Aller au contenu

Petit-Pays

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Petit-Pays
Description de cette image, également commentée ci-après
Petit-Pays en 2014.
Informations générales
Surnom Le Turbo d'Afrique, L'avocat défenseur des femmes, King of Makossa Love, Oméga, Adonaï, Le neveu de Jésus, N°1 Mondial, Le Prisonnier d'amour, Le tenant du titre depuis '87, Rabba Rabbi, Le Grand Maître, Effatta...
Nom de naissance Adolphe Claude Moundi
Naissance (59 ans)
Douala, Drapeau du Cameroun Cameroun
Activité principale Chanteur, auteur-compositeur, producteur
Genre musical Makossa, zouk, slow, pop, folklore
Années actives Depuis 1987

Adolphe Moundi, dit Petit-Pays, est un chanteur et auteur-compositeur camerounais, né le à Douala[1].

Surnommé « Le Turbo d'Afrique », « L'avocat défenseur des femmes », « Rabba Rabbi », « Effatta » ou encore « King of Makossa Love », Petit-Pays chante en duala, en français et en pidgin sur des airs makossa et zouk. Il est auteur de plus d'une trentaine d'albums.

Son nom d'artiste provient de « Petit » qui était son surnom quand il était enfant et « Pays » qui est la traduction littérale de son nom de famille Moundi.

Enfance, éducation et débuts

[modifier | modifier le code]

Adolphe Claude Moundi est l'aîné d'une famille monoparentale de quatre enfants de la classe moyenne camerounaise. Orphelin de père, Petit-Pays a été élevé entièrement par sa mère à Douala.

Adolescent, Petit-Pays songe à entamer une carrière de footballeur professionnel, tout en gardant une passion pour la musique. Pendant son école secondaire, il prend des cours de guitare et s'éloigne du cursus scolaire, passant des nuits à répéter des interprétations vocales et instrumentales de chansons populaires.

Malgré la pression familiale, Petit-Pays abandonne progressivement ses études pour se consacrer à sa future carrière musicale. Dans les années 1980, trouver un producteur local était un défi incroyable pour les artistes. À cette époque, pour beaucoup d'entre eux, émigrer en France était la seule possibilité de réaliser leurs rêves. En 1985, avec le soutien de sa mère compréhensive et de son oncle Yaba, Moundi s'envole pour Paris afin de poursuivre une carrière de football et de musique professionnellement tout en continuant les études universitaires[2].

Dès son arrivée, il se met immédiatement à la recherche d'un producteur. Cependant, négligé par sa famille, il devient sans-abri et trouve refuge dans le métro parisien. Malheureusement, en 1986, sous le gouvernement Giscard, avec Charles Pasqua comme ministre de l'Intérieur, les études officielles de Petit-Pays s'arrêtent. Peu de temps après, il se retrouve rapatrié et menotté dans un avion en direction de Douala. Il revient à Paris en 1987[3].

Son expulsion du territoire français l'inspire à écrire la chanson Ça fait mal dans laquelle il décrit sa détention administrative et son rapatriement. Cette chanson et d'autres attirent l'attention du producteur Joseph Eyabè Kwedi[4] et, à la fin de l'année 1987, Petit-Pays sort son premier album Ça fait mal... sur le label Eyab's Productions.

Parcours musical

[modifier | modifier le code]

Il sort ensuite plusieurs albums avec son groupe et orchestre international appelé Les Sans Visas qu'il considère comme une académie de découverte de jeunes talents : Samy Diko, Xavier Lagaf et Njohreur en sont issus[5].

Vedette dès la fin des années 1980 et icône camerounaise depuis 1994, il détient à ce jour le record de ventes au Cameroun pour son album Class F/M dont plus de cinquante mille exemplaires furent vendus le jour de sa sortie[réf. nécessaire].

Avec des entrées sur scène étonnantes (dans un cercueil, sur un cheval ou encore habillé en femme), ses prestations scéniques font également sa renommée.

Critique vis-à-vis du manque de reconnaissance de la musique camerounaise au sein même du Cameroun[6], il est néanmoins l'une des figures majeures de la musique du pays et même du continent des trente dernières années, l'un des artistes le plus récompensé de l'histoire de la musique camerounaise. Le , il est décoré chevalier de l'Ordre du Mérite. Dix ans plus tard, il est décoré, à nouveau, mais en tant qu'officier de l'Ordre National du Mérite Camerounais. Le 20 mai 2024, il est honoré de la médaille de Grand Cordon du Mérite lors des célébrations de la 52e Fête Nationale du Cameroun.

