Petite Italie de Montréal

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Petite Italie de Montréal
Logotype de la signalétique de la Petite Italie
Logotype de la signalétique de la Petite Italie
Administration
Pays Drapeau du Canada Canada
Province Drapeau : Québec Québec
Municipalité Montréal
Statut Quartier
Arrondissement Rosemont–La Petite-Patrie
Démographie
Langue(s) parlée(s) Français
Géographie
Divers
Site(s) touristique(s) Église de Notre-Dame-de-la-Défense, Marché Jean-Talon, Parc Dante
Liens
Site web Site officiel

La Petite-Italie est l'un des quartiers ou plusieurs vagues d'immigrants italiens se sont installés peu de temps après leur arrivée au Canada au début du XIXième siècle ainsi qu'après la Seconde Guerre Mondiale. Aujourd'hui, si peu d'Italo-Montréalais résident dans le quartier, la Petite-Italie demeure le cœur de la communauté italienne de Montréal et des environs. D'ailleurs, le quartier compte plusieurs commerces à vocation italienne, dont des cafés, des épiceries, des restaurants, des pâtisseries, etc.[1]

Situation géographique[modifier | modifier le code]

Le boulevard Saint-Laurent à la hauteur de la « Petite Italie ».

La Petite-Italie fait partie de l'Arrondissement de Rosemont–La Petite-Patrie. Dans les années 1990, l’Association pour la promotion de la Petite-Italie de Montréal, entreprend la revitalisation du quartier à travers un projet d’aménagement[2].

Le mandat d’aménagement est confié à Pierlucio Pellissier, un architecte d’origine italienne, spécialisé dans la conservation et la restauration d’œuvres d’art et du patrimoine architectural ainsi que dans l’application des innovations technologiques dans le domaine de l’architecture.

Dans le cadre de ce mandat, M.Pellisier est notamment appelé à doit identifier le périmètre du quartier. Ainsi, le véritable périmètre de la Petite-Italie est déterminée. Officiellement, la Petite-Italie est située entre le Boulevard St-Laurent, la rue Drolet, la rue St-Zotique E et la rue Jean-Talon E.[3]

Histoire[modifier | modifier le code]

Les origines de la Petite-Italie[modifier | modifier le code]

L'intérieur d'une épicerie de la Petite Italie, dans les années 1910

Le développement culturel de la Petite-Italie est étroitement lié à l’histoire de de l’établissement de la communauté italienne au Québec[4].

La présence italienne en sol québécois remonte au XVIIe siècle. À cette époque, il s’agit principalement de commerçants, d’artisans ou de soldats originaires du Nord de l’Italie qui se joignent au régiment de Carignan.[5] 

À la fin du XIXe siècle, alors que les conditions politiques et économiques sont instables en Italie, plusieurs hommes du sud de la péninsule quittent leur terre natale pour le Canada. Ces immigrants, en majorité des temporaires, sont engagés afin de travailler sur les chemins de fer ainsi que dans les mines et les camps de bûcherons.[6] À l’époque, ces derniers s’établissent principalement dans des quartiers situés au bord du fleuve St-Laurent.[7] 

Cependant, l’immigration évolue rapidement. Vers 1880, des ouvriers viennent désormais s’établir de façon permanente à Montréal, ce qui entraîne également la venue de femmes et d’enfants. La population italo-montréalaise commence à se déplacer vers le nord de la ville, alors peu urbanisée. 

Précisément, les Italos-Montréalais s’installent dans les environs de l’ancienne gare du Mile-end, située sur le boulevard St-Laurent près de la rue Bernard. La migration vers le nord de Montréal par la population italienne s’étend jusqu’à la rue Isabeau (actuelle rue Jean-Talon)[8].

Ce déplacement est stimulé d’une part par les terrains et les logements à prix modiques ainsi que par la création de nombreux emplois occasionnée par la présence du chemin de fer et des industries. D’autre part, cette zone peu urbanisée étant principalement constituée de champs permet aux Italiens de cultiver leur propre potager avec des produits du terroir italiens qui sont difficiles voire impossibles à dénicher dans les épiceries[9].

En 1910, la présence d’immigrants italiens est tellement forte dans ce secteur de la ville que la paroisse Notre-Dame-de-la-Défense est fondée à la demande de la communauté en 1910. Puis, en 1918, la fabuleuse église située au coin des rues Dante et Henri-Julien est construite[10].

Dans les années 1930, malgré la crise, le quartier est en pleine effervescence. En effet, ces années sont marquées par la construction du marché Jean-Talon, de la Casa d’Italia, des édifices Shamrock ainsi que par l’ouverture de plusieurs commerces italiens et de cinémas[11].

Puis, à la fin de la Seconde Guerre Mondiale, la plus importante vague d'immigrants italiens arrive au Québec. Entre 1946 et 1960, plus de 100 00 Italiens arrivent au Québec, dont une très grande proportion à Montréal. Arrivés grâce à un programme de parrainage, ces nouveaux arrivants viennent rejoindre leurs parents déjà établis à Montréal, principalement au nord de la ville près du boulevard St-Laurent.C’est à cette époque que les commerces italiens décuplent dans ce secteur. Les cafés, restaurants, épiceries, boutiques à vocation italienne se multiplient sur St-Laurent et sur ses rues transversales ainsi qu’à proximité du marché Jean-Talon donnant ainsi naissance à la Petite-Italie[12].

Finalement, les années 1960 engendrent une nouvelle migration. Les Italo-montréalais achètent ou se font construire des plex dans les quartiers périphériques de la ville dont St-Léonard, Rivière-des-Prairies, Lasalle et Laval[13].

Puis, les Italiens désertant peu à peu le quartier, d’autres communautés viennent s’y installer. Dans les années 1980, l’augmentation du prix des loyers entraine la Petite-Italie dans une véritable crise économique.[14] Au début des années 1990, plus d’une vingtaine de locaux commerciaux sont vacants, et ce, seulement sur le boulevard St-Laurent.

C’est à ce moment que la Ville, conjointement avec l’Association pour la promotion de la Petite-Italie de Montréal, entreprend la revitalisation du quartier à travers un projet d’aménagement. L’objectif du projet : créer une expérience culturelle dans la Petite-Italie afin d’attirer la clientèle et ensuite attirer de nouveaux commerces[15].

D’imposantes installations architecturales sont alors construites dans le quartier. Près d’une quinzaine de demi-voiles font leur apparition un peu partout dans la Petite-Italie. Puis, d’immenses arches sont érigées sur St-Laurent à l’entrée et la sortie de la Petite-Italie. Au fil des ans, cette revitalisation connaît un certain succès et les espaces commerciaux se remplissent[16].

Encore aujourd’hui, la Petite-Italie demeure le noyau de la communauté italienne de Montréal. En vous baladant dans le quartier, vous croiserez de nombreux cafés, restaurant, épiceries et pâtisseries aux saveurs italiennes. Vous verrez des Italo-Montréalais ainsi que des italophiles qui visitent le quartier pour faire leurs courses ainsi que lors d’événements traditionnels. Vous les verrez aussi jouer au bocce dans les parcs ou bien suivre le soccer diffusé sur tous les écrans de la Petite-Italie.[17]    

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Société de développement commercial Petite-Italie - Marché Jean-Talon, Guide officiel de la Petite-Italie 2017, Montréal, SDC Petite-Italie, , 81 p. (lire en ligne)
  2. Poulot, Marie-Laure, et Project MUSE, Le long de la Main cosmopolite promouvoir, vivre et marcher le boulevard Saint-Laurent à Montreal, Presses de l'Universite du Quebec, 2015) (ISBN 2760547086, OCLC 987440453, lire en ligne)
  3. Pierlucio Pellissier, Proposition pour l’aménagement du quartier appelé la Petite Italie de Montréal, Montréal,
  4. Société de développement commercial Petite-Italie - Marché Jean-Talon, Guide officiel de la Petite-Italie 2018, Montréal, SDC Petite-Italie - Marché Jean-Talon, , 81 p.
  5. « Les Italiens de Montréal », Mémoires des Montréalais,‎ (lire en ligne)
  6. « Bienvenue dans la Petite Italie de Montréal! », Mémoires des Montréalais,‎ (lire en ligne)
  7. Faubert, Lynne, et De Stefano, David,, Montréalissimo : vivre et manger à l'italienne (ISBN 9782761945110, OCLC 958486532, lire en ligne)
  8. « Bienvenue dans la Petite Italie de Montréal! », Mémoires des Montréalais,‎ (lire en ligne)
  9. Faubert, Lynne, et De Stefano, David,, Montréalissimo : vivre et manger à l'italienne (ISBN 9782761945110, OCLC 958486532, lire en ligne)
  10. « Bienvenue dans la Petite Italie de Montréal! », Mémoires des Montréalais,‎ (lire en ligne)
  11. Faubert, Lynne, et De Stefano, David,, Montréalissimo : vivre et manger à l'italienne (ISBN 9782761945110, OCLC 958486532, lire en ligne)
  12. « Bienvenue dans la Petite Italie de Montréal! », Mémoires des Montréalais,‎ (lire en ligne)
  13. « Quartier Petite Italie », sur Memorable Montreal (consulté le 8 novembre 2017)
  14. Poulot, Marie-Laure, et Project MUSE, Le long de la Main cosmopolite promouvoir, vivre et marcher le boulevard Saint-Laurent à Montreal, Presses de l'Universite du Quebec, 2015) (ISBN 2760547086, OCLC 987440453, lire en ligne)
  15. Pierlucio Pellisier, Proposition pour l’aménagement du quartier appelé la Petite Italie de Montréal, Montréal,
  16. Poulot, Marie-Laure, et Project MUSE, Le long de la Main cosmopolite promouvoir, vivre et marcher le boulevard Saint-Laurent à Montreal, Presses de l'Universite du Quebec, 2015) (ISBN 2760547086, OCLC 987440453, lire en ligne)
  17. Société de développement commercial Petite-Italie - Marché Jean-Talon, Guide officiel de la Petite-Italie 2018, Montréal, SDC Petite-Italie - Marché Jean-Talon, , 81 p.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]