Pete Hegseth
| Pete Hegseth | ||
Portrait officiel de Pete Hegseth (2025). | ||
| Fonctions | ||
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| 29e secrétaire à la Défense des États-Unis | ||
| En fonction depuis le (1 an, 2 mois et 28 jours) |
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| Président | Donald Trump | |
| Gouvernement | Administration Trump II | |
| Prédécesseur | Robert G. Salesses (en) (intérim) Lloyd J. Austin III |
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| Biographie | ||
| Nom de naissance | Peter Brian Hegseth | |
| Date de naissance | ||
| Lieu de naissance | Minneapolis (Minnesota, États-Unis) | |
| Nationalité | Américaine | |
| Parti politique | Parti républicain | |
| Conjoint | Meredith Schwarz (2004-2009) Samantha Deering (2010-2017) Jennifer Rauchet (depuis 2019) |
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| Enfants | 7 | |
| Diplômé de | Princeton (BA) Harvard (MPP) |
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| Profession | Militaire Animateur de télévision Auteur |
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| Distinctions | Liste | |
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| Secrétaires américains à la Défense | ||
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| Pete Hegseth | |
| Origine | |
|---|---|
| Arme | |
| Unité | Minnesota Army National Guard District of Columbia Army National Guard |
| Grade | |
| Années de service | 2003 – 2021 |
| Conflits | guerre d'Irak guerre d'Afghanistan |
| Distinctions | |
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Peter Hegseth, dit Pete Hegseth, né le à Minneapolis (Minnesota), est un militaire, animateur de télévision, auteur et homme politique américain.
Il sert dans la Garde nationale du Minnesota avec le grade de commandant de réserve et effectue des missions à Guantánamo (2004-2005), en Irak et en Afghanistan (2012). Après sa carrière militaire, il devient commentateur politique sur Fox News.
En 2025, il est nommé secrétaire à la Défense des États-Unis sous la seconde présidence de Donald Trump. Face à l'opposition de plusieurs sénateurs républicains qui se joignent aux démocrates lors de sa confirmation par le Sénat, le vice-président J. D. Vance doit apporter son vote pour le confirmer, ce qui fait de Hegseth le deuxième membre de cabinet de l'histoire américaine confirmé grâce au vote départiteur du vice-président.
Fervent évangéliste à tendance fondamentaliste et promoteur de la violence militaire, Hegseth défend des positions radicales dans de nombreux domaines politiques, notamment les affaires étrangères, les questions militaires et diverses questions sociétales, et se dit climatosceptique. Sur le plan idéologique, il est souvent défini comme « nationaliste chrétien »[1], proche de l'extrême-droite américaine[2].
Biographie
[modifier | modifier le code]Origines et études
[modifier | modifier le code]Peter Brian Hegseth naît le à Minneapolis, dans le Minnesota, premier enfant né de l'union entre Brian Hegseth (coach de basketball) et Penelope Haugen (coach en gestion pour cadres) - sa famille est d'ascendance norvégienne. Tous deux sont de sensibilité républicaine.
Peter Hegseth est au départ un excellent élève, et intègre l’université de Princeton dont il sort diplômé en 2003. Il se dit profondément traumatisé par les attentats du 11 septembre 2001, qui impactent sa vision du monde et son choix de carrière[3]. Devenu directeur de rédaction du journal étudiant de droite The Princeton Tory, il en fait un média de guerre culturelle contre les idées du Parti Démocrate, prenant des positions radicales contre les droits des minorités[4].
Carrière militaire
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Après ses études, il rejoint l’entreprise Bear Stearns en tant qu'analyste des marchés de capitaux tout en suivant parallèlement le programme de formation des officiers de réserve, le Reserve Officers Training Corps (ROTC). À l’issue de sa formation, il est nommé sous-lieutenant chef de section d’infanterie au sein de la Garde nationale du Minnesota.
Il est envoyé en mission en 2004 sur la base militaire américaine de Guantanamo (Cuba) jusqu’en 2005. Son unité est alors sous le contrôle opérationnel du 3e bataillon du 187e régiment d’infanterie de 101e division aéroportée. Il est décoré de l'Army Commendation Medal.
