Peter Turnley

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Peter Turnley
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Peter Turnley (2019)
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Peter Turnley, est un photojournaliste franco-américain, né le à Fort Wayne, dans l’Indiana.

Il est lauréat de trois World Press Photo en 1988, 1989 et 1990.

Biographie[modifier | modifier le code]

Peter Turnley naît à Fort Wayne aux États-Unis. Il reçoit son premier appareil photo à dix-sept ans et on lui offre son premier livre d’Henri Cartier-Bresson, alors qu’il est à l’hôpital[1]. Il est fasciné par les photographes qui ont choisi Paris comme thème de prédilection : Atget, Brassaï, Izis et Kertész[1]. Il découvre Robert Doisneau et Édouard Boubat dans The Family of Man[1].

En 1973, il réalise avec son frère jumeau David Turnley, un reportage dans un quartier pauvre de leur ville natale[2] qui est publié par le magazine 35mm Photography, dans le même numéro qui publie un portfolio de Boubat qu’il rencontre lorsqu’il arrive à Paris en 1975. Ce sera le début d’une amitié qui durera jusqu’à la mort d’Édouard Boubat en 1999[1].

Pendant les trois premières années qu’il passe à Paris où il s’installe définitivement en 1978[3], il est engagé par Pierre Gassmann et travaille comme tireur chez Pictorial Service, le laboratoire photographique auquel Cartier-Bresson confie la réalisation de ses tirages[1].

Parallèlement, il entreprend des études à la Sorbonne et à l’Institut d'études politiques de Paris dont il est diplômé.

Il va montrer ses photographie de Paris à Robert Doisneau qui l’engage brièvement en 1983 pour tirer ses photos dans son atelier de Montrouge[1], et le présente à Raymond Grosset de l’agence Rapho qui lui propose régulièrement des commandes pour la presse internationale dont The New York Times, Times, Newsweek et pour des revues françaises.

En 1984, le magazine Newsweek l’envoie en Inde pour couvrir les funérailles d’Indira Gandhi, et la flambée de violence qui suivit. Il travaille sous contrat avec Newsweek jusqu’en 2001, et a couvert l’actualité dans quatre-vingt-cinq pays pour le magazine.

Peter Turnley dans la bande de Gaza en 1993.

Turnley a photographié de nombreux conflits mondiaux, notamment la guerre du Golfe, la guerre de Bosnie-Herzégovine, la guerre civile somalienne, le génocide rwandais, l'Afrique du Sud sous l'apartheid, la première guerre de Tchétchénie, l'opération Uphold Democracy en Haïti, les manifestations de la place Tiananmen de 1989, le conflit israélo-palestinien, les guerres d’Afghanistan, du Kosovo et d’Irak. Il a photographié à de nombreuses reprises le président soviétique Mikhaïl Gorbatchev ainsi que de nombreux leaders politiques tels que Yasser Arafat ou Fidel Castro[4]. Il était présent lors des attentats du 11 septembre 2001 à Manhattan[5].

Il est récompensé en 1988, 1989 et 1990 par un World Press Photo[6],[7],[8].

Peter Turnley effectue de nombreux séjours à Cuba, pays pour lequel il ressent « un amour profond »[9]. Il est, en 2015, le premier photographe américain majeur à exposer au musée des Beaux arts de La Havane depuis la révolution cubaine[10],[9].

Le matin du , au début de la pandémie de Covid-19, il se retrouve confiné à Manhattan alors qu’il rentre de Cuba où il venait d’animer une master class de photographie. Il parcourt la ville à la rencontre des New Yorkais et décide de « prendre des photos et tenir un journal sincère de cette expérience ». Son travail est exposé l’année suivante au festival Visa pour l'image à Perpignan, et fait l’objet d’un livre : A New York–Paris Visual Diary: The Human Face of Covid-19[2].

Peter Turnley est devenu citoyen français en 2019[11]. Il vit et travaille à Paris, et organise des ateliers de photographie de rue à Paris, New York, Venise et Cuba.

Expositions[modifier | modifier le code]

Liste non exhaustive

  • 1989 : Répression sur la place Tiananmen, Visa pour l’image, Perpignan[3]
  • 2015 : Momentos de la Condición Humana, Museo de Bellas Artes, La Havane[10]
  • 2020 : Le visage humain du Covid-19 à New-York, Visa pour l’image, Perpignan[3],[12].
  • 2020 : French kiss. Une lettre d'amour à Paris, festival Visions d’Ailleurs, Martagny, du 10 juillet au 20 septembre 2020.
  • 2021 : Avec Amour !, festival Visions d’Ailleurs, Martagny, du 2 juillet au 11 septembre 2021[5]
  • 2021 : New York, trois visions du 11 septembre 2001, exposition collective avec Michel Setboun et David Turnley, festival Visions d’Ailleurs, Martagny, du 2 juillet au 11 septembre 2021[5]

Publications[modifier | modifier le code]

Prix et récompenses[modifier | modifier le code]

  • 1988 : World Press Photo : Mention honorable, catégorie People in the News pour sa photo du criminel de guerre Klaus Barbie lors de son procès à Lyon[6]
  • 1989 : World Press Photo : 2e prix, catégorie News Features stories pour sa photo d’une famille de Leninakan au cours du séisme de 1988 en Arménie[7]
  • 1989 : World Press Photo : 3e prix, catégorie Daily Life pour sa photo d’un enfant réfugié au Mozambique[8]
  • 1989 : Overseas Press Club : The Olivier Rebbot Award, catégorie Meilleur reportage photographique dans un magazines ou un livre pour sa série Ceaușescu, la chute d’un dictateur, publié par Newsweek[13].

Documentaire[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e et f Peter Turnley et Daniel Percheron, Parisiens, Abbeville Press, 168 p., « Une affaire de cœur », p. 13.
  2. a et b Baudouin Eschapasse, « Coronavirus : Peter Turnley, un photographe sur le front », sur Le Point, (consulté le ).
  3. a b et c « Peter Turnley : “Avec le Covid et le masque, jamais les yeux n'ont été aussi importants” », sur paris-barcelona.com, (consulté le ).
  4. (en-US) « World Renowned Photographer Peter Turnley », sur Freeyork, (consulté le )
  5. a b et c « Festival Visions d'Ailleurs – Le festival photo Visions d'Ailleurs » (consulté le )
  6. a et b « 1988 Peter Turnley PN | World Press Photo », sur www.worldpressphoto.org (consulté le )
  7. a et b « 1989 Peter Turnley GNS2-CJ | World Press Photo », sur www.worldpressphoto.org (consulté le )
  8. a et b « 1989 Peter Turnley DL3 | World Press Photo », sur www.worldpressphoto.org (consulté le )
  9. a et b (en) « The sensual photography of the American artist loved by Cuba », sur CNN, (consulté le ).
  10. a et b (es) Diana Ferreiro, « La condición humana en el lente de Peter Turnley », sur Granma.cu, (consulté le ).
  11. « Peter Turnley expose les visages humains du coronavirus à Perpignan », sur Gralon, (consulté le ).
  12. Fabrice Dubault avec afp, « Visa pour l’image 2020 : le festival de photojournalisme de Perpignan mettra en avant la crise sanitaire et les révoltes», France TV info, 15 juin 2020.
  13. « Awards Recipients », sur Overseas Press Club of America
  14. « Les photographes face à “l’ennemi invisible” », sur L'Obs (consulté le )

Liens externes[modifier | modifier le code]