Peumerit

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Peumerit
Ti Kêr (mairie).
Ti Kêr (mairie).
Blason de Peumerit
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bretagne
Département Finistère
Arrondissement Quimper
Canton Plonéour-Lanvern
Intercommunalité Communauté de communes du Haut Pays Bigouden
Maire
Mandat
Jean-Louis Caradec
2014-2020
Code postal 29710
Code commune 29159
Démographie
Gentilé Peumeritois
Population
municipale
807 hab. (2012)
Densité 41 hab./km2
Géographie
Coordonnées 47° 56′ N 4° 18′ O / 47.93, -4.347° 56′ Nord 4° 18′ Ouest / 47.93, -4.3
Superficie 19,59 km2
Localisation

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Liens
Site web Site de la mairie

Peumerit [pømʁit] (en breton : Purid), anciennement Peumérit[1], est une commune du département du Finistère, dans la région Bretagne, en France.

Géographie[modifier | modifier le code]

De la serpentinite et de la chromite ont été trouvés dans la carrière de Kerguelmès, ainsi qu’à Kerantrevez, à Ty Lan et aux Moulins Verts en Peumerit. De beaux cristaux d’apatite ont aussi été trouvés dans la commune[2].

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom "Peumerit" provient probablement de la déformation du breton plou-, qui signifie paroisse, et de saint Emeurit, un saint breton quasi inconnu qui fut ermite dans la paroisse voisine de Pouldreuzic au VIe siècle[3].

Histoire[modifier | modifier le code]

Époque moderne[modifier | modifier le code]

Cette commune est connue pour des faits liés à la Révolte des Bonnets rouges en 1675.

Révolution française[modifier | modifier le code]

La loi du « relative à la circonscription des paroisses du district de Pont-Croix » donne à la paroisse de Peumerit comme succursale Tréogat[4].

Cosquéric, un sexagénaire, ouvrit une école à Peumerit, en vertu de la loi du 5 nivôse an II () qui rendait l'école primaire obligatoire et gratuite. « La municipalité, au lieu d'engager les enfants à se rendre aux écoles, demande, au contraire, le 10 thermidor an II () qu'ils en soient dispensés pendant les travaux de la récolte, étant indispensables à leurs parents, surtout pour garder les bestiaux. (...) Le 25 pluviôse an III (), il déclara ne pas être en état de faire le voyage de Pont-Croix pour se présenter devant le jury d'instruction »[5].

Le XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Le XXe siècle[modifier | modifier le code]

Une vie politique parfois agitée[modifier | modifier le code]

L'opposition entre les « Blancs », majoritaires parmi les électeurs ruraux, et les « Rouges », majoritaires parmi les marins, fut longtemps très forte : en 1910, le marquis de L'Estourbeillon, député royaliste, dénonce les incidents survenus lors des élections législatives dans la deuxième circonscription de Quimper : « ce furent les voies d'accès aux salles de vote et même aux bourgs gardés par des groupes d'individus menaçant et frappant les électeurs ruraux qui venaient voter comme à Treffiagat, Peumerit et Plozévet ; des bureaux et des urnes pris violemment et gardés par des bandes de marins étrangers aux sections de vote, comme à Plobannalec, pour empêcher le vote des cultivateurs. (...) Ce n'est pas tout. Il y eut aussi des voies de fait (...), [une] agression même contre un des candidats, l'honorable M. de Servigny[Note 1], dans la commune de Peumerit, [des] coups et blessures à Plogastel-Saint-Germain (...)  »[6].

Le journal L'Aurore dans son édition du 24 avril 1910 écrit : « Des incidents se sont produits dans la deuxième circonscription, notamment dans les communes de Plozévet, Treffiagat, Peumerit, Plovan et Plobannalec. Des rixes se sont produites. Plusieurs électeurs ont été blessés »[7].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires
Période Identité Étiquette Qualité
1995 2001 Gabrielle Serville    
mars 2001 en cours Jean-Louis Caradec    
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2012, la commune comptait 807 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 2],[Note 3].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
937 982 1 088 1 134 1 149 1 248 1 195 1 271 1 269
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 255 1 301 1 370 1 306 1 446 1 381 1 514 1 620 1 639
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 651 1 648 1 715 1 734 1 900 1 437 1 405 1 298 1 165
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2006 2010
1 011 884 739 755 729 663 760 771 781
2012 - - - - - - - -
807 - - - - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[8] puis Insee à partir de 2004[9].)
Histogramme de l'évolution démographique


Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • L'église Saint-Annouarn, qui abrite une statue très expressive de saint Yves, patron des hommes de loi, sculptée en 1750. En 1675 cette église comportait encore sur ses vitraux armoriés, le témoignage des familles nobles locales, Penquellec, Lesmadec, Penguilly et Penmorvan.
  • Le manoir de Penquelenec, robuste construction en grosse taille du XVe siècle comportant fenêtres à meneaux et porche mouluré à pinacles et choux frisés. Si la chapelle a disparu, le puits existe toujours. Penquelenec fut la propriété des seigneurs de Penquelenec jusqu'à la fin du XIVe siècle, puis passe ensuite aux de Bonescat, aux de Lezandevez, enfin toujours par mariage, aux Le Prestre de Lézonnet. Peu avant la Révolution, Jacques René Le Prestre baron de Châteaugiron, président à mortier du Parlement de Bretagne baille le domaine à titre de domaine congéable à Daniel Voquer et Marguerite Stéphan.
Différents propriétaires parisiens se succéderont ensuite, sans qu'aucun ne se soucie de son entretien.
Le début du XXe siècle voit la regrettable destruction de la double enceinte à tours d'angle et mâchicoulis qui le protégeait.
Son inscription à l'Inventaire supplémentaire des Monuments Historiques en 1931 le sauve in extremis d'une triste fin prévisible.
  • Le manoir de Lesmadec, antérieur au XVe siècle, est propriété de Jehan Kerroc'h en 1426. En mai 1540, son petit-fils Jean rend aveu de sa terre de Lesmadec.
La terre noble de Lesmadec appartenait aux moines cisterciens de Coat Malaouen en Kerpert avant qu'ils ne l'échangent en 1284 contre une terre plus proche de leur abbaye, avec Jean Ier le Roux, duc de Bretagne.
En 1541 Jeanne du Chastel épouse d'Alain II de Rosmadec fait aveu pour Lesmadec inclus dans son fief de Prat ar Stang dont dépend Lesmadec. Idem en 1607 où le marquis Sébastien de Rosmadec fait aveu au roi incluant Lesmadec.
Vers 1580, Louise de Lesmadec, épouse de Jehan de Corfmao sieur de Kervern, édifie le remarquable pigeonnier sur porche orné de leur écu party en clé de voûte. Contrôlant l'accès oriental de la cour il fait pendant au simple arc ogival surplombant l'entrée ouest, timbré d'un écu comportant entre autres, un chef et une fasce déjointe. Trois futaies servaient d'écrin au manoir et à ses dépendances, ainsi qu'à ses deux avenues et à son vivier.
Le 27 mars 1675, Lesmadec devient par vente par licitation la propriété de Gilles Le Forestier de la Noé, avocat en la Cour, capitaine garde côtes, et receveur des fouages extraordinaires de l'évêché de Cornouailles, arrivé peu avant du pays de Corseul.
Le 3 décembre 1810, la mort de son petit-fils Jean François Yves de Lesmadec, capitaine d'infanterie à 20 ans, entraîne l'adjudication du domaine en 1812 à un spéculateur brestois, Pierre Marie Lavallée.
Sous l'Empire, Jacques Julien Marie le Forestier Lesmadec, fils du capitaine et de sa seconde épouse Rosalie Marie de Puyferré descendante d'Henri d'Albret roi de Navarre, deviendra maire de Peumerit et Yves François Marie son frère, maire adjoint de Plonéour.
Celui-ci convole le 23 août 1810 avec Marie Anne Le Coq Duparc, sœur aînée de la jeune troisième épouse du capitaine sexagénaire, Delphine Charlotte. Vingt cinq ans, veuve et sans enfants, cette dernière scandalisera longtemps les esprits étriqués en osant convoler le 2 janvier 1815 avec l'homme de son choix alors simple apprenti jardinier du domaine.
Devenu en 1828 la propriété des aïeux de Théodore Le Hars, sénateur maire Républicain de Gauche de Quimper, l'ajout d'une haute toiture à quatre rampants chapeautant l'escalier en pierre rampe sur rampe, de chaînages, d'un bandeau et d'une corniche, modernisent radicalement la physionomie du logis pour lui conférer celle que nous lui connaissons aujourd'hui.
À la mort de madame veuve Le Hars en 1937, le domaine est acquis par un autre notaire, maître Jacques Quéinnec, député puis sénateur Conservateur du Finistère.