Peu de temps après être rentré de Cuba en 2005, Pete Hegseth se porte volontaire pour servir à Bagdad en Irak où il occupe le poste de chef de section d'infanterie et, plus tard à Samarra, le poste d'officier des actions civilo-militaires. Pendant son séjour en Irak, il reçoit la Bronze Star Medal, le Combat Infantryman Badge, et une deuxième Army Commendation Medal.
Après son séjour en Irak, il reprend une carrière civile, avant de se porter à nouveau volontaire en 2012 pour l’Afghanistan comme capitaine de la Garde nationale du Minnesota, pour un poste d’officier instructeur de lutte antiguérilla au Counterinsurgency Training Center de Kaboul.
Pete Hegseth détient le grade de commandant de réserve (équivalent de chef de bataillon dans l'infanterie française).
Si Pete Hegseth se pose régulièrement en héros de guerre multi-décoré et en vétéran aguerri par le combat, certains anciens militaires rappellent néanmoins qu'il a toujours été réserviste et a essentiellement occupé des postes bureaucratiques voire honorifiques loin des champs de bataille[5], et que la vision très hollywoodienne de l'armée qu'il promeut provient davantage d'Instagram que des lignes de front[6].
Influenceur militariste
[modifier | modifier le code]Il travaille par la suite comme commentateur sur la chaîne conservatrice Fox News, dans des programmes dans lesquels il attire l'attention sur les problèmes des militaires et des vétérans[7]. Hegseth s'est opposé ouvertement à ce qu'il qualifie de politiques « woke » au sein de l'armée américaine et de ses dirigeants et s’oppose à la présence de militaires femmes au combat[7]. Il s'engage dans le lobby néo-conservateur « Vets for Freedom » (« Les vétérans pour la liberté »), dont il gravit les échelons jusqu'à en devenir directeur puis président[8], ce qui contribue à le rapprocher du monde politique : il est alors proche de John McCain, et s'affiche en opposition ferme à Barack Obama[9]. Toutefois, sa gestion financière calamiteuse de Vets for Freedom conduit à sa démission forcée, et à une fusion (sans lui) du groupe avec Military Families United en 2011[10].
Pressenti pour travailler dans la première administration Trump en 2016, le parcours de Pete Hegseth avait été scruté par Justin Higgins, un ancien cadre républicain chargé d’effectuer ce travail d’investigation. Higgins avait jugé Hegseth « insuffisamment qualifié » pour les postes de secrétaire à la Défense ou aux Anciens Combattants[11].
Il annonce avoir obtenu du président Donald Trump une grâce présidentielle pour deux soldats condamnés pour meurtre et la réintégration d’un troisième, condamné pour avoir posé avec un cadavre en Irak[11].
En 2020, il publie un livre aux allures de manifeste idéologique : American Crusade (en), dans lequel il développe un parallèle entre les Croisades médiévales et les différentes guerres américaines au Moyen-Orient (mais aussi les débats politiques internes), affirmant que les musulmans comme les démocrates sont des « ennemis de l'Amérique » qui « ne méritent aucune pitié »[12]. Il y appelle les Américains à une « guerre sainte » à la fois contre le progressisme, la diversité culturelle et contre tous ceux qu'il désigne comme « ennemis de la liberté » : mondialisme, socialisme, laïcité, écologisme, islam, mouvement LGBT, « gauchisme » et démocratisme[13],[14].
En 2024 il publie The War on Warriors: Behind the Betrayal of the Men Who Keep Us Free (« La guerre contre les guerriers : les coulisses de la trahison des hommes qui défendent notre liberté »), un manifeste militariste dans lequel il critique les efforts visant à lutter contre l'extrémisme au sein de l'armée américaine[15], écrivant que « sous prétexte d'éradiquer l'« extrémisme », les généraux d'aujourd'hui écartent les patriotes de base de leurs rangs »[13]. Il a qualifié les initiatives d'inclusion d'« idéologies discriminatoires qui rebutent les jeunes hommes patriotes et chrétiens qui ont traditionnellement constitué nos rangs »[16]. Dans le même ouvrage, Hegseth a appelé les États-Unis à ignorer les Conventions de Genève, arguant qu’elles confèrent un avantage injuste aux forces ennemies : « Nous combattons les mains liées – et l’ennemi le sait… Si nos soldats sont contraints de suivre des règles arbitraires et qu’on leur demande de sacrifier davantage de vies pour que les tribunaux internationaux se sentent mieux dans leur peau, ne vaudrait-il pas mieux gagner nos guerres selon nos propres règles ?! »[17].
