Bigouden, du Cap-Sizun et du Pays de Douarnenez, Syndicat Mixte, Pointe du Raz, (ISBN 9782952581004), p. 2, et voir : Plan d'interprétation du patrimoine bâti de l'ouest de la Cornouaille.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Marcellin Caillon, À la découverte du pays bigouden, Pont-l'Abbé, 1980.
  • A. Le Grand, G. M. Thomas, Manoir de Basse-Bretagne, Éditions de la Cité, Brest, 1973.

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]