Louis Le Guennec visita le manoir au début de l'été 1921 et laissa un croquis aux proportions pour le moins fantaisistes du pigeonnier porche[10]. Prudemment, il ne publiera rien d'autre sur Lesmadec faute d'avoir vérifié les informations glanées auprès d'un ancien vicaire, l'abbé Henry, lesquelles se révélant très approximatives ou erronées. Versées à sa mort aux Archives départementales du Finistère, ses notes induisent en erreur aujourd'hui encore tous ceux qui s'intéressent à ce manoir ou à ses anciens occupants. Ainsi il déclarait trouver "un air XVIIIe" au logis, ce qui devient pour ceux qui ne vont pas chercher plus loin, un remaniement au XVIIIe siècle. Lequel fut en réalité postérieur à 1812, comme le prouve l'inventaire effectué cette année là et comportant une description suffisamment précise de la façade de la maison, structurellement différente de celle que nous connaissons aujourd'hui. Modification importante confirmée par M. Cailleau, architecte des Bâtiments de France dans son rapport de présentation. Également fantaisiste l'orientation des issues de la cour, à l'évidence est-ouest et non nord-sud, reprise en chœur par InfoBretagne.com ou le site de la Commune de Peumerit, et tous ceux qui se contentent de plagier Louis Le Guennec dans leurs écrits.
Le pigeonnier porche et son escalier d'accès furent inscrits en 1968 à l'Inventaire supplémentaire des Monuments Historiques.
Le petit jardin clos de murs est rythmé par ses anciennes bordures de buis.
Sur les dix hectares que comportait le domaine de Lesmadec au XIXe, se trouvait un tumulus de l'âge du Bronze.
  • La chapelle Saint-Joseph qui comporte une fresque naïve.
  • La croix nommée Kroaz an Iskidi, nommée aussi croix de Lesmadec.
  • L'enceinte ovalaire de Porsgall datée du haut Moyen Âge[11].
  • Le menhir de Kervenn.
  • Le menhir de Keringuy.
  • Les menhirs de Kerloazec (réinstallés dans le parc animalier de la Pommeraie).
  • Le menhir de Foennec an Garengen en Kervoalic.
  • Le tumulus de Coat Penguilly, de l'âge du bronze.
  • Le dolmen de Penquelenec.
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Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Henri de Servigny, avocat, conseiller général du Finistère.
  2. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  3. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant à l'année 2006, première population légale publiée calculée conformément aux concepts définis dans le décret no 2003-485 du 5 juin 2003, et les années correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et aux années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Décret n° 2012-938 du 1er août 2012 portant changement du nom de communes
  2. Louis Chauris, "Minéraux de Bretagne", Les éditions du Piat , 2014, [ISBN 978-2-917198-22-3]
  3. http://www.forum-orthodoxe.com/~forum/viewtopic.php?t=1077
  4. " Collection complète des lois promulguées sur les décrets de l'assemblée nationale, imprimée par ordre de l'assemblée nationale", tome 12, 1791, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5685361x/f428.image.r=Pouldreuzic.langFR
  5. Daniel Bernard, L'enseignement primaire dans le district de Pont-Croix (Finistère) en l'an II et en l'an III, revue "Annales de Bretagne", 1936, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k115337d/f172.image.r=Plogoff.langFR
  6. "Journal officiel de la République française. Débats parlementaires. Chambre des députés", séance du 23 juin 1910, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k65530867/f2.image.r=Plobannalec.langFR.
  7. Journal L'Aurore, no  4554 du 25 avril 1910, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k7522439/f2.image.r=Plobannalec.langFR
  8. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  9. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2005, 2006, 2010, 2012.
  10. Choses et gens de Basse Bretagne. Page 53
  11. L'ouest de la Cornouaille dans les tourments de l'histoire, guide de découverte sur le patrimoine fortifié du Pays Bigouden, du Cap-Sizun et du Pays de Douarnenez, Syndicat Mixte, Pointe du Raz, (ISBN 9782952581004), p. 2, et voir : Plan d'interprétation du patrimoine bâti de l'ouest de la Cornouaille.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Marcellin Caillon, À la découverte du pays bigouden, Pont-l'Abbé, 1980.
  • A. Le Grand, G. M. Thomas, Manoir de Basse-Bretagne, Éditions de la Cité, Brest, 1973.

Article connexe[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]