Secrétaire à la Défense des États-Unis
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En novembre 2024, Donald Trump, de nouveau président élu désigne Pete Hegseth comme secrétaire à la Défense[7].
Sa nomination est affaiblie par des révélations sur sa consommation effrénée d’alcool, ses comportements déplacés lorsqu’il dirigeait deux associations de vétérans et sur l’accord de confidentialité signé avec une femme l’accusant d’agression sexuelle en 2017[18].
Le , les sénateurs républicains Mitch McConnell, Lisa Murkowski et Susan Collins se joignent aux démocrates pour voter contre sa confirmation, forçant donc le vice-président J. D. Vance à apporter un vote décisif. Hegseth devient ainsi le deuxième membre du cabinet de l'histoire des États-Unis, après Betsy DeVos en 2017, à être confirmé grâce au vote décisif du vice-président[19].
Le 5 septembre 2025, le poste de Secrétaire à la Défense est renommé par Donald Trump en Secrétaire à la Guerre. Pete Hegseth devient donc le 57e secrétaire à la guerre des États-Unis, le premier depuis 1947[20].

Signalgate
[modifier | modifier le code]Le 24 mars 2025, Jeffrey Goldberg, rédacteur en chef du magazine The Atlantic, rapporte qu'il a été accidentellement inclus par Mike Waltz dans une conversation de groupe où Hegseth a partagé des plans hautement sensibles d'attaques militaires américaines sur le Yémen deux heures avant leur exécution. Les discussions impliquaient plusieurs hauts responsables américains tels que J. D. Vance et Marco Rubio, et se sont déroulées sur Signal, une application de messagerie populaire dont l'utilisation est interdite pour le partage d'informations classifiées. D'anciens responsables ont qualifié l'utilisation de Signal pour partager des informations classifiées comme sans précédent, et ont déclaré que cet événement devrait normalement donner lieu à une enquête. Ils ont également estimé que Hegseth a dû extraire de manière illégale des données classifiées vers un réseau non classifié[21],[22]. Hegseth a nié avoir partagé des données confidentielles[21], et Goldberg a par la suite publié la majorité de la conversation, où Hegseth partage notamment le planning de l'attaque[23].
The Wall Street Journal a rapporté que Hegseth a également amené sa femme à deux rencontres où des informations confidentielles auraient été échangées[24]. The New York Times a révélé le 20 avril l'existence d'un deuxième groupe Signal, où selon quatre témoins Hegseth avait également partagé les informations sur les plans d'attaque au Yémen avec des membres de son entourage personnel et professionnel, incluant sa femme, son frère et son avocat personnel[25],[26]. Selon John Ullyot, un ancien porte-parole du Pentagone, Hegseth aurait également mené des licenciements sur la base d'accusations infondées, et le département serait dans un « chaos total »[27]. Donald Trump a réitéré son soutien à Hegseth[28].
L’inspection générale du Pentagone transmet un rapport au Congrès accusant Pete Hegseth d’avoir « créé un risque à la sécurité opérationnelle ». « Utiliser un téléphone portable personnel pour conduire des affaires officielles et envoyer des informations non publiques du département de la défense via Signal risque potentiellement de compromettre des informations sensibles, ce qui pourrait conduire à causer du tort au personnel militaire et aux objectifs de la mission », résume le rapport[29].
Frappes dans les Caraïbes
[modifier | modifier le code]À partir de l'été 2025, Pete Hegseth supervise une série d'attaques militaires contre de petites embarcations soupçonnées de transporter de la drogue dans la mer des Caraïbes. Ces opérations ont provoqué la destruction de dizaines d'embarcations et la mort d'au moins 145 personnes[30]. Aucune preuve n’a été fournie par les autorités américaines sur la présence à bord de chargements de drogue et de nombreux experts en droit international humanitaire estiment que ces frappes constituent des exécutions extrajudiciaires[29].
Selon un article du Washington Post, après une première frappe américaine le 2 septembre 2025 ayant détruit un bateau et laissé deux survivants s’accrochant à une épave, Pete Hegseth a donné l'ordre de « tous les tuer » avec une seconde frappe[31]. Selon Hegseth et l'administration américaine, les bateaux transportaient des stupéfiants et les passagers étaient des « narcoterroristes », sans fournir de preuves, tandis que des rapports indiquent que des pêcheurs ont été tués lors de ces attaques. Plusieurs élus au Congrès appellent à une enquête tandis que Donald Trump apporte son soutien à son ministre[32].
