Petit Chicago

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« Petit Chicago » ou simplement « Chicago » fut après la Seconde Guerre mondiale le surnom d'un quartier mal famé de la ville de Toulon. Situé au bas de la vieille ville, juste à la sortie de la porte principale de l’arsenal, ce surnom contribua largement à asseoir la mauvaise réputation de la ville dans les années 1950, lui donnant ainsi une image peu appréciable qui perdurera très longtemps. C'était le lieu privilégié des sorties nocturnes des permissionnaires.

Le quartier était tenu par le crime organisé dont les figures emblématiques étaient Jean-Louis Fargette — un truand assassiné en 1993 — et Maurice Arreckx. Ce dernier a été maire de Toulon de 1959 à 1985, puis président du conseil général du Var de 1985 à 1994 et sénateur de 1986 à 1995[1].

Pourquoi Chicago ?[modifier | modifier le code]

Il est fort probable que l'appellation ne vienne pas des Toulonnais eux-mêmes mais de marins venus d'ailleurs qui lui ont attribué cette appellation peu flatteuse.

En effet, Chicago dans l'Illinois, troisième ville des États-Unis avec 3 000 000 d'habitants, était dans les années 1920 et 1930 le symbole du grand banditisme durant l'époque de la prohibition, avec ses trafics d'alcool, ses mitraillages à la Thompson à chargeur camembert et ses politiciens corrompus. Al Capone, figure emblématique de la mafia de Chicago, ainsi que Frank Nitti, John Dillinger et d'autres, ont contribué à donner à Chicago sa triste réputation de ville sans foi ni loi.

Sachant qu'aux États-Unis, la prohibition finit en 1933 et qu'Al Capone meurt en 1947 dans sa villa de Floride, cette attribution parait déjà bien obsolète en 1950. Au fil des années, le quartier perdit peu à peu sa mauvaise réputation et dès la fin des années 1960, il restait le lieu préféré des marins basés dans la région et un lieu de sorties et de loisirs. Vers 1975, les premiers touristes étaient promenés par les guides locaux dans les rues du quartier.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Simon Fontvieille & Jean-Baptiste Malet, « À Toulon, le maire organise son plébiscite », sur Le Monde diplomatique,

Articles connexes[modifier | modifier le code]