Persik

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Persik
Image illustrative de l'article Persik

Race Arabe
Père Kankan
Mère Pamiatka
Père de mère Arax
Taille 1,53 m
Sexe étalon
Robe Gris
Naissance
Pays de naissance Drapeau de la Russie Russie
Éleveur Haras Terski
Propriétaire Parc national des Cévennes
Cavalier Jean-Marie Fabre

Persik est un étalon gris de race arabe qui a gagné d'importantes courses d'endurance. Il est le père de nombreux gagnants en raids nationaux et internationaux, et souvent considéré comme l'un des meilleurs étalons reproducteurs d'endurance.

Histoire[modifier | modifier le code]

Persik naît le au haras Terski situé dans le Caucase, en Russie[1]. L'étalon est acquis à l'âge de 4 ans, soit en 1973, par Jean Cougul, un éleveur français établi à Vigoulet-Auzil, dans la Haute-Garonne, lors d'une vente aux enchère à Piatygorsk en Russie[2]. Le tourisme équestre étant en développement en France, le Parc national des Cévennes, sous la direction de M. Montjauze, met en place un plan d'élevage sous l'égide d'Yves Richardier et du Haras d'Uzès visant à faire naître des chevaux adaptés à la randonnée en montagne. Après quelques essais avec les Mérens, le cheval arabe est choisi comme améliorateur des chevaux locaux. Persik est acheté par le Parc national des Cévennes en 1974[2],[3] pour 30 000 francs, et commence une carrière comme reproducteur sur des juments de diverses origines et qualités, dont la vaste majorité sont sans papiers et d'origine inconnue[2]. Ce programme comporte deux volets : la création d'une union d'éleveurs de chevaux d'endurance (future « Persikland », officialisée en 1976) et la création d'une course sur le modèle de la Tevis Cup Ride[4],[5].

Les 130 km de Florac, devenus plus tard les 160 km de Florac, sont donc créés pour valoriser l'élevage du Parc national des Cévennes. En 1975, Persik, monté et entraîné par Jean-Marie Fabre, remporte la première édition de la course en 6 h 25, soit une moyenne de 20,8 km/h[2]. L'année suivante, lors de la seconde édition du raid, Persik arrive de nouveau premier sur 27 concurrents[5]. Sa renommée en tant qu'étalon vient pour beaucoup de ces deux courses, car Persik a peu couru[3]. Ne pouvant concilier une carrière de cheval de sport avec les déplacements exigés par l'activité d'étalon reproducteur, il rencontre quelques problèmes de santé, peut-être dus à un rythme d'activités trop élevé[2].

En 1983, Persik remporte le concours national de modèle et allures dans sa catégorie. Jusqu'en 1987, l'étalon continue sa carrière de reproducteur sans objectifs particuliers. Il est loué par le syndicat des éleveurs de la Drôme, puis par l'élevage Gomarel Arabian's[2]. À partir de 1988, les objectifs des éleveurs s'orientent vers la production de chevaux de pure race Arabe destinés à la course d'endurance de haut niveau[5]. Persik stationne pendant deux saisons consécutives à l'élevage Picq-Vassas, à la Pénarié sur le Causse Noir, puis le Parc national des Cévennes dirigé par Yves Richardier conduit sa carrière. Persik ne saillit désormais plus que des juments arabes. En 1989, une équipe d'endurance est créée par le Parc, exclusivement avec des descendants de Persik nés et élevés par leurs soins[2].

Persik est mis à la retraite en 1991, sous les soins de Marie-Jose Barthe Richardier, éleveur de chevaux à Saint-Affrique. Il meurt à l'âge de 32 ans, le vendredi [3],[6],[5].

Description[modifier | modifier le code]

Toisant 1,53 m[1], Persik est un cheval arabe de lignée Saklawi Jedran. Il porte une robe grise[3].

Palmarès[modifier | modifier le code]

  • Label Performer endurance IRE ****[6]
  • Label Reproducteur endurance DRE ****[6]
  • 1er des 130 km de Florac en 1975[6]
  • 1er des 130 km de Florac en 1976, à 19 minutes devant Barol, le gagnant des 100 km de Rodez[6].
  • 1er des étalons de 8 à 18 ans au Concours National de Pompadour en 1983[6].
  • Vice-Champion de France, derrière Nichem[6].
  • Meilleur Reproducteur Européen de chevaux d’endurance en 1990.
  • Meilleur Reproducteur du Monde de chevaux d’endurance en 2000.

Origines[modifier | modifier le code]

Persik descend de la jument Emese, importée en France en 1877. Son descendant Caravane est un cheval arabe oriental né en 1907, par Chakir[6]. Djebel fut importée au haras Terski, en U.R.S.S., avec la pouliche qui fut l'arrière-grand-mère de Persik, Dikarka. Denouste, l'arrière-arrière-grand-père paternel de Persik, fut reconnu meilleur étalon arabe de vitesse du XXe siècle[6]. Persik est donc issu d'une des plus anciennes souches orientales française importées en URSS et en Pologne, avec des croisements de souches orientales anglaises, polonaises et égyptiennes.