Fin septembre 2025, lors d’une réunion avec les chefs de l'armée américaine, Pete Hegseth fustige les « règles d’engagement stupides » imposées aux soldats et assume un retour à une approche plus meurtrière : « Nous donnons carte blanche à nos combattants pour intimider, démoraliser, traquer et tuer les ennemis de notre pays. Fini les règles d’engagement politiquement correctes et autoritaires, place au bon sens, à une létalité maximale et à l’autorité des combattants »[29].
Guerre contre l'Iran
[modifier | modifier le code]Selon le Financial Times, le conseiller financier de Pete Hegseth a tenté en février 2026 d’investir plusieurs millions de dollars dans un fonds lié à l’industrie de l’armement quelques jours avant que les Etats-Unis et Israël ne déclenchent une guerre contre l'Iran, conduisant à des soupçons de délits d’initié et de conflit d'intérêts. Pete Hegseth était, selon Donald Trump, le plus farouche partisan de cette guerre au sein du gouvernement américain[33].
Vie privée
[modifier | modifier le code]Famille
[modifier | modifier le code]Pete Hegseth est père de quatre enfants issus de trois mariages différents. Sa troisième femme, ancienne productrice de Fox News, est Jennifer Rauchet[34], elle-même mère de trois enfants issus d'un précédent mariage. Pete Hegseth et Jennifer Rauchet ont en commun une fille.
En novembre 2024, le New York Times révèle courriel datant d'avril 2018, envoyé par la mère de Hegseth, dans lequel elle accusait son fils d'avoir maltraité des femmes pendant des années. À la suite de l'article du Times, Penny Hegseth a défendu son fils sur sa chaîne Fox News, affirmant qu'il était « racheté, pardonné, changé »[35]. En janvier 2025, NBC News a rapporté que la sœur de son ex-femme Samantha, Danielle, avait envoyé une déclaration sous serment aux sénateurs, alléguant qu'il avait fait craindre pour sa sécurité à sa femme, Samantha s'étant, selon elle, déjà cachée dans un placard et ayant élaboré un plan d'évasion qui avait déjà été utilisé. L'avocat de Hegseth, Parlatore, a rejeté ces allégations[36].
Il emménage après sa prise de fonction dans une maison de 370 mètres carrés fournie par le gouvernement dans le quartier des généraux du Fort Lesley J. McNair[37] et a sollicité en janvier 2025 plus de 137 000 dollars de travaux d'amélioration et autres dépenses connexes financés par les contribuables[38].
Convictions religieuses
[modifier | modifier le code]Après avoir été sujet à une « révélation religieuse » en 2018, il se rapproche d'églises évangélistes de plus en plus fondamentalistes, d'abord la Colts Neck Community Church du New Jersey, puis la Pilgrim Hill Reformed Fellowship, une église affiliée à la Communion of Reformed Evangelical Churches (en) fondée par le pasteur Douglas Wilson (en)[39], figure du nationalisme chrétien. Il s'agit d'une petite obédience évangéliste, connue pour ses positions particulièrement fondamentalistes, justifiant notamment l'esclavage et militant contre le droit de vote des femmes[12].
Autres convictions
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Il porte des tatouages à symbolique patriotique, guerrière et chrétienne typiques de l'extrême-droite américaine[40], dont une croix de Jérusalem sur la poitrine, symbole utilisé pendant les Croisades, ainsi que la phrase latine « Deus vult » (« Dieu le veut »), cri de ralliement de la première croisade. D'après le chercheur à l’Institut d’études islamiques, chrétiennes et juives Matthew Taylor, ces symboles « reflètent une forme extrême de nationalisme chrétien ». Il porte également sur le biceps droit le mot arabe « كافر » (Kufr, « mécréant, païen »), qui a pu être interprété comme un signe d'« hostilité anti-musulmane »[40],[41]. Hegseth dit avoir été exclu de la cérémonie d'investiture de Joe Biden en 2021 en raison de ses tatouages, ses supérieurs militaires l'ayant considéré comme potentiellement extrémiste[42].
