Petites Curies

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Marie Curie au volant d'une petite Curie

Les petites Curies, parfois orthographiées petites Curie, sont le surnom donné aux véhicules que Marie Curie a équipés d'unités de radiologie pendant la Première Guerre mondiale et qui permettaient de se rendre sur les différents fronts de guerre en France.

Historique[modifier | modifier le code]

Claudius Regaud, directeur du Pavillon Pasteur de l'Institut du Radium (à ce titre, il est l'homologue de Marie Curie qui dirige le Pavillon Curie de l'Institut), est mobilisé le 6 août 1914 pour la Grande guerre comme médecin major de 2e classe. Chef d'une ambulance divisionnaire, il est chargé d'organiser l'hôpital d'évacuation de Gérardmer. C'est dans ces circonstances qu'il rencontre le médecin Henri Coutard (en) qui y assure la responsabilité des services de radiologie. Tous deux constatent les dégâts de la doctrine de l'évacuation systématiques des blessés et du manque d'expérience des praticiens en radiologie (175 médecins radiologues affectés dans 21 postes de radiologie fixes loin du front) dont la discipline naissante permet de faciliter le repérage des projectiles (balles de shrapnel, éclats d'obus) et des lésions osseuses. Regaud est attaché à partir du 3 octobre 1915 au cabinet de Justin Godart, sous-secrétaire d'État de la Guerre, pour participer à la réforme du Service de santé des armées. Marie Curie après être relevée de ses obligations universitaires pour participer à l'effort de guerre, développe à cette époque la radiologie de terrain, encouragée par les deux hommes[1].

Avec l'aide de la Croix-Rouge et d'Antoine Béclère, directeur du service radiologique des armées, Marie Curie, prix Nobel de physique et de chimie participe à la conception d’unités chirurgicales mobiles de radiologie. Dix-huit camionnettes légères, achetées entre autres grâce à des fonds américains, sont équipées de matériel de radiologie et se rendent sur les fronts des différentes batailles qui ont opposé les armées françaises et allemandes, notamment lors de la bataille de la Marne, à Verdun et sur la Somme. Ces « ambulances radiologiques » surnommées les « petites Curies » par les soldats français[2],[3], sont des véhicules de tourisme équipés d'appareils Röntgen avec une dynamo alimentée par le moteur du véhicule, et pouvant donc se rendre très près des champs de bataille et ainsi limiter les déplacements sanitaires des blessés. Elles permettent aussi de prendre des radiographies des malades, opération très utile pour situer plus précisément l'emplacement des éclats d'obus et des balles et faciliter les chirurgies.

En 1916, Marie Curie obtient son permis de conduire[4] et part régulièrement sur le front réaliser des radiographies. Elle est rejointe par sa fille Irène, âgée de dix-huit ans, qui fait de même dans plusieurs hôpitaux de campagne durant toute la guerre. À l’Institut du radium, Marie Curie forme 150 aide-radiologistes.

Marie Curie a conçu 18 voitures radiologiques et installé 250 postes fixes de radiologie dans les hôpitaux. Plus d'un million de blessés ont été secourus grâce à ces installations, dont un millier l'ont été par Marie Curie elle-même[5],[6].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Marie-Noëlle Himbert, op. cit., p. 121
  2. Biographie de Marie Curie-Sklodowska (1867-1934), sur le site du musée Curie, p. 2.
  3. J.-J. Ferrandis, A. Ségal, L'essor de la radiologie osseuse pendant la guerre de 1914-1918, p. 50.
  4. Louis-Pascal Jacquemond,Irène Joliot-Curie: Biographie, Odile Jacob, 2014 note 48, p. 1925
  5. Docufiction Marie Curie, une femme sur le front d'Alain Brunard, 2014, 90 minutes
  6. « Les petites Curie », sur mariecurie-llm.blogspot.be (consulté le 15 mai 2016)