En 2009, il tente une aventure dans le football, en prenant les rênes du club de football Caïman Club de Douala de 2009 à décembre 2010, club qu'il réussit à faire remonter en première division en une saison.

Contrairement à de nombreuses autres stars de la chanson africaine, Petit-Pays a décidé de vivre dans son pays natal. Il réside à Douala, au quartier Makèpè dont la rue et ainsi que le rond-point de ce quartier portent d’ailleurs son nom et à Bomono dans son propre ranch.

À ce jour, il est considéré comme étant l'artiste le plus populaire au Cameroun[7].

Distinctions

[modifier | modifier le code]

Discographie

[modifier | modifier le code]
  • 1987 : Ça fait mal…[8]
  • 1988 : Ancien Parigo
  • 1990 : Trouver la vie
  • 1992 : Les morts ne sont pas morts
  • 1993 : Avant Goût
  • 1994 : Le Meilleur des Meilleurs
  • 1995 : Korta (Les Dignitaires) avec Les Sans-Visas
  • 1996 : Class F/M
  • 1997 : L'Evangile (Chapitre 1 : Sawa / Chapitre 2 : Yessus) avec Les Sans-Visas
  • 1997 : Surprise "une autre dimension de moi"
  • 1998 : Le Son d'Amour
  • 1999 : Esuwa avec Les Sans-Visas
  • 1999 : Coup d'état
  • 2001 : Y a pas Match avec Les Sans-Visas
  • 2002 : Maestro
  • 2002 : L'amour dans l'avion
  • 2003 : Ennemi Public avec Les Sans-Visas
  • 2003 : Dieu Le Père "Kuna-Kuna"
  • 2004 : Embouteillage "Les histoires de chez nous" avec Les Sans-Visas
  • 2005 : La Monako
  • 2006 : Ekamofok
  • 2007 : Frotambo
  • 2009 : Fiko Fiko
  • 2010 : God Go Pay
  • 2011 : Gagnez Gagnez
  • 2013 : Papa est sorti
  • 2014 : Génération Effatta avec Sans Visas Junior
  • 2015 : Classe Supérieure
  • 2016 : Peur dans la cité
  • 2018 : Renaissance[9]
  • 2019 : Wala Longo'o
  • 2026 : Forever

Maxi-singles & EPs

[modifier | modifier le code]
  • 2001 : Sommet France-Afrique
  • 2002 : Eya
  • 2007 : Synergie
  • 2007 : Ça se passe ici...
  • 2009 : Délivrance
  • 2009 : Caïman
  • 2010 : Casanova
  • 2014 : World Fiesta
  • 2018 : Casser La Baraque avec Les Sans-Visas
  • 2019 : 2 Tickets avec Les Sans-Visas
  • 2020 : Hommage à Manu Dibango & Pape Diouf
  • 2022 : Gospel
  • 2024 : Abigaelle

Notes et références

[modifier | modifier le code]
  1. « Cameroun - Petit Pays: «Avant moi il y a eu des grands, mais après moi il n’y en aura plus », sur africa24monde.com (consulté le )
  2. « Petit Pays, « le Numéro un » de la musique camerounaise », sur Voila Moi, (consulté le )
  3. Charly ngon, « Petit Pays, la légende du Makossa love », sur Auletch, (consulté le )
  4. LeBledParle.com, Marchelo TIENTCHEU, « Biographie : Petit Pays, le génie », Le Bled Parle | Actualité au Cameroun info Cameroun et tendances, (lire en ligne, consulté le )
  5. « Petit Pays », sur Music In Africa, (consulté le )
  6. « Petit Pays (artiste) : « le Cameroun n’est pas géré » »
  7. Danielle NGONO, « Petit Pays prépare « Un tremblement de terre », un évènement d’envergure en deux dates », sur Culturebene, (consulté le )
  8. « PETIT-PAYS », sur Osidimbea La Mémoire du Cameroun. Encyclopédie, Annuaire. Actualité, Histoire des organisations (consulté le )
  9. Oscar Mbena, « Cameroun: Petit Pays entre la vie et la mort à l'hôpital », sur AfrikMag, (consulté le )

Liens externes

[modifier | modifier le code]