Accusations d'agression sexuelle
[modifier | modifier le code]Pete Hegseth est accusé d'agression sexuelle en 2017. Les faits se seraient déroulés dans un hôtel en Californie et la victime plaignante, une participante à la convention de la Fédération californienne des femmes républicaines, présentait des contusions visibles sur la cuisse droite. Pete Hegseth verse par le biais de son avocat une somme de 50 000 $ à la plaignante dans le cadre d'un accord de confidentialité afin que celle-ci renonce à des poursuites judiciaires[43],[44],[45].
Prises de position
[modifier | modifier le code]Relations internationales
[modifier | modifier le code]Israël
[modifier | modifier le code]Il est un défenseur fervent de la politique d'Israël. Il déclare en 2025, pendant la guerre de Gaza, qu'il soutiendra cette guerre pour que soit « tuer jusqu'au dernier membre du Hamas »[46]. Dès 2016 il désigne Israël comme le « Peuple élu par Dieu », justifiant alors sa politique coloniale et l'annexion de toute la Palestine, affirmant que « Le sionisme et l'américanisme constituent aujourd'hui les remparts de la civilisation occidentale et de la liberté dans notre monde »[47].
Il soutient également la politique de colonisation d'Israël en Cisjordanie, qu'il appelle Judée-Samarie et, lors d'un discours en 2018 à l'hôtel King David de Jérusalem, il exprime son souhait de voir un jour la reconstruction du temple de Salomon sur le Mont du Temple où se trouve actuellement l'Esplanade des Mosquées[48],[49].
Ukraine
[modifier | modifier le code]Le 12 février 2025, il indique que les États-Unis n'enverront pas de troupes en Ukraine dans le cadre d'un éventuel accord de paix[50] et juge irréaliste un retour de l'Ukraine à ses frontières d'avant 2014, ce qui exclut le territoire de la Crimée[51].
Monde musulman
[modifier | modifier le code]Vétéran de plusieurs guerres au Moyen-Orient, Pete Hegseth semble vouer une détestation profonde et générale à l'égard de l'islam et des musulmans, qui s'incarne notamment dans une obsession affichée pour le folklore des croisades[52], dont il a orné ses bras et fait le titre (et la métaphore centrale) de son livre le plus célèbre[53]. Ainsi, dans American Crusade, Hegseth affirme que l'islam « n'est pas une religion de paix, et ne l'a jamais été » et soutient que « tous les pays musulmans modernes sont, de jure ou de facto, des zones interdites aux chrétiens et aux juifs pratiquants ». Il a déclaré que l'islam était « presque entièrement pris en otage et instrumentalisé par les islamistes ». Il a affirmé que les islamistes prévoyaient de « conquérir » l’Europe et l’Amérique sur les plans démographique, culturel et politique, en s’alliant au sécularisme pour écraser « les institutions judéo-chrétiennes de notre nation ». Il a déclaré que les islamistes prévoyaient de « peupler l’Occident d’autant de musulmans que possible » et que « grâce à leurs taux de natalité très élevés par rapport aux populations autochtones et à leur culture stratégiquement repliée sur elle-même, les fils et les filles de ces migrants et réfugiés se multiplient en plus grand nombre que les citoyens autochtones ». Il a mis en avant l’élection de responsables musulmans au Royaume-Uni et l’augmentation de la population musulmane en Europe pour affirmer que les États-Unis suivraient la même voie sans « intervention »[54]. Régulièrement accusé d'islamophobie, certains témoignages lui prêtent des appels au meurtre en contexte privé[55].
Paradoxalement, dans ses mémoires publiées en 2016, In the Arena, Hegseth écrit qu’il s’est identifié à l’image d’un combattant de l’État islamique vue sur Internet, affirmant que ce soldat « se bat pour quelque chose qui le dépasse. Il se bat pour son Dieu », avant d’ajouter : « Je reconnais ce combattant, même si je ne l’ai jamais rencontré. Je suis attiré par lui parce que je m’identifie à lui ; je déplore ce qu’il défend, ce qu’il fait et la manière dont il le fait. C’est un soldat de la haine, de l’asservissement et du mal à l’état pur. Mais je comprends ses passions »[56].