Origines de Persik[7].
Père
Kankan
1952 -
Arabe
Gris, 1,52 m
Korej
1939 -
Arabe, 1,51 m
Kann
1957 Arabe
Denouste
Kita
Rixalina
1929 Arabe
Raseem
Rissla
Nagrada
1938 -
Arabe, 1,44 m
Naseem
1922 Arabe
Skowronek
Nasra
Rixalina
1929 Arabe
Raseem
Rissla
Mère
Pamiatka
1961 -
Arabe
Bai, 1,48 m
Arax
1952 -
Arabe, 1,53 m
Amurath Sahib
1932 Arabe
35 Amurath II
Sahiba
Angara
1947 Arabe
Wielki Szlem
Brda
Piramida
1945 -
Arabe, 1,50 m
Piolun
1934 Arabe
Koheilan I
Dziewanna
Dikarka
1930 Arabe
Denouste
Carabine

Carrière de reproducteur[modifier | modifier le code]

Persik marque énormément l'endurance équestre en France, et laisse un patrimoine génétique conséquent[2]. Il est à l'origine du développement de l'élevage des chevaux d'endurance en France[8]. Sa renommée augmente en 1983, lorsque son fils Krempolis devient champion de France d'endurance à l’âge de 7 ans[5]. Plus de 100 de ses descendants sont placés en compétition d'endurance de haut niveau[9]. Il est le père de 328 chevaux en 24 ans de services en tant qu'étalon, soit 13 à 14 poulains par an. 171 sont des Arabes, 106 des chevaux de selle, 19 des Selle français, 9 des Anglo-arabes, 15 des Poney français de selle, 15 des Barbe-arabe et 3 des Shagya[3]. Plus de 40 % de ses descendants sont classés en compétition d'endurance de haut niveau (catégorie A ou B), et 32 de ses descendants directs ont remporté au moins une compétition d'endurance de niveau international[5]. En 1990, lors des jeux équestres mondiaux de Stockholm et du championnat du monde d'endurance, Persik est reconnu comme le meilleur reproducteur européen de la discipline de 1975 à 1990[2].

C'est grâce à la qualité de ses descendants, aussi bien la première que la seconde génération, que Persik a été sacré meilleur reproducteur européen de chevaux d'endurance. Outlaw Persik, Arquès Perspex et sa fille Flamme d’Avril, mère de Gimini Courthouse, comptent parmi ses meilleurs poulains[3]. Son fils Melfenik, issu de l'élevage du parc national des Cévennes, a été sacré vice-champion du monde aux Jeux équestres mondiaux de 1994 avec Denis Pesce[5]. Deux de ses poulains se sont illustrés lors des championnats du monde d'endurance aux Jeux équestres mondiaux de 2002 à Jerez en Espagne, et ont fait l'objet d'offres d'achat à un million de dollars[10]. Outlaw Persik, étalon performer de race Shagya, descendant de Persik, champion national et international vainqueur des 160 km de Florac en 1989 et de Gap en 1990, est mort subitement après une saison de reproduction pour les Haras nationaux français.

Persik a été élu meilleur étalon reproducteur mondial d'endurance en 2000, après la victoire de deux de ses descendants aux championnat du monde d'endurance équestre de Compiègne, qui ont décroché la médaille d'or par équipe et une médaille d'or ainsi qu'une médaille d'argent en individuel[5].

Hommages[modifier | modifier le code]

En septembre 2011, une exposition permanente dédiée à Persik a été créée sur un giratoire de la commune de Meyrueis[11].

En août 2017, une souscription est lancée pour financer une statue en chêne représentant Persik, destinée à être érigée sur la commune de Vigoulet-Auzil[12].

Une course d'endurance internationale organisée dans le Gard en 2016 a été baptisée The Persik Trail[13],[14].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Informations générales de Persik - Infos chevaux », sur infochevaux.haras-nationaux.fr (consulté le 11 octobre 2017).
  2. a, b, c, d, e, f, g, h et i « Persik, cheval immortel », sur www.perspex-endurance.com (consulté le 25 août 2009).
  3. a, b, c, d, e et f [PDF]« Histoire de Persik », sur http://www.persik-land.com/ (consulté le 25 août 2009).
  4. (en) Sophie Robert-Taymont, « Thank you Persik for all you have done for us », Sport endurance Evolution, .
  5. a, b, c, d, e, f, g et h Cévennes 2011.
  6. a, b, c, d, e, f, g, h et i « Persik, un étalon de légende », sur http://www.persik-land.com/ (consulté le 25 août 2009)
  7. « Origines de Persik », All breed pedigree (consulté le 12 octobre 2017).
  8. « Elevage spécialisé dans la valorisation, l’entraînement et la commercialisation de chevaux d’endurance », sur IFCE, (ISBN 978-2-36343-131-8).
  9. (en) Peter D. Rossdale, Rachel Green, Guardians of the horse II, Romney Publications, , 224 p. (ISBN 0954158717 et 9780954158712), p. 186.
  10. Daniel Roche, À cheval! : écuyers, amazones & cavaliers du XIVe au XXIe siècle, Association pour l'Académie d'art équestre de Versailles, (ISBN 2913018033 et 9782913018037), p. 380.
  11. « Un rond-point à la gloire de Persik, légende de l'endurance équestre », sur Midi Libre, (consulté le 11 octobre 2017).
  12. « Le chêne abattu donnera naissance à une statue », La Dépêche du Midi,‎ (lire en ligne).
  13. « Gard : une cavalière finlandaise remporte "The Persik trail", une course d'endurance », Midi Libre,‎ (lire en ligne)
  14. Jocelyne Alligier, « CEI ** et CEI * Persik Trail : Tradition et futur de l’endurance en Cévennes », L'Éperon,‎ (lire en ligne).

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • [Beillard et al. 1995] Pierre-Henri Beillard, Pierre Pechdo, Luc de Montal et Jack Bégaud, L'élevage du cheval d'endurance en France, origine et enjeux : 20ème anniversaire des 160 km de Florac et de l'endurance contemporaine française, Parc national des Cévennes, , 64 p.