Petit Anjou

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Le Petit Anjou était un réseau de chemin de fer secondaire à voie métrique, situé dans les départements de la Loire-Atlantique (anciennement Loire-Inférieure) et du Maine-et-Loire, mis en service de 1893 à 1910 et fermé en 1948. Il a d'abord été exploité par la Compagnie des Chemins de fer de l'Anjou puis, à partir de 1928, par la Société générale des chemins de fer économiques.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le 9 août 1894, est déclaré d'utilité publique, dans les départements de la Loire-Inférieure et de Maine-et-Loire, un chemin de fer d'intérêt local à voie métrique, de Nantes à Cholet, avec embranchement de Beaupréau à Chalonnes-sur-Loire. La compagnie des chemins de fer d'intérêt local de l'Anjou, société anonyme au capital de 1 200 000 francs, dont le siège est à Angers, 4, rue Saint-Léonard, est créée pour exploiter le réseau. M. Faugère, est président du conseil d*administration de cette société[1].

Le réseau[modifier | modifier le code]

Ce réseau était composé des lignes suivantes :

1. Angers à Noyant-Méon (66 km), la première ligne ouverte en 1893.

2. Cholet à Saumur (81 km), la seconde ligne à avoir été ouverte en 1896.

3. Nantes à Cholet (80 km) ; l'étoile de Beaupréau entre Beaupréau et Cholet, Beaupréau et Chalonnes-sur-Loire, Beaupréau et Nantes est ouverte en 1899.

4. Saint-Jean-de-Linières à Beaupréau (47 km) ; la Loire est traversée en 1900 entre Chalonnes-sur-Loire et La Possonnière.

5. Angers à Candé (43 km) par La Roche Saint-Jean-de-Linières, ouverte en 1909, enjambe la Maine sur le pont de Pruniers qui relie les communes de Bouchemaine et de Sainte-Gemmes-sur-Loire.

6. Le raccordement de la ligne nord de Noyant à Angers et Candé et des ligne sud Loire, entre La Possonnière et La Roche Saint-Jean-de-Linières est ouvert en 1910.

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Le matériel roulant[modifier | modifier le code]

Le réseau était exploité avec 30 locomotives de la Société alsacienne de constructions mécaniques (SACM), Blanc-Misseron et Weidknecht, une centaine de voitures voyageurs et fourgons ainsi que 300 à 350 wagons de marchandises.

En 1924, une automotrice De Dion-Bouton à essence de type JM1 est mise en service.

En 1928, la Société générale des chemins de fer économiques (SE) met en service douze voitures à bogies Blanc-Misseron et Decauville provenant des réseaux de Seine-et-Marne et du Nord, ainsi que 2 locomotives 130T Decauville provenant du réseau de la Woëvre.

Douze draisines Billard 4.4.15 sont également approvisionnées afin de rationaliser le travail des équipes de la voie.

À partir de 1930, afin de séparer les trafics voyageurs et marchandises, la SE met en service sept autres automotrices De Dion-Bouton de type JM, complétées en 1934 par cinq automotrices Brissonneau et Lotz. Certaines voitures voyageurs et fourgons sont à cette occasion transformées en remorques d'autorail afin de compléter la demi douzaine de remorques De Dion-Bouton et Brissonneau-et-Lotz.

L'achat en 1939 d'automotrices Tartary au réseau des Deux-Sèvres ne sera pas suivi d'une mise en service, le matériel étant en partie détruit par les bombardements d'Angers en 1940.

La fermeture du réseau[modifier | modifier le code]

Les premières fermetures de lignes aux voyageurs interviennent entre 1935 et 1937 entre Cholet et Saumur, Angers et Candé, Baugé et Noyant. Le trafic reprend à la guerre.

En 1947, la plupart des lignes sont définitivement fermées à l'exception d'Angers-Baugé exploitée jusqu'en 1948.

Le matériel est ensuite détruit en grande partie à l'exception des automotrices Brissonneau revendues au département du Doubs et des remorques à ceux de la Nièvre et de l'Allier.