Changement climatique
[modifier | modifier le code]Pete Hegseth s'affirme comme climatosceptique[34]. Il a été animateur d'une émission sur Fox News consacrée au changement climatique visant à tourner en dérision la question climatique[57].
Place des femmes dans la société
[modifier | modifier le code]Pete Hegseth défend une vision du rôle des femmes dans la société proche de la mouvance ultraconservatrice : éloignées de la politique et des études, soumises à leur mari et concentrées sur leurs enfants. Le , il partage une vidéo dans laquelle plusieurs personnes, parmi lesquels des pasteurs ultraconservateurs, appellent à revenir sur le dix-neuvième amendement de la Constitution américaine, qui donne le droit de votes aux femmes. Il accompagne ce partage d'un commentaire : « Tout le Christ, pour toute la Vie »[58]. Il est également opposé au droit à l'avortement[59].
Secrétaire d’État à la guerre, il s'oppose à la présence des femmes dans des rôles de combat[60]. Il s'est ainsi prononcé en faveur de l'abandon des initiatives en matière de diversité, d'équité et d'inclusion (DEI) au sein de l'armée américaine, déclarant que le slogan militaire « notre diversité est notre force » était « la phrase la plus stupide de la planète »[61].
Démocratie
[modifier | modifier le code]Dans une interview de mai 2024 où il a abordé le sujet de l’éducation, Hegseth dit déplorer que les États-Unis soient une république constitutionnelle : « La démocratie, la démocratie, défendons la démocratie. Savez-vous ce que nos fondateurs ne voulaient pas que nous soyons ? Une démocratie. »[13]. Hegseth a explicitement rejeté la démocratie dans son livre, l'assimilant à une revendication « de gauche » ; il a également exprimé son soutien à la manipulation électorale par le biais du charcutage électoral afin de « mettre des bâtons dans les roues des Démocrates »[14].
Publications
[modifier | modifier le code]- In the Arena: Good Citizens, a Great Republic, and How One Speech Can Reinvigorate America, Threshold Editions, 2016
- The Case Against the Establishment, 2017
- American Crusade: Our Fight to Stay Free, Center Street, 2020
- Modern Warriors: Real Stories from Real Heroes, 2020
- Battle for the American Mind: Uprooting a Century of Miseducation, Broadside Books, 2022
- The War on Warriors: Behind the Betrayal of the Men Who Keep Us Free, Broadside Books, 2024
Distinctions
[modifier | modifier le code]Références
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- ↑ (en) Karoun Demirjian, « Hegseth Won't Say Whether Sexual Assault, Drinking or Adultery Is Disqualifying », The New York Times, (ISSN 0362-4331, lire en ligne, consulté le )
- ↑ (en) Jasper Craven, « Pete Hegseth's Crusade to Turn the Military Into a Christian Weapon » [archive du ], sur Politico, (consulté le )
- ↑ Sébastien Julian, « Derrière Donald Trump, l'inquiétant déluge de messages anti-science de ses futurs ministres », L'Express, (lire en ligne).
- ↑ « Le secrétaire à la Défense américain partage une vidéo qui appelle à la fin du droit de vote des femmes », sur BFMTV, (consulté le ).
- ↑ J.D. Wolf, « Pete Hegseth Campaigned to "Uphold Traditional Marriage" During 2012 Senate Run », MeidasTouch, (consulté le )
- ↑ (en) « Pete Hegseth’s remarks about women in combat are met with disgust and dissent », .
- ↑ Shannon Bond, Tom Bowman, Odette Yousef et Quil Lawrence, « What's behind defense secretary pick Hegseth's war on 'woke' », NPR, (lire en ligne [archive du ], consulté le )
Liens externes
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- (en) Site officiel
- Ressources relatives à la vie publique :
- Ressources relatives à l'audiovisuel :
- Ressources relatives au sport :
- Ressource relative à plusieurs domaines :
- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :
- Secrétaire à la Défense des États-Unis
- Personnalité du Parti républicain au Tennessee
- Étudiant de l'université de Princeton
- Étudiant de la John F. Kennedy School of Government
- Journaliste de télévision américain
- Récipiendaire de la Bronze Star
- Major de l'United States Army
- Militaire américain de la guerre d'Afghanistan
- Militaire américain de la guerre d'Irak
- Membre du cabinet du président Donald Trump (2)
- Naissance en juin 1980
- Naissance à Minneapolis
- Trumpisme
