Petit monarque

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Danaus chrysippus

Le Petit monarque (Danaus chrysippus) est une espèce de lépidoptères de la famille des Nymphalidae et de la sous-famille des Danainae.

Danaus chrysippus femelle
Danaus chrysippus

Systématique[modifier | modifier le code]

L'espèce Danaus chrysippus a été décrite par le naturaliste suédois Carl von Linné en 1758, sous le nom initial de Papilio chrysippus[1].

Synonymes[modifier | modifier le code]

  • Papilio chrysippus Linnaeus, 1758 — protonyme
  • Anosia chrysippus (Linnaeus, 1758)

Sous-espèces[modifier | modifier le code]

  • Danaus chrysippus chrysippus
  • Danaus chrysippus cratippus C. Felder, 1860) aux iles Moluques et à Timor
  • Danaus chrysippus petilia (Stoll, 1790)(Fig.1) en Australie, en Nouvelle-Guinée et Nouvelle-Zélande[2],[3]
    Fig.1 -Danaus chrysippus petilia : Petit Monarque d' Australie, face supérieure (recto). Col.Benoit Lopez
  • et bien d'autres en Asie du Sud-est et en Océanie

Noms vernaculaires[modifier | modifier le code]

  • en français : le Petit monarque, le Monarque africain
  • en anglais : plain tiger, African monarch
  • en allemand : Kleiner Monarch, Afrikanischer Monarch, Gewöhnlicher Tiger
  • en néerlandais : kleine monarchvlinder

Description[modifier | modifier le code]

Imago[modifier | modifier le code]

C'est un grand papillon orange clair bordé de marron et à l'apex marron à taches blanches. Le verso est identique bordé de marron orné de points blanc avec une tache androconiale chez le mâle.

Il existe des variations (polymorphisme géographisme) avec surtout la morphe typique, de l'Égypte en Afrique du Sud et Madagascar, la morphe dorippus (Klug, 1845) en Afrique orientale et en Somalie, et la morphe alcippus (Cramer, 1777) en Afrique occidentale. Ces trois formes principales étant largement sympatriques au centre de l'Afrique (Ouganda et alentours...)[4].

Espèces ressemblantes[modifier | modifier le code]

Le Monarque Danaus plexippus présente des nervures noires au recto et encore plus marquées au verso. La femelle du Faux Monarque Hypolimnas misippus présente un polymorphisme semblable (mais sans correspondance géographiques) aux formes de Danaus chrysippus.

Premiers stades[modifier | modifier le code]

Les œufs sont blancs ainsi que la jeune chenille. Puis elle est annelée de jaune et de noir.

Biologie[modifier | modifier le code]

Le cycle biologique est d'un mois en Afrique tropicale ou en Inde et il n'a pas de diapause.

Période de vol[modifier | modifier le code]

Il est multivoltin, et aux Îles Canaries les chenilles et les imagos sont mentionnés tous les mois. En Afrique du nord il vole de mars à novembre et sur la côte méditerranéenne de l'Espagne et de la France, de mai à octobre, ces vols venant de migrations printannières.

C'est un puissant migrateur sur un vaste domaine.

Plantes-hôtes[modifier | modifier le code]

Les plantes-hôtes sont des Asclepias (Asclepias physocarpa, Asclepias curassavica, Asclepias fruticosa, Asclepias rotundifolia), et d'autre espèces dont Calotropis gigantea, Calotropis procera, Cynanchum carnosum, Cynanchum floribundum, Marsdenia australis, Pentatropis atropurpurea, Pentatropis quinquepartita, Staphelia grandiflora, Staphelia variegata[2].

Écologie et distribution[modifier | modifier le code]

Il est résident en Afrique, dans le sud de l'Atlas, en Arabie saoudite, en Asie tropicale (un des papillons les plus fréquents en Inde), en Australie et aux Îles Canaries[2].

En Égypte, il avait été déjà remarqué dans l' Antiquité et représenté dans des hypogées, notamment un tombeau de Béni-Hassan (Moyen Empire, XII eme dynastie), avec un luxe extraordinaire de détails anatomiques (Lopez & Aufrère, 1999[5])(Fig.2).

En Asie il est migrateur dans l'Himalaya et en Nouvelle-Zélande.

Fig.2 - Représentation du Monarque africain, avec ses détails anatomiques, dans un tombeau égyptien du Moyen Empire. Les pinceaux abdominaux de poils exsertiles (flèches rouges) et les poches alaires (flèches bleues) ont été reproduits par l'artiste antique.

Résident et surtout migrateur localement commun au Maroc dans la vallée de Sous, il est migrateur en Algérie (signalé de Touggourt et Ghardaia. Une forte migration vers l'est a été observée en 1983 dans la région de Tizi Ouzou) et en Tunisie (notamment Sousse et Sfax).

En Europe il réside dans les Îles Canaries (La Palma, La Gomera, il est très localisé à Fuerteventura), et n'est sans doute plus résident à Tenerife et Grande Canarie). Il est migrateur accidentel aux Açores et sporadique sur les côtes méditerranéennes, sud de l'Espagne (Malaga et Almeria) où des colonies sont implantées, Corse, Sardaigne, ouest de l'Italie, Sicile, Monténégro, Albanie, ouest et sud de la Grèce (Crète. Une importante migration vers le sud a été observée à Corfou en 1989).

Il a été observé dans le sud de la France, dans les Cévennes en juillet-août 2003), à La Ciotat dans les Bouches-du-Rhône en juin 2007). La chenille a été observée sur Cynanchum acutum à Palavas-les-Flots (Hérault)[4].

Fig.3 - Petit Monarque mâle se nourrissant sur la Scammonée de Montpellier

Observation dans l' ouest de l' Hérault[modifier | modifier le code]

Durant l' été caniculaire 2003, le Petit Monarque ou Monarque africain a été également rencontré dans l' ouest de l' Hérault, sur la rive gauche de l' Aude et en bordure de l'étang de Vendres (commune homonyme) où son biotope incluait de la phragmitaie et surtout la ripisylve du fleuve côtier (Lopez, 2003[6]). Cette dernière est remarquable par la présence d'une liane, la Scammonée de Montpellier, Cynanchum acutum (Fig. 3), en populations nombreuses. Une série d'observations, du 4 août au 25 septembre, a montré que le Monarque se nourrit essentiellement du nectar de cette Asclepiadacée indigène qui lui fournit, comme à la chenille, des cardénolides cardiotoxiques protecteurs le rendant incomestible pour les prédateurs. Fait particulier, il recherche également les capitules des Séneçons, notamment Senecio inaequidens, (Asteracées) surtout lorsqu'ils sont flétris ou même desséchés et portent alors des akènes (Fig.4). Ce curieux manège pourrait traduire l'absorption d'alcaloïdes de la pyrrolizidine (PAs), substances connues par ailleurs comme hépatotoxiques et cancérigènes, également fournies à des Danaïnae d'autres espèces par les Senecionae, Eupatorieae et Fabaceae (in Ackery & Vane-Wright, 1984[7]). Elles sont des précurseurs chimiques de la danaïdone, phéromone sexuelle mâle des pinceaux de poils abdominaux ("hair pencils") intervenant dans l'accouplement et pourraient aussi contribuer à rendre les Monarques immangeables(in Scoble M.J.1992[8]).

Biotope[modifier | modifier le code]

Il affectionne les lieux broussailleux, arides de basse ou moyenne altitude situés près des jardins.

Protection[modifier | modifier le code]

Pas de statut particulier mais il est menacé dans la partie du sud de l'Espagne où il serait résident.

Philatélie[modifier | modifier le code]

Il y a un timbre représentant ce papillon au Sénégal, ainsi qu'au Sultanat d'Oman en 1999[9].

Fig.4 - Petit Monarque mâle sur un Séneçon flétri, Vendres 34.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Linnaeus, 1758; Syst. Nat. (Edn 10) 1: 471
  2. a, b et c funet
  3. nz butterfly
  4. a et b Guide des papillons d'Europe et d'Afrique du Nord, Delachaux et Niestlé, Tom Tolman, Richard Lewington, (ISBN 978-2-603-01649-7)
  5. Lopez,A. avec S. Aufrère, « - Les papillons ("Monarques") du tombeau de Khnoumhotep II à Béni-Hassan (Moyen Empire, XII eme dynastie). », Encyclopédie religieuse de l' Univers végétal; Croyances phytoreligieuses de l' Egypte ancienne (ERUV) I, OrMonsp X, 1999, p.265-27,‎
  6. Lopez,A, « - Sur quelques relations particulières entre les plantes et les Insectes, dont le Monarque africain (Danaus chrysippus L.) dans l'ouest de l'Hérault. », Bull.Soc.Et.Sci.nat. Béziers, 20, 61, p. 35-39.,‎
  7. (en) Ackery,P.R. & R.I.Vane-Wright, - Milkweed butterflies, their cladistics and biology., London, Department of Entomology, British Museum (Natural History), 425 p.
  8. (en) Scoble, M.J., - The Lepidoptera. Form, Function and Diversity. ., The Natural History Museum, Oxford University Press,, , 404 p.
  9. (en) Oman Stamps [1]

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Références taxinomiques[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Tom Tolman, Richard Lewington, Guide des papillons d'Europe et d'Afrique du Nord, Delachaux et Niestlé, (ISBN 978-2-603-01649-7)
  • Lionel G. Higgins / Norman D. Riley, Guide des papillons d'Europe (Rhopalocères), Delachaux et Niestlé, Neuchâtel, 1971.