Peter Kenilorea

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Peter Kenilorea
Fonctions
1er et 3e Premier ministre des îles Salomon
Monarque Élisabeth II
Gouverneur Baddeley Devesi
Prédécesseur Nouvelle fonction
Successeur Solomon Mamaloni
Monarque Élisabeth II
Gouverneur Baddeley Devesi
Prédécesseur Solomon Mamaloni
Successeur Ezekiel Alebua
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Takataka, Malaita
Nationalité salomonaise
Parti politique Solomon Islands United Party

Peter Kenilorea
Premiers ministres des îles Salomon

Sir Peter Kenilorea, né Kenirorea Kau'ona Keninaraiso'ona le 19 mai 1943[1] dans le village Takataka sur l'île de Malaita[2], est un homme d'État[1] salomonais. Il est le premier dirigeant (premier ministre) du pays suite à son accès à l'indépendance en 1978. Il est premier ministre de 1978 à 1981, et de 1984 à 1986. Il est également ministre des Affaires étrangères de 1988 à 1989, et de 1990 à 1993. Il est d'appartenance ethnique 'are'are[1]. Ses mandats à la tête du pays sont considérés par la suite comme une période de probité, contrastant avec la corruption et l'enrichissement personnel de premiers ministres ultérieurs[1].

Jeunesse, études et débuts[modifier | modifier le code]

Son père Ezra Toi'mae Arahaimou est un pasteur autochtone de la Mission évangélique des mers du sud (pentecôtiste) ; sa mère, Esther Hoirao, est fille d'un pasteur autochtone[1]. Kenilorea est « choisi presque au hasard » pour être scolarisé à l'école King George VI, le seul établissement d'enseignement secondaire de la colonie britannique que sont alors les îles Salomon. Il obtient une bourse d'étude pour poursuivre ses études en Nouvelle-Zélande, où il obtient en 1966 un diplôme de la Ardmore Teachers' College, institut de formation des enseignants. Il enseigne à l'école King George VI aux Salomon de 1968 à 1971, puis intègre l'administration coloniale, dans la branche locale du département des finances sur l'île de Santa Isabel. De 1973 à 1974 il est posté à Honiara, la capitale, et chargé de l'administration des terres urbaines de la colonie. Les Salomon sont alors en période d'autonomie et en transition vers l'indépendance. En 1974 il est nommé secrétaire auprès du ministre-en-chef Solomon Mamaloni, le premier chef de gouvernement autochtone du pays[1].

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Il se présente sans succès aux élections législatives de 1970 et de 1973, dans le cadre de la préparation de la colonies à l'autonomie politique. Aux élections de 1976, il est élu député de la circonscription 'Are'are-est au Parlement national. Les députés l'élisent alors ministre-en-chef (Chief Minister). En 1977, il aide à fonder le Parti des îles Salomon unifiées (Solomon Islands United Party). Il est celui qui mène le pays à l'indépendance, le 7 juillet 1978, et devient le premier premier ministre des Salomon à cette date. Il n'a alors que 35 ans. Il est réélu en 1980 mais, ayant perdu sa majorité au Parlement à la suite d'un désaccord sur la politique de décentralisation, il démissionne de la tête du gouvernement le 31 août 1981 ; Solomon Mamaloni lui succède. Kenilorea devient chef de l'opposition officielle au Parlement. Il retrouve le pouvoir le 19 novembre 1984, à la suite des élections législatives du 24 octobre. Il démissionne le 1er décembre 1986, ayant perdu la confiance de ses ministres « en raison de sa gestion de fonds de secours français ». Il demeure néanmoins vice-Premier ministre, sous Ezekiel Alebua, jusqu'à la chute du gouvernement de ce dernier en mars 1989, et occupe également la fonction de ministre des Affaires étrangères[1],[3].

En 1991 il démissionne de son siège de député, ayant été nommé directeur de l'Agence des Pêcheries du Pacifique-sud, institution internationale dont le siège est à Honiara. De 1996 à 2001 il est l'ombudsman des Salomon. À partir de l'an 2000 il est « intimement impliqué dans la négociation du processus de pays » durant les années de crise et de déliquescence de l'État. De 2000 à 2010, durant deux mandats, il est président du Parlement, poste constitutionnellement attribué par les députés à une personnalité externe à l'assemblée[1]. En 2004, il brigue sans succès le poste de gouverneur général, que les députés confient à Nathaniel Waena[4]. En août 2012, il tente un retour dans la vie parlementaire, en se portant candidat à une élection partielle dans son ancienne circonscription d’'Are'are-est. Il est battu, ne recueillant que 11,5 % des voix[5].

Titres et décorations[modifier | modifier le code]

En 1979, il est nommé membre du Conseil privé de la reine Élisabeth II. En 1982 il est nommé chevalier commandeur de l'Ordre de l'Empire britannique (KBE). En 1985 il reçoit la plus haute décoration conférée par la République de Chine (Taïwan) aux citoyens de pays étrangers: l'Ordre de l'Étoile brillante avec grand cordon spécial[1],[6].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h et i (en) "Kenilorea, Peter Kau'ona Keninaraiso'ona (1943 - )", Solomon Islands Historical Encyclopedia
  2. (en) Jaap Timmer, "Tell it as it is", Pacific Affairs, volume 82, n°4, hiver 2009-2010, p.760
  3. (en) "Biography of Sir Peter Kenilorea", Parlement des Salomon
  4. (en) "Solomons MPs choose new governor-general", Solomon Islands Broadcasting Corporation, 15 juin 2004
  5. (en) "Governor General Congratulates New Parlimentarians", Solomon Times, 7 août 2012
  6. (en) "Peter Kenilorea", Solomon Star, 7 juillet 2008


Lien externe[modifier | modifier le code]