Petite capitale

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Exemple de texte utilisant les petites capitales pour l’emphase.
Lettrine (P) suivie de petites capitales (ENDANT)

Les petites capitales sont, en typographie, des caractères capitales ayant la même graisse que les caractères minuscules et dont la hauteur correspond à la hauteur d'x[1]. Elles peuvent être utilisées pour marquer l’emphase de mots sans qu’ils ne paraissent trop grands par rapport aux autres mots, afin de ne pas briser l’harmonie du texte[2] et en particulier maintenir le gris typographique. Elles sont utiles comme substitut aux majuscules ordinaires, mais aussi à l’italique ou le gras, lorsqu’ils ne conviennent pas. Leur usage change selon les conventions orthotypographiques. Elles sont appelées « petites majuscules » dans certains logiciels de publication assistée par ordinateur ou de traitement de texte (Microsoft Word[3], OpenOffice[4] et LibreOffice[5]) mais d’autres logiciels (Adobe InDesign[6], QuarkXPress[7]) font la différence entre les « petites capitales », lettres minuscules devenues petites capitales, et « petites majuscules », majuscules devenues petites capitales.

Usages principaux[modifier | modifier le code]

On compose généralement en petites capitales le mot débutant par une lettrine. Par ailleurs, les siècles et les divisions secondaires d'un ouvrage sont composés en chiffres romains petites capitales.

Exemple : Louis XV est un roi de France du XVIIIe siècle.

Les petites capitales sont aussi utilisées dans les didascalies dans les pièces de théâtre pour indiquer qui prend la parole.

Utilisation comme symboles[modifier | modifier le code]

Plusieurs notations médiévales ou systèmes de transcription phonétique utilisent les petites capitales comme symboles propres, c’est-à-dire qu’ils représentent des sons différents des lettres minuscules. Certains de ces symboles sont dans Unicode, ‹ ᴀ, ʙ, ᴄ, ᴅ, ᴇ, ꜰ, ɢ, ʜ, ɪ, ᴊ, ᴋ, ʟ, ᴍ, ɴ, ᴏ, ᴘ, ʀ, ꜱ, ᴛ, ᴜ, ᴠ, ᴡ, ʏ, ᴢ › pour les lettres latines traditionnelles ; de même que pour certaines lettres additionnelles ‹ ᴁ, ᴃ, ᴆ, ʛ, ᵻ, ɩ, ᴌ, ꟺ, ᴎ, ɶ, ᴙ, ᴚ, ʁ, ꝶ, ᵾ, ᴕ, ᴣ › ou certains symboles dérivés de lettres grecques ‹ ᴦ, ᴧ, ᴨ, ᴩ, ᴪ, ᴫ ›.

Petite caps et small caps[modifier | modifier le code]

Small caps et petite caps

Les polices numériques évoluées, qui proposent des versions « expert » et celles développées en format Open Type, proposent deux versions de petites capitales : appelées respectivement en anglais (ou en français dans le texte ?) small caps et petite caps. Il n’existe pas à ce jour de traduction française de la dernière expression. Chacune est traitée en respectant les proportions de graisse et de chasse, mais elles diffèrent par la taille, les petite caps étant à hauteur d’x tandis que les small caps sont un peu plus grandes. N’étant régi par aucune règle ni coutume, leur usage est laissé à l’appréciation du compositeur.

Le standard Open Type utilise deux tags pour assurer la transformation : pcap pour passer du bas de casse aus petite caps, et c2pc pour passer des capitales aux petite caps. Quelques logiciels de PAO et navigateurs ont accès à ces fonctionnalités, mais ce n’est pas encore le cas de tous. Elles sont aussi en développement pour les CSS.

Petites capitales et PAO[modifier | modifier le code]

Petites capitales : différences entre les petites capitales réelles et générées par le logiciel de PAO. Vraies capitales, petites capitales par le logiciel, x bas de casse. Au-dessous, vraies capitales, vraies petites capitales, x bas de casse. En haut, Bodoni Sevty Two ITC et Bodoni Sevty Two SC ITC ; en bas, Mrs Eaves Roman, Mrs Eaves PetiteCaps.

En typographie traditionnelle, les petites capitales étaient dessinées et gravées spécialement avec chaque fonte, donc en accord avec l’ensemble des caractères. En informatique et PAO, seules certaines polices disposent de polices « expert » qui contiennent de véritables petites capitales. Les polices Open Type contiennent en général de vraies petites capitales[8]. Pour les polices ne disposant pas de cette possibilité, les logiciels proposent une fonction « petites capitales » qui consiste à réduire d’un certain pourcentage (parfois réglable) les grandes capitales. Il en résulte que, la hauteur d’x n’étant pas la même pour toutes les polices, l’application d’un pourcentage fixe de réduction conduit à ne pas avoir nécessairement une hauteur de caractères exacte ; et surtout, les caractères réduits voient réduire leur graisse et leurs approches, ce qui conduit à un résultat visuellement perturbateur. La solution préconisée consiste à mettre les petites capitales dans une graisse supérieure, et à augmenter légèrement les approches, lorsque cela est possible[9]. De plus, sur internet, l’aspect peut varier en fonctions de l’utilisateur (choix des polices) et on ne peut donc pas paramétrer exactement les petites capitales. On conseille généralement, lorsqu’on ne dispose pas de petites capitales réelles, de ne pas utiliser les substituts artificiels : dans de nombreux cas on s’est passé de petites capitales sans que l’équilibre et l’esthétique de la composition soient mis en cause[10].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Damien Gautier, Typographie, guide pratique, éd. Pyramyd, 2001
  2. Typographie, mode d’emploi, Bases II, Planète Typographie. [consulté le 1er décembre 2009]
  3. http://office.microsoft.com/fr-fr/word-help/mettre-un-de-texte-en-majuscules-HP005189449.aspx
  4. http://www.commentcamarche.net/forum/affich-8450959-petites-majuscules-sous-writer
  5. https://help.libreoffice.org/Writer/Changing_the_Case_of_Text/fr
  6. Adobe 2013, p. 332
  7. Quark 2013, p. 153
  8. [1]
  9. Yves Perrousseaux, Manuel de typographie française élémentaire, Atelier Yves Perrousseaux, 1995, p 75
  10. James Felici, Le Manuel complet de typographie, Peachpit Press, Paris, 2003, p 197

Bibliographies[modifier | modifier le code]

  • Adobe, Adobe InDesign : Aide et didacticiels,‎ juin 2013 (lire en ligne)
  • Quark, Guide QuarkXPress 10,‎ 2013 (lire en ligne)