Seule subsiste alors une portion (20 km) de la ligne de Candé, entre Angers et Bécon-les-Granits, à titre d'embranchement industriel pour la desserte des carrières, le transport de pavés et de bordures de trottoir. Le trafic cesse définitivement le .

Mémoire[modifier | modifier le code]

L'Association des Amis du Petit Anjou[modifier | modifier le code]

Les premières recherches historiques débutent au cours des années 1960 pour aboutir, en 1983, à la création de l'Association des amis du Petit Anjou (AAPA) qui réussit à récupérer, entre autres, quatre voitures voyageurs (B111, B118, B130 et Ac21), un fourgon, la moitié d'un autre et trois wagons couverts du réseau.

Une autre voiture voyageurs (B108) est également sauvegardée en Touraine par l'association du chemin de fer du lac de Rillé.

La voiture B 111 a été entièrement restaurée de 1994 à 2000 et est aujourd'hui classée monument historique.

La voiture de première classe Ac21 a été entièrement restaurée entre 2002 et 2008.

L'AAPA a également restauré une draisine Billard classée monument historique, un lorry, un wagon tombereau des Tramways des Deux-Sèvres, une locomotive diesel LKM V10C et un locotracteur Dujardin des anciennes ardoisières de Trélazé.

Une vingtaine d'autres véhicules sont en attente de restauration dont des voitures et wagons du Blanc-Argent, de la SE Somme, des Tramways du Loiret et des Deux-Sèvres ainsi que des ardoisières de Trélazé et l'une des deux dernières motrices Buire du réseau des tramways d'Angers mise en service à Tours en 1913.

Vestiges et toponymie[modifier | modifier le code]

Dans les différentes communes traversées par le réseau du Petit Anjou des sites commémorent son souvenir :

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Michel Raclin, Michel Harouy, Gérard Dezaire, Max Mary, "Le Petit Anjou, 60 ans de la vie des Angevins et du pays nantais", éditions Cénomanes, 1986
  • Michel Raclin et Michel Harouy, Une mémoire sur les rails : Le Petit-Anjou au quotidien, Éditions Cheminements, coll. « Trains d'Ici », , 316 p. (ISBN 2-909757-77-3, lire en ligne)
  • Jacqueline Cantaloube, Michel Raclin, « Il était une fois le Petit Anjou », éditions AAPA, 2008
  • Michel Harouy, Michel Raclin, « Au temps du Petit Anjou, chemin de fer départemental de Maine-et-Loire », Édition AAPA, Rééd.2005
  • Michel Harouy, « Les chemins de fer angevins pendant la guerre 1939-1945 », les Dossiers de l'AAPA n°16, édition AAPA 1994
  • Michel Harouy, « Histoire du pont de Pruniers », les Dossiers de l'AAPA n°17, éditions AAPA 1995
  • Michel Raclin, Michel Harouy, « Vihiers au temps du Petit Anjou », les Dossiers de l'AAPA n°18, édition AAPA 1996
  • Michel Raclin, Michel Harouy, « De Vihiers à Cholet au temps du Petit Anjou », les Dossiers de l'AAPA n°19, édition AAPA 1996
  • Michel Raclin, Michel Harouy, « LePetit Anjou en Pays saumurois », les Dossiers de l'AAPA n°20, édition AAPA
  • Michel Harouy, Michel Raclin, « le raccordement des réseaux sud et nord du Petit Anjou », les Dossiers de l'AAPA n°21, éditions AAPA 1998
  • Michel Harouy, Michel Raclin, « L'étoile ferroviaire de Beaupréau », les Dossiers de l'AAPA n°23, éditions AAPA 1999
  • Michel Raclin, Michel Harouy, « Le Petit Anjou en Loire-Béconnais », Les Dossiers de l'AAPA n°24, éditions AAPA, 2001
  • Michel Raclin, Michel Harouy, « Le Petit Anjou en vallée de l'Authion », Les Dossiers de l'AAPA n°25, éditions AAPA, 2006
  • Michel Raclin, Michel Harouy, « Le Petit Anjou en Pays baugeois », Les Dossiers de l'AAPA n°26, éditions AAPA, 